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	<title>aujourd&#8217;hui &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>aujourd&#8217;hui &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique : Aujourd’hui et demain ! Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2024 11:31:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[demain]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[Aujourd’hui tout est fait, ou presque, et demain reste à faire ! Ainsi peut-on résumer la situation actuelle de la Tunisie et ainsi gagne-t-on à la percevoir pour mieux gérer le compromis où elle nous place en vue d’une meilleure intelligence de l’avenir. Voilà quelques jours, on était encore à l’épreuve d’une échéance électorale que les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-6149 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2024/10/Mansour_Mhenni.jpg" alt="" width="153" height="189" />Aujourd’hui tout est fait, ou presque, et demain reste à faire !</p>
<p>Ainsi peut-on résumer la situation actuelle de la Tunisie et ainsi gagne-t-on à la percevoir pour mieux gérer le compromis où elle nous place en vue d’une meilleure intelligence de l’avenir.</p>
<p>Voilà quelques jours, on était encore à l’épreuve d’une échéance électorale que les historiens analyseront de leurs points de vue divers. Sans doute aussi les différentes sensibilités politiques le font-elles déjà, dans la perspective d’une réorganisation de conséquence. Pour le citoyen Lambda, cela relève plus du passé déjà et ce qui importe, c’est la voie vers demain avec l’espoir d’aujourd’hui.</p>
<p>L’arbitre a donc sifflé la fin de partie du spectacle électoral et chaque instance ou personne engagée s’y est exhibée à sa façon en y assumant ce qui plaît et ce qui ne plaît pas. Maintenant, du point de vue de la responsabilité citoyenne, chacun est appelé à prendre part à la dynamique du développement national pour une vie meilleure. Car de ce point de vue, l’opposition ou l’allégeance politiques sont des moyens et non des objectifs. Ainsi va de la démocratie depuis que certains « guides » en ont fait un terrain de combat plutôt qu’un cercle de conversation.</p>
<p>Aujourd’hui donc, une mobilisation citoyenne générale pour le développement est impérative quelles que soient les divergences idéologiques et les dépits que les conflits d’hier chercheraient à attiser. Chacun est appelé à s’acquitter de son devoir et à assumer sa responsabilité ; cela ne lui interdit cependant pas de continuer à penser et à repenser son engagement politique comme il l’entend.</p>
<p>Mais aujourd’hui aussi, et c’est également important sinon plus, le Président élu est appelé à s’entourer de vraies compétences et de rester à leur écoute et à l’écoute de son peuple. Il y a des contentieux en cours, dans des processus juridiques, il est urgent de demander aux arbitres de la justice, seuls responsables attitrés, de les tirer au clair et de les juger en conséquence, vite et dans une totale transparence.</p>
<p>Il y a aussi, surtout même, une administration à remettre à niveau et à épurer de toutes les intrusions parasitaires. Il y a des projets de développement qu’il est urgent de remettre rapidement en chantier, et dans la perspective d’une raisonnable efficience. Il y a des réformes à entreprendre dans presque tous les secteurs, il convient de les engager dans une démocratie conversationnelle, de façon à reconnaître à chaque citoyen le droit d’y participer, et d’envisager d’autres projets encore en vue de redresser la balance économique et de relancer la dynamique du progrès intégral et du bien-être partagé.</p>
<p>Ne pensons plus à exclure quiconque de la plateforme citoyenne, mais responsabilisons chacun pour tout préjudice qu’il peut causer à la communauté citoyenne. La justice est là pour cela et les textes régulateurs de la vie en société.</p>
<p>Soutenons l’énergie et les intentions constructives, sincères et engagées, d’où qu’elles viennent, de nos partisans ou de nos adversaires politiques. Faisons la part des choses pour garder, intacte et saine de toute maladie, cette chère Tunisie qui nous a vu naître et qui fait notre être.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>journée d’étude intitulée « Aujourd’hui l’école », à Sousse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Mar 2023 08:24:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Associations]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[étude]]></category>
		<category><![CDATA[Journée]]></category>
		<category><![CDATA[N Ayed]]></category>
