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	<title>démocratie &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>démocratie &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique: Question(s) de philosophie. Par Mansour M&#8217;henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 10:28:13 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="wp-image-6149 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2024/10/Mansour_Mhenni.jpg" alt="" width="190" height="235" />Jeudi 20 novembre 2025 a été célébrée la Journée Mondiale de la Philosophie, comme chaque année depuis son initiation par l’UNESCO, un certain 21 novembre 2001. Ce jeudi-là de 2025, l’Organisation internationale a invité, pour l’occasion, la professeure Ingrid Robeyns, philosophe et économiste belgo-néerlandaise, à conférer du besoin, de la nécessité même, de réfléchir – autrement sans doute – aux « fondements moraux et institutionnels de nos sociétés ». Vaste programme, dure et noble tâche !</p>
<p>En Tunisie aussi cette journée a été célébrée, cette année, de manières différentes laissant voir des constantes et des variables dans la tâche humaine de repenser le vivre-ensemble dans ce monde qui semble nous réunir pour nous départir. Les réseaux sociaux ont multiplié les commentaires jusqu’aux divergences les plus distantes et même aux contradictions les plus inconciliables. La presse écrite et les médias audiovisuels aussi, comme le fait ici <em><strong>Jawharafm</strong></em> et comme elle l’a fait, vendredi 21 novembre 2025, dans son émission « Méditerranée, profondeurs et perspectives » (<em>المتوسط أعماق وآفاق</em>). L’exploration et l’analyse de ces données de circonstance nous permet d’inviter à les converser pour raisonner de leurs causes et de leurs effets et envisager ainsi que l’esprit de conversation puisse animer une pensée nouvelle des rapports d’identité et d’altérité, dans une unité internationale incontournable si l’homme tient à sa noble humanité.</p>
<p>D’emblée, nous relevons l’évocation fréquente du nom de Socrate comme un repère à rappeler et comme un fondement de la nouvelle pensée. A ce propos, qu’il nous soit permis de signaler notre initiation en 2012 du concept de « Nouvelle Brachylogie » à partir d’une relecture de certains repères représentatifs de la pensée naissante de Socrate, un concept finalement validé par la plupart des commentaires dont nous inonde une nouvelle conscience de la socialité future dans le monde de demain. Ne nous y arrêtons pas trop et renvoyons les curieux surtout aux deux livres <em>Le Retour de Socrate</em> (2015 et 2017) et <em>Introduction à la Nouvelle Brachylogie</em> (2021). Précisons juste que le nom choisi pour désigner ce concept de « Nouvelle Brachylogie » est orienté particulièrement dans le sens des recherches académiques et intellectuelles, alors que pour la réception commune et l’échange généralisé, on peut le condenser dans l’expression « La Société de conversation » ; celle-ci censée se fonder sur l’esprit de conversation et la relativisation des vérités comme deux piliers de l’idéal démocratique.</p>
<p>Mais pour continuer avec la Journée mondiale de la philosophie, nous nous invitons, les uns les autres et le plus possible, de converser et de repenser notre être profond aux valeurs que nous évoquons à l’occasion comme un désir pressant et comme un rêve supérieur. Ainsi, si le confort de converser nous tente, dans l’esprit de la tolérance, ne devons-nous pas tester notre compétence à tolérer ce par quoi autrui se distingue de nous et essayer de le comprendre même s’il nous paraît contraire à l’intelligence de notre raison ? Ne devons-nous pas comprendre que quelque logique qu’elle puisse nous paraître, notre argumentation peut s’avérer insuffisante, voire même peu probante (Hannah ARENDT : « Aucune opinion n’est évidente ni ne va de soi. »)? Que de personnes paraissant folles nous réduisent au silence quand elles nous disent des phrases résumant en peu de mots l’implacable sagesse résumant les leçons des nombreuses expériences de vies longues et éprouvantes ! Cette implacable sagesse n’est curieusement pas très différente de celle inspirée par la fraîcheur de l’enfance, qui est considérée par les philosophes même comme un âge et un cadre propices à la philosophie ; à titre d’exemples, pensons à Scott Hershovitz (Les enfants sont de très bons philosophes »), à Philippe Meirieu (Nous avons besoin d’une éducation qui permette aux enfants […] d’apprendre à penser), à Jean-François Lyotard (Le monstre des philosophes, c’est l’enfance. C’est aussi leur complice) et à Montaigne (Accompagner la réflexion dès l’enfance) …</p>
<p>Il faut croire à la fin que la philosophie, au sens large, est peut-être largement partagée entre la plupart des gens, dans le commun du peuple, ce qui justifie pertinemment la célébration d’une journée mondiale de la philosophie. Mais cela ne diminue en rien le mérite des philosophes académiques et des intellectuels de tous bords, surtout ceux qui d’entre eux accèdent au vrai statut de penseur.</p>
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		<title>Chronique : « res publica », « politeía » ou « démokratia » Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Aug 2024 06:56:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[aurocratie]]></category>
		<category><![CDATA[autorité]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[république]]></category>
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					<description><![CDATA[Comme cela m&#8217;arrive de plus en plus, j&#8217;ai laissé quelques jours avant d&#8217;écrire cette Chronique dont l&#8217;objet pourrait se lire en rapport à la célébration de l&#8217;anniversaire de la République tunisienne, le 67ième anniversaire qui coïncide avec le dynamique prélude des élections présidentielles fixées au 6 octobre 2024. Il était un temps où les fêtes [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Comme cela m&#8217;arrive de plus en plus, j&#8217;ai laissé quelques jours avant d&#8217;écrire cette Chronique dont l&#8217;objet pourrait se lire en rapport à la célébration de l&#8217;anniversaire de la République tunisienne, le 67ième anniversaire qui coïncide avec le dynamique prélude des élections présidentielles fixées au 6 octobre 2024.</p>
<p>Il était un temps où les fêtes nationales étaient célébrées en grand tapage qui se lisait comme un enthousiasme patriotique, comme une hypocrisie politique ou comme un défoulement pur et simple compensant des frustrations difficilement et douloureusement contenues. Mais depuis un certain 14 janvier 2011, on se dispute la légitimité ou la félonie des symboliques attribuées à ces &#8220;dates-amers&#8221; (amères, pour certains !?). On polémique sur l&#8217;intérêt ou la naïveté du tapage carnavalesque monté comme un cortège d&#8217;accompagnement de l&#8217;histoire. On en arrive même, par abus des extrêmes, à marquer les lignes de séparation idéologique par des traits couleur de sang et de drapeau, comme pour emmêler le crime et le martyr. Il semble en être ainsi pour la fête de la République, cette année comme il y a un peu plus d&#8217;une décennie.</p>
<p>Mais au-delà de tout le manège qui tourne autour du concept de « République », il y a peut-être un besoin de repenser ce concept en fonction de ses origines et de ses objectifs. La langue française, comme de coutume, dans la tradition postaristotélicienne, tient droit du latin et cela se justifie d’autant plus que le mot remonte à la naissance de la République romaine à la fin du sixième siècle avant Jésus-Christ (-509), donc avant que Platon, au premier tiers du quatrième siècle Av. J.C., ne rédige, en Grec ancien, sa <em>Πολιτεία</em><em> / politeía,</em> traduite par « République ». Pourtant, « En grec, la &#8220;république&#8221; se dit &#8220;démokratia&#8221; (&#8220;δημοκρατια&#8221;) et le mot désigant le gouvernement en général est le &#8220;politéia&#8221; ». Ces données sont accessibles pour tous mais les rappeler inviterait peut-être à repenser, pour nous, aujourd’hui au moins, aussi logiquement que possible, les différents croisements mais aussi les distinctions idoines entre la république et la démocratie.</p>
<p>Je n’ai aucune prétention à faire l’enseignant à ce propos, car je pense y avoir plus à apprendre qu’à renseigner (et encore moins à enseigner). C’est d’ailleurs une attitude qui me semble venir de mon penchant pour la démocratie. Mais attirer l’attention de tous les concernés, les philosophes et enseignants de la philosophie d’abord, avec l’humilité dont ils seraient redevables, et également le commun des citoyens aux formations diverses et aux contributions utiles exprimant les besoins d’une majorité considérée comme déterminante de l’état (et l’État) de démocratie. N’est-ce pas cette idée que défendrait le principe de la « philosophie pour tous » ?</p>
<p>En définitive, comment repenser la Cité aujourd’hui, dans son sens grec ancien mais dans son élan de modernisation et d’actualité. Quelle articulation heureuse et fructueuse trouverait-on entre la « chose publique » (<em>res publica</em>) et l’Etat ? Dans l’opposition de la République à l’autocratie, à la monarchie et à l’oligarchie, une opposition qu’elle revendique au nom de ce qui est devenu son synonyme ou presque, autrement dit la démocratie, comment comprendre, hier et sans doute aujourd’hui aussi, que la démocratie autorise, dans des situations délicates, un certain autoritarisme qui n’a rien à envier à la monarchie ou à l’autocratie ?</p>
