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	<title>conscience &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>conscience &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique : Espace public et esprit de conversation. Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Aug 2024 09:11:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Clochards]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[propreté]]></category>
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					<description><![CDATA[J’avoue d’emblée être imbu de l’esprit, du principe et de la pratique de la conversation qui motivent ma pensée et ma quête d’une voie vers le meilleur vivre-ensemble, et une intelligence probante de l’être positif et constructif. Ce qui me paraît important dans cette expérience, c’est la conscience des limites de mon intelligence, comme celle [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-5835 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2024/03/mhenni-mansour-poete.jpg" alt="" width="300" height="215" />J’avoue d’emblée être imbu de l’esprit, du principe et de la pratique de la conversation qui motivent ma pensée et ma quête d’une voie vers le meilleur vivre-ensemble, et une intelligence probante de l’être positif et constructif. Ce qui me paraît important dans cette expérience, c’est la conscience des limites de mon intelligence, comme celle de toute intelligence humaine malgré ses réalisations géniales, et du constat qui en découle, en l’occurrence la nécessité d’une éthique de l’humilité et de la relativisation en toute chose.</p>
<p>Ainsi, je m’arrête souvent devant des indications qui me paraissent comme des invitations implicites à converser. Tels sont les slogons griffonnés, à la peinture ou au charbon, sur les murs pour attirer l’attention publique sur certains comportements jugés inadéquats, soit pour exprimer une opposition ferme à leur égard, soit pour insinuer un scepticisme implicite sous des affirmations plus ou moins catégoriques.</p>
<p>Le premier exemple que j’évoque rapidement ici, parce qu’il me paraît susciter de nombreuses questions et mériter un plus ample développement, c’est celui, dans mon quartier, d’un slogan sur le mur de clôture d’un lot de terrain non construit, disant : « Des clochards mais des cultivés ». Pensons-y en attendant un retour sur la question, mais songeons à ce curieux destin qui semble faire de nos intellectuels et de nos concitoyens cultivés, des marginaux incapables ou indignes d’une adaptation sociale.</p>
<p>Le second exemple et le troisième sont étroitement liés à la notion de propreté environnementale, sans doute comme un indice caractéristique de l’éthique de la propreté au sens large.</p>
<p>Il y a d’abord ces autres slogans que l’on inscrit à des coins de rues résidentielles où des résidus ou des traces de déchets domestiques s’affichent en termes de défis aux citoyens du quartier, voire à l’ensemble des citoyens. Exaspérés par l’obstination des « polluants » ou des « salisseurs de l’environnement » à nuire à la logique du vivre-ensemble et du respect d’autrui, les malheureux et impuissants « maîtres de céans » ne semblent trouver d’autre moyen de riposter que l’insulte et la malédiction : « Maudit soit celui qui met les déchets ici ! » ; « Nulle paix à l’âme des parents de celui qui salit ce lieu par ses déchets personnels ! »… On comprend la colère, mais le style peut-il donner de l’effet ? Question à examiner.</p>
<p>Pour finir, il serait difficile, à ce propos, de ne pas évoquer nos plages. À l’une des plus belles plages de Tunisie, ou je passe souvent des jours de vacances estivales, je suis souvent scandalisé par le comportement des baigneurs, surtout ceux installés en familles, qui se permettent de jeter, sur le sable ou dans l’eau de mer, les restes des légumes et des fruits ainsi que leurs sacs plastiques et leurs bouteilles et boites de boissons de tous genres. Pour éviter toute friction avec ces gens, je me mets parfois à ramasser ces déchets et à les mettre dans des poubelles posées à cet effet, à quelques mètres ou quelques dizaines de mètres du plus éloigné de l’estivalier. Mes filles me chuchotent alors : « Mais papa, les gens sont en train de rire de ton comportement ! » Et moi de leur répondre : « Qu’ils en rient maintenant, j’espère qu’ils finiront par rire d’eux-mêmes, avec une note de regret ! ».</p>
