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	<title>critique &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>critique &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Avant-propos à la lecture du roman  Guérir d’ici de Marc Gontard : Le bilan d’une vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2026 07:47:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Gontard]]></category>
		<category><![CDATA[mathématique]]></category>
		<category><![CDATA[oeuvre]]></category>
		<category><![CDATA[poétique]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
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					<description><![CDATA[Avant-propos à la lecture du roman Guérir d’ici de Marc Gontard : Le bilan d’une vie   Prof. ém. Mansour MHENNI Université Tunis El Manar (ISSHT) &#8211; Tunisie Chercheur, écrivain, penseur, traducteur et chroniqueur &#160; &#160; Le roman de Marc Gontard, Guérir d’ici[1], commence pour moi à la dédicace qu’il m’y a faite : « Pour Mansour / [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Avant-propos à la lecture du roman </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Guérir d’ici</em></strong><strong> de Marc Gontard :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le bilan d’une vie</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;">Prof. ém. Mansour MHENNI</p>
<p style="text-align: center;">Université Tunis El Manar (ISSHT) &#8211; Tunisie</p>
<p style="text-align: center;">Chercheur, écrivain, penseur, traducteur et chroniqueur</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le roman de Marc Gontard, <em>Guérir d’ici<a href="#_edn1" name="_ednref1"><strong>[1]</strong></a></em>, commence pour moi à la dédicace qu’il m’y a faite : « Pour Mansour / Un dernier roman (?) / Très amicalement / Marc) ». On l’a sans doute compris : c’est la question sur la nature du livre qui m’arrête, surtout que mon ami sortait alors d’une épreuve sanitaire qui ne lui a pas été de tout repos, même s’il a su s’en accommoder, en bon marin des rudes mers et de leurs amers.</p>
<p>D’emblée, j’ai songé au livre d’un autre ami, aujourd’hui disparu, feu Salah Stétié, <em>Hermès défenestré<a href="#_edn2" name="_ednref2"><strong>[2]</strong></a></em>, qui finit sur un postscriptum donnant le sentiment d’une valeur testamentaire. Ma lecture du roman de M. Gontard m’a confirmé dans ce premier rapprochement semi-intuitif entre le Breton et le Libanais, tous deux se reconnaissant dans leur francophonie. S. Stétié est essayiste et essentiellement poète ; M. Gontard est critique et essayiste, devenu finalement romancier caractérisé ne manquant cependant pas de se faufiler parfois dans le champ de la poésie. Sont-ils différents de par le genre choisi pour la création littéraire, eux qui, tous deux, baignent plus dans l’intelligence de la langue-parole que sur les traits fugaces de ses littéraux ?</p>
<p>Dans son « Post-scriptum » qui finit sur une citation de Joubert, en l’occurrence « La fin de la vie apporte avec elle sa lampe<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a> », S. Stétié écrit :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il s’agit, à travers l’ensemble des offrandes que nous fait la vie, certaines heureuses, d’autres chagrines ou malheureuses, d’aller là où la parole allume une lampe et, autour de cette lampe qui nous retire à la confusion universelle, de voir s’ordonner pour le peu de temps que nous l’habitons la violente chambre cosmique<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voilà bien l’aventure d’une quête, existentielle dirait-on, celle d’une ultime lumière qui, d’une condensation du temps vécu dans un instant ultime, jaillit pour une durée autre, celle de la création littéraire peut-être, comme pour rappeler le célèbre vers de René Char : « L’éclair me dure ». Marc Gontard n’interdit pas au récit cette profondeur de l’interrogation existentielle qui l’inscrit au même registre de la parole que le poème. L’un et l’autre se réclament alors comme un dire-vrai de l’être à l’heure du bilan. Aussi lit-on dans <em>Guérir d’ici</em> :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tout est fini. Derrière moi le pays où le soleil se couche… L’amour. La mort. J’abaisse ma tablette pour feuilleter à nouveau ce livre dont je n’ai pu me résoudre à me séparer. C’est un roman intitulé <em>De sable et de sang</em>. Tout s’y trouvait déjà. Mais d’une manière si elliptique que le