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					<description><![CDATA[La journée d’étude intitulée « Aujourd’hui l’école », et précédemment annoncée ici même, se tiendra bien à la date fixée au 15 mars 2023, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sousse. Cette Journée est initiée et pilotée par le Laboratoire École et Littérature de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sousse, dirigé par le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La journée d’étude intitulée « Aujourd’hui l’école », et précédemment annoncée ici même, se tiendra bien à la date fixée au 15 mars 2023, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sousse. Cette Journée est initiée et pilotée par le<em> Laboratoire École et Littérature </em>de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sousse, dirigé par le Pr. Nizar Ben Saad qui nous a annoncé l’adoption par le laboratoire de cette Journée comme un rendez-vous annuel de réflexion, d’interrogation et de prospection en rapport à l’Ecole au sens large, autrement dit allant des premières années de l’apprentissage et de l’éducation jusqu’au dernières années de la curiosité intellectuelle. Autant dire donc, toute la vie, car comment ne pas reconnaître que d’une certaine manière « L’Ecole, c’est la vie » ?</p>
<p>Ci-dessous donc le programme de cette journée dédiée à la mémoire de feu Néjib Ayed, le premier doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sousse, non seulement pour cet acte fondateur dont il y a bien lieu de vanter les mérites, mais aussi parce que le défunt était également un penseur, un chercheur et un responsable en matière d’école. Peut-être qu’en définitive, toute sa vie se résumerait-elle dans le mot « École », au sens large. L&#8217;Association pour la Culture et les Arts Méditerranéens est partenaire de cette organisation parce que N. Ayed, l&#8217;universitaire, était aussi d&#8217;un important soutien pour cette association à sa création et c&#8217;est d&#8217;ailleurs lui qui n a conçu le logo.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-5180" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole-800x1119.jpg" alt="" width="800" height="1119" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole-800x1119.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole-1160x1623.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole-1098x1536.jpg 1098w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole-1464x2048.jpg 1464w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole-360x504.jpg 360w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole-750x1049.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole-1140x1595.jpg 1140w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/03/PROG-JE-Ecole.jpg 1772w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Essai : Questions à la francophonie aujourd’hui.  Par Mansour M’HENNI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:01:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Associations]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[altérité]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[questions]]></category>
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					<description><![CDATA[Essai : Questions à la francophonie aujourd’hui[1] Par Mansour M’HENNI Après plusieurs reports, le XVIIIe Sommet de la Francophonie se tiendra quand même en Tunisie, en novembre 2022, avec deux années de retard ou presque par rapport à la date initiale des 12 et 13 décembre 2020. Ce report n’ôterait au sommet ni son signe [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Essai : Questions à la francophonie aujourd’hui<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a></strong></p>
<p>Par Mansour M’HENNI</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone  wp-image-3249" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-800x530.jpg" alt="" width="195" height="129" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-800x530.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-1160x768.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-1536x1017.jpg 1536w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-750x497.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-1140x755.jpg 1140w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1.jpg 1848w" sizes="(max-width: 195px) 100vw, 195px" /></p>
<p>Après plusieurs reports, le XVIIIe Sommet de la Francophonie se tiendra quand même en Tunisie, en novembre 2022, avec deux années de retard ou presque par rapport à la date initiale des 12 et 13 décembre 2020. Ce report n’ôterait au sommet ni son signe commémoratif du cinquantenaire de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie), initialement nommée l’ACCT (l&#8217;Agence de coopération culturelle et technique), créée le 20 mars 1970 à Niamey, au Niger, par Léopold Sédar Senghor (président du Sénégal), Habib Bourguiba (président de la Tunisie), Hamani Diori (président du Niger) et Norodom Sihanouk (roi du Cambodge), ni l’ensemble des activités culturelles et autres actions associées à cette occasion festive. Qu’on m’autorise à signaler, en passant, que ce 20 mars devenu la Journée internationale de la francophonie, par une décision de l’Unesco, est aussi la fête de l’Indépendance de la Tunisie, ce qui ne serait pas sans valeur symbolique pour une commémoration à perspective binaire, avec les divergences et les convergences qui se présenteraient.</p>