<p>Et voilà que l’une des filles rentrées pour quelques jours dans notre ville natale me dit : « Tu sais, papa, la belle plage que tu connais est devenue une vraie poubelle bourrée de toutes les saletés jusqu’à quelques mètres dans l’eau ». Je n’ai eu que ma seule réponse à donner : « L’Art est long et le Temps et court », Baudelaire dixit.</p>
<p><em>(Publié aussi par jawharafm.net)</em></p>
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		<title>Parution : « Ontologie de l’être de la conscience » de Habib Falfoul</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Sep 2022 12:36:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Falfoul]]></category>
		<category><![CDATA[nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[Parution]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
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					<description><![CDATA[Habib Falfoul, romancier et essayiste, vient de publier un livre intitulé « « Ontologie de l’être de la conscience », un essai de 198 pages qui porte sur le concept de conscience selon les différents courants des pensées philosophiques à travers les époques. Le livre est composé de trois parties distinctes dont chacune est divisée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="yiv1569168166ydp95e833abMsoNormal">Habib Falfoul, romancier et essayiste, vient de publier un livre intitulé « « Ontologie de l’être de la conscience », un essai de 198 pages qui porte sur le concept de conscience selon les différents courants des pensées philosophiques à travers les époques.</p>
<p class="yiv1569168166ydp95e833abMsoNormal">Le livre est composé de trois parties distinctes dont chacune est divisée en plusieurs chapitres. La première partie est intitulée « L’homme, être de la nature et être de la conscience » où l’auteur nous parle de l’existence et de l’essence de l’homme, de la liberté et de la responsabilité de l’homme dans sa création des valeurs normatives du « Vrai », du « Beau » et du « Bien ». Dans le dernier chapitre de cette première partie, l’auteur parle de la « finitude de l’homme », cet homme face à la vérité de la mort. La deuxième partie qui comprend trois chapitres, est consacrée à l’analyse de la parole (orale et écrite) de l’homme en tant qu’être humain social et à la communication de la pensée. La troisième partie s’intéresse à la langue, la linguistique la littérature et à la créativité de l’homme en général. Toutes les études et les analyses faites par l’auteur sont appuyées par des citations puisées dans les œuvres des grands philosophes, aussi bien de l’Antiquité que de l’époque moderne. Tous ces chapitres sont précédés par un prologue où l’on peut lire : « le concept de la conscience a connu son éclat avec Socrate (470-399 av, J.C) et Descartes (1596-1650), le premier en initiant le culte de la Raison par sa formule « Connais-toi toi-même » et le second en découvrant son existence en posant son cogito « Cogito ergo sum » (je pense, donc jesuis). L’ontologie de l’homme est bipolaire : l’homme est un être de la nature et un être de la conscience. »</p>
<p class="yiv1569168166ydp95e833abMsoNormal">Le mot « conscience » est très communément employé. En effet, on entend souvent dire des expressions comme « En mon âme et conscience », « Agir en pleine conscience », « Par acquit de conscience », « Avoir la conscience tranquille », « Avoir une conscience professionnelle », « prendre conscience de quelques choses » et d’autres encore qui prêtent à des significations ou des connotations diverses, sociales, religieuses, philosophiques, sociologiques, voire populaires. Pourtant, H. Falfoul nous montre dans son livre que l&#8217;implication du concept « conscience » est beaucoup plus subtile et plus vaste que celle qu&#8217;on lui attribue. Le but de ce livre est de présenter le sens véritable de la conscience selon différents courants philosophiques et idéologiques, y compris dans les livres saints, essentiellement dans le Coran, afin d&#8217;attirer l&#8217;attention des