sens s’y abstrait dans un jeu de miroirs. Comme si ce premier livre portait surtout une écriture en devenir… Pourtant la forme en est parfaite. À partir d’un point originel, le récit se déroule en plusieurs spires concentriques. Puis la dynamique ralentit. Cesse. S’inverse. Et le récit s’enroule sur lui-même, symétriquement, jusqu’au point final qui fait face à l’origine<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ainsi, <em>Guérir d’ici</em> m’a paru marqué d’un cachet testamentaire confirmé par la dédicace de l’auteur, mais explicitement écrit à l’incipit du roman : « Donc… Le récit commencerait ainsi. Par un mot testamentaire. Sans autre signification que lui-même. Sans une histoire tracée d’avance. Un sillon dans lequel il suffirait de se laisser porter<a href="#_edn6" name="_ednref6">[6]</a>. » Et ce vide originel ou ce néant événementiel fondateur du récit renvoie droit à l’incipit du premier « roman » de l’auteur, un roman ne portant pas cette mention générique sur sa couverture, en l’occurrence <em>De sable et de sang</em> : « Non. Il n’est rien arrivé / Rien ne peut avoir lieu<a href="#_edn7" name="_ednref7">[7]</a> ». Cela n’est évidemment pas gratuit puisque le lien du neuvième roman au premier est ressenti dans des renvois implicites à ce premier roman, jusqu’à la citation ci-dessus où est explicité le lien fondateur entre les deux romans<a href="#_edn8" name="_ednref8">[8]</a>. Si l’on ajoute d’autres points comme la référence à une conversation avec Alain Robbe-Grillet, ainsi que la prédominance de la mer et finalement l’expérience du Maroc, on ne saurait éviter la dimension autobiographique de ce roman en tant que synthèse narrativisée de l’expérience de l’auteur, attribuée à un auteur qui en est le double, sans en porter le nom.</p>
<p>Comment comprendre alors cette insistance sur le rien, le vide, la disparition, le silence, etc. Peut-on rattacher cela au souvenir persistant de la tentation du Nouveau Roman, comme pour contester la conclusion de Robbe-Grillet : « Et puis le Nouveau Roman c’est terminé<a href="#_edn9" name="_ednref9">[9]</a> ! » En effet, l’enquête sur la disparition de Ronan, le protagoniste, dirait-on, à la fin du roman nous renvoie à cette affirmation de Robbe-Grillet au début du livre. Quand l’enquêteur lui demande si son ami Ronan écrivait des romans, il répond :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un seul. Quand il était plus jeune. Et dont l’échec continuait de le tourmenter… Il avait bien connu Robbe-Grillet. Il disait que l’expérience du Nouveau Roman était incontournable pour tout romancier digne de ce nom, car elle avait mis au jour les conventions de l’art narratif dans leur visée idéologiques. Mais que c’était une expérience limite. Destructrice. Qu’on ne pouvait pas aller plus loin… L’acte de raconter reste l’une des formes essentielles du langage dont on peut transgresser les codes traditionnels sans pour autant compromettre la lisibilité de la fiction. C’était sa conviction<a href="#_edn10" name="_ednref10">[10]</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette citation est considérée comme une digression par l’enquêteur : « Revenons à notre propos ». Cependant, tel pourrait ne pas être le cas pour le romancier qui ne cesse d’inverser les rôles et de faire de la focalisation un jeu de tours et de détours, une sorte de cache-cache dont l’enjeu est le duel entre l’intérêt de l’auteur et celui du lecteur. Et ce jeu, n’est-il pas la figuration du <em>duellum</em> incontournable dans toute œuvre littéraire, voire dans tout acte langagier ? On comprend alors pourquoi, dans ce roman comme dans son premier, <em>De Sable et de sang</em>, sans doute dans ses autres écrits de créations aussi mais de manière moins soulignée, M. Gontard met en tension les stratégies du Nouveau Roman et celle du récit classique pour obtenir un écrit original, personnel, adapté à la pensée qu’il conduit et aux interrogations qui l’occupent, celles sociolinguistiques de la diversité et de l’altérité, ainsi que celles ontologiques et philosophiques, sur la voie de l’« être ou ne pas être », en passant par « Ouvrir ou ne pas ouvrir<a href="#_edn11" name="_ednref11">[11]</a> ».</p>