<p>Mais une commémoration est aussi, est surtout, l’occasion d’une évaluation, d’une prospection et d’une mise en perspective. Cela est d’autant plus important à souligner que la commémoration du cinquantenaire s’inscrit sous le signe : « Francophonie de l’avenir ». Elle me paraît revêtir aussi une importance particulière ici et maintenant, dans la Tunisie d’aujourd’hui qui semble être en quête de ses repères inaliénables et des voies possibles rattachées à son évolution dans un monde secoué de toutes parts par les vagues de la violence et les ondes de l’aimance. De fait donc, sur le plan personnel, et de par tous mes repères y compris surtout mon appartenance nationale et mon attachement à la langue arabe que je crois assez bien maîtriser, je crois pouvoir affirmer, en tant qu’enseignant chercheur, écrivain, traducteur et chroniqueur en langue française, que je suis un authentique francophone et de longue date, sans que cela nuise d’un brin à mon arabité tunisienne. C’est pourquoi j’ai choisi d’inscrire ma contribution dans la perspective du développement de la francophonie en Tunisie. Comme il n’y a pas de perspectives sans d’abord des questions, j’ai intitulé mon intervention : « Questions à la francophonie aujourd’hui ». J’aurais pu ajouter « en Tunisie » puisque c’est à partir de mon pays que j’envisage ma vision des choses et mes interrogations y afférentes, tout en restant convaincu que ce qui vaut pour mon pays, vaudrait également pour l’ensemble des pays francophones, malgré leurs spécificités respectives.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>¤¤¤¤¤¤¤</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Certaines sociétés libérées de l’ancienne occupation française ont hérité de la période coloniale une réticence plus ou moins marquée à l’égard de la francophonie, perçue comme un stratagème néocolonial ; ce sentiment trouvait une part de ses raisons dans une gestion de la francophonie avec un état d’esprit condescendant non encore débarrassé des complexes et de certains réflexes de la colonisation.</p>
<p>Mais la réalité du terrain et l’évolution des idées, d’un côté comme de l’autre, ont établi l’espace francophone, aujourd’hui, dans une dynamique d’humanisation du développement solidaire pour un vivre ensemble assoiffé d’intercommunication, de paix et de bien-être partagé. Cela imposerait donc un ciblage adéquat des questions à poser à la francophonie de la façon qui tienne compte de ses jeux et de ses enjeux, conformément à cette plateforme de base de l’action francophone, dans un monde de plus en plus secoué par les calamités humaines, les fléaux naturels et les désastres qui en découlent.</p>
<p>La conscience de notre condition d’humanité nous place devant des défis majeurs à relever et de lourdes responsabilités à assumer, pour mériter notre statut d’humanité. L’engagement pour les nouveaux objectifs déclarés de la francophonie et précisés dans le préambule de la Charte de la Francophonie, ne peut que conforter cette démarche. En effet, la francophonie agit pour la paix, la coopération, la solidarité et le développement durable. Elle défend la démocratie et les droits de l’homme, dans le respect de l’État de droit et de la souveraineté des États, de leurs langues et de leurs cultures. « Elle observe la plus stricte neutralité dans les questions de politique intérieure<a href="#_edn2" name="_ednref2">[2]</a> ».</p>
<p>Toutefois, il reste à se demander selon quelles stratégies, dans quel esprit et par quels moyens l’action francophone contribuera à se débarrasser des préjugés que nous aurions les uns sur les autres et à comprendre que le salut réside dans la solidarité, en société nationale ou internationale, et que la culture francophone est un puissant moyen pour servir cette noble valeur et ses implications sociétales. Ainsi, quand l’Agence de la francophonie, dans sa « vision d’ouverture », considère que « la langue française est un outil et non une fin en soi », il importe de préciser la visée et la nature de cet outil que j’ai choisi de remplacer par moyen. Car les francophones ont beau avoir une langue en partage, ils n’en tireraient pas grand intérêt si elle ne fait pas état et fonction de langue de partage. Dès lors, la question fondamentale serait de (se) demander jusqu’à quel point, dans la communauté francophone, les nantis accepteraient de partager avec les démunis, les forts avec les faibles, les développés avec les non développés ou en voie de développement !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Autrement dit, pour emprunter les propos de l’un des fondateurs de l’ACCT-OIF, l’enfant de ce pays, Habib Bourguiba, la question serait comment s’inscrire dans la conviction que « la francophonie est plus qu’un fait donné, [et qu’elle] est au contraire volonté, vitalité et action<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a> ». Mais, préciserait-on, « volonté créatrice, vitalité partagée et action commune », le tout sur des fondements éthiques inébranlables et incorruptibles. Toujours en référence à Bourguiba, c’est à se demander comment faire valoir la francophonie comme une éthique et une pratique, de « l’unité dans la diversité, [en tant qu’une] voie royale vers la coopération entre les peuples et le fondement même du dialogue avec l’universel<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a> ? »</p>