lecteurs sur le raisonnement, le point de vue et la compréhension de « conscience » ainsi que l&#8217;importance de cette notion dans la vie des individus et des communautés. Aussi peut-on remarquer plusieurs recours aux versets coraniques pour expliquer certaines situations ou aspects de conscience. Mais il faut dire que ce recours permanent à l’Islam (le Coran) par l’auteur s’inscrit dans un souci de citer les grandes théories et doctrines connues jusque-là par l’homme. Les citations puisées dans le Coran ou dans l’exégèse de l’Islam ne sont autres que des exemples donnés par l’auteur pour comparer entre certaines théories ou idées concernant la « conscience » .</p>
<p class="yiv1569168166ydp95e833abMsoNormal">Hechmi KHALLADI</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : L’école citoyenne… Mon école ! Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 20:22:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[Je ne peux parler de l’école en général, même en ces temps du pire de ses états, sans évoquer son rôle d’éducation à la citoyenneté ni sans penser à mon école, de son ancien nom « Ecole primaire de Lamta », qui m’avait ouvert ses bras le jour où l’école de mon village avait refusé [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" /></p>
<p>Je ne peux parler de l’école en général, même en ces temps du pire de ses états, sans évoquer son rôle d’éducation à la citoyenneté ni sans penser à mon école, de son ancien nom « Ecole primaire de Lamta », qui m’avait ouvert ses bras le jour où l’école de mon village avait refusé de m’accepter parce que je n’avais que cinq ans. J’ai toujours un grand attachement à tous les lieux et les établissements où il m’a été donné d’acquérir du savoir et de la connaissance, en apprenant ou en enseignant ; mais j’ai un amour exceptionnel pour ma première école.</p>
<p>L’année dernière, j’y ai rendu visite à son directeur et certains de ses collègues et, autant j’ai été surpris par la restructuration de son espace, plus réduit pour des raisons d’ordre foncier, autant j’ai jubilé en admirant l’esthétique qui s’y dessine et la conscience environnementale qui s’y illustre : la propreté, l’entretien des plantes, les décorations, etc. Tout cela malgré une précarité de moyens qui aurait pu pousser à l’abandon et à l’indifférence. On avait parlé alors d’y organiser des activités culturelles, en collaboration avec des associations et d’autres parties, publiques et privées. L’occasion de son 90<sup>ème</sup> anniversaire nous paraissait bien à propos pour réunir des anciens de l’école, des parents, des élèves et du personnel enseignant et administratif ; mais la covid a constitué un obstacle incontournable. J’espère que ce n’est que partie remise ! C’est un report qui concerne notre collaboration envisagée, évidemment, car pour le reste du labeur interne, les responsables de mon école sont inlassables et le feu de leur passion est difficile à étouffer.</p>
<p>En effet, voilà que je trouve, il y a moins d’une semaine, sur ma page facebook, des photos montrant un nouveau programme environnemental dans cet établissement, réalisé avec l’appui du ministère de l’Environnement. Des poubelles de tri sélectif des déchets sont disposées devant les classes, différenciées par leurs couleurs respectives : bleue, noire, jaune, verte. A côté, un pot de fleurs de plantes grasses.</p>
<p>Il y a certes une part de subjectivité dans ce qui est écrit ici ; mais au-delà, il y a bien une logique d’implication citoyenne et une conscience de l’intérêt public, un intérêt commun, qui sont les piliers principaux de la mission d’éducation. La culture environnementale est au centre de la civilité et se nourrit du respect des personnes, sans ségrégation, du respect de la faune et de la flore, ainsi que du respect de l’espace en tant que partenaire aux dimensions multiples, du plus petit au plus grand. Or cette éthique et cette culture a besoin d’une pédagogie particulière, en triangulation entre la famille, l’école et la société. Il lui faut aussi commencer très tôt pour grandir avec l’enfant et s’ancrer dans sa conscience. Pour réussir, elle a surtout besoin d’une implication plurielle et solidaire entre les citoyens, l’administration et les entreprises, ainsi que d’une ambiance de communication alliant l’intelligence et l’affection.</p>