<p>Dans <em>Fractales</em>, publié en 2017, le narrateur-auteur avoue :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Autrefois, je n’appréciais vraiment que les écritures d’avant-garde. Robbe-Grillet, Butor, Simon, Sarraute… Aussi, la petite musique de Duras. Maintenant je lis plutôt les « minimalistes » … J’essaie d’éviter ce terme parce qu’il renvoie trop à une forme d’art conceptuel qui implique la modernité avec ses fausses certitudes. Par contre, j’aime leur manière de raconter<a href="#_edn12" name="_ednref12">[12]</a> […].</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce qu’il importe sûrement d’ajouter, c’est que le titre de ce dernier roman de la série y apparaît dans une question clausulaire d’un paragraphe central du quatrième morceau, intitulé « 4 – Lena dit », dans le septième et dernier chapitre du roman de 2017 : « Y a-t-il un ailleurs pour guérir d’ici<a href="#_edn13" name="_ednref13">[13]</a> ? » Or, nous savons que cet aphorisme est composé de deux vers d’Eugène Guillevic dans <em>Du domaine<a href="#_edn14" name="_ednref14"><strong>[14]</strong></a></em>, mis en exergue au roman <em>Guérir d’ici</em> (p. 7). Sans doute convient-il également de retenir, en tant qu’indicateurs de lecture de toute la série romanesque de M. Gontard, que l’exergue du premier roman de la série est de Chrétien de Troyes<a href="#_edn15" name="_ednref15">[15]</a> et celle du dernier est de E. Guillevic.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Peut-on vraiment conclure cet avant-propos de lecture du roman <em>Guérir d’ici </em>? Non si conclure dénote une idée de clôture ! Cependant, l’avant-propos étant l’actualisation d’un besoin de conversation autour de ce roman, donc nécessairement d’une ouverture à même de laisser sa profondeur et son intelligente ampleur, à partir de son récit de base, ou récit premier, qui, superficiellement perçu, passerait juste pour un fait divers ou un épisode autobiographique. Encore que là aussi il faille se souvenir de l’appel de Claude Roy à bien considérer « l’effet divers des faits divers » !<br />
Aussi conviendrait-il de ne pas négliger tout ce qui est appelé à converser dans le cycle romanesque proposé par M. Gontard : « Ce récit marque la fin d’un cycle composé d’un ensemble de 9 romans<a href="#_edn16" name="_ednref16">[16]</a> ».</p>
<p>Oui, « un cycle », a-t-il bien écrit ! Or un cycle, c’est la figure de la clôture apparente qui s’avère une continuité.</p>
<p>L’<em>Universalis</em> souligne un emploi recherché du terme et étroitement rattaché à la littérature : « (en langage recherché) série de romans autour du même sujet ou avec les mêmes personnages<a href="#_edn17" name="_ednref17">[17]</a> ». Mais le <em>Dictionnaire de l’Académie française</em> remonte à son origine étymologique du grec <em>kuklos</em> qui veut dire « cercle », un sens qu’il garde dans le bas latin <em>cyclus</em> et qui débouche sur des sens spécifiques dont nous retenons au moins celui de « Série d’opérations, d’actions ou de faits, constituant une succession ordonnée de phases à l’intérieur d’une évolution », et celui de <em>Cycle romanesque</em> qui, par analogie, désigne une « série de romans où peuvent apparaître les mêmes personnages<a href="#_edn18" name="_ednref18">[18]</a> ». Cela nous permet d’articuler cette vision structurante à celle relevée par M. Gontard dans le premier travail d’inspiration structuraliste publié sur <em>Nedjma</em> de Kateb Yacine<a href="#_edn19" name="_ednref19">[19]</a> : un travail qui ouvert la voie à des lectures variées mais complémentaires sur la structure hélicoïdale dans le roman de Kateb qui a donné son nom à un cycle, lui aussi, « Le Cycle de Nedjma<a href="#_edn20" name="_ednref20">[20]</a> ».</p>
<p>Ce qui justifie ce rappel, c’est l’intérêt évident de Marc Gontard, dans son premier roman surtout, pour la mathématique structurante qui a présidé à la forme finale de <em>Nedjma</em> de Kateb Yacine. Ce dernier est construit en six parties dont 3 comprennent douze chapitres chacune et les trois autres comprennent chacune deux fois 12 chapitres (ainsi numérotés). Au-delà de la symbolique et de la signifiance que Kateb à donne à cette structure géométrique et mathématique, on ne saurait négliger la structure du premier roman de Marc Gontard, <em>De sable et de sang</em>, qui se présente ainsi :</p>
<p>Quatre parties avec, pour chacune, des sous-parties et des chapitres respectivement distribués en :</p>
<p><strong><em>Première partie</em></strong> – 4 sous-parties – 3 chapitres dans chaque sous-partie ;</p>
<p><strong><em>Deuxième partie</em></strong> – 3 sous-parties – 4 chapitres dans chaque sous-partie ;</p>