<p>Ces principes de synthèse peuvent se ramifier en plusieurs actions potentielles, mais d’abord à partir d’un autre critère fondamental. Quand nous parlons de solidarité dans une société déterminée, le concept ne prend toute sa valeur que s’il se démarque de l’idée de charité, de la main supérieure, celle qui donne, et la main inférieure, celle qui demande et qui reçoit parfois. Il en est de même sur le plan international, pour tout groupement géostratégique ou géopolitique, qui serait une « société de sociétés », ainsi nommée de préférence pour ne pas réactualiser le malheureux souvenir d’une malheureuse « Société des nations ».</p>
<p>Quelques exemples de cette ramification peuvent être évoqués à titre indicatif pour mieux saisir l’état d’esprit d’un projet moderne de la francophonie. Comme ce dernier tourne, à son origine, autour de la question linguistique, et comme tous les pays francophones n’ont pas le français comme langue maternelle, il importe d’abord non seulement de respecter ces spécificités linguistiques, mais aussi d’œuvrer à une interaction contribuant à leur mise en valeur et à leurs apports réciproques à la culture francophone et, à partir de ce modèle, à une culture universelle respectueuse de l’altérité et des minorités de façon à ôter à celles-ci leur caractérisation péjorative classique et à les doter d’un statut d’égalité dans la différence, sur la voix d’un cheminement vers un idéal de démocratie universelle.</p>
<p>En conséquence, cette égalité de principe dicte, moralement, humainement et stratégiquement, une implication dans le développement solidaire de façon à contribuer, collectivement, au bien-être des populations en conditions précaires dans tous les pays de l’ensemble. Comme cet objectif ne peut se concevoir dans la charité, mais dans une large concitoyenneté solidaire, c’est le travail et la productivité qui doivent retenir l’attention francophone dans le sens d’une assistance concernée pour la dynamisation économique et l’amélioration conséquente des conditions sociales. Sans doute est-ce dans cet esprit que J. Attali a écrit dans son rapport commandé par François Hollande : <strong><sub>«  </sub></strong>Penser la francophilophonie<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a> économique, c’est utiliser l’outil de la langue française et de la culture dont elle est porteuse en tant que levier de croissance et d’influence ». A condition de préciser qu’il est question de croissance partagée et d’influence réciproque.</p>
<p>Une telle gageure nécessite des révisions et des relativisations de toutes parts, de la part surtout des partenaires en francophonie, pour ce qui nous concerne ici. D’abord revoir nos pédagogies à différents niveaux de l’opération d’éducative et scientifique et y réviser les perspectives linguistiques. Se libérer donc de l’antagonisme linguistique, ancienne symbolique de la Tour de Babel abusivement comprise et tendancieusement interprétée. Dépassant la notion désormais anachronique de la colonie, il n’est donc plus justifié de voir dans la langue française une rivale de la langue nationale, et encore moins une ennemie. Il faut au contraire trouver dans la francophonie l’opportunité adéquate pour contribuer au rayonnement de la culture nationale. Plus encore, il faudrait repenser, ensemble, les stratégies de partenariat qui s’y créeraient pour amener la prospérité équitablement partagée, dans les pays ayant la francophonie en partage.</p>
<p>Il conviendrait peut-être, toujours dans le même esprit, de s’arrêter suffisamment pour repenser le rôle de la religion et de ses actants dans cette dynamique, surtout en comparaison de ce que nous observons actuellement en matière de tractations et de conflits entre le politique et le religieux. Toujours en nous posant la question suivante : comment et combien la francophonie peut-elle favoriser l’enrichissement réciproque des langues, des religions, des cultures et des sociétés ?</p>
<p>C’est donc avec un arrière-fond éthique et civilisationnel que nous devons engager notre action pédagogique intégrale, dans la petite école institutionnelle et dans la grande école de la société. Malheureusement, de son côté aussi, la francophonie a sans doute traîné longuement dans ses anciens réflexes et tardé, jusqu’aux années 90, à s’inscrire pleinement dans cette démarche, et cela n’a pas aidé l’opération pédagogique dans le domaine, ce qui n’a pas contribué à normaliser rapidement les relations interactives et à les positiver surtout, d’autant plus qu’une réticence caractérisée à son égard dans les anciennes colonies multipliait les doutes et les contestations.</p>