<p>De nombreuses questions se posent sur notre voie vers la démocratisation, à supposer que celle-ci soit vraiment notre idéal et notre objectif ! Pensons-y, dans les règles de la pensée démocratique ! Mais au fait, quelles sont ces règles ?</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié aussi sur jawharafm.net) </em></p>
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		<title>Chronique : Repenser la Cité, aujourd’hui. Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Dec 2023 11:11:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Associations]]></category>
		<category><![CDATA[cité]]></category>
		<category><![CDATA[pensée]]></category>
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					<description><![CDATA[Il nous paraît évident que la plupart des citoyens et des sociétés sont en état de doute quant à toutes les structures et à tous les modèles de gestion de la vie sociétale, que celle-ci soit sous le label républicain ou sous celui des monarchies ou des oligarchies. Cela nous ramènerait à la situation originale [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="wp-image-3249 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-800x530.jpg" alt="" width="131" height="87" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-800x530.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-1160x768.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-1536x1017.jpg 1536w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-750x497.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1-1140x755.jpg 1140w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/jpc1.jpg 1848w" sizes="(max-width: 131px) 100vw, 131px" />Il nous paraît évident que la plupart des citoyens et des sociétés sont en état de doute quant à toutes les structures et à tous les modèles de gestion de la vie sociétale, que celle-ci soit sous le label républicain ou sous celui des monarchies ou des oligarchies. Cela nous ramènerait à la situation originale d’il y a près de deux millénaires et demi, quand le besoin s’est fait sentir de concevoir la démocratie et à la situation qui lui a succédé, quelques siècles plus tard, avec la création de la République à Rome, les deux finissant dans une synonymie forcée à certains moments de l’Histoire.</p>
<p>Or nous voici aujourd’hui tentés, secoués même, par une question fondamentale : « Qu’avons-nous fait de notre Cité ? », au-delà même des différentes formes et des dimensions variées de sa considération ! Qu’il s’agisse de la petite cité agglomérée quelque part ou faisant part d’une macro-cité, ou qu’il s’agisse d’un Etat en quête de rapprochements intéressés avec le concept antique de la Cité, ou qu’il s’agisse aussi d’une nouvelle vision du Monde-Cité, il y a ce même souci de s’interroger sur la méthode idoine pour gérer la/les société/s humaines dans la perspective du dépassement du simple être-ensemble au meilleur vivre-ensemble.</p>
<p>Est-ce la faute aux humains ou celle des mots qui les emballent dans un sens ou dans un autre ? Peut-être les deux, dirait-on ! N’empêche que ce sont toujours les êtres humains qui donnent aux mots leurs sens et que parfois, souvent même, ces sens se développent au gré des intérêts et de l’usage qui les commande. Par conséquent, la responsabilité est essentiellement humaine. Pourtant nombreux ont été les intellectuels qui se sont creusé l’esprit pour penser mieux et plus profondément ces notions déterminantes de l’avenir des humains ! Qu’est-ce qui fait donc que cela n’ait pas abouti à une sorte de consensus, même relatif, sur une gestion concordante des intérêts humains, tous les humains, dans la plus-value d’intelligence que leur prodiguent leurs différences ?</p>
<p>Il y aurait d’abord à examiner les modes d’articulation et d’interaction entre les pensées des élites et le commun des gens qui constituent le nerf moteur de la communauté citoyenne malgré l’impression de population silencieuse que ces derniers donnent d’eux-mêmes. Il y aurait à chercher comment ne pas encastrer la pensée, supposée d’intelligence supérieure, dans un cercle restreint de spécialistes, et lui trouver ainsi les voies (et voix) idoines pour un partage conversationnel qui l’implique dans la vie des êtres et qui implique ces derniers dans la concrétisation de son impact ? Il est sans doute temps de repenser les choses au-delà de concepts comme les philosophes-rois ou les rois-philosophes pour instituer un peuple philosophe ! Donc de repenser la démocratie autrement et pourquoi pas de réédifier la Cité différemment.</p>
<p>Il y aurait ensuite à s’entendre sur la signification des concepts utilisés dans la conduite et la gestion des sociétés, comme démocratie, liberté, indépendance, humanisme, identité, altérité, convergence, conversation, responsabilité, etc. Ce lexique ne saurait former un vrai paradigme humain (d’autres diraient « humanistes ») sans lui trouver la cohérence qui pourrait le constituer comme tel. Cela amènerait une révision de soi et une rééducation de l’ensemble au dépassement de la logique « à deux poids deux mesures » qui s’avère être le principal virus mortel de la santé des sociétés.</p>
<p>Pour ce faire, les cercles de discussion et de pensée, qui se constituent entre penseurs et chercheurs, n’ont pas de valeur effective s’ils ne construisent pas en même temps des ponts sûrs et solides avec la citoyenneté civile. D’où le rôle à jouer par les associations dans ce cadre. Encore faut-il leur faciliter la tâche, saine et non manipulée, au lieu de chercher à les mettre en difficultés de moyens et de respiration !</p>
<p>Repenser la Cité, aujourd’hui ! Voilà une urgence et voici un pari !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Awatef Daly comme prétexte…   Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Aug 2023 10:15:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
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		<category><![CDATA[gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[Président]]></category>
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					<description><![CDATA[De nombreux commentaires ont succédé à l’entretien, pour le moins étonnant, du président de la République avec la PDG de la Télévision tunisienne, des commentaires divers mais majoritairement de soutien à cette dernière. Je me demande ici si la portée recherchée de cette « scène » (car c’en est une) correspond vraiment à ce qu’elle a suscité [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="103" height="140" />De nombreux commentaires ont succédé à l’entretien, pour le moins étonnant, du président de la République avec la PDG de la Télévision tunisienne, des commentaires divers mais majoritairement de soutien à cette dernière. Je me demande ici si la portée recherchée de cette « scène » (car c’en est une) correspond vraiment à ce qu’elle a suscité dans l’opinion publique.</p>
<p>Précisons d’abord que cette chronique ne se veut ni une défense de Awatef Daly ni un dénigrement de Kaïs Saïed. Il s’agirait plutôt de s’interroger et d’essayer de comprendre ce qui se passe dans notre pays et qui pourrait informer ou désinformer des voies incertaines de notre destinée.</p>
<p>Que l’on me permette aussi d’ajouter que, comme de nombreuses autres personnes, je crois assez bien connaître A. Daly pour réaffirmer ses hautes qualités humaines et professionnelles : intelligente, amicale et laborieuse, elle ne peut que forcer le respect et la sympathie. Nous avons été collègues sans que je sois son supérieur hiérarchique. Nous avons toujours été dans le respect mutuel. Il y a un certain temps, lors d’une manifestation culturelle dans la Cité de la culture, elle était proposée pour diriger la première chaîne et elle m’a fait part de son appréhension quant à la difficulté de la tâche, dans ce contexte très complexe. Elle m’a demandé mon avis aussi et je l’ai vivement encouragée d’y aller si on se décide à faire appel à ses compétences, en lui précisant : « Les citoyens sincères ne reculent jamais devant la responsabilité ; ils essaient seulement de s’en acquitter au meilleur de leurs moyens pour ajouter leur petite pierre à l’édifice collectif et pour contenter leur conscience éthique et citoyenne ». La proposition n’a cependant pas abouti jusqu’à sa désignation en tant qu’« intérimaire » à la tête de l’établissement de la Télévision tunisienne.</p>
<p>Awatef Daly n’a donc à se sentir diminuée ni par les remarques « sévères » du Président ni par certains commentaires mal réfléchis ou de motivations suspectes ; elle a assumé son rôle en toute dignité, dans le respect des règles de l’Etat, parce que telle est l’éthique de la fonction officielle. Les coups de tête, on les fait ailleurs et on en voit à tous les coins de rues, depuis quelques années. A. Daly continuera à faire ce qu’il faut, tant qu’elle est dans la responsabilité qu’elle ne peut qu’honorer. Je pense que, de par certains de ses acquis éthiques et intellectuels, le Président lui-même ne peut pas avoir d’elle une autre idée. Ce qui pousse à s’interroger sur « la scène », ou « la séquence » qui nous intéresse ici, non du point de vue d’une morale superficielle ou d’une quelconque personnalisation de la crise, mais de celui d’une stratégie politique dont il importerait d’analyser les effets et les causes.</p>