<p><strong><em>Troisième partie</em></strong> – 4 sous-parties – 3 chapitres dans chaque sous-partie.</p>
<p>On ne saurait manquer l’actualisation de cette mathématique à la fois dans l’idée d’une interaction des écrits critiques de M. Gontard et de ses textes de création, mais aussi dans l’interaction interne de son cycle de 9 romans où le dernier est venue dans une structure quasi-classique en : Prologue, 4 parties, épilogue. Pourquoi pas dans une focalisation particulière sur les chiffres 3 et 4, y ramenant le chiffre 12 dans <em>Nedjma</em> ?</p>
<p>Nous sommes convaincus que cette poétique Gontardienne est à creuser et que les jeunes chercheurs surtout gagneraient à y plonger car notre présent article se veut d’abord un texte de suggestions et d’interrogations. J’y crois retrouver toute une pensée structurante sur des bases mathématiques, non sans rapport aux symboliques mythiques qui pourraient s’y apparenter. Cela est peut-être moins explicite dans <em>Graville falls</em>, <em>L’Île des pluies</em>, <em>Naufrages</em> et <em>L&#8217;Héritière de Keroulaz</em> ; mais cela est incontournable dans les autres romans du cycle.</p>
<p>Il nous semble important de ne pas négliger ce détail dans l’approche de toutes les questions et de toutes les problématiques soulevées par l’écriture de Marc Gontard. On commence à s’y intéresser, mais l’essentiel reste encore, et toujours, à chercher car dans cet œuvre, on ne se lassera jamais d’aller « au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Notes </strong></p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> M. Gontard, <em>Guérir d’ici</em>, Roman, Rennes, Editions Goater, 2025.</p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> S. Stétié, <em>Hermès défenestré</em> « en lisant en écrivant », Paris, José Corti, 1997.</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> Ibid. p. 282.</p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> Ibid. p. 281.</p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> M. Gontard, <em>Guérir d’ici</em>, Op. cit., p. 136.</p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6">[6]</a> Ibid. p. 11.</p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7">[7]</a> M. Gontard, <em>De sable et de sang</em>, Paris, L’Harmattan,1982, p. 9. Il est à noter que ce livre prend, dans la liste bibliographique de l’auteur à la fin de <em>Guérir d’ici</em>, sa catégorisation générique : (roman). Il est la première publication en matière de création littéraire, en 1981 (enregistré en 1982), correspondant dans cette liste à la première publication critique de l’auteur, <em>La Violence du texte</em>, en 1981 aussi. Cependant, cette indication est sans doute à nuancer (à corriger même) puisque <em>Nedjma de Kateb Yacine. Essai sur la structure formelle du roman</em> a été publié en 1975, dans une première édition (M. Gontard, <em>Nedjma de Kateb Yacine. Essai sur la structure formelle du roman</em>, Rabat (Maroc), Agdal, 1975), avant celle de 1985 comme l’indique la date inscrite sur la liste de <em>Guérir d’ici</em>. Cela nous paraît important à souligner, particulièrement quand on veut s’attaquer à une étude contrastive des essais criques et de la pensée de Marc Gontard d’une part, et de son œuvre de création d’autre part.</p>
<p><a href="#_ednref8" name="_edn8">[8]</a> Cf. note 5 (citation P. 136 du roman).</p>
<p><a href="#_ednref9" name="_edn9">[9]</a> M. Gontard, <em>Guérir d’ici</em>, Op. cit., p.37.</p>
<p><a href="#_ednref10" name="_edn10">[10]</a> Ibid., p. 180.</p>
<p><a href="#_ednref11" name="_edn11">[11]</a> M. Gontard, <em>De Sable et de sang</em>, Op. cit., p. 51 : « Au fond, tout n’est qu’une question de porte. Ouvrir ou ne pas ouvrir… ».</p>
<p><a href="#_ednref12" name="_edn12">[12]</a> M. Gontard, <em>Fractales</em>, roman, Paris, L’Harmattan, 2017, p. 113.</p>
<p><a href="#_ednref13" name="_edn13">[13]</a> Ibid., p. 150.</p>
<p><a href="#_ednref14" name="_edn14">[14]</a> (Eugène Guillevic, <em>Du domaine</em>, Paris, <em>Poésie</em>/Gallimard, 1977, p.41 : « Il n&#8217;y a pas d&#8217;ailleurs / Où guérir d&#8217;ici. »</p>
<p><a href="#_ednref15" name="_edn15">[15]</a> Citation tirée de <em>Perceval ou Le Conte du Graal</em> :</p>
<p>« <em>… / Cist est aussi com une beste. / Fos est qui delez lui s’areste, / s’a la muse ne vialt muser / et le tans en folie user.</em> » (Celui-ci aussi est comme une bête. / Fou est celui qui s’arrête auprès de lui, / si à la muse il ne veut musarder / et user le temps en folie.)</p>