<p>Aujourd’hui, l’urgence des risques encourus sur le plan planétaire, surtout pour les générations à venir, impose à l’espace francophone, comme à l’humanité entière, de s’engager sincèrement et activement dans un nouvel humanisme de rationalisation de la gestion des richesses naturelles et culturelles, au sens large, un humanisme aussi de la sauvegarde de l’environnement, lui aussi naturel et intellectuel.</p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Prof. ém. Mansour M’HENNI (UTM)</em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>(Ecrivain tunisien, chercheur, traducteur et homme des médias)</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> Ce texte a été présenté lors de la rencontre organisée par l’Association des Tunisien(ne)s ami(e)s de la Francophonie (ATAF), pour commémorer l’anniversaire de l’OIF en mars 2022.</p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Le site de l’organisation (francophonie.org) note bien ceci : « La Francophonie, consciente des liens que crée entre ses membres le partage de la langue française et des valeurs universelles, et souhaitant les utiliser au service de la paix, de la coopération, de la solidarité et du développement durable, a pour objectifs d’aider : à l’instauration et au développement de la démocratie, à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits, et au soutien à l’État de droit et aux droits de l’Homme ; à l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations ; au rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle ; au renforcement de leur solidarité par des actions de coopération multilatérale en vue de favoriser l’essor de leurs économies ; à la promotion de l’éducation et de la formation. […] La Francophonie respecte la souveraineté des États, leurs langues et leurs cultures. Elle observe la plus stricte neutralité dans les questions de politique intérieure ».</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> Discours de Habib Bourguiba, Montréal, le 11 mai 1968. Dans ce discours, Bourguiba rappelle son discours de Dakar en 1965, considéré comme le texte de base de la création de l’ACCT : « Le 24 novembre 1965, ayant le privilège d’être reçu par l’Université de Dakar, Université sœur, elle aussi, de votre Université de Montréal comme de notre Université de Tunis, j’ai déjà parlé de la « francophonie ». L’idée que j’ai énoncée alors ne m’appartient pas en propre. Sous d’autres formes et avec le talent que vous lui connaissez, mon ami Léopold Sédar Senghor, Président de la République du Sénégal, l’a formulée lui aussi. Et depuis 1965, j’ai pu constater que cette idée éveillait sur notre continent africain une profonde résonance puisque l’Organisation Commune Africaine et Malgache l’a pratiquement adoptée, au point que son Président en exercice, M. Diori Hamani, président de la République du Niger, s’en est fait le zélateur et l’infatigable pèlerin. »</p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> Ibid.</p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> (J. Attali, Jacques Attali, <em>La Francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable</em>, Rapport à François Hollande, Août 2014). Pour J-A, « la francophilophonie regroupe donc les pays francophones, les pays francophiles et les francophones et francophiles du reste du monde ».</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Trou-blanc: il n&#8217;y a pas photo. Par Badreddine Ben Henda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jun 2022 13:48:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[photo]]></category>
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					<description><![CDATA[En prévision d&#8217;un voyage d&#8217;agrément, j&#8217;ai l&#8217;autre jour cherché et retrouvé chez moi un appareil photo tout neuf acheté en février 2015 mais que nous n&#8217;avons jamais utilisé! Il nous a coûté à l&#8217;époque 349 dinars. C&#8217;est que, depuis cette date, nous n&#8217;avons pas eu vraiment besoin de l&#8217;utiliser. Nous nous prenons rarement en photo, [&#8230;]]]></description>
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<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="182" height="121" />En prévision d&#8217;un voyage d&#8217;agrément, j&#8217;ai l&#8217;autre jour cherché et retrouvé chez moi un appareil photo tout neuf acheté en février 2015 mais que nous n&#8217;avons jamais utilisé! Il nous a coûté à l&#8217;époque 349 dinars. C&#8217;est que, depuis cette date, nous n&#8217;avons pas eu vraiment besoin de l&#8217;utiliser. Nous nous prenons rarement en photo, d&#8217;une part, et de l&#8217;autre, le téléphone portable, muni chez chacun de nous d&#8217;un appareil pour filmer et photographier, nous en a jusque-là épargné l&#8217;usage. Si bien que nous ne savions même plus où, à la maison, nous avions enterré l&#8217;appareil digital chèrement payé. Pire encore, aujourd&#8217;hui que nous l&#8217;avons déniché, nous ignorons s&#8217;il fonctionne normalement après 7 années d&#8217;abandon. Pour en avoir le cœur net, je vais ce matin le ramener au même photographe qui me l&#8217;a vendu en&#8230;2015 !</div>