<p>Il est évident que le Président, comme à son habitude, cherchait à communiquer, à travers la PDG de l’ETT, un message aux médias et aux citoyens. La manière n’y était sans doute pas, mais cette « pédagogie de la citoyenneté » semble profondément ancrée dans l’esprit et dans le caractère du premier homme de l’État, y voyant la méthode appropriée pour le contexte et pour son objectif essentiel. Donc, par-delà cet incident qui n’en est pas un pour le Président, contrairement à un grand nombre de citoyens, intellectuels et acteurs médiatiques, la grande question revient toujours et nous n’y avançons qu’à coups d’insultes, de diffamations, de dénigrements réciproques, pour finir devant la justice.</p>
<p>La grande question consiste bel et bien à définir précisément les concepts utilisés et à en convenir majoritairement (faute de consensus) comme mode de gouvernance et de vivre-ensemble. Ces concepts sont les suivants : qu’est-ce pour nous la liberté et quel rapport doit-elle avoir avec la responsabilité ? Qu’est-ce que le pouvoir politique et ses tentacules (les partis et autres structures ou autres combines) par rapport à la « lutte » syndicale, aux médias et à la société civile, surtout l’action associative ? Quel rapport nous convient-il d’entretenir entre l’économique et le social ? Cependant, comme souvent répété, ici et ailleurs, tout cela trouverait place et lumière dans une réflexion constructive à propos du concept de démocratie dans ses valeurs de base et ses éléments adaptés aux différents contextes. En effet, le Président dit agir au nom de la démocratie et pour elle, l’opposition aussi ! Mettons donc tout sur le tapis de la discussion !</p>
<p>Autant le dire avec amertume et désespoir, sans perdre le sentiment profond d’un optimisme toujours prêt à renaître : Il n’y a pas actuellement une lumière en vue pour éclairer notre chemin vers cette issue.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La première université d&#8217;été de l&#8217;Université de Monastir: Un enseignement supérieur de qualité pour tous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Aug 2023 06:19:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[langue]]></category>
		<category><![CDATA[Monastir]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<category><![CDATA[Village]]></category>
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					<description><![CDATA[La première université d&#8217;été de l&#8217;Université de Monastir: Un enseignement supérieur de qualité pour tous Village des Langues les 03-04-05 août 2023 Pour un enseignement supérieur juste et équitable et dans le cadre de la stratégie de l&#8217;Université de Monastir d&#8217;assurer la qualité et d&#8217;informer les formateurs  des dernières approches pédagogiques et des récentes technologies [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>La première université d&#8217;été de l&#8217;Université de Monastir: </strong><strong>Un enseignement supérieur de qualité pour tous</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Village des Langues les 03-04-05 août 2023</strong></p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-5377" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/08/Village2.jpg" alt="" width="404" height="245" /></p>
<p>Pour un enseignement supérieur juste et équitable et dans le cadre de la stratégie de l&#8217;Université de Monastir d&#8217;assurer la qualité et d&#8217;informer les formateurs  des dernières approches pédagogiques et des récentes technologies numériques liées à l&#8217;enseignement,  la première édition de l&#8217;Université d&#8217;été s’est tenue au Village des Langues de Mahdia les 03-04-05 août 2023 ayant pour slogan &#8221; Un enseignement supérieur de qualité pour tous&#8221;, et pour finalités  essentielles d’identifier toutes les causes de rejet, d&#8217;exclusion, de discrimination, d&#8217;harcèlement ou de racisme.</p>
<p>A l’ouverture des journées, le professeur Kamal Chrrada, vice-président de l&#8217;Université de Monastir, a déclaré que la programmation comprenait une série de conférences et d&#8217;ateliers de formation portant sur diverses questions en relation avec la formation complète et équitable pour tous, affirmant la nécessité de numériser le contenu scientifique, en tenant compte de toutes les différences de genre, de région, de dialecte et de santé, qui peuvent garantir une formation égale aux étudiants tunisiens.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-5380" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/08/UM1.jpg" alt="" width="720" height="405" /> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-5381" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2023/08/UM2.jpg" alt="" width="720" height="405" /></p>
<p>Le chercheur en sciences de l&#8217;éducation, Adel Rahwi, a inauguré la séance avec une  communication sur l&#8217;amélioration de l&#8217;enseignement supérieur et la stratégie d&#8217;intégration. Il a  identifié les obstacles auxquels l&#8217;apprenant pourrait être confronté l&#8217;empêchant d&#8217;atteindre ses objectifs et les moyens de les surmonter. Il a parlé de la logique de l&#8217;Autre, une logique qui aide l’être parlant et actif à se défaire de la responsabilité et à charger l&#8217;autre de tous les résultats. Il a approfondi l&#8217;analyse des méthodes pédagogiques modernes avec une approche qui part de l’être, présentant le structuralisme, la déconstruction et le comportementalisme dans une leçon pédagogique par excellence.</p>
<p>Professeur Abir El-Issawi, en sa qualité de spécialiste en médecine légale, a abordé l&#8217;aspect éthique et législatif. Elle a attiré l’attention sur le fait que les législation internationale et tunisienne insistent sur le fait que l&#8217;égalité est un principe inclusif indépendamment des distinctions, et que la formation est un droit constitutionnel qui garantit à chacun une éducation juste, équilibrée et inclusive, malgré la différence qui peut devenir un facteur d&#8217;enrichissement.</p>
<p>Professeur Maryam Al-Hjeij a abordé l&#8217;aspect normatif de la formation inclusive à la lumière de l&#8217;engagement de l&#8217;université et de ses institutions dans le processus d&#8217;établissement de systèmes de qualité selon les normes internationales.</p>
<p>Le handicap caché et l&#8217;évolution des représentations vers des comportements plus inclusifs ont constitué le thème de la conférence du professeur Iman Al-Miri, qui a examiné les fondements scientifiques de la formation inclusive, alors que le professeur Islam Khéfcha a parlé de l&#8217;importance du processus d&#8217;évaluation dans les situations inhabituelles d&#8217;un point de vue holistique, comme la pandémie de Covid ou l&#8217;étudiant incarcéré.</p>
<p>Lors de la deuxième session de la première journée, les participants ont souligné l&#8217;importance des technologies numériques modernes comme le sous-titrage, l&#8217;enregistrement numérique, l&#8217;audiovisuel, les vidéos et les films documentaires.</p>
<p>Les interventions ont suscité l&#8217;intérêt des participants, universitaires, spécialistes des sciences de l&#8217;éducation et employés intéressés par les affaires estudiantines. Les questions étaient au cœur de la qualité de l&#8217;enseignement dans l&#8217;enseignement supérieur et des possibilités d&#8217;utiliser les plateformes numériques disponibles pour assurer les cours à distance et inclure des documents aux formes diverses au service de l&#8217;apprenant.</p>
<p>Durant les trois jours, les ateliers ont été l’occasion  de discussions constructives, à l’ère formative numérique où l&#8217;étudiant suit les cours à partir des différents  gouvernorats tunisiens et de différents pays, quels que soient leurs langues et dialectes. Ces des ateliers ont été modérés par Professeur Sana Salah, pour une meilleure insertion des étudiants face aux diverses difficultés qu&#8217;ils rencontrent. Sur la base d&#8217;études récentes et des recommandations de comités pédagogiques, l&#8217;accent a été mis sur certaines difficultés liées à la vision, par exemple, et les moyens d&#8217;inclure les étudiants souffrant de cet handicap. Le professeur Habib Besbes a suscité l’intérêt par un atelier au cœur de la  qualité pédagogique, qui est la création de contenus numériques pour les cours. L&#8217;atelier visait à donner aux enseignants une connaissance du contenu numérique pour les cours, notamment pour assurer une formation équitable et partagée entre tous les élèves, quelles que soient leurs différences. Les ateliers animés par Mme Samia Debbo sur le cours numérique inclusif et par M. Nabil Sakli sur la vision d&#8217;un enseignement inclusif en ligne et à distance suivaient le même fil conducteur. L’atelier animé par le Professeur Ahmed Mahalla a abordé les méthodes de diagnostic, d&#8217;orientation et de prise en charge des étudiants dans des situations particulières telles que la toxicomanie et la dépression.</p>
<p>Les journées ont été clôturées par une allocution du Professeur El Hedi Belhadj Salah, Président de l&#8217;Université de Monastir, qui a salué l&#8217;idée de créer une université d&#8217;été et salué le travail du comité d&#8217;organisation, dans le Village des Langues, un gain pour l&#8217;enseignement supérieur qui s&#8217;est vu confier la tâche d&#8217;organiser des cours de formation en langues.</p>
<p>L&#8217;Université d&#8217;été est une nouvelle pierre qui s&#8217;ajoute à la série des réalisations de l&#8217;Université de Monastir pour un enseignement supérieur de qualité pour tous en assurant les moyens de succès dans la formation des formateurs qui se sont empressés de s&#8217;engager dans le projet malgré les vacances universitaires et les engagements familiaux.</p>
