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	<title>25 juillet &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique : Mon histoire avec Kaïs Saïed. La vôtre aussi peut-être ? Par Mansour M’HENNI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Sep 2021 09:21:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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					<description><![CDATA[Ceux qui ont connaissance des chroniques précédemment publiées sur ce site, de façon régulière depuis plus de huit années, se souviennent qu’à l’approche des élections présidentielles de 2019 je m’étais demandé si Kaïs Saïed était sérieusement un candidat présidentiable. Je connaissais l’homme de loin, en tant que collègue et en tant que parent d’un élève [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ceux qui ont connaissance des chroniques précédemment publiées sur ce site, de façon régulière depuis plus de huit années, se souviennent qu’à l’approche des élections présidentielles de 2019 je m’étais demandé si Kaïs Saïed était sérieusement un candidat présidentiable. Je connaissais l’homme de loin, en tant que collègue et en tant que parent d’un élève dans le même lycée pilote que ma benjamine. Nous nous retrouvions devant le lycée quatre à cinq jours par semaines. Il était toujours le premier à me saluer avec un sourire de sympathie apparente et d’amitié non exprimée. C’est dire qu’il avait tous les préjugés éthiques favorables, mais l’idée que je me faisais des leaders politiques et de la politique en général ne me paraissait pas assez coller à son profil académique et éthique. J’avoue aujourd’hui que ce n’était ni la seule ni la première fois que je me trompais de jugement sur les personnalités politiques. Une preuve que je ne peux pas en être un et que je ne peux qu’en parler en tant que commentateur, citoyen d’abord, intellectuel et médiateur ensuite.</p>
<p>Lors des élections, après le premier tour, connaissant assez Nabil Karoui, de par mes anciennes responsabilités dans les médias, pour m’en faire une idée engageante, j’étais d’avis que ce dernier était de loin moins habilité à la présidence, de plusieurs points de vue. Il me semblait donc clair que Kaïs Saïed allait l’emporter avec un large score et je redoutais déjà le vote plébiscite qui amplifierait le culte de la personnalité et pouvait conduire à des dérapages malheureux. Je trouvais cependant dans la constitution de 2014 une sorte de frein à ce risque de dérapage, dans la limitation des prérogatives présidentielles ; mais je n’en redoutais pas moins les débordements et les dérapages de certains partis politiques à même de profiter du rôle limité du président pour s’accaparer tout le pouvoir et pour en abuser. J’espérais que le pays trouverait dans le président, « pourquoi pas ? », le rôle modérateur et conciliant d’un arbitre neutre comme il y en a dans les régimes parlementaires de certains pays européens. J’espérais aussi que les partis politiques et les députés lui reconnaîtraient cette autorité morale qui protègerait le pays contre les folies et les aberrations de l’opportunisme politiques et parfois même antipolitiques. Malheureusement, l’Assemblée est devenue ce que l’on sait et le Président ne pouvait dans cette ambiance jouer l’arbitre parce que le match s’y jouait à vie ou à mort entre des adversaires de guerres et non comme une émulation entre des pairs.</p>
<p>De ce fait, au-delà des aléas et des coups bas de la coexistence peu pacifique des trois présidences, le coup du 25 juillet 2021 m’a paru, à l’instar de la plupart des Tunisiens, comme l’amorce d’un acte salutaire qu’il fallait soutenir et accompagner dans une attitude critique de conseil, de suggestion et de mise en garde. L’attente dura le temps qu’il lui fallut, indépendamment des limites précisées à la durée initiale de l’état d’exception, et l’événement déclencheur de la seconde étape vint de Sidi Bouzid, un certain lundi 20 septembre, dans un discours semblant porter une valeur symbolique et suscitant plusieurs interrogations dans l’agora politique. Deux jours plus tard, mercredi 22 septembre, il a fait publier un décret présidentiel faisant office de véritable petite Constitution, sans en porter le nom, lui permettant de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. En conséquence, la suspension du Parlement est évidemment prolongée.</p>
