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	<title>constitution &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>constitution &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique : Le Tunisien devant le choix de son destin. Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jun 2022 14:41:09 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous approchons, très vite et dans une tension peu apaisée, de l’échéance du 25 juillet 2022, celle de voter le référendum concernant le nouveau texte de la constitution. Certains parlent du recul de cette échéance, pendant que d’autres vantent la nouvelle constitution de la troisième République. Plus le temps avance et plus je pense à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Nous approchons, très vite et dans une tension peu apaisée, de l’échéance du 25 juillet 2022, celle de voter le référendum concernant le nouveau texte de la constitution. Certains parlent du recul de cette échéance, pendant que d’autres vantent la nouvelle constitution de la troisième République. Plus le temps avance et plus je pense à la phrase d’ouverture de l’allocution du général de Gaulle, prononcée le 25 avril 1969, deux jours avant le référendum qui allait précipiter son départ et sceller son mandat présidentiel : « Françaises, Français, vous, à qui si souvent j&#8217;ai parlé pour la France, sachez que votre réponse dimanche va engager son destin. Parce que d&#8217;abord, il s&#8217;agit d&#8217;apporter à la structure de notre pays un changement très considérable », ainsi parla De Gaulle et ainsi me semble murmurer le président Kaïs Saïed, pour lui-même, en aparté, avant de prononcer sa propre allocution à l’occasion du référendum annoncé.</p>
<p>De son côté et à la lumière des commentaires et des avis entendus par-ci par-là, le citoyen tunisien me paraît déjà essayer de se régler au chronomètre et au tensiomètre d’une allocution de ce genre, tellement sera grave sa réponse finale à la question du référendum, dans les deux principaux sens de l’adjectif grave, celui « de grande importance » et « de fâcheuses conséquences ». En effet, sa réponse, ce jour-là, engagera son destin soit vers une sortie de crise expressément et rapidement souhaitée, soit vers un nouveau tunnel à l’issue incertaine et à effet frustrant. Le plus délicat dans la situation, c’est que les débats politiques, nettement marqués par une dualité inconciliable, ne l’aident pas assez à faire la juste part des choses entre deux thèses apparemment contradictoires, mais pleinement cadrées dans des limites idéologiques aliénantes et manipulatrices.</p>
<p>D’un côté on défend la démocratie en la définissant comme nécessairement fondée sur le pluralisme politique. Telle a été la tradition et telle elle restera, entend-on à tout bout de champ. Mais le citoyen tunisien a désespéré de cette démocratie ainsi définie et toujours brandie comme un prétexte pour ceux qui, à la fin, en profitent et font ce qu’ils veulent, conduisant ainsi le pays vers le désastre le plus terrible. Tel est le cas de ceux qui ont gouverné au nom de la démocratie « gagnée », de 2011 à 2021, sans d’ailleurs une imputation sérieuse et effective, autrement que par un dénigrement discursif. Des propos dans le vent !</p>
<p>De l’autre côté, on appelle à l’état d’exception pour une opération dite de « nettoyage » et de sauvetage, par une mise en marche sur la voie de la « droiture », même si elle paraît peu conforme à la voix du droit. Ce n’est que provisoire et ça viendra, répondrait-on à une telle objection !</p>
<p>La polémique tourne alors autour de deux inconciliables se rapportant à la nouvelle constitution telle que conduite jusqu’à son élaboration : d’un côté, les « démocrates » disent ne pas la concevoir sans le pluralisme partisan, quels qu’en soient les défauts et les défaillances ; de l’autre, on la voit possible à partir d’une réflexion conduite par des spécialistes et soumise à la volonté populaire dans un vote référendaire.</p>