<p><a href="#_ednref16" name="_edn16">[16]</a> M. Gontard, <em>Guérir d’ici</em>, Op. cit., p.9.</p>
<p><a href="#_ednref17" name="_edn17">[17]</a> <a href="https://www.universalis.fr/dictionnaire/cycle/">https://www.universalis.fr/dictionnaire/cycle/</a></p>
<p><a href="#_ednref18" name="_edn18">[18]</a> <a href="https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9C5399">https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9C5399</a></p>
<p><a href="#_ednref19" name="_edn19">[19]</a> M. Gontard, <em>Nedjma de Kateb Yacine. Essai sur la structure formelle du roman</em>, (Première édition), Op. cit.</p>
<p><a href="#_ednref20" name="_edn20">[20]</a> C’est aussi un travail qui a suscité certaines polémiques interprétatives dont celle entre nous deux autour de l’épisode du Nadhor. Cf. Mansour M’henni, <em>La Quête du récit dans l’œuvre de Kateb Yacine</em>, Tunis, L’Or du Temps, 2002 (Thèse de doctorat soutenue en 1986 à l’Université Paris 13 sous la direction de Jacqueline Arnaud). Ce débat entre nous a pris une ampleur relative à partir d’un colloque à Alger en 1989, et s’est arrêté ou presque à partir d’un colloque à Grenoble en 1993 (colloque international intitulé « Kateb Yacine : Le Théâtre et le Roman », organisé à l&#8217;Université de Grenoble du 26 au 28 octobre 1993).</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Le dernier parcours des réseaux sociaux à propos du référendum !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jul 2022 12:59:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[insulte]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Respect]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mansour M’henni Ce qui se lit sur les réseaux sociaux, ces derniers jours qui précèdent le référendum du 25 juillet 2022, est à la fois inquiétant et intéressant à examiner pour mieux comprendre certains (dys-)fonctionnements politiques de notre société. J’ai été particulièrement frappé par l’échange accompagnant un statut de l’ancien ministre Faouzi ben Abderrahmen, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Par Mansour M’henni</p>
<p>Ce qui se lit sur les réseaux sociaux, ces derniers jours qui précèdent le référendum du 25 juillet 2022, est à la fois inquiétant et intéressant à examiner pour mieux comprendre certains (dys-)fonctionnements politiques de notre société. J’ai été particulièrement frappé par l’échange accompagnant un statut de l’ancien ministre Faouzi ben Abderrahmen, critiquant violemment, à la limite même de la correction (« Je suis en colère ! », s’en justifie-t-il), un statut de Mustapha Ben Jaafar, l’ancien président de l’assemblée constitutive qui nous a pondu la constitution de 2014, objet des avis les plus tendus et les plus variés, et considérée comme à la base du revirement accusé le 25 juillet 2021.</p>
<p>J’avoue avoir moi-même un avis très critique à l’égard de Mustapha Ben Jaafar dont le parcours politique me paraît totalement à contrepied de la confiance qu’il avait inspirée à la création de son parti au début des années 2000. En effet, dix ans plus tard, la changement politique de 2011 aidant et séduisant, d’autres calculs lui ont dicté de nouvelles coalitions et des stratégies de circonstance. Il en a tiré un semblant de prestige censé durer une année mais prolongé à trois années ; mais aussi un effritement de son parti et une perte de crédibilité presque généralisée. Cependant, cela n’ôte pas à Ben Jaafar sa citoyenneté et son droit à crier haut et fort sa position quant à ce qui concerne le pays, indépendamment de toute réaction que sa position provoquerait chez ses concitoyens. C’est pourquoi voir F Ben Abderrahman l’attaquer avec une virulence caractérisée est on ne peut plus étonnant. Ainsi se justifieraient alors les commentaires de plusieurs internautes reprochant son attitude à l’ancien ministre de l’Emploi et ancien militant de Nidaa Tounès, tout en encaissant ou en reconnaissant les principales défaillances de B. Jaafar à la responsabilité politique qu’il avait manqué d’assumer au temps opportun.</p>
<p>Pourtant, c’est au nom de la démocratie que B. Abderrahman conduit son combat, persévérant et très critique de la plupart des tendances politiques en action mais particulièrement concentré sur le processus aligné derrière Kaïs Saïed. Ses premiers statuts, au moins depuis 2021, se caractérisaient par une rationalité certaine, malgré l’aspect contestable de certains arguments donnés à l’appui. Mais avec le temps, une relative violence se laissait percevoir entre ses mots et on le voyait rejoindre les discours de certains opposants politiques qui, incapables de s’imposer ou d’imposer leurs opinions, poussaient le zèle jusqu’au dénigrement des personnes, à la diffamation, voire même à l’insulte.</p>