<p>C’est là que j’aurais des impressions à exprimer que je conduirais volontiers sous forme de critiques et/ou de propositions, croisant sans doute d’autres du même genre différemment présentées :</p>
<p>¤ Il me semble anachronique et peut-être mal à propos de revenir encore à la dichotomie du 17 décembre et 14 janvier, pour départager la datation de la « révolution ». Si l’on part de la définition du mot (« Une révolution est un changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d&#8217;un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place et prend le pouvoir »), il est évident qu’on ne peut dater notre révolution qu’au 14 janvier et que le 17 décembre n’est que le signe déclencheur d’une révolte.</p>
<p>¤ Ce qui me gênerait encore, concernant le 17 décembre, malgré tout le mérite à reconnaître au profit de la région de Sidi-Bouzid et de feu Bouazizi, c’est que l’événement est porteur d’un message de mort pour les jeunes, de suicide et d’immolation, plutôt qu’un message d’espoir. J’en donnerais pour preuve le nombre de suicides par immolation depuis cette date.</p>
<p>¤ Mais là n’est vraiment pas l’essentiel pour le Président de la République qui, me semble-t-il, a assez souligné le fossé entre lui, avec les intentions propres et constructives qu’il a, et « certains corrompus, profiteurs ou cyniques » qui ont démantelé la structure de l’État et qui ont nui aux intérêts citoyens. Maintenant donc, le Président gagnerait à adopter un nouveau langage, lui permettant de retrouver son rôle fédérateur de la nation tunisienne, tout en prenant les mesures idoines avec ces catégories qui lui paraissent nuisibles (personnes, partis ou autres structures), et de le faire dans le cadre de la loi par des mesures justes émanant d’un pouvoir judiciaire honnête, transparent et purifié de la corruption.</p>
<p>¤ Le retard pris par le Président à nommer un chef de gouvernement et à composer un gouvernement a été justifié par une stratégie cherchant à mettre à l’épreuve la sincérité de l’engagement des élites et des partis, pour savoir sur qui compter pour l’avenir. A la bonne heure et le dimanche 26 septembre a permis de mettre à nu, encore plus, de nombreuses hypocrisies, notamment de ceux-là qui ont été les premiers à bafouer la constitution et l’esprit démocratique et qui se sont mobilisés pour prétendre les défendre. Cependant, maintenant, l’attente ne doit pas durer outre mesure car le peuple et tous les concernés ont besoin de voir clair dans le plan d’action du Président et surtout dans la configuration du gouvernement. Si le temps sans gouvernement se fait plus long, les problèmes ne feront que s’aggraver et la situation ne fera qu’empirer, surtout sur les plans économique et social.</p>
<p>¤ Reste un point capital, la communication, à tous les niveaux : elle a besoin d’être explicitée dans la pratique pour montrer que le Président ne compte pas rester dans l’opinion unique, dans le refus de l’écoute et dans l’illusion d’une éventuelle dictature. A supposer qu’il ait eu besoin d’un certain isolement de méditation et de conception, il est temps, il est urgent même de mettre en place un processus progressif et clairement daté de conciliation entre le maintien de l’état d’exception et le cheminement vers un retour à l’état naturel du fonctionnement de l’État.</p>
<p>Le président a été largement appuyé dans sa démarche engagée le 25 juillet 2021. Espérons qu’il saura capitaliser ce soutien pour un juste redressement des choses et pour une meilleure Tunisie de l’avenir. Ainsi seulement il pourra espérer entrer dans l’Histoire par la grande porte et gagner l’admiration et la reconnaissance de la communauté citoyenne et plus largement encore.</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié aussi sur jawharafm.net)</em></p>
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		<title>Chronique : En Tunisie, les perspectives du « 25 juillet » mises en question. Par Mansour M&#8217;henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Aug 2021 10:53:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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		<category><![CDATA[Président]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mansour M’HENNI</p>