<p>Cette première édition, que nous espérons se renouvellera, plus d&#8217;une fois par an, tant les sujets brûlants sont nombreux et les spécialistes formés disponibles. Le Village des Langues est un atout pour l&#8217;enseignement supérieur et pour les diplômés universitaires, il doit être bien exploité pour améliorer les stratégies de l&#8217;enseignement supérieur.</p>
<p>Reste, enfin, aux organisateurs de réfléchir à une programmation culturelle engagée, étant donné que l&#8217;élite a bien besoin d&#8217;un souffle culturel, qu&#8217;il s&#8217;agisse de poésie, de musique, ou de théâtre&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Les politiques et les citoyens  Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Feb 2023 15:02:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[citoyens]]></category>
		<category><![CDATA[politiques]]></category>
		<category><![CDATA[Président]]></category>
		<category><![CDATA[Prix]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le tumulte des réactions diverses répondant aux dernières arrestations dans le cadre d’une campagne d’imputations, ciblées pour les uns suspectes pour les autres, en vue de « rétablir l’autorité de la Loi et de l’Etat », rares sont ceux qui songent vraiment, sincèrement et en dehors de la propagande et de la manipulation, à la peine [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4982 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-800x600.jpg" alt="" width="205" height="154" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-800x600.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1160x870.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-320x240.jpg 320w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1536x1152.jpg 1536w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-2048x1536.jpg 2048w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-750x563.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1140x855.jpg 1140w" sizes="auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px" />Dans le tumulte des réactions diverses répondant aux dernières arrestations dans le cadre d’une campagne d’imputations, ciblées pour les uns suspectes pour les autres, en vue de « rétablir l’autorité de la Loi et de l’Etat », rares sont ceux qui songent vraiment, sincèrement et en dehors de la propagande et de la manipulation, à la peine de ces citoyens qui vivent dans le besoin et la précarité et de l’impact que cela a dans l’éthique de la socialité.</p>
<p>En fait, un grand fossé sépare nos politiques de cette catégorie sociale pour laquelle on prétend faire de la politique, et c’est ce fossé qui a bloqué la machine du développement et qui est en passe de réduire le pays à une mort clinique généralisée. L’expérience de ces deux derniers jours où j’étais sans voiture, m’a permis de saisir plus douloureusement et plus tristement la dégradation de la situation. En effet, le premier jour j’ai dû prendre deux métros du Grand Tunis pour l’aller, les 5 et 4, et un métro pour le retour, le 4. A l’entrée de l’arrêt de Bab Saâdoun, le 5 a dû attendre 45 minutes environ pour pouvoir redémarrer dans le sens de La République. Quatre métros, semble-t-il, devaient passer dans le sens inverse pour lui libérer la voie. Puis, à l’arrêt de La République pour prendre le métro du retour, c’est encore une attente infernale, non seulement 30 minutes pour voir pointer la tête du métro 5 dans l’avenue Habib Thameur, mais aussi pour l’attendre 30 minutes encore pendant qu’il est à l’arrêt à l’entrée de la gare, toutes portes ouvertes, avec un ou deux autres trains en queue derrière lui. Il y en aurait peut-être un N° 4 qui attendrait le passage du premier pour venir soulager une foule immense ne sachant à quel saint se vouer. Finalement, après une heure d’attente, c’est un autre 4, venu de La Manouba, qui a dû déposer tous ses passagers à l’entrée de La République et rebrousser chemin après s’être rechargé, à l’excès, de passagers impatients d’attendre et incapables d’écouter les supplications du chauffeur qui les priait de patienter encore un peu et d’attendre les trains d’après. Je ne rapporte pas d’autres détails aussi attristants, mais force est de se demander s’il est vraiment impossible de régler convenablement et avec précision les horaires de notre trafic ferroviaire pour faire gagner du temps à nos concitoyens et leur épargner des peines insupportables.</p>
<p>Le lendemain, j’ai opté pour le taxi, malgré tout ce qui a été du corps de métier ces derniers temps. Comme de coutume, le chauffeur du taxi est un animateur, un informateur et un explicateur. Il ne se soucie ni de ton état d’esprit ni de ton humeur, il t’impose son propos et n’hésite pas, de temps en temps, à t’interroger : « Tu m’écoutes ? ». Tu dis oui pour couper court et cela l’encourage à devenir plus prolixe.</p>
<p>Le premier a commencé par la visite du Président de la République au marché Bab El Falla pour dire : « Tu sais, s’il rééquilibre vraiment les prix et qu’il arrête les manigances des lobbyistes, il aura tout le peuple derrière lui. Sa popularité atteindra les 100% ou presque. Mais le pourra-t-il vraiment ? Ils sont partout où les décisions sont prises ; ils sont très forts ; je doute qu’il réussisse ce projet. Que Dieu soit avec lui ! ». Puis il se met à dénigrer le comportement des citoyens qui ne respectent ni la propreté ni l’environnement. J’avais alors envie de lui demander s’il lui était correct de fumer en ma présence et sans m’en demander l’autorisation en tant que client pouvant être allergique aux cigarettes, et s’il était dans le respect de l’environnement en jetant son mégot par la fenêtre. Mais je me suis retenu parce qu’il en était déjà à vanter la discipline et la correction de sa génération qui ne bronchait pas devant les ainés et qui savait ce qu’est le respect. C’est son autobiographie qui commençait… « Je n’étais pas gentil, j’étais méchant même, mais j’étais respectueux ! ». Heureusement, moi j’étais arrivé.</p>
<p>A mon retour, le chauffeur était, lui aussi, scandalisé par cette jeunesse un peu trop libertaire, par les citoyens qui n’avaient même pas le cœur assez tolérant pour faire de petites concessions, comme laisser passer un piéton ou un autre chauffeur pressé. Il n’avait pas fini son discours qu’il était déjà à traiter de bourricot un conducteur qui attendait sans le doubler un particulier arrêté pour faire descendre une vieille femme devant un hôpital des environs de la Rabta. Ensuite il s’est mis à gronder son collègue d’un autre taxi qui voulait démarrer et qui comptait sur sa tolérance à lui pour le laisser faire. Mais par entêtement, son collègue, « mon chauffeur », s’est entêté et ils se sont mis à se disputer par la fenêtre et à se traiter réciproquement de qualificatifs avilissants…</p>
<p>Par moments, j’ai cru que les deux voitures allaient se rentrer dedans par les côtés, comme dans les courses-poursuites de certains films. Mais j’ai arrêté d’y faire attention, pour me mettre à repenser les discours de nos politiques en rapport à la réalité citoyenne de notre société et j’ai fini par me chuchoter intérieurement : « L’Art est long et le temps est court ».</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié dans jawharafm.net)</em></p>
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		<title>Nouvelle Brachylogie et nouvel humanisme au croisement de l&#8217;esprit de conversation. Par Mansour M’HENNI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:56:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Brachylogie]]></category>
		<category><![CDATA[conversation]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[vivre-ensemble]]></category>
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					<description><![CDATA[Nouvelle Brachylogie et nouvel humanisme au croisement de l&#8217;esprit de conversation   Mansour M’HENNI[1] Prof. ém. Université Tunis El Manar   &#160; &#160; &#160; Résumé : L’humanité a besoin de repenser les règles qui la font être en tant que telle, c’est-à-dire une communauté appelée à permettre l’affirmation de toute individualité et le respect qui lui [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Nouvelle Brachylogie et nouvel humanisme</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>au croisement de l&#8217;esprit de conversation</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Mansour M’HENNI<a href="#_edn1" name="_ednref1"><strong>[1]</strong></a></em></p>
<p><em>Prof. ém. Université Tunis El Manar</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Résumé :</strong> L’humanité a besoin de repenser les règles qui la font être en tant que telle, c’est-à-dire une communauté appelée à permettre l’affirmation de toute individualité et le respect qui lui est dû, dans l’égalité des droits et dans les devoirs partagés qui garantissent le bon fonctionnement de la communauté et sa perduration dans cet état. En effet, à chaque fois qu’elle opte pour une voie, elle se découvre dans un dysfonctionnement ahurissant et dans une trahison de ses idéaux. Elle cherche donc à se repenser dans un « esprit nouveau », à la recherche d’un nouvel humanisme. C’est à ce niveau que s’inscrit la Nouvelle Brachylogie, dans une sorte de réhabilitation de Socrate et de son principal signal lumineux dans le sens de l’idéal démocratique : l’esprit de conversation.</p>
<p><strong>Mots-clés</strong> : Nouveau, humanisme, brachylogie, conversation, démocratie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Title: <em>New Brachylogy and New Humanism at the crossroads of the spirit of conversation </em></strong></p>
