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	<title>Arselène Ben Farhat &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>Arselène Ben Farhat &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>« La déroute des docteurs tunisiens »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arselène Ben Farhat]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2020 16:07:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Aujourd’hui plus de six mille docteurs sont en état de chômage et plus de 13 000 étudiants préparent leur thèse sans avoir la possibilité d’être un jour facilement embauchés. Cette situation dramatique des jeunes chercheurs nous conduit à nous demander s’ils ont bien fait de s’engager dans la préparation d’une thèse de doctorat. Qu’éprouvent le père [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui plus de six mille docteurs sont en état de chômage et plus de 13 000 étudiants préparent leur thèse sans avoir la possibilité d’être un jour facilement embauchés. Cette situation dramatique des jeunes chercheurs nous conduit à nous demander s’ils ont bien fait de s’engager dans la préparation d’une thèse de doctorat. Qu’éprouvent le père et la mère d’un docteur en voyant leur enfant, dont ils sont fiers, dormir dans la rue devant le Ministère de l’Enseignement Supérieur parce que le nombre de postes à pourvoir est dérisoire et qu’il n’a pas d’avenir ? Quelle déception et quelles souffrances pour tous ces parents !  Qu’éprouvent les docteurs pris au piège de cette situation après avoir consacré les meilleures années de leur jeunesse à des études studieuses et à des recherches très dures, très couteuses et très épuisantes ? La thèse va-t-elle devenir une malédiction dans notre pays ?</p>
<p>Remarquons que le doctorat n’est pas toujours le résultat d’un choix réfléchi et personnel, mais il est le produit d’une situation objective déterminée par le contexte général du pays. En effet, quand <strong>un étudiant termine trois années d’étude à l’université, il est certes titulaire d’une licence mais sans boulot. La situation économique du pays ne permet pas son accès aisé au travail. Que va-t-il faire ? Rester à la maison ? Rester à l’université ? En poursuivant ses études, il donne un sens à sa vie, il évite provisoirement d’être considéré comme un chômeur ; il peut continuer à jouir de l’aide de ses parents et de l’état. De plus, il est fier de pouvoir s’inscrire en mastère, il doit être parmi les meilleurs de sa promotion pour que sa demande soit acceptée.</strong></p>
<p><strong>Or, nous savons qu’il est impossible de pouvoir préparer un doctorat pour des raisons négatives : chômage, désœuvrement, inactivité, etc. La thèse sera, dans ce cas, abandonnée à la première occasion : petit boulot, mariage, voyage, recrutement dans un collège ou un lycée privé ou étatique etc. En outre, </strong>il ne suffit pas de passer plusieurs années à l’université pour être docteur, il faut beaucoup d’efforts et de travail pour atteindre cet objectif. Regardez ceux qui ont soutenu leur thèse, vous allez découvrir qu’ils sont âgés, qu’ils ne portent pas uniquement des lunettes ou des lentilles, mais aussi des traces d’une fatigue chronique, d’un vieillissement précoce, car une thèse épuise physiquement, moralement et psychologiquement, engendre une sensation permanente d’angoisse, de peur de l’échec. Elle dévore le thésard s’il ne se ressaisit pas à temps et s’il n’est pas bien accompagné dans ce voyage. Dans ce cas, sa belle aventure dans la recherche peut basculer en une descente infernale dans la dépression ! Ses parents, son encadreur et ses amis ne pourraient rien faire pour lui. Il doit seul retrouver sa voie dans   cette terrifiante traversée de l’enfer. En achevant sa thèse et en ayant l’accord de son encadreur et de la commission pour sa soutenance, il est sauvé. Il est affranchi de « la surfatigue », de la dépression, des souffrances et de l’échec. Il retrouve sa bonne humeur, sa joie de vivre. Il a envie d’embrasser tout le monde, la vie, sa vie. Enfin, il sera docteur et il est fier de le dire et de l’exhiber. Qui ose remettre en cause ses compétences ? Personne. Il sera enfin docteur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une thèse c’est comme un enfant dont la gestation, la formation est douloureuse. Elle nécessite non pas neuf mois mais plusieurs années de travail, d’efforts. Au bout du chemin une naissance, une soutenance et un bonheur absolu. Il est légitime d’être fou de joie : le chercheur a pu réaliser son rêve. Il a tenu le coup, il a surmonté tous les obstacles et a eu les félicitations du jury. Quelle joie de vivre ce moment exceptionnel ! Quel bonheur d’être regardé et admiré par sa mère, son père, par tous ses proches, ses professeurs, ses amis. Enfin docteur ! Après tant de souffrance, de fatigue, enfin docteur !