<p>Que c’est heureux de voir toute la famille d’une école attentive à la moindre infraction à cette éthique du respect pour intervenir, non par la violence ou la sanction ni même par le dénigrement ou par l’ironie blessante, mais par la conversation horizontale avec l’enfant, en vue de lui faire sentir le sens de la responsabilité. Un enfant ainsi encadré et intelligemment accompagné dans son évolution affective et mentale serait même un bon éducateur à la maison si dans sa famille on n’est pas sensible à la pédagogie environnementale comme une école de citoyenneté.</p>
<p>Merci mon école, je continuerai de nourrir ma conscience du lait de ton savoir, produit par ces gens simples, humbles et patriotes qui me changent de toutes les folies qui nous entourent et nous empoisonnent la vie !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique: Pour commencer l’année. Chemins de la propreté et chemins de la liberté  Par Mansour M’HENNI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 14:56:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[esprit]]></category>
		<category><![CDATA[propreté]]></category>
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					<description><![CDATA[La propreté, on en parle souvent, à plusieurs occasions, en faisant semblant d’y insister intensément, que ce soit en contexte de santé physique, de morale et d’éthique, de politique même, malgré qu’on en ait ! Ne voit-on pas que ce mot, « propreté », est devenu d’un emploi public tellement courant qu’il nécessite de s’y interroger pour essayer [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />La propreté, on en parle souvent, à plusieurs occasions, en faisant semblant d’y insister intensément, que ce soit en contexte de santé physique, de morale et d’éthique, de politique même, malgré qu’on en ait ! Ne voit-on pas que ce mot, « propreté », est devenu d’un emploi public tellement courant qu’il nécessite de s’y interroger pour essayer de savoir à quoi s’en tenir, en le prenant comme repère d’action ou comme critère d’évaluation ? Pour essayer surtout de penser et de tracer la voie qui y conduit !</p>
<p>Les chemins de la propreté ? On n’en parle peut-être pas assez, leur préférant des termes comme « chemins propres » en matière de nettoyage à domicile ou dans le territoire communal. En fait, on l&#8217;a sans doute deviné, cette expression est apparentée au titre d’une trilogie romanesque de Jean-Paul Sartre, sa dernière œuvre chargée de l’essentiel de ses interrogations existentielles, <em>Les Chemins de la liberté</em>, composée de <em>L’Âge de raison</em>, <em>Le Sursis</em> et <em>La Mort dans l&#8217;âme</em>. En fait ce lien est ici le fil conducteur de l&#8217;interrogation centrale du présent propos, en l&#8217;occurrence : « les chemins de la propreté peuvent-ils croiser ceux de la liberté ? »</p>
<p>Commençons par le sens le plus immédiat, le sens dit propre de « propreté », pour signaler qu’être propre est une façon d’être à son corps et à son environnement le plus immédiat, autrement dit son domicile. Là, le souci de propreté est inégalement réparti entre les personnes, même au sein de la même famille. D’aucuns tenteraient de s’inscrire, parfois, dans leur droit à ne pas être propres, à se laisser aller à certaines négligences ressenties comme l’expression de leur liberté individuelle. Et la famille s’en accommode souvent selon les humeurs de l’instant et la pédagogie des interactions internes.</p>
<p>Mais à l’extérieur, dans les endroits publics ou dans les rues communes, comment expliquer qu’un tel ou une telle, bien mis sur leur trente-et-un, au volant d’une voiture de luxe, se permette, en conduisant, de jeter par la fenêtre mouchoirs en papiers utilisés, mégots de cigarettes non éteints, restes de fruits secs consommés en route et même boites de bière ingurgitées comme un carburant du chemin de la liberté ? Il est sans doute difficile, et même peu commode, pour un pays comme le nôtre de mettre partout des caméras de surveillance pour sanctionner ce genre de comportements anticiviques ! Mais ne pourrait-on pas au contraire essayer de généraliser la culture civique et l’enraciner dans les esprits de façon à en faire un comportement spontané ? C’est là qu’on en vient au second volet de notre propos, celui de la propreté en tant qu’éthique de la vie en société, pour en dire d’abord qu’il s’agit bien d’un état d’esprit, d’une culture, d’une éthique et d’un sens souligné de la socialité comme une responsabilité.</p>