<p><img decoding="async" class=" wp-image-2738 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg" alt="" width="242" height="136" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-750x422.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito.jpg 1000w" sizes="(max-width: 242px) 100vw, 242px" /></p>
<p>Le 25 juillet 2021, en réponse ou en coordination avec une large dynamique contestataire du régime de gouvernement et de son rendement, le Président de la République a pris des décisions radicales et a déclaré l’état d’exception pour une rectification du processus démocratique en Tunisie.</p>
<p>Force est d’avouer que cet acte audacieux a été pressenti comme un acte salutaire après une décennie marquée par le délabrement de l’Etat et la détérioration de l’économie du pays et des conditions sociales des citoyens. Même le seul acquis reconnu comme tel, en l’occurrence celui de la liberté d’expression, a fini par s’effriter en tant que valeur pour se liquéfier en matière gluante entre les mains des prestidigitateurs démagogues, des manipulateurs de pantins et des lobbyistes machiavéliques. A ce constat de chute morale et politique, l’opinion publique tunisienne, dans son écrasante majorité, a associé un symbole représentatif, l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et à travers elle le texte même de la constitution de 2014.</p>
<p>C’est dire pourquoi, à part l’attitude explicable d’En-Nahdha et ses alliés ou celle par trop puriste des débatteurs constitutionnalistes, les décisions présidentielles du jour de la République ont vite pris une valeur symbolique importante et ont fédéré autour du chef de l’exécutif l’écrasante majorité des citoyens et des intellectuels. A l’étranger, même les pays en connivence historique avec l’islamisme politique n’ont pas osé aller au-delà de ce que permettait la complaisance formelle avec leurs alliés en perte de crédibilité dans le pays où ils ont raté l’occasion de faire leurs preuves dans l’exercice du pouvoir.</p>
<p>N’empêche que dans la large masse de soutien à la démarche présidentielle, certains doutes persistaient, parfois franchement exprimés, parfois timidement insinués. A part les inconditionnels, tout le monde attendait, qui dans l’urgence et qui dans l’acceptation des délais raisonnables, le nouveau gouvernement et la feuille de route du Président. Certaines maladresses de la conduite des procédures ont marqué cette période d’attente, accentuant l’indécision des sceptiques. Dans la partie adverse, on se réorganise et on reprend des forces pour s’opposer à la logique du coup d’Etat et imposer un retour au fonctionnement normal des institutions et un dialogue national. Quant au Président, il reste catégorique quant au changement radical, préconisé mais non encore défini, en tant que condition du retour à la normale. C’est dire que la situation tend à devenir intenable et qu’il revient à Kaïs Saïed de nommer très vite son gouvernement, de présenter sa feuille de route et d’en expliquer les tenants et les aboutissants avec un langage accessible à tous et dans une rationalité plus logique que rhétorique.</p>
<p>Il importe de préciser que cette période d’attente a donné lieu à une littérature riche en idées, en propositions et en indications préventives. L’équipe présidentielle aurait pu et pourrait encore en tirer profit pour tracer les traits fondamentaux de la feuille de route attendue et même pour en esquisser les dérivations particulières. Quant à l’équipe gouvernementale, si elle est entendue dans l’esprit d’une stricte et sincère collaboration avec le chef de l’exécutif, autrement dit le Président de la République, l’initiateur du changement en réponse à une revendication populaire, elle ne saurait donc rester tributaire de l’hésitation présidentielle ou de celle des candidats proposés pour la diriger. Il suffirait de s’entendre sur trois personnalités d’expérience et de conviction pour les grandes lignes de conduites de trois secteurs importants et prioritaires : 1 &#8211; la finance et l’économie sociale ; 2 &#8211; la sécurité et la lutte contre le terrorisme et la corruption ; 3 &#8211; la diplomatie. L’un des trois serait chef du gouvernement et les deux autres ministres d’Etat. Avec pour consigne et règle essentielle, la solidarité gouvernementale et la transparence dans la gouvernance, dans les règles du droit et de l’efficience.</p>
<p><strong> </strong></p>
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