<p><strong>Abstract:</strong> Humanity needs to rethink the rules that make it as such, that is to say a community called to allow the affirmation of all individuality and the respect due to it, in equal rights. and in the shared duties that guarantee the good functioning of the community and its continuation in this state. Indeed, each time she opts for a path, she discovers herself in a bewildering dysfunction and in a betrayal of her ideals. It therefore seeks to rethink itself in a “new spirit”, in search of a new humanism. It is at this level that the New Brachylogy is inscribed, in a sort of rehabilitation of Socrates and of his main luminous signal in the direction of the democratic ideal: the spirit of conversation.</p>
<p><strong>Keywords: </strong>New, humanism, brachylogy, conversation, democracy.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ». Ainsi Baudelaire clôtura son recueil <em>Les Fleurs du mal</em>, faisant germer ainsi l’idée de nouveauté dans le giron même de toute fin. Avant lui et à la même époque, Nerval écrivit : « L’esprit nouveau m’appelle ». Aujourd’hui encore, plus que jamais peut-être, nous sommes bousculés par le désir de nouveauté comme un besoin salutaire face à tous les dérapages qui menacent notre humanité et tendent à la faire basculer dans l’abîme du néant. Ignacio Ramonet l’affirmait déjà en 1997 au début de son livre <em>Géopolitique du chaos</em> : « La Terre est désormais disponible pour une nouvelle ère de conquête, comme au XVe siècle<a href="#_edn2" name="_ednref2">[2]</a> ». Rien d’étonnant alors à voir l’adjectif « nouveau » se répéter dans le titre de cette modeste contribution associée à une réflexion collective, essentielle me semble-t-il, sur les lois du vivre-ensemble.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>1 – De l’humanisme : </strong></p>
<p>L’<em>Ortolang</em> définit l’humanisme comme une « attitude philosophique qui tient l&#8217;homme pour la valeur suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d&#8217;épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a> ». Ainsi perçu, l’humanisme est une question d’humanité qui concerne donc toute l’humanité.</p>
<p>De notre modeste point de vue, l’humanité est à entendre ici comme une communauté appelée à permettre l’affirmation de toute individualité et à garantir le respect qui lui est dû, dans l’égalité des droits et dans les devoirs partagés qui garantissent le bon fonctionnement de la communauté et sa perduration dans cet état. Une telle définition nous paraît émerger des aléas de l’Histoire et, malgré cela, de l’élan optimiste ininterrompu vers un avenir meilleur pour la communauté humaine. Aussi les êtres humains ont-ils besoin de repenser les règles qui les font être en tant qu’humanité.</p>
<p>Certes, les hommes n’ont pas cessé de penser et de repenser leur être et ses conditions, mais ils se rendent compte à chaque escale qu’il y a quelque part un certain dysfonctionnement empêchant l’évolution assurée vers un idéal humain aussi exempt que possible des méfaits de la pesanteur inhibitrice. Et cette pensée, à chaque fois appelée « pensée du nouveau », n’est pas forcément rupture absolue avec l’ancien ; elle est censée s’enrichir de l’intelligence passée et corriger les dérapages et les déformations qui ont empêché cette intelligence d’atteindre ses objectifs. Aussi voit-on souvent des mouvements de réhabilitation de certaines intelligences étouffées dans l’œuf ou à leurs prémices pour avoir osé remettre en question une structure en place. Le cas le plus typique nous paraît être celui de Socrate, condamné à mort pour avoir osé mettre à nu la contradiction inhérente à la démocratie athénienne. A ce propos, Francisco Rodriguez Adrados souligne : <strong>« </strong>Socrate ouvrait une brèche dans le bloc cohérent d&#8217;Athènes. L&#8217;accusation de corrompre la jeunesse répond sans doute à cette attraction des jeunes gens à l&#8217;égard de Socrate qui les éloigne dans une certaine mesure de leurs parents et leur inculque l&#8217;habitude d&#8217;exercer leur raison, avec comme conséquence réelle ou possible la critique de tout l&#8217;ordre social athénien<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>. »</p>
<p>Est-ce un hasard si, à l’époque de la Renaissance, celle de la conceptualisation de l’humanisme, Socrate revient au-devant de la pensée de ce qui serait un « humanisme renaissant<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a> » ; il est revendiqué comme son référent essentiel, au détriment même ou surtout d’Aristote<a href="#_edn6" name="_ednref6">[6]</a> dont l’image et la pensée, présentées comme un modèle presque christique<a href="#_edn7" name="_ednref7">[7]</a>, avaient régné en arguments infaillibles pour promouvoir la rhétorique et son pouvoir. Ainsi, cette première importante réhabilitation de Socrate à l’époque de la Renaissance, au-delà de certaines autres tentatives sans un impact aussi déterminant, a été étroitement rattachée à la critique de l’école scolastique et de ses méthodes d’enseignement, puisées ou inspirées de la rhétorique et de la sophistique et ne pouvant de ce fait, comme le redira plus tard I. Ramonet pour notre période actuelle, « libér[er] la pensée des carcans idéologiques et des fidélités imposées<a href="#_edn8" name="_ednref8">[8]</a> ». Cette méthode classique est on ne peut plus clairement précisée par Montaigne dans ses <em>Essais </em>: « On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir ; et notre charge ce n’est que redire ce qu’on nous a dit<a href="#_edn9" name="_ednref9">[9]</a>. » A cela vient s’opposer l’école d’inspiration socratique, celle où le rôle du « conducteur » est ainsi défini : « Je ne veux pas qu’il invente, et parle seul : je veux qu’il écoute son disciple parler à son tour. Socrates, et depuis Arcesilaus<a href="#_edn10" name="_ednref10">[10]</a>, faisaient premièrement parler leurs disciples, et puis ils parlaient à eux<a href="#_edn11" name="_ednref11">[11]</a>. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> 2 – La conversation pour repenser l’humanisme / pour penser un nouvel humanisme :</strong></p>
<p>C’est à ce niveau de l’intelligence montaignienne de la pensée socratique que se situerait, nous semble-t-il, le croisement avec l’idée d’initier le concept de « Nouvelle Brachylogie » fondé principalement sur « l’esprit de conversation » que Socrate considère comme la condition nécessaire d’une intercommunication fiable et qui est à distinguer de l’esprit de conversation français du 17<sup>ème</sup> siècle. Aussi dit-il à Protagoras : « Mais lorsque deux amis, comme toi et moi, sont en humeur de causer, il faut en user plus doucement dans ses réponses et d’une manière plus conforme à l’esprit de conversation. Or il me semble que ce qui caractérise cet esprit, ce n’est pas seulement de répondre la vérité, mais que c’est aussi de fonder sa réponse uniquement sur ce que l’interlocuteur reconnaît savoir lui-même<a href="#_edn12" name="_ednref12">[12]</a> ».</p>
<p>De par le temps imparti à cette communication, il n’est pas possible de s’étendre sur l’initiation du concept de Nouvelle Brachylogie qui a été introduit essentiellement par le livre <em>Le Retour de Socrate « Introduction à la Nouvelle Brachylogie<a href="#_edn13" name="_ednref13"><strong>[13]</strong></a> »</em> auquel nous renvoyons les intéressés. Précisons simplement que ce concept se réfère au principe socratique de l’esprit de conversation comme garant essentiel de tout cheminement vers l’idéal démocratique. A partir de cette donnée de base, il cherche à explorer toutes les manifestations sociétales et les implications éthiques et intellectuelles pouvant édifier ce qu’on désignerait ici par le « vivre-ensemble ». Pour se faire, il instaure la conversation comme mode indiqué de toute interaction avec les êtres et les choses, cette conversation mue d’abord par l’interrogation continue, la relativisation des choses et surtout des vérités et par cette hospitalité fondamentale à l’altérité qui fait qu’autrui n’est plus, dans l’interlocution, celui qu’on cherche à convaincre à tout prix, mais celui dans lequel nous avons l’opportunité de saisir l’autre face de nous-mêmes, celle nous invitant à nourrir notre intelligence par l’auto-remise en question et par l’eau douce de l’humilité.</p>
<p>Cela dit, pour la réflexion qui nous réunit, penser un nouvel humanisme inviterait nécessairement à partir du principe que l’humanisme, jusqu’à notre temps présent, ne cesse de manifester certaines inadéquations et une incohérence certaine. Elle inviterait alors à repenser l’humanisme avec un regard critique, non pour lui ôter sa nature conceptuelle, mais pour le doter des idées et des valeurs, donc de l’intelligence et de l’éthique, qui sont à même de lui donner le caractère supérieur où on le tient, celui d’un moteur du vivre-ensemble. Qu’importe alors si, pour distinguer le concept de ses exploitations occasionnelles à des intérêts et des objectifs divers, on abuse pédagogiquement du pléonasme « l’humanisme du vivre-ensemble », parce qu’en fait l’humanisme c’est le vivre-ensemble ! Mieux encore peut-être si l’on y ajoute même la précision « dans la dignité » pour insister.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> 3 – L’humanisme du vivre-ensemble (dans la dignité) :</strong></p>