<p>Il faut croire que la pensée humaine a particulièrement évolué, surtout depuis les Lumières, vers la notion de liberté individuelle perçue comme le pilier central de l’intelligence humaniste et de la socialité à fondement démocratique. C’est une pensée qui, bien que déjà perceptible plusieurs siècles auparavant, s’est alors déployée contre l’arbitraire et l’abus de l’autoritarisme autocrate et oligarchique. Nous en avons hérité le droit-de-l’hommisme, ou les droits-de-l’hommisme, une formule et une pratique qui, au nom de la défense du droit de l’homme à sa liberté individuelle, ont fini par se détourner de la notion de responsabilité d’un individu vivant en société. En effet, le droit d’un individu ne saurait contraindre et contrer ni même contrarier le droit d’un autre individu, celui-ci étant un partenaire de partage juste et égalitaire des droits individuels en société. Rappelons que la principale référence du droit-de-l’hommisme est bien le texte hérité de la Révolution française de 1789, celui de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) ; mais rappelons que cette même déclaration associe la notion de droit à celle de citoyenneté.</p>
<p>Ne nous attardons pas ici sur les réserves exprimées par Bazac, Marx et consorts, à l’égard du droit-de-l’hommisme, en tant que substitut à l’humanitarisme, si bien que la nouvelle expression était utilisée souvent dans un sens péjoratif et que la pensée elle-même était jugée d’extrême droite. Mais disons-le franchement, il y a à prendre et à laisser dans le droit-de-l’hommisme tel qu’il est conduit dans nos sociétés actuelles, la nôtre également de par son appartenance à la grande société internationale, malgré et de par sa spécificité. On s’en rend compte encore ces jours-ci avec les décisions administratives et judiciaires à l’égard de certains avocats soupçonnés d’implication dans des pratiques condamnables au nom de l’intégrité et de la souveraineté nationales. Une mobilisation de principe s’est donc vite constituée en instance de défense, ce qui est dans l’ordre des choses, mais le plus frappant dans son attitude, c’est l’imperméabilité à toute relativisation des choses et à toute reconnaissance à l’Etat d’exercer son droit, lui-aussi, à se protéger contre les pratiques frauduleuses ou les intentions de complots. On sent alors le parti-pris corporatiste, voire même « sectariste », qui porte en lui l’exclusivité des droits pour certains contre les autres et qui redonnerait raison à ceux ayant jugé le droit-de-l’hommisme comme une pensée d’extrême droite.</p>
<p>Aussi pensons-nous qu’il nous importe aujourd’hui d’inscrire notre vision sociétale et notre conception du vivre-ensemble dans l’éthique de la propreté, au sens le plus large. Pour ce faire, il serait urgent et nécessaire de repenser les droits individuels dans la logique de la citoyenneté responsable, de façon à ne permettre aucun abus, d’un côté ni de l’autre. C’est ainsi que notre sens de la responsabilité citoyenne favorisera la convergence, pour nous, des chemins de la propreté et ceux de la liberté. Il nous permettra ainsi d’éviter que le droit-de-l’hommisme ne demeure pour nous tel qu’il est défini par l&#8217;essayiste Jean Bricmont (<em>Impérialisme humanitaire : droits de l&#8217;homme, droit d&#8217;ingérence, droit du plus fort ?</em>, Bruxelles, Aden, 2009) : « Le droit-de-l’hommisme n&#8217;est qu&#8217;une stratégie de communication du pouvoir consistant à exploiter et détourner la philosophie des droits de l’homme pour promouvoir des intérêts qui en sont très éloignés, notamment pour &#8220;justifier&#8221; une politique impérialiste ou oligarchique ».</p>
<p><em>(Publié sous un autre titre par le journal Le Temps du 5 &#8211; 1 &#8211; 2022)</em></p>
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