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<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Qu&#8217;est-ce que 2015 paraît loin, perçu sous l&#8217;angle des progrès technologiques réalisés et publiquement généralisés en seulement 7 ans!!! Notre appareil photo de marque n&#8217;était déjà plus d&#8217;époque à la date où nous l&#8217;avons acquis, surclassé qu&#8217;il était par le caméscope. Les photographes eux-mêmes n&#8217;utilisaient plus que des caméras-vidéos pour les cérémonies familiales. Il fut un temps pourtant où posséder un appareil photo pendu à son cou faisait un genre en public. On aimait se montrer avec ces engins sophistiqués de plus en plus miniaturisés.</div>
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<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">En Tunisie, et dans le monde aussi, il y avait des photographes partout. Chez nous, le pays en comptait plusieurs centaines. LE PHOTOGRAPHE était une personnalité connue dans sa ville et là où il allait. Il avait son STUDIO et ses grandes archives de photos souvenirs : aux côtés d&#8217;un Président, d&#8217;un Ministre, d&#8217;un chanteur ou d&#8217;une chanteuse connus, d&#8217;un sportif célèbre, etc. Certains photographes ont inscrit leurs noms dans la mémoire collective des Tunisiens : ainsi en est-il de feus Béchir Mannoubi et Habib Hamima. On n&#8217;oubliera pas de sitôt le studio Guyse au Colisée et le non moins célèbre studio d&#8217;Al Masri rue du Caire et sous les Arcades Avenue de France, le Photomaton de la rue Charles de Gaulle. Il y avait aussi les photographes &#8220;mobiles&#8221; de l&#8217;Avenue Habib Bourguiba, du Belvédère, du Jardin du Passage, du Stade d&#8217;El Menzah !</div>
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<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Aujourd&#8217;hui, ils ne sont plus que quelques dizaines à tenir boutique à travers le pays. On a désormais recours à leurs services uniquement pour des photos de passeport ou de carte d&#8217;identité, sinon pour des&#8230;photocopies ! Le métier se meurt depuis que chaque Tunisien est devenu son propre photographe grâce au téléphone portable. Les photographes qui se disent &#8220;professionnels&#8221; n&#8217;ont pas d&#8217;enseigne particulière. Ce ne sont d&#8217;ailleurs pas des photographes de métier, mais des amateurs qui à leurs heures libres se font des sous dans les fêtes de familles et à n&#8217;importe quelle autre occasion. Quelquefois, le photographe d&#8217;un mariage est lui-même le chanteur-danseur-traiteur de ce même mariage !</div>
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<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Ceux qui ont leurs semblants de studios particuliers ne s&#8217;adaptent que médiocrement aux nouvelles technologies qui les concernent. Ils ne savent pas tout faire avec l&#8217;ordinateur. Ils ignorent parfois comment agrandir convenablement un portrait. L&#8217;autre jour, c&#8217;est une jeune lycéenne familière de Bluetooth qui a secouru mon photographe pour le transfert et l&#8217;agrandissement d&#8217;une photo prise par téléphone ! Inutile de vous décrire leurs &#8220;boutiques&#8221; qu&#8217;ils osent appeler studios : ce sont des débarras, des cagibis-débarras !</div>
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<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Revenons à mon appareil photo et souhaitons ensemble qu&#8217;il soit toujours en bon état ! Qui sait ? Un jour, peut-être, moi-même je me convertirais à l&#8217;art de la photographie !</div>
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		<title>Hommage à Bourguiba. Par Monia Kallel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Apr 2021 10:13:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[hier]]></category>
		<category><![CDATA[hommage]]></category>
		<category><![CDATA[Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[Il était encore étudiant à Paris, lorsqu&#8217;il a commencé à s&#8217;intéresser de près à la presse tunisienne qui était alors en pleine expansion. Alerté par les actualités de son pays que l&#8217;administration coloniale, en bonne entente avec l&#8217;Église, essaie d&#8217;absorber et d&#8217;évangéliser, Habib Bourguiba met sa plume au service de la lutte contre l&#8217;occupant. A [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="kvgmc6g5 cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-3546 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2021/04/Monia-Kallel.jpg" alt="" width="80" height="96" />Il était encore étudiant à Paris, lorsqu&#8217;il a commencé à s&#8217;intéresser de près à la presse tunisienne qui était alors en pleine expansion. Alerté par les actualités de son pays que l&#8217;administration coloniale, en bonne entente avec l&#8217;Église, essaie d&#8217;absorber et d&#8217;évangéliser, Habib Bourguiba met sa plume au service de la lutte contre l&#8217;occupant. A 23 ans, il se distingue par la puissance de son Verbe, l&#8217;audace et la profondeur de ses analyses.