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cependant, cette ivresse ne peut pas durer trop longtemps. Le réveil est brutal. Plus cette joie est immense, plus la déception est grande. Ce docteur est jeune, plein d’ambitions. Il veut travailler, participer au développement du pays, enseigner, encadrer des étudiants, devenir un chercheur enseignant permanent. Il veut aussi satisfaire les demandes de plus en plus pressantes de son père et de sa mère et répondre à leurs questions apparemment naïves : quand va-t-il commencer à rembourser ses dettes ? Quand va-t-il acheter une voiture ? Quand va-t-il avoir une maison ? Va-t-il se fiancer cet été et se marier l’été prochain ? Avec qui ? Leur voisine qui l’attend depuis des années et qui a refusé tous les prétendants ? Sa camarade ?  Pourquoi son cousin qui n’a pas pu réussi au bac est-il riche et lui titulaire d’une brillante thèse avec la mention « très honorable » est Pauvre, si Pauvre qu’il demande chaque matin de l’argent de poche à ses parents, à son petit frère, à son cousin ? Sa thèse n’est-elle pas « très Honorable » ? Quelle misère ! Quelle souffrance ! Bon Dieu, il doit sortir de ce gouffre, de cette déchéance et de cette mort très lente. Il ne supporte plus cette vie de Docteur Raté, de Docteur sans avenir.</p>
<p>L’état doit agir rapidement afin de sauver nos docteurs de cette terrible situation en créant des postes, en obligeant les universités privées à recruter des docteurs, en leur permettant d’avoir des postes de chercheurs enseignants permanents en Tunisie et à l’étranger.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Humeur : Chut, on tue … ! Par Arselène Ben Farhat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arselène Ben Farhat]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2020 15:59:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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					<description><![CDATA[A la mémoire de Mohamed Boussarsar, brillant doctorant et instituteur exemplaire   Plusieurs personnes que j’ai connues et que j’ai aimées ont perdu la vie dans des accidents routiers en plein centre-ville ; d’autres ont été gravement blessés. D’autres encore ont subi un choc psychologique irrémédiable.  Que se passe-t-il ? Comment s’explique   cette violence routière ? Je [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>A la mémoire de Mohamed Boussarsar, brillant doctorant et instituteur exemplaire  </em></p>
<p>Plusieurs personnes que j’ai connues et que j’ai aimées ont perdu la vie dans des accidents routiers en plein centre-ville ; d’autres ont été gravement blessés. D’autres encore ont subi un choc psychologique irrémédiable.  Que se passe-t-il ? Comment s’explique   cette violence routière ? Je n’ai pas de réponse claire mais il m’est insupportable de voir, dans les zones urbaines, de plus en plus de jeunes et d’adultes perdre la vie à cause de la bêtise de certains conducteurs assassins qui &#8211; quelle horreur ! &#8211; s’enfuient en laissant souvent leurs victimes mourir.</p>
<p>Avant, on avait eu certes des accidents dans les grandes villes, mais ils n’engendraient pas tant de décès, tant de drames. Après le 14 janvier 2011, un changement radical s’est produit. Il est possible d’être renversé par une folle voiture alors qu’on attend tranquillement un bus ou un taxi. Il est également possible d’être cloué sur une chaise roulante toute sa vie parce qu’un conducteur roulait à 120 km à l’heure en ville et qu’on se trouve sur sa trajectoire en faisant de la marche joyeusement avec des amis. Ah bon Dieu, comme il est facile de mourir pour une petite course dans son quartier ! Au cours des prochaines années, avec l’augmentation effrayante du nombre des véhicules, chaque promenade en ville va-t-elle devenir « une corde qui vous tient au-dessus de l’abime et qu’on entend craquer » à chaque passage de camion et de voiture « jusqu’à ce qu’elle se casse » (Victor Hugo, &#8220;Le Dernier jour d’un condamné&#8221;) et qu’on soit tué ?</p>
<p>Comment s’expliquent ces tragédies routières à répétition ? Est-ce l’absence totale de civisme et de moralité chez certains conducteurs ? Est-ce l’imprudence des piétons ? L’état de certains véhicules qui n’ont pas subi de contrôle technique depuis des années en toute impunité ? Le non-respect du code de la route ? L’état lamentable des routes ? L’envahissement des trottoirs par des présentoirs des magasins ainsi que par les tables et les chaises des cafés, des restaurants et des gargotes obligeant les piétons à prendre des risques ? Les travaux interminables des municipalités, de la SONEDE, de la STEG ? Les embouteillages ? Le comportement imprudent de certains taxistes ou de certains conducteurs de gros camions qui traversent les avenues et les petites ruelles en exhibant leur puissance et en menaçant les conducteurs des petites voitures ? L’absence de radars fixes et de caméras ?  L’incapacité de la police de tout contrôler dans toutes villes tunisiennes ?</p>