<p>Que conclure donc de cette situation, apparemment circonscrite dans un objet précis et dans un temps limité, mais traduisant en réalité une vraie façon d’être à la démocratie, d’abord chez nous, mais aussi plus largement dans différentes parties de notre monde ?</p>
<p>Tout simplement que nous n’avons ni une vraie intelligence du concept de démocratie ni une rationalité généralisée et partageable, le plus largement possible, de la stratégie idoine pour parvenir à la façon d’être à la démocratie, par le dire et par le faire, dans la perspective du meilleur vivre-ensemble dans lequel le respect de l’autre reste le pilier principal.</p>
<p>C’est ce respect qui est censé dicter d’abord l’éthique d’humilité à ceux d’entre nous qui se croient supérieurs, qui au nom d’une intelligence exceptionnelle rattachée à des acquis cultuels, culturels ou intellectuels, qui au nom d’une ascendance d’appartenance à une catégorie sociale, familiale ou régionale, et qui encore au nom de certains pouvoirs occultes dont on ne serait autorisé à percer les secrets.</p>
<p>Malheureusement, le plus souvent, l’expression même de l’humilité n’est autre qu’un stratagème, lui aussi biaisé, pour imposer une certaine ascendance et pour légitimer un droit au pouvoir. Beaucoup de temps et de travail nous attend pour approcher un tant soit peu des valeurs d’une démocratie authentique, aussi idéale et inaccessible qu’elle nous paraisse ! N’empêche que nous devons faire ce qu’il faut pour nous en approcher…</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique: Après le 25 juillet: RÊVER ET AGIR, L&#8217;ALLIANCE IDÉALE ! Par Badreddine Ben Henda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jul 2021 07:21:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[idéal]]></category>
		<category><![CDATA[réel]]></category>
		<category><![CDATA[responsabilité]]></category>
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					<description><![CDATA[Je ne veux pas vivre cette fin de juillet 2021 au rythme des querelles d&#8217;école sur l&#8217;interprétation présidentielle de la Constitution. À mon avis, ceux et celles qui font leur &#8220;plat principal&#8221; de cette polémique provisoirement inopportune, je dis bien &#8220;provisoirement inopportune&#8221;, se détournent en fait d&#8217;une question essentielle à laquelle ils n&#8217;ont maintenant, n&#8217;ont [&#8230;]]]></description>
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<div dir="auto"><img decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="201" height="134" />Je ne veux pas vivre cette fin de juillet 2021 au rythme des querelles d&#8217;école sur l&#8217;interprétation présidentielle de la Constitution. À mon avis, ceux et celles qui font leur &#8220;plat principal&#8221; de cette polémique provisoirement inopportune, je dis bien &#8220;provisoirement inopportune&#8221;, se détournent en fait d&#8217;une question essentielle à laquelle ils n&#8217;ont maintenant, n&#8217;ont jamais eu par le passé et n&#8217;auront peut-être jamais de réponse valable. Je m&#8217;explique ! Au sujet des dernières mesures présidentielles décidées le jour de la fête de la République, s&#8217;attarder uniquement (je dis bien &#8220;uniquement&#8221;) sur les questions de principes et de valeurs absolus, c&#8217;est choisir délibérément, presque cyniquement, de jouer aux trouble-fête, aux rabat-joie, aux Cassandres.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Il est du droit de chacun(e) d&#8217;émettre le jugement qu&#8217;il/elle veut à propos de la récente initiative de Kaïs Sâayed. Et je condamne violemment toute campagne de lynchage et de dénigrement visant les personnes ou les formations (partis politiques, organisations nationales, associations de la société civile, etc.) qui se démarquent de l&#8217;opinion commune -largement majoritaire sur le sujet. La majorité ne signifie pas forcément l&#8217;apanage de la vérité et de la raison.