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Après avoir publié dans &#8220;l&#8217;étendard tunisien&#8221; (fondé par Chedly Khairallah) et &#8220;La voix du Tunisien&#8221;, il crée (1er novembre 1932) &#8220;l&#8217;Action tunisienne&#8221; avec M. Materi et B. Guigua. A la &#8220;voix&#8221; succède &#8220;l&#8217;Action&#8221; : le message est clair.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Officiellement inscrit au barreau (depuis le 17 nov. 1930), et installé à la rue Bab- Souika, le jeune avocat met en veille son cabinet et se consacre corps et âme au journalisme. Sur les colonnes de &#8220;l&#8217;Action&#8221; dont il était le principal (et parfois le seul) rédacteur et concepteur, il travaille à l&#8217;éveil du sentiment nationaliste et à la dénonciation des inégalités socio-politiques.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Très vite, il devient &#8220;la bête noire des autorités françaises&#8221; (Le Gendre). Deux qualités les font trembler : la capacité du jeune journaliste à porter/écrire la cause du peuple et à rassembler autour de lui un éventail très large de sympathisants et d&#8217;alliés : des Tunisiens, progressistes et conservateurs (hostiles à France et à la langue française dont il use) et des Occidentaux, les indignés par les abus de l&#8217;administration française et les réfractaires au principe même de la colonisation</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Les écrivains-journalistes (F. Challaye, l. P. Margueritte, A. Viollis&#8230;.) venus (a l&#8217;aube des années 30) enquêter sur la situation en Tunisie et le devenir du Protectorat, ont souligné la détermination, le charisme et la grande culture politique de l&#8217;avocat-journaliste. Mi-admiratifs, mi- inquiets, ils ont averti le pouvoir central que le personnage est redoutable et qu&#8217;il constitue la principale menace pour la France.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Dans un article consacré à sa rencontre avec Bourguiba (à Tunis), A. Viollis exprime son &#8220;élan vif&#8221; envers cet homme qui &#8220;lutte et souffre pour ses idées, les miennes à peu de choses près&#8221;.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">En quelques années, le jeune journaliste fait de &#8220;l&#8217;Action&#8221;&#8216; un lieu de combats- débats autour de la politique du parti, ses méthodes, et ses moyens. Bourguiba, tout comme Ben Youssef, ne déroge pas a la règle des grands chefs historiques (Lenine, Nasser, Ataturk&#8230;), ils se chargent de haranguer les foules, éclairer, informer l&#8217;opinion par la rédaction d&#8217;articles, tracts, communiqués&#8230; L&#8217;organisation des activités, les manifestations de rue, le brandissement des slogans, affiches&#8230; sont accomplis par les militants du partis et leurs alliés.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Bourguiba n&#8217;a, semble-t-il, participé qu&#8217;a une seule manif. en 1934 (pour demander au Résident général l&#8217;annulation du tiers colonial). Ce retrait (physique, et symbolique) lui permettait de garder le &#8220;prestige&#8221; du leader présent-absent ( هيبة, un mot que retiendra BCE) ; le retrait lui permettait surtout de continuer, (même dans les crises les plus aigues), à faire de la politique : composer, fédérer, négocier, convaincre ( adversaires et ennemis) sans perdre de vue l&#8217;objectif fixé.</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">C&#8217;est donc dans et par le journal que naît l&#8217;homme politique. A force d&#8217;écrire, et d&#8217;ordonner ses idées, à force d&#8217;intreragir avec l&#8217;actualité et les lecteurs, le futur &#8220;combattant suprême&#8221; a eu la possibilité de mûrir son projet et d&#8217;affiner ses stratégies ; lui dont l&#8217;intelligence, mais aussi le despotisme et l&#8217;égocentrisme n&#8217;ont pas échappé à ses collaborateurs.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Malgré (ou grâce à) aux sévères critiques dont il était la cible, il a pu s&#8217;imposer comme la figure centrale du Neo-Destour et se frayer un chemin entre deux citadelles super-puissantes : l&#8217;administration coloniale d&#8217;un côté et l&#8217;institution religieuse de l&#8217;autre, cette même institution qui a tué T. Haddad.</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">L&#8217;avocat-journaliste a retenu la leçon et donné congé à sa plume. Aux modernistes (Med Noomane notamment) qui condamnent son silence lâche, comme ils ont condamné son parti pris en faveur du voile, il répond qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un repli &#8221; stratégique&#8221;. En promulguant le CSP, 6 mois après l&#8217;indépendance (alors qu&#8217;il n&#8217;était encore que chef de gouvernement), le Zaim, a accompli un &#8220;geste&#8221;, ( dans la pleine polysémie du mot) å la fois politique et éthique puisqu&#8217;il a :</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">&#8211; reconnu et remboursé sa dette à l&#8217;égard de Tahar Haddad dont les idées deviennent &#8220;acte d&#8217;émancipation&#8221; (Latifa Lakhdar) ce qui a offert aux Tunisiennes et à la Tunisie une chance sans précédent dans le monde arabo-musulman.</div>