<p>Quelle que soit la cause de l’accident dans les villes tunisiennes, quelle que sa forme, il faut lutter contre ce fléau, car il est une vraie menace pour nous et pour nos enfants. Les parlementaires doivent abandonner les polémiques et les querelles de souk et de Hammam pour se consacrer aux vrais problèmes des Tunisiens !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Où êtes-vous Madame Samia Abbou ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arselène Ben Farhat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2020 16:14:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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					<description><![CDATA[En cette période de crise politique, économique et sociale, beaucoup de Tunisiens se posent des questions concernant l’avenir du pays et surtout concernant les prises de position des hommes politiques et leurs propositions. Ce sont, selon moi, des questions légitimes. Est-ce que le pouvoir corrompt les plus honnêtes hommes et femmes politiques ? Ou est-ce [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En cette période de crise politique, économique et sociale, beaucoup de Tunisiens se posent des questions concernant l’avenir du pays et surtout concernant les prises de position des hommes politiques et leurs propositions. Ce sont, selon moi, des questions légitimes. Est-ce que le pouvoir corrompt les plus honnêtes hommes et femmes politiques ? Ou est-ce qu’il les oblige à parler peu, à se mettre en retrait, à ne pas prendre position, à fuir dès qu’une décision importante devra être prise ? Pourquoi avez-vous choisi de vous taire Madame Samia Abbou alors qu’avant vous interveniez à la plupart des réunions de l’assemblée nationale et chacun de vos discours faisait trembler le parlement ? Vos interventions sur les plateaux de télévision sont devenues très rares. Je sais que vous cherchez à ne pas gêner vos proches et vos alliés et que la virulence de votre critique pourrait servir vos adversaires, mais votre silence me choque, car comme l’affirme Jean-Paul Sartre « Se taire ce n’est pas être muet, c’est refuser de parler, donc parler encore. » (Jean-Paul Sartre, « Qu’est-ce que la littérature ? »). En vous taisant, Vous parlez, Madame, vous soutiendrez, malgré vous, des gens que vous avez combattus, vous vous trouvez au même camp que le bloc parlementaire de la Coalition <strong>Al</strong> <strong>Karama, par exemple,</strong> qui s’oppose à votre idéal politique. Bien plus, votre fuite du parlement au moment du vote d’une motion importante est suspecte. Vous avez tenté de justifier cette décision après coup (déclaration accordée à « Tunisie Numérique », le 5 juin 2020) mais vous n’avez pas pu nous convaincre. Si votre position cible uniquement Abir Moussi, pourquoi ne pas l’exprimer par le vote et pourquoi quitter le parlement d’une manière si spectaculaire ? Ce départ n’est-il pas un clin d’œil de soutien inconditionnel à tous les adversaires des forces modernistes et centristes ? Quelle est votre position réelle à l’égard de l’intervention des forces étrangères en Libye ? Que pensez-vous des contacts établis par le Président du Parlement tunisien avec l’un des partis engagés dans le conflit ? Que pensez-vous de la possibilité de la présence d’une base américaine au sud tunisien ? Quelle est votre position envers la politique du gouvernement actuel au niveau économique, social politique ? Comment faire face à la crise qui s’annonce dans les prochains mois ?</p>
<p>Votre neutralité passive avec vos amis me fait peur, Madame, car elle porte l’odeur d’un pragmatisme et d’un réalisme politique trop prosaïques et d’un probable abandon de certains principes politiques que vous avez élaborés et que vous avez défendus avec audace et acharnement.  Quand Monsieur <strong>Mohamed </strong><strong>Abbou</strong> a démissionné de son poste de « Ministre chargé <strong>de</strong> la Réforme administrative » du gouvernement de Mohamed Jabali le 30 juin 2012, il a justifié sa décision en indiquant qu’il ne disposait de moyens de lutte contre la corruption, mais sa démission était aussi liée à un contexte politique tendu, marqué par un conflit entre les conservateurs et les modernistes ainsi que par la guerre civile en Lybie et par l&#8217;extradition de son ex Premier ministre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi. Aujourd’hui tout a changé bien sûr, mais le contexte politique est plus complexe, plus tendu, marqué par une polarisation excessive et par la crise libyenne devenue plus terrifiante, car totale et internationale. Quel camp allez-vous choisir Madame Samia Abbou ? Vous est-il possible de rompre avec le camp des Modernistes ? Pouvez-vous rester trop longtemps dans l’attentisme ? Jusqu’à quand conservez-vous cette posture ambiguë alors que le pays est en train de plonger ? Si vous choisissez, en politique, de jongler, sur plusieurs cordes, vous risquez d’avoir une chute fracassante et de tout perdre.</p>
<p>Non Madame, nous n’acceptons pas cette situation. Nous voulons retrouver notre Samia Abbou au grand cœur, audacieuse, toujours révoltée contre l’injustice, contre la corruption, contre le fanatisme. Restez, Madame, ce que vous étiez, ce que vous êtes, ce que vous serez, une femme émancipée, combattive, démocrate, une femme qui ne cède jamais et dont la voix au parlement est la voix des opprimés et des pauvres, une voix au service de la patrie et non d’un parti politique qui est obligé de faire des concessions et de sacrifier totalement ou partiellement son idéal politique pour rester au pouvoir.</p>
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