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Ce que personnellement je reproche à certains &#8220;vertueux-nés&#8221;, à quelques &#8220;puristes de souche&#8221; et à une caste fermée de &#8220;perfectionnistes endurcis&#8221;, c&#8217;est surtout leur défaut de pragmatisme; c&#8217;est cet idéalisme de mauvais aloi en politique, cette sorte de fuite en avant qui dissimule hélas une réelle et regrettable impuissance à voir la réalité en face et à agir concrètement pour la transformer. Rêver de la Cité idéale, de l&#8217;Arcadie, de l&#8217;Eden, rassure les hommes et les femmes de cette élite, leur donne l&#8217;impression d&#8217;être plus intelligents que tous les autres, d&#8217;être au-dessus du lot. Et donc d&#8217;être irréprochables, infaillibles et en droit d&#8217;être épargnés par la critique, toute critique.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">C&#8217;est le sentiment que me laissent ces intellectuels et hommes politiques tunisiens qui se complaisent depuis l&#8217;ère de Bourguiba soit dans l&#8217;attentisme stérile enrobé de discours et de théories souvent passés d&#8217;époque, soit dans la contestation systématique et la quête d&#8217;un héroïsme plutôt donquichottesque. Ces &#8220;militants&#8221; (qui militent rarement) me rappellent un vieil ami qui s&#8217;est très longtemps refusé au mariage en invoquant chaque fois un nouveau prétexte pour différer l&#8217;heureux événement. &#8220;Moi, répétait-il à l&#8217;envi, je dois épouser la plus belle de toutes, la meilleure future maîtresse de maison, la vierge immaculée ! Il me faut organiser des noces &#8220;supérieures&#8221;, jamais célébrées nulle part, des noces qui fassent date, qui entrent dans les annales de l&#8217;Histoire !&#8221; Mon ami a campé sur cette position plusieurs années successives. Aux dernières nouvelles, il est encore célibataire à 60 ans ! Et il cherche toujours sa dulcinée !</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Comme quête du parfait, du meilleur absolu, c&#8217;est honorable, c&#8217;est même beau ! Mais – et c&#8217;est justement là que le bât blesse – à la longue et face aux impératifs et aux urgences du vécu quotidien, de telles quêtes risquent de devenir pitoyables ! Trop de romanesque tue le romanesque; trop d&#8217;idéalisme défigure finalement l&#8217;idéal et l&#8217;idéalisme. Le meilleur des mondes se construit par étapes, sur des décennies, des siècles, des millénaires, au prix de quelques (de plusieurs) dévoiements et échecs. Peut-être même qu&#8217;il n&#8217;y aura pas de &#8220;meilleur des mondes&#8221; au bout de la longue aventure. Mais au moins, on aura eu l&#8217;honneur d&#8217;avoir essayé de l&#8217;atteindre, ce meilleur des mondes, d&#8217;avoir fait quelque chose de concret pour en esquisser les contours et pour en ériger une &#8220;portion&#8221;, un pan, un mur !</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">En termes de responsabilité historique, de contribution effective à la préparation et à la construction de l&#8217;avenir, l&#8217;idéal justement c&#8217;est de voir la tête pensante et les bras entreprenants travailler ensemble, sur le même terrain, en s&#8217;encourageant mutuellement, en se corrigeant les uns les autres. Rêver est une bonne chose mais ne faire que rêver c&#8217;est désastreux ! Rêveurs de tous les horizons, aidez-donc ceux qui agissent ! Ne freinez pas leur élan, ne leur brisez pas les ailes ! Soyez bons pédagogues en guidant et en conseillant les hommes d&#8217;action ! Et acceptez d&#8217;apprendre à votre tour en les côtoyant, en les soutenant et en réalisant vos projets communs !</div>
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		<title>Chronique : L’extrême urgence pour la Tunisie d’aujourd’hui. Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 May 2021 06:45:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[changement]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[démagogie]]></category>
		<category><![CDATA[propositions]]></category>
		<category><![CDATA[union]]></category>