<div dir="auto">-concrétisé le projet sociétal que le journaliste a posé et en a défini les grands axes (lutte contre la misère sous toutes ses formes, démolition des croyances et systèmes archaïques, instruction du peuple, reconsidération de la place des femmes..).</div>
<div dir="auto">&#8211; donné une leçon en acte sur les concepts qui lui sont chers, le réalisme-pragmatisme, et la &#8220;vision &#8221; politiques :</div>
<div dir="auto">( الواقع و لاستشراف السياسي)</div>
<div dir="auto">Lorsqu&#8217;il atteint le sommet de l&#8217;État, au bout d&#8217;une longue et riche expérience journalistique, Bourguiba semble avoir tous les atouts politiques en main (la posture du héros sauveur de la nation et libérateur de la femme, le sens de la communication, des compagnons de route fidèles, une méthode d&#8217;action, un modèle sociétal avec un socle juridique bien établi..). Pourtant, l&#8217;exercice du pouvoir allait s&#8217;avérer difficile et le chemin rude du début à la fin</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">A M. Le président KS.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Après la négligence du 20 mars, il est réjouissant de vous voir commémorer le 21e anniversaire du décès du Zaim, ; il serait encore plus réjouissant de savoir que votre déplacement à Monastir n&#8217;est pas un simple geste protocolaire à visée électoraliste ; et que vous vous engagez, réellement, à continuer l&#8217;oeuvre bourguibienne, une œuvre lourde à porter et qui semble, aujourd&#8217;hui, plus menacée que jamais&#8230;</div>
<div dir="auto"></div>
</div>
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		<title>Trou-blanc: Hommage à Bourguiba. Par Jamil Chaker</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Apr 2021 13:35:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[aujourd'hui]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Leçons]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[Je n&#8217;oublierai jamais les visites que Bourguiba effectuait à Sfax alors que j&#8217;étais très jeune, dans les années 60. Son cortège passait inévitablement devant notre appartement qui se trouvait assiégé par les citoyens qui voulaient l&#8217;applaudir de notre balcon. Pendant toute une matinée, notre appartement cessait de nous appartenir et nous-mêmes propriétaires de la maison, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="kvgmc6g5 cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-3132 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/12/Jamil-Chaker.jpg" alt="" width="171" height="104" />Je n&#8217;oublierai jamais les visites que Bourguiba effectuait à Sfax alors que j&#8217;étais très jeune, dans les années 60. Son cortège passait inévitablement devant notre appartement qui se trouvait assiégé par les citoyens qui voulaient l&#8217;applaudir de notre balcon. Pendant toute une matinée, notre appartement cessait de nous appartenir et nous-mêmes propriétaires de la maison, nous ne pensions plus qu&#8217;à saluer le Chef. Nous adorions son sourire charismatique, quasiment fusionnel, surchargé d&#8217;affection, d&#8217;émotion. Il nous envoyait des gestes de bises. Le ciel de la ville de Sfax se remplissait de &#8220;YAHIA BOURGUIBA&#8221;.</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Huit grandes leçons sont à tirer des qualités et de la démarche politique de Bourguiba:</div>
<div dir="auto">&#8211; Le patriotisme et l&#8217;amour indéfectible de la Tunisie</div>
<div dir="auto">&#8211; Le sens du leadership</div>
<div dir="auto">&#8211; La verve rhétorique</div>
<div dir="auto">&#8211; Le sens de l&#8217;endurance, de la combattivité et du sacrifice</div>
<div dir="auto">&#8211; Le sens de la pédagogie: savoir expliquer et persuader</div>
<div dir="auto">&#8211; L&#8217;art d&#8217;agir par la parole, illustrant à la perfection le principe de la pragmatique: &#8220;how to do things with words&#8221;</div>
<div dir="auto">&#8211; La capacité prospective</div>
<div dir="auto">&#8211; L&#8217;aptitude à négocier avec l&#8217;adversaire tout en sachant que des moments de rupture totale sont indispensables.</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Il faudrait néanmoins reconnaître que les imperfections de la carrière de Bourguiba viennent de l&#8217;idolâtrie politique. Au fond, le peuple tunisien -dans sa majorité- en avait voulu ainsi. Mais, le miracle de Bourguiba est d&#8217;avoir mis la centralisation du pouvoir et les tendances autoritaires au service d&#8217;une vision moderniste de la société.</div>
<div dir="auto">La Tunisie d&#8217;aujourd&#8217;hui a sans doute besoin d&#8217;un homme comme Bourguiba à la fois fort, audacieux, passionné, patriote, charismatique, et éclairé. Un homme apte au dialogue tout en étant intransigeant quant aux valeurs républicaines.</div>
<div dir="auto"></div>
</div>
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