<p>C’est l’occasion peut-être de se souvenir que l’option d’une nouvelle constitution, en 2011, a été imposée par ceux qui, aujourd’hui, n’ont rien d’autre à afficher que leurs échecs respectifs devant la situation dramatique du pays. Il y avait pourtant une autre voie possible, celle qui suggérait la réactualisation et « l’assainissement » de la constitution de 1959, pour soumettre le résultat de cette révision au vote populaire et permettre au pays de continuer l’entreprise du développement, sans tous les dérapages qui s’étaient installés très vite en 2011, générant les dysfonctionnements les plus inhibiteurs et les plus destructeurs qu’un État moderne puisse connaître ! C’est pour cela que plusieurs citoyens, de plus en plus nombreux, commencent à se convaincre par l’idée, partagée avec l’UGTT, qu’il faut attendre le texte, annoncé pour le 30 juin, pour se positionner et se prononcer à partir de son contenu effectif, et non celui fuité à plusieurs occasions. Ceux-ci disent refuser tout simplement l’opposition de principe, une opposition pour l’opposition, dont on devine bien les dessous politico-politiques.</p>
<p>Voilà où en est la Tunisie, onze ans et demi après un événement où elle croyait voir son salut ! Attendons voir la suite des événements car, malheureusement, à ce rythme et avec un tel état d’esprit, on ne sera peut-être pas bientôt sorti de l’auberge.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique: Un Destour e(s)t un match&#8230; Côté pile et côté face ! Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jan 2022 20:29:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[Patrie]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce jour du vendredi 28 janvier 2002 est un peu un jour de l’entre-deux, deux événements apparemment sans lien logique entre eux ! Ce jour est en effet le lendemain d’une festivité farcesque commémorant la constitution de 2014, et la veille d’un match de l’équipe nationale pour les quarts de finale de la coupe d’Afrique des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce jour du vendredi 28 janvier 2002 est un peu un jour de l’entre-deux, deux événements apparemment sans lien logique entre eux ! Ce jour est en effet le lendemain d’une festivité farcesque commémorant la constitution de 2014, et la veille d’un match de l’équipe nationale pour les quarts de finale de la coupe d’Afrique des Nations, au Cameroun. Ne serait-il pas intéressant d’interroger la façon et les raisons de vivre cette journée intermédiaire dans le contexte général où semble naviguer notre pays, contre vents et marées ?</p>
<p>Disons-le sans ambages, malgré le tapage ayant entouré le texte du 27 janvier 2014 dont avait accouché une assemblée constituante au statut et au fonctionnement souvent contestés, la deuxième constitution tunisienne laissait planer, dès le départ, des suspicions et des méfiances qui n’ont pas tardé à se concrétiser dans des risques évidents de déstructuration de la notion d’Etat au profit d’une dispersion politique incapable de produire concrètement une gestion cohérente à même d’assurer et de faire perdurer le développement du pays. Tout cela a fini par conduire à la crise généralisée et au démantèlement de tout ce qui restait pour réanimer un nouvel élan vers le redressement et le progrès.</p>
<p>Ce sentiment nous paraissant partagé par la majorité de la communauté citoyenne, le spectacle farcesque d’une commémoration de la constitution qui a été jugée à l’origine des principaux problèmes est on ne peut plus anachronique et peu convaincant. C’est pourquoi, la mobilisation des groupuscules politiques d’une opposition se disant « démocratique » serait plutôt inadéquatement programmée du fait de sa coïncidence avec la commémoration de la constitution de 2014 conduite par Ennahdha (avec le label de la présidence de l’ARP gelée) et suivie par ses subalternes, Kalb Tounès et la Coalition El Karama.</p>
<p>C’est donc avec un arrière-goût de déception, voire de dépit, que s’ouvre le lendemain de cette comédie constitutionaliste, indépendamment de tout jugement de l’état d’exception qui y a mis fin ou presque, pour la satisfaction et l’espoir de la plupart des Tunisiens, mais qui tarde terriblement à engager son projet de renouveau et un vrai plan de rétablissement de l’union nationale autour d’un intérêt entendu pour la Patrie. Au fond, ce qui compte pour la majorité des citoyens, ce n’est pas le petit ghetto de quelques boutiques politiques d’un piètre et miséreux commerce, d’un côté ou de l’autre, mais c’est l’image et la dignité d’une Patrie capable de garantir la qualité de vie pour ses citoyens.</p>