<p>Rappelons que le concept du « vivre-ensemble » a percé à la fin du vingtième siècle, dans le prolongement de la réflexion sur l’interculturel et sur la différence. Rappelons également que le Conseil de l’Europe, qui reconnaît la dignité humaine comme l’une de ses quatre valeurs universelles<a href="#_edn14" name="_ednref14">[14]</a>, a publié en 2010 un <em>Livre blanc sur le dialogue interculturel « Vivre ensemble dans l&#8217;égale dignité<a href="#_edn15" name="_ednref15"><strong>[15]</strong></a> »</em>. Notre ami et philosophe, Fathi Triki, est sans doute le premier, en Tunisie, à avoir fixé son intérêt sur ce concept et à accompagner la dynamique intellectuelle y afférente, au moins depuis sa <em>Philosophie de la diversité</em> (1987)<em>, </em>jusqu’à <em>Éthique de la dignité : révolution et vivre-ensemble</em> (2018), en passant par <em>Philosopher le vivre-ensemble</em> (1998) et le collectif <em>La dignité humaine<a href="#_edn16" name="_ednref16"><strong>[16]</strong></a></em> (2009).</p>
<p>La question qui me vient à l’esprit dans ce cadre est la suivante : le vivre-ensemble a-t-il besoin de qualificatifs pour le caractériser, à part les données constitutives de sa définition et de sa mise en pratique ? On constate qu’il y a aussi « le bien vivre-ensemble<a href="#_edn17" name="_ednref17">[17]</a> », il y a « Le Vivre-ensemble comme dispositif pluraliste<a href="#_edn18" name="_ednref18">[18]</a> », il y a un vivre-ensemble dans la paix, un vivre-ensemble dans la dignité, un vivre-ensemble dans l’égale dignité, etc. Autrement dit, de par cette vision de spécification, il y aurait, contre l’usage grammatical même, plusieurs « vivre-ensemble » se définissant chacun par une caractéristique première et fondamentale. S’agit-il de fabriquer des vivre-ensemble à la tête du client ? C’est dire qu’on est fort justifié de remarquer, après, que « ce concept reste à ce jour d’un abord complexe et sujet à controverse. Son utilisation, associée à une absence de consensus sociétal clair concernant son sens, est à l’origine, aujourd’hui encore, de délibérations et de nombreux malentendus<a href="#_edn19" name="_ednref19">[19]</a> ».</p>
<p>Pourtant, dans le fond et conformément à toute logique sensée, il me semble y avoir seulement « le vivre-ensemble » comme un idéal ambitionné et en dehors duquel il y aurait différentes façons d’être ensemble. C’est qu’on peut être ensemble, chacun pour soi, on peut « être avec », mais vivre-ensemble c’est avoir en partage tous les déterminants du « vivre » dont la dignité est une composante fondamentale. Pour parler de liberté, par exemple, est-on libre parce qu’on est digne ou est-on digne parce qu’on est libre ? Difficile de départager deux fondements du vivre, parce qu’il est difficile de les séparer, quand on s’entend sur leurs définitions respectives. Mais la définition de la liberté aussi est souvent source de controverses et lieux de malentendus.  Il en est ainsi de toutes les autres composantes de la vie, conditionnant la dignité qui les présuppose. Tel est le cas, par exemple, du respect et de la conscience de soi comme valeur, deux données constitutives de la définition de la dignité. N’empêche que celle-ci est insaisissable dans une définition totalement consensuelle de par la subjectivité et la relativité de certaines de ses composantes, en raison de déterminants pluriels comme l’hérédité, le psychisme, la catégorie sociale, le niveau intellectuel, la conscience culturelle, etc. C’est pourquoi je serais plus enclin à rester dans la dénomination générique, « le vivre-ensemble », laissant au vivre conversationnel le soin de conduire et de conclure, dans et par l’esprit de conversation, à une plateforme consensuelle sur les déterminants du concept. A ce propos, Fathi Triki parle « d’entente ».</p>
<p>J’apprécie la démarche de F. Triki, consistant à faire la synthèse des grands moments de la pensée philosophique : « Les fondements philosophiques du vivre-ensemble consistent finalement dans la dialectique du soi et de l’autre, la connaissance de soi (Socrate), la raisonnabilité (Fârâbî), la conscience critique (Descartes, Kant), le souci de soi (Foucault) et le soi-même comme un autre (Ricœur). Ce sont là des visions du monde qui rendent possible une sorte d’entente entre les hommes quelque [ (!)] soit leur différence<a href="#_edn20" name="_ednref20">[20]</a>. »</p>
<p>Cependant, je considère qu’est sujet à discussion son propos sur « la condition fondamentale du vivre ensemble dans la dignité » qui est pour lui « l’individualisation du mode d’être des citoyens, c’est-à-dire le fait de légitimer l’action et la responsabilité de l’individu au lieu d’interpeller la responsabilité de la collectivité ou de la communauté. L’individualisation exprime, en fait, une autonomie plus grande des individus et fonde toute volonté d’autodétermination. Elle libère l’individu de la main mise [ (!)] de sa communauté et le transforme en citoyen libre, actif, engagé et responsable<a href="#_edn21" name="_ednref21">[21]</a>. » Ne pouvons-nous pas objecter que les données ici requises sont bien celles monnayées depuis plusieurs années sous des labels variés et exploités, au moment propice, par opportunisme politique ? C’est d’ailleurs de ce même point de vue qu’on aurait une relative réserve à l’articulation, par F. Triki, du concept de « vivre ensemble dans la dignité » à un des trois mots d’ordre de la révolte<a href="#_edn22" name="_ednref22">[22]</a> du 17 décembre 2010 en Tunisie, le mot « dignité ». A se demander également si tous les dictateurs qui, du jour au lendemain, s’érigent en sauveurs de l’humanité ne sont pas mus par le même principe de l’individualisation tel que développé ci-dessus.</p>
<p>Mais tel n’est pas l’essentiel de mon propos, puisque F. Triki aussi ne le considérait pas comme l’essentiel du sien dans son livre. Pour ma part, je dis que tous les malheurs que l’humanité a connus ont pour cause principale le manquement à l’esprit de conversation. Celui-ci ne plaide ni ne consacre « l’individualisation » prônée par certaines idéologies politiques bien connues, mais l’intériorisation du sens de la communauté dans l’apparente unicité même de la conscience d’individualité. « Je est un autre », Rimbaud dixit ! C’est dans cet esprit que la conversation socratique ne se confond pas avec le dialogue dans son sens moderne, un sens pleinement rhétorique, mais dans son sens premier qui signifiait la conversation transversale (dia- / trans- ), celle dans laquelle on ne cherche pas à imposer, coûte que coûte, à l’interlocuteur, une vérité relative, celle dans laquelle on cherche plutôt à trouver dans l’autre, au contact d’autrui, une image de soi révisable, car de vérité discutable ou provisoire. Montaigne dirait de cette expérience de soi : c’est là que « je l’étudie plus qu’autre sujet. C’est ma métaphysique, c’est ma physique<a href="#_edn23" name="_ednref23">[23]</a> ». Et c’est là aussi que Socrate verrait le chemin vers l’idéal démocratique, un idéal inaccessible certes, comme la Vérité, avec son grand V, mais un idéal à ambitionner incessamment et à croire possible, à la manière dont une courbe asymptotique tend à se confondre avec son axe de référence.</p>
<p>Dès lors, le concept d’esprit de conversation peut s’étendre à toute interaction, avec les êtres et les choses aussi, avec tout ce qui nous entoure ! Et c’est dans cette conviction que s’inscrirait le vivre-ensemble avec l’environnement, et non uniquement dans un environnement vidé de toute la vie qui le fait être et évoluer, soit pour notre bien-être soit pour notre ruine selon notre façon de le traiter. Et l’analogie est extensible à toutes les interactions, mais je n’ai pas le temps de m’y étendre davantage dans le contexte actuel. C’est là qu’on peut avoir de nouveau des réserves quant à l’individualisation absolue comme condition sine qua non de la démocratie du vivre-ensemble, parce que l’individuel et le sociétal, je dirais même l’individuel, le micro-sociétal et le macro-sociétal, que d’aucuns appellent l’universel, sont en éternelle conversation ou ils ne sont pas.</p>
<p>Sans doute est-ce dans cet esprit que Montaigne, encore lui, a pu dire de Socrate pour justifier le caractère universel de sa méthode et de sa pensée : « On demandait à Socrates d’où il était, il ne répondit pas, d’Athènes, mais, du monde. Lui qui avait l’imagination plus pleine et plus étendue, embrassait l’univers, comme sa ville, jetait ses connaissances, sa société et ses affections à tout le genre humain : non pas comme nous, qui ne regardons que sous nous<a href="#_edn24" name="_ednref24">[24]</a> ». Et l’avantage de cet universel socratique, c’est qu’il est conversationnel, autrement dit essentiellement édifié sur la différence comme valeur digne de respect, d’écoute et de considération aussi minoritaire qu’elle puisse paraître.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour ma part, je dirais qu’un nouvel humanisme du vivre-ensemble est à concevoir dans l’esprit de conversation et autour de cet esprit comme principale pédagogie d’édification de la société de conversation, en tant que configuration idoine de l’idéal démocratique et que cheminement permettant de s’en rapprocher le plus possible.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Mansour M’HENNI </em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Prof. ém. Université Tunis El Manar</em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>Chercheur, écrivain, traducteur et chroniqueur</em></p>
<p style="text-align: right;">Président de la Coordination Internationale</p>