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					<description><![CDATA[Je me souviens avoir lu, récemment, un statut ou un commentaire d’un ami soulignant l’attitude harassante et désormais ridicule de certaines figures politiques nationales et de leurs partis. Il s’agit de ceux-là qui, en temps de crise, résultat de leur incompétence ou de leur inconscience à conduire les urgences de notre pays et de son [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="wp-image-3248 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc3-800x530.jpg" alt="" width="112" height="74" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc3-800x530.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc3-1160x768.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc3-1536x1017.jpg 1536w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc3-750x497.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc3-1140x755.jpg 1140w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc3.jpg 1848w" sizes="(max-width: 112px) 100vw, 112px" />Je me souviens avoir lu, récemment, un statut ou un commentaire d’un ami soulignant l’attitude harassante et désormais ridicule de certaines figures politiques nationales et de leurs partis. Il s’agit de ceux-là qui, en temps de crise, résultat de leur incompétence ou de leur inconscience à conduire les urgences de notre pays et de son peuple, cherchent à camoufler leur faiblesse ou leur défaillance par un discours répétitif et anachronique de rejet de la responsabilité sur les épaules de Bourguiba et Ben Ali.</p>
<p>Je me souviens également avoir écrit quelque chose du genre, quelque temps après janvier 2011, pour souligner qu’une telle attitude ne saurait constituer la voie idoine vers l’édification d’une société unifiée autour d’une noble et nécessaire entreprise de redressement politique en faveur de la démocratisation et de révision rationalisée du développement socio-économique de façon à en préserver les acquis et à en corriger les mauvais choix. J’avais écrit alors que cela ne saurait se faire à coup de démagogie creuse, dégageant un écho assourdissant mais n’offrant aucun confort pour un meilleur bien-être.</p>
<p>Nous voici donc de nouveau comme devant un feuilleton de télévision, plusieurs fois rediffusé jusqu’au ras-le-bol, ou devant cette chansonnette qui ne séduit plus, faute d’authenticité et de crédibilité, et qui ne fait qu’attirer le ridicule ou la pitié sur la voix solitaire qui se tue à en exprimer l’ardeur supposée et la ferveur hypothétique. Il ne s’agit évidemment pas ici de défendre Bourguiba ni Ben Ali, l’Histoire seule dira, quand il le faudra, et retiendra alors leurs réussites et leurs erreurs respectives. Cela me rappelle aussi une réponse de feu Habib Boularès, un vrai homme de culture dont la politique n’a pas affecté l’intégrité, à Insaf Yahyaoui qui lui demandait, juste après le changement de janvier 2011, comment il jugerait Ben Ali : « Ce n’est pas moi, répondit-il, qui jugerais Ben Ali, c’est l’Histoire qui lui reconnaîtra ses mérites et qui critiquera ses erreurs ».</p>
<p>Nous voici donc devant des courants politiques prêts à tout, même à vendre le pays ou à détruire son Etat, pour se maintenir dans le paysage politique, la complicité de certains médias aidant. Comme ils n’ont plus quoi dépenser dans leur tiroir intellectuel et politique, ils se rabattent de nouveau sur le premier demi-siècle de la Tunisie indépendante pour en dénigrer les réalisations incontestables. Même l’éducation, la santé et l’émancipation des catégories sociales diminuées physiquement ou socialement, pourtant internationalement reconnues comme relevant d’une exception tunisienne, sont jugées obsolètes. Rien ne leur semble devoir rester de cette Tunisie que la répression, forcément condamnable, de certains opposants dont on semble nous dire qu’il faudra soit nier les crimes attestés, soit les justifier !</p>
<p>De grâce, ce n’est pas de tels discours ni de telles attitudes maladives que la Tunisie a besoin aujourd’hui ! Encore moins de vos tiraillements politiques stériles, faisant l’effet d’une farce tragi-comique. Notre pays a besoin de tout son peuple, et surtout de toutes ses compétences, tous fédérés autour et pour un plan unanimement convenu de redressement de la situation économique et de relance de la création des richesses et de l’application au travail. S’il faut une quelconque réorganisation pour la conduite et la gestion de ce plan, qu’elle se fasse vite et loin des petits calculs de politicards en perte de vitesse.</p>
<p>Sachons surtout que cela ne saurait se faire sans une participation effective (et non fictive) de la société civile dont on semble chercher à neutraliser les structures intellectuelles et culturelles qui ne voudraient pas s’aligner politiquement sur un quelconque parti-pris ni subir passivement la démagogie de parties influentes.</p>
<p><em>  (Publié aussi par jawharafm.net)</em></p>
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