<p>Ainsi, ne trouvant plus dans la politique ni leurs bons sentiments, ni leurs motivations positives, ni encore leurs plaisirs épanouissants, ces citoyens se rabattent sur la petite lueur d’espoir qui les anime en rapport à un succès national footballistique et s’y nourrissent de passion patriotique et de convivialité sociétale contrastant avec les vénéneuses adversités politiques. Ce vendredi d’aujourd’hui donc, les Tunisiens ont déjà oublié le jeudi d’hier, comme on cherche à oublier une indésirable misère. Ils ont plutôt les yeux et les espoirs fixés sur demain, sur ce samedi de la jeunesse tunisienne qui a souvent démenti les pronostics et remporté les matchs les plus difficiles à des moments fatidiques.</p>
<p>Certes, un match de foot reste toujours une rencontre sportive avec ses heurts et ses bonheurs, mais parfois, quelque chose de plus intense, d’existentiel même s’y inscrit vivement et produit son effet insoupçonné, impactant à la fois les sentiments, les comportements et les intelligences des personnes, individuellement ou collectivement. Tel a été le cas pour le match du 23 janvier 2022, quand les joueurs tunisiens lourdement diminués par les conditions générales, sont venus à bout du principal favori de la compétition de la CAN 2021.  Ce vendredi 28 janvier, les citoyens tunisiens vont rêver le même esprit et le même courage devant Le Burkina Faso, en se souvenant de la Coupe du Monde de 1978 et de ses héros.</p>
<p>Au fait, comment repenser à cette coupe du monde de 1978 sans repenser l’UGTT du 26 janvier 1978 et son rôle dans les heurts et bonheurs de l’histoire nationale. Est-ce dans cet esprit que se manifeste on ne peut plus clairement la reprise du rapprochement du Président de la République et de la Centrale syndicale ? Ce serait sans doute plus heureux et plus constructif que le théâtre du jeudi, pourvu qu’y règne l’espoir attendu ce samedi, celui de la conscience et de la puissance des moyens citoyens de la Tunisie quand ses enfants se font forts, dans le cœur, de l’amour de la patrie et, dans la tête, du devoir de rehausser son image et d’y conforter le vivre-ensemble.</p>
<p>Bonne chance aux Aigles de Carthage, pour la gaieté, la satisfaction et la renaissance du grand espoir des citoyens tunisiens dans une période de marasme politique, économique et social. Sans doute faudra-t-il prier également que les responsables et les autres acteurs politiques du pays apprennent à se ressourcer dans le réservoir éthique des vrais sportifs de la Tunisie.</p>
<p><em>(Publié pat le journal Le Temps du 28-01-2022)  </em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Le débat biaisé autour de la constitution et la démocratie. Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Aug 2021 19:26:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[conversation]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[professeur]]></category>
		<category><![CDATA[sérénité]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans son Zarathoustra, Nietzsche dit des poètes : “Ils ne sont pas non plus assez propres pour moi : ils troublent tous leurs eaux pour les faire paraître profondes ». Certains se sont gavés de cette citation pour descendre les poètes et monter sur leur dos au nom d’autres disciplines, en faisant exprès de laisser tomber [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-2738 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg" alt="" width="137" height="77" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-750x422.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito.jpg 1000w" sizes="(max-width: 137px) 100vw, 137px" />Dans son Zarathoustra, Nietzsche dit des poètes : “Ils ne sont pas non plus assez propres pour moi : ils troublent tous leurs eaux pour les faire paraître profondes ». Certains se sont gavés de cette citation pour descendre les poètes et monter sur leur dos au nom d’autres disciplines, en faisant exprès de laisser tomber la première proposition de la citation et de ne garder que la seconde, exclusivement rattachée aux poètes, dans l’ignorance préméditée du « non plus » qui les mets dans le même sac que d’autres !</p>