<p style="text-align: right;">des Recherches et Etudes Brachylogiques (CIREB-Paris)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4985 aligncenter" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-800x1131.jpg" alt="" width="349" height="494" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-800x1131.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-1160x1641.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-1086x1536.jpg 1086w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-750x1061.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-1140x1612.jpg 1140w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble.jpg 1448w" sizes="auto, (max-width: 349px) 100vw, 349px" /></p>
<h1></h1>
<p><strong>Indications bibliographiques :</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>¤ Conseil de l&#8217;Europe, <em>Livre blanc sur le dialogue interculturel « Vivre ensemble dans l&#8217;égale dignité »</em>, 2010, URL<strong> </strong><strong>:</strong></p>
<p><strong> </strong> <a href="https://book.coe.int/fr/droits-de-l-homme-et-democratie/4568-livre-blanc-sur-le-dialogue-interculturel-vivre-ensemble-dans-l-egale-dignite.html">https://book.coe.int/fr/droits-de-l-homme-et-democratie/4568-livre-blanc-sur-le-dialogue-interculturel-vivre-ensemble-dans-l-egale-dignite.html</a></p>
<p>¤ <em>Graines de Paix</em>, URL :</p>
<p><a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/vivre_ensemble_bien_vivre_ensemble">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/vivre_ensemble_bien_vivre_ensemble</a></p>
<p><a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/dignite_humaine">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/dignite_humaine</a></p>
<p>¤ Florence Gruat, « Dignité », in <em>Les Concepts en sciences infirmières</em> (2012), p. 156-158. URL : <a href="https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition--9782953331134-page-156.htm">https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition&#8211;9782953331134-page-156.htm</a></p>
<p>¤ Mansour M’henni, <em>Le Retour de Socrate « Introduction à la Nouvelle Brachylogie »</em>, Paris, L’Harmattan, 2017 (Première édition, Tunis, Brachylogia &amp; UTM, 2015)</p>
<p>¤ Mansour M’henni, <em>Essais de Nouvelle Brachylogie</em>, Tunis, Alyssa éditions, 2021.</p>
<p>¤ Montaigne, <em>Les Essais</em>, Livre I, chapitre XXV, Paris, Le Livre de Poche, La Pochothèque, 2001.</p>
<p>¤ Ortolang (site des<em> Outils et Ressourse pour un Traitement Optimisé de la LANGues</em>, dépendant du <em>Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales</em> &#8211; CNRTL). URL :</p>
<p><a href="https://www.cnrtl.fr/definition/humanisme">https://www.cnrtl.fr/definition/humanisme</a></p>
<p>¤ Platon, <em>Œuvres complètes</em>, Tome III, 2<sup>ème</sup> partie, par Alfred Croiset avec la collaboration de Louis Bodin (Dix-septième tirage, la première édition datant de 1923), Paris, Les Belles Lettres, 1999, p. 241-242 (75d).</p>
<p>¤ Ignacio Ramonet, <em>Géopolitique du chaos</em>, Paris, Gallimard, Folio actuel, 1997, p. 10.</p>
<p>¤ Adrados Francisco Rodriguez. Tradition et raison dans la pensée de Socrate. In: Bulletin de l&#8217;Association Guillaume Budé : Lettres d&#8217;humanité, n°15, décembre 1956. pp. 27-40; doi : https://doi.org/10.3406/bude.1956.4155</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1956_num_15_4_4155">https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1956_num_15_4_4155</a></p>
<p>¤ Ivana Savalli-Lestrade. Le monde d’Arcésilas de Pitanè. Revue des études anciennes, Revue des études anciennes, Université Bordeaux Montaigne, 2017, 119 (2). (URL : <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01945479">https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01945479</a> ).</p>
<p>¤ Coline Silvestre, <em>Les éditions d’Aristote à Lyon dans la seconde moitié du XVIe siècle : chroniques d’un déclin annoncé ?</em>, Diplôme national de master en sciences humaines et sociales Université Lumière 2 – Lyon (Enssib), Août 2014. URL :</p>
<p><a href="https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/65214-les-editions-d-aristote-a-lyon-dans-la-seconde-moitie-du-xvie-siecle-chroniques-d-un-declin-annonce.pdf">https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/65214-les-editions-d-aristote-a-lyon-dans-la-seconde-moitie-du-xvie-siecle-chroniques-d-un-declin-annonce.pdf</a></p>
<p>¤ Fathi Triki, <em>Philosophie de la diversité</em>, éd. Maison arabe du livre, Tunis, 1987.</p>
<p>¤ Fathi Triki, <em>Philosopher le vivre-ensemble</em>, éd. L&#8217;Or du Temps, Tunis, 1998.</p>
<p>¤ Fathi Triki, <em>La dignité humaine</em> [sous la dir. de], éd. Peter Lang, Francfort-sur-le-Main, 2009.</p>
<p>¤ Fathi Triki, <em>Éthique de la dignité : révolution et vivre-ensemble</em> (préface de Vincent Cespedes), éd. Arabesques, Tunis, 2018.</p>
<p>¤ Bob White, « Le Vivre-ensemble comme dispositif pluraliste », Periferia, vol. 11, n° 3, pp. 138-162, 2019. URL :  <a href="https://www.redalyc.org/journal/5521/552163810006/html/">https://www.redalyc.org/journal/5521/552163810006/html/</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Notes:</strong></p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> Mansour M’HENNI est Prof. émérite à l’Université Tunis El Manar spécialiste de poétique et des littératures française et francophones. Il est aussi poète, romancier, traducteur et essayiste. Ses concepts privilégiés sont la mixité, la Méditerranéité et la Nouvelle Brachylogie dont il est l’initiateur en 2012 et dont il préside la coordination internationale à Paris (Cireb). Il a publié 18 titres personnels et dirige trois revues. (<a href="https://mhennimansour.com/">https://mhennimansour.com/</a> ). Ce texte a fait l&#8217;objet d&#8217;une communication présentée dans le Premier Séminaire du Vivre-ensemble, initié par Pr. ém. Fathi Triki et organisé par Ksar Saïd, le Centre des Arts de la Culture et des Lettres (Tunis les 29-30 septembre 2022).</p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Ignacio Ramonet, <em>Géopolitique du chaos</em>, Paris, Gallimard, Folio actuel, 1997, p. 10.</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> <a href="https://www.cnrtl.fr/definition/humanisme">https://www.cnrtl.fr/definition/humanisme</a> // L’Ortolang est le site des<em> Outils et Ressourse pour un Traitement Optimisé de la LANGues</em>, dépendant du <em>Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales</em> (CNRTL).</p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> Adrados Francisco Rodriguez. Tradition et raison dans la pensée de Socrate. In: Bulletin de l&#8217;Association Guillaume Budé : Lettres d&#8217;humanité, n°15, décembre 1956. pp. 27-40; doi : https://doi.org/10.3406/bude.1956.4155</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1956_num_15_4_4155">https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1956_num_15_4_4155</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> En référence au colloque « Questions de la Nouvelle Brachylogie à l’humanisme renaissant », organisé en mai 2022 à Paris par la <em>Coordination Internationale des Recherches et Etudes Brachylogiques</em> (CIREB). Actes à paraître dans la revue <em>Conversations</em>, « revue des études brachylogiques ».</p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6">[6]</a> « Une fois assimilé par l’Occident médiéval chrétien, Aristote devient une autorité dont la parole est d’or. C’est-à-dire que sans examen, on prend pour acquis un énoncé à partir du moment où c’est Aristote qui l’a dit. Cela s’incarne dans la formule « ipse dixit », chère aux commentateurs médiévaux. »</p>
<p><a href="https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/65214-les-editions-d-aristote-a-lyon-dans-la-seconde-moitie-du-xvie-siecle-chroniques-d-un-declin-annonce.pdf">https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/65214-les-editions-d-aristote-a-lyon-dans-la-seconde-moitie-du-xvie-siecle-chroniques-d-un-declin-annonce.pdf</a></p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7">[7]</a> Au moyen âge, Aristote était assimilé au Christ et le critiquer pouvait conduire au pire sort.</p>
<p><a href="#_ednref8" name="_edn8">[8]</a> I. Ramone, Op. cit., p.20.</p>
<p><a href="#_ednref9" name="_edn9">[9]</a> Montaigne, <em>Les Essais</em>, Livre I, chapitre XXV, Paris, Le Livre de Poche, La Pochothèque, 2001, p. 230</p>
<p><a href="#_ednref10" name="_edn10">[10]</a> Ivana Savalli-Lestrade. Le monde d’Arcésilas de Pitanè. Revue des études anciennes, Revue des études anciennes, Université Bordeaux Montaigne, 2017, 119 (2). (URL : <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01945479">https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01945479</a> ): « Arcésilas, fils de Seuthès, naquit en Éolide, à Pitanè […], en 315/4 av. J.-C. […] [Il] fit preuve très tôt d’un tempérament affirmé, puisque, après avoir terminé l’éducation secondaire, il refusa de suivre la voie de la rhétorique, à laquelle son demi-frère et tuteur Moiréas le destinait, pour s’adonner à la philosophie. Vers 298-296, il s’en alla, avec l’appui de son frère utérin Pyladès, à Chios, et ensuite à Athènes, où il demeura jusqu’à sa mort ».</p>
<p><a href="#_ednref11" name="_edn11">[11]</a> Ibid.</p>
<p><a href="#_ednref12" name="_edn12">[12]</a> Platon, <em>Œuvres complètes</em>, Tome III, 2<sup>ème</sup> partie, par Alfred Croiset avec la collaboration de Louis Bodin (Dix-septième tirage, la première édition datant de 1923), Paris, Les Belles Lettres, 1999, p. 241-242 (75d).</p>
<p><a href="#_ednref13" name="_edn13">[13]</a> M’HENNI, Mansour, Le Retour de Socrate « Introduction à la Nouvelle Brachylogie », Paris, L’Harmattan, 2017 (Première édition, Tunis, Brachylogia &amp; UTM, 2015). On peut consulter également M’henni, M., Essais de Nouvelle Brachylogie, Tunis, Alyssa éditions, 2021.</p>