<p>Aujourd’hui en Tunisie, la citation prend toute son importance et sa véridicité en s’appliquant aux juristes et aux constitutionnalistes, dont l’instrument servant à troubler toutes les eaux est le mot « démocratie » qu’ils semblent prendre abusivement pour synonyme de « dostour », constitution. On s’en rend compte facilement à observer attentivement les plateaux médiatiques, les écrits journalistiques et les discours politiques. J’y reviens ici parce que les dernières mesures du Président de la République, à partir du 25 juillet 2021, ne cessent de susciter des interrogations, des accusations, des contre-accusations, des justifications, des contestations et des développements intellectuels souvent pris pour des semblants de pensée, mal articulés à la réalité du terrain pratique de la politique.</p>
<p>J’ai été particulièrement attentif, le mercredi 11 août 2021, au passage de Yadh Ben Achour sur France 24 et au plateau de <em>Attessia TV</em> où Jawhar Ben Mbarek, au nom de la démocratie, s’est imposé comme l’empereur et le directeur-dictateur du débat pour s’acharner à défendre des idées arrêtées imperméables à toute interaction. Peut-être conviendrait-il de lui rappeler que la démocratie commence par l’égalité entre tous, y compris dans le droit à la parole et dans le volume de la parole, et qu’elle se manifeste donc d’abord dans la compétence d’écoute et non dans cet empressement à couper la parole à l’interlocuteur, différent ou opposé, pour imposer au public sa propre parole, quitte à déboucher sur une cacophonie où plus rien ne se comprend. Et quand on parle à titre de professeur, comme perceptible dans les propos de M. Ben Mbarek, on est en devoir de donner l’exemple, si bien que même quand un « jeune » fait infraction à cette règle, le professeur lui montre le contre-exemple et n’entre pas en compétition avec lui dans la course à qui crie le plus !</p>
<p>Loin de moi toute intention de passer pour un donneur de leçon et de référer à l’amphithéâtre de la faculté pour dénigrer un collègue (ce qu’on n’a pas manqué de voir sur ce plateau), mais mon avis est que la démocratie est d’abord une éthique et un exercice d’humilité permettant de tout interroger, même pour tout remettre en question, en vue d’aboutir à un accord, toujours provisoire et soumis à la révision, pour continuer le chemin sur la base d’un vivre-ensemble le plus proche possible de la volonté populaire (qui reste d’ailleurs à définir).</p>
<p>Pourquoi J. Ben Mbarek n’admet-il pas que tous les textes organisateurs d’une société ne peuvent être éternels et que la vraie autorité, l’autorité suprême en la matière, dans une société aspirant à la démocratie, revient au peuple qui, parfois, se confond avec la rue comme espace privilégié de son expression et de l’exercice de ses droits. Avec des acrobaties de sophistication, « le Prof de droit constitutionnel » a voulu nous imposer l’idée qu’on ne peut pas soutenir le parallélisme entre les événements du 14 janvier 2011 et ceux du 25 juillet 2021. Pourtant une analyse objective laissera voir ce parallèle et l’on y reviendra peut-être dans un autre cadre ; mais j’invite le constitutionnaliste à reprendre sereinement la question du point de vue politique, il y trouvera sans doute d’autres considérations à prendre compte que celles qui font écran devant sa perception des choses.</p>
<p>N’empêche que je lui reconnais tout son droit à la différence et même à la fixation sur certaines thèses, pourvu qu’il respecte les règles de la démocratie, du respect et de la conversation dans son sens premier et philosophique. D’ailleurs, à l’occasion, je dis aussi mon désaccord avec l’approche de Yadh Ben Achour, dans laquelle il a peut-être mis un peu trop de passion au début, de façon à s’entrainer des critiques acerbes et même des commentaires incorrects, donc intolérables. Mais il paraît reprendre les choses autrement et les inscrire dans le cadre d’un débat académique et intellectuel, ce qui changerait un peu la donne. Dans tous les cas de figure, mon respect, et celui de tous en principe, sont dûs à la pensée différente, si nous voulons vraiment aspirer à l’idéal démocratique. Aussi reprendrai-je à mon compte ce statut de mon ami, le philosophe Fathi Triki : « Mon soutien à mon ami Yadh Ben Achour. Je défends aujourd’hui et toujours le droit à la différence et au débat public. La pensée unique conduit nécessairement au totalitarisme et à la dictature ».</p>