<p><a href="#_ednref14" name="_edn14">[14]</a> « La <strong>dignité humaine</strong> comprend le respect physique et le respect psychologique des êtres humains, ainsi que le respect de l&#8217;intégrité morale. La <strong>dignité humaine est</strong> la première des quatre valeurs universelles de l&#8217;Union Européenne qui <strong>sont la dignité humaine</strong>, la liberté, l&#8217;égalité et la solidarité. » <a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/dignite_humaine">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/dignite_humaine</a></p>
<p><a href="#_ednref15" name="_edn15">[15]</a> <a href="https://book.coe.int/fr/droits-de-l-homme-et-democratie/4568-livre-blanc-sur-le-dialogue-interculturel-vivre-ensemble-dans-l-egale-dignite.html">https://book.coe.int/fr/droits-de-l-homme-et-democratie/4568-livre-blanc-sur-le-dialogue-interculturel-vivre-ensemble-dans-l-egale-dignite.html</a></p>
<p><a href="#_ednref16" name="_edn16">[16]</a> <em>Philosophie de la diversité</em>, éd. Maison arabe du livre, Tunis, 1987.</p>
<p><em>Philosopher le vivre-ensemble</em>, éd. L&#8217;Or du Temps, Tunis, 1998.</p>
<p><em>La dignité humaine</em> [sous la dir. de], éd. Peter Lang, Francfort-sur-le-Main, 2009.</p>
<p><em>Éthique de la dignité : révolution et vivre-ensemble</em> (préface de Vincent Cespedes), éd. Arabesques, Tunis, 2018.</p>
<p><a href="#_ednref17" name="_edn17">[17]</a> Cf. <a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/vivre_ensemble_bien_vivre_ensemble">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/vivre_ensemble_bien_vivre_ensemble</a></p>
<p><a href="#_ednref18" name="_edn18">[18]</a> Bob White, “ Le Vivre-ensemble comme dispositif pluraliste », Periferia, vol. 11, n° 3, pp. 138-162, 2019. URL :  <a href="https://www.redalyc.org/journal/5521/552163810006/html/">https://www.redalyc.org/journal/5521/552163810006/html/</a></p>
<p><a href="#_ednref19" name="_edn19">[19]</a> Florence Gruat, « Dignité », in Les Concepts en sciences infirmières (2012), p. 156-158. URL : <a href="https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition--9782953331134-page-156.htm">https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition&#8211;9782953331134-page-156.htm</a></p>
<p><a href="#_ednref20" name="_edn20">[20]</a> F. Triki, Ethique de la dignité, révolution et vivre-ensemble, Tunis, Arabesques, 2018, p. 65.</p>
<p><a href="#_ednref21" name="_edn21">[21]</a> Ibid. 27-28.</p>
<p><a href="#_ednref22" name="_edn22">[22]</a> Sans doute F. Triki n’est-il pas d’accord sur cette désignation, mais la question est encore en discussion à plusieurs niveaux.</p>
<p><a href="#_ednref23" name="_edn23">[23]</a> Montaigne, « De l’expérience », Op. cit., Livre III, chapitre XIII, p. 1669.</p>
<p><a href="#_ednref24" name="_edn24">[24]</a> Montaigne, « De l’institution des enfants », Op. cit., Livre I, chapitre XXV, p. 242.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Chronique : Le dernier parcours des réseaux sociaux à propos du référendum !</title>
		<link>https://voixdavenir.com/chronique-le-dernier-parcours-des-reseaux-sociaux-a-propos-du-referendum/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jul 2022 12:59:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[insulte]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Respect]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mansour M’henni Ce qui se lit sur les réseaux sociaux, ces derniers jours qui précèdent le référendum du 25 juillet 2022, est à la fois inquiétant et intéressant à examiner pour mieux comprendre certains (dys-)fonctionnements politiques de notre société. J’ai été particulièrement frappé par l’échange accompagnant un statut de l’ancien ministre Faouzi ben Abderrahmen, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Par Mansour M’henni</p>
<p>Ce qui se lit sur les réseaux sociaux, ces derniers jours qui précèdent le référendum du 25 juillet 2022, est à la fois inquiétant et intéressant à examiner pour mieux comprendre certains (dys-)fonctionnements politiques de notre société. J’ai été particulièrement frappé par l’échange accompagnant un statut de l’ancien ministre Faouzi ben Abderrahmen, critiquant violemment, à la limite même de la correction (« Je suis en colère ! », s’en justifie-t-il), un statut de Mustapha Ben Jaafar, l’ancien président de l’assemblée constitutive qui nous a pondu la constitution de 2014, objet des avis les plus tendus et les plus variés, et considérée comme à la base du revirement accusé le 25 juillet 2021.</p>
<p>J’avoue avoir moi-même un avis très critique à l’égard de Mustapha Ben Jaafar dont le parcours politique me paraît totalement à contrepied de la confiance qu’il avait inspirée à la création de son parti au début des années 2000. En effet, dix ans plus tard, la changement politique de 2011 aidant et séduisant, d’autres calculs lui ont dicté de nouvelles coalitions et des stratégies de circonstance. Il en a tiré un semblant de prestige censé durer une année mais prolongé à trois années ; mais aussi un effritement de son parti et une perte de crédibilité presque généralisée. Cependant, cela n’ôte pas à Ben Jaafar sa citoyenneté et son droit à crier haut et fort sa position quant à ce qui concerne le pays, indépendamment de toute réaction que sa position provoquerait chez ses concitoyens. C’est pourquoi voir F Ben Abderrahman l’attaquer avec une virulence caractérisée est on ne peut plus étonnant. Ainsi se justifieraient alors les commentaires de plusieurs internautes reprochant son attitude à l’ancien ministre de l’Emploi et ancien militant de Nidaa Tounès, tout en encaissant ou en reconnaissant les principales défaillances de B. Jaafar à la responsabilité politique qu’il avait manqué d’assumer au temps opportun.</p>
<p>Pourtant, c’est au nom de la démocratie que B. Abderrahman conduit son combat, persévérant et très critique de la plupart des tendances politiques en action mais particulièrement concentré sur le processus aligné derrière Kaïs Saïed. Ses premiers statuts, au moins depuis 2021, se caractérisaient par une rationalité certaine, malgré l’aspect contestable de certains arguments donnés à l’appui. Mais avec le temps, une relative violence se laissait percevoir entre ses mots et on le voyait rejoindre les discours de certains opposants politiques qui, incapables de s’imposer ou d’imposer leurs opinions, poussaient le zèle jusqu’au dénigrement des personnes, à la diffamation, voire même à l’insulte.</p>
<p>Que conclure donc de cette situation, apparemment circonscrite dans un objet précis et dans un temps limité, mais traduisant en réalité une vraie façon d’être à la démocratie, d’abord chez nous, mais aussi plus largement dans différentes parties de notre monde ?</p>
<p>Tout simplement que nous n’avons ni une vraie intelligence du concept de démocratie ni une rationalité généralisée et partageable, le plus largement possible, de la stratégie idoine pour parvenir à la façon d’être à la démocratie, par le dire et par le faire, dans la perspective du meilleur vivre-ensemble dans lequel le respect de l’autre reste le pilier principal.</p>
<p>C’est ce respect qui est censé dicter d’abord l’éthique d’humilité à ceux d’entre nous qui se croient supérieurs, qui au nom d’une intelligence exceptionnelle rattachée à des acquis cultuels, culturels ou intellectuels, qui au nom d’une ascendance d’appartenance à une catégorie sociale, familiale ou régionale, et qui encore au nom de certains pouvoirs occultes dont on ne serait autorisé à percer les secrets.</p>
<p>Malheureusement, le plus souvent, l’expression même de l’humilité n’est autre qu’un stratagème, lui aussi biaisé, pour imposer une certaine ascendance et pour légitimer un droit au pouvoir. Beaucoup de temps et de travail nous attend pour approcher un tant soit peu des valeurs d’une démocratie authentique, aussi idéale et inaccessible qu’elle nous paraisse ! N’empêche que nous devons faire ce qu’il faut pour nous en approcher…</p>
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		<title>Chronique : Un pays malade de ses politiques.  Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jul 2022 16:20:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[dialectique]]></category>
		<category><![CDATA[polémique]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[Les dernières altercations françaises à propos d’une motion de censure contre le gouvernement, et leur comparaison à aux disputes légendaires de nos parlements de la dernière décennie, m’ont redonné à réfléchir sur les débats politiques, dans des instances ou des institutions officielles dont le cadre le plus symbolique serait le parlement, et sur la façon [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="91" height="124" />Les dernières altercations françaises à propos d’une motion de censure contre le gouvernement, et leur comparaison à aux disputes légendaires de nos parlements de la dernière décennie, m’ont redonné à réfléchir sur les débats politiques, dans des instances ou des institutions officielles dont le cadre le plus symbolique serait le parlement, et sur la façon dont ils se font et dont ils sont conclus.</p>
<p>J’avoue qu’une première impression me vient d’une sorte de conviction intérieure que ces façons de faire n’ont vraiment pas grand-chose à voir avec la Démocratie comme aspiration idéaliste à un état supérieur de vie en société, quelques dimensions que puisse avoir une société. C’est qu’il y a des principes de base à toute démocratie et le premier de ces principes est l’esprit de conversation. Franchement, dans tous ces cadres de discussion, je ne sens presque jamais un vrai sens de