<p>Force est cependant de rappeler, comme le nuance si bien mon ami Moncef Ben Mrad (« Le soutien total est toujours un soutien aveugle… Un simple soutien suffit »), que mon soutien est un soutien de principe et non un soutien d’adhésion.</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié aussi sur jawharafm.net)</em></p>
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		<title>Chronique: &#8220;Sauvons la République !&#8221; Par Arselène Ben Farhat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Aug 2021 08:50:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Président]]></category>
		<category><![CDATA[république]]></category>
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					<description><![CDATA[La République est un régime politique dans lequel le peuple exerce le pouvoir à travers des représentants élus démocratiquement et librement par tous les citoyens. Aujourd’hui, les événements qui ont eu lieu le 25 juillet 2021 ont dévoilé la profondeur et la complexité de la crise institutionnelle que traverse notre pays. Ils ont conduit les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-3685 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2021/05/arselene-ben-farhat.jpg" alt="" width="111" height="156" />La République est un régime politique dans lequel le peuple exerce le pouvoir à travers des représentants élus démocratiquement et librement par tous les citoyens. Aujourd’hui, les événements qui ont eu lieu le 25 juillet 2021 ont dévoilé la profondeur et la complexité de la crise institutionnelle que traverse notre pays. Ils ont conduit les Tunisiens à considérer la République non pas comme un simple objet de réflexion philosophique et politique théorique étudié par l’élite des intellectuels et des Professeurs en droit constitutionnel, mais comme un sujet qui intéresse toutes les classes sociales et une expérience vécue intensément par tous les citoyens suscitant chez eux des déceptions, des frustrations, des critiques et de multiples questions. Pourquoi le régime politique républicain né en 2014 a-t-il totalement échoué ? Quelles sont les mesures qui pourront sauver notre République ?</p>
<p>Il est évident qu’il y aura un avant et un après   25 juillet 2021 et qu’il est quasiment impossible de retrouver au niveau politique la situation d’avant le 25 juillet. Les évènements qui ont eu lieu ce jour-là vont marquer l’histoire moderne de notre pays et constituer un vrai tournant dans l’évolution de nos institutions vers la démocratie ou la dictature. Par surprise et contre toute attente, le Président de la république a pris plusieurs décisions: il met à l’écart le chef du gouvernement, gèle les activités du parlement, décide la levée de l’immunité de tous les parlementaires et va présider en personne le parquet afin d’assurer efficacement les poursuites judiciaires de tous les corrompus. Le Président de la République s’est basé sur les dispositions de l’article 80 de la Constitution tunisienne de 2014. Or, les conditions énoncées par cet article sont-elles réunies ? Le Président de la République a-t-il consulté le chef du gouvernement et le président de l’Assemblée des représentants du peuple ? A-t-il le droit de s’immiscer dans la justice en  assurant la supervision du ministère public?</p>
<p>Les opposants à Kais Saïed sont inquiets et leur crainte est renforcée par les moyens mobilisés : le Président de la République, en tant que chef des forces armées a demandé aux militaires d’appliquer ses décisions en interdisant l’accès au Parlement et au siège du gouvernement à al-Kasbah. Il s’octroie ainsi tous les pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. Les partis au pouvoir, des figures historiques de l’opposition comme Hamma Hammami et Najib Chabbi et certains professeurs en droit constitutionnel comme Iyadh Ben Achour, considèrent qu’il s’agit d’un coup d’état constitutionnel<em>« contre la révolution et contre la Constitution » d’après Nahdha.</em> Ils demandent donc au Président de la République d’annuler ces mesures et de respecter la légalité. Selon eux, l’interruption du processus démocratique mettra en danger la Tunisie qui risque de sombrer dans le chaos.</p>
<p>Or il semble bien difficile de soutenir ce point de vue des opposants à Kais Saïed, car dès l’annonce de ces décisions, une explosion de joie populaire a submergé le pays et cette réaction populaire spontanée a été considérée par des observateurs tunisiens et étrangers comme un soutien indéfectible apporté au Président. En effet, des milliers de Tunisiens sont sortis dans les rues des différentes villes et diverses régions du pays pour exprimer leur joie en klaxonnant, en applaudissant, en tirant des feux d&#8217;artifice, en entonnant l’hymne national et en lançant des slogans de soutien au chef de l&#8217;Etat qui va s’offrir un bain de foule. Il déclare : « Selon la constitution, j&#8217;ai pris des décisions que nécessite la situation afin de sauver la Tunisie, l&#8217;Etat et le peuple tunisien ».</p>
<p>Peut-on parler dans ce cas de coup d’état? Je doute fort. S’agit-il alors d’un coup de tête d’un président qui cherche à déstabiliser ses adversaires ? Rien ne peut confirmer cette thèse. Bien au contraire l’examen des événements du 25 juillet 2021 montre qu’il s’agit plutôt d’un réel coup de génie d’un leader qui a bien compris les aspirations du peuple et qui veut agir efficacement pour préserver la République et bien la protéger. Il recourt donc à des moyens apparemment &#8220;anti-démocratiques&#8221; pour sauver la démocratie et sauver la Tunisie : « La situation actuelle nous a poussé à entreprendre des mesures exceptionnelles pour sauver la République et sa population » affirme le chef de l&#8217;Etat.</p>
<p>En effet, notre pays est réellement menacé d’un effondrement économique, politique et sanitaire. Le régime politique a totalement échoué et a plongé notre pays dans une grave crise institutionnelle et le gouvernement de Hichem Mechichi issu de ce régime a entrainé la Tunisie dans une chute vertigineuse dans les domaines économique, financier, social et sanitaire. Il a été incapable de mener des réforme réelles étant pris en otage par une classe politique caractérisée par l’incompétence, la corruption, l’arrivisme, le manque d&#8217;anticipation et de coordination, etc. Le parlement  a été, lui aussi, paralysé par les oppositions et les conflits entre les partis politique. Du coup, il est devenu, non pas l’espace de dialogue, d’échange, d’invention et  de renouvellement, mais le théâtre de  violence verbale et physique transmise en direct à la télévision.</p>
<p>Dans un tel contexte catastrophique, les Tunisiens ont besoin d’un sauveur et s’il n’existe pas, ils vont l’inventer. Kais Saïed leur apparait comme un héros qui va leur offrir la bouée de sauvetage en prenant en main la destinée de notre pays et en menant :</p>
<ul>
<li>une lutte efficace contre l’effondrement économique qui a engendré un accroissement inquiétant du nombre des chômeurs surtout parmi les jeunes diplômes et une augmentation spectaculaire des prix,</li>
<li>un assainissement de la vie politique en éliminant l’utilisation de la religion et de l’argent « sale » comme moyens de conquête des classes populaires</li>
<li>un combat plus efficace contre le coronavirus qui entraine chaque jour environ 200 mort.</li>
</ul>
<p>En somme, les Tunisiens attendent beaucoup de Kais Saïed. Ils ne supportent ni le retour de la dictature, ni l’effondrement économique, politique et social du pays. Ils veulent l’instauration rapide d’une nouvelle République fondée sur la liberté d’expression, d’association et de réunion, sur l’égalité entre tous les Tunisiens et sur l’indépendance de la justice. Tous ces droits ont été acquis grâce aux sacrifices du peuple tunisien et personne n’accepte de les abandonner. La nouvelle République doit donc s’inscrire dans le même élan de la Révolution de 2011 en permettant aux Tunisiens de réaliser toutes leurs aspirations.</p>
<p>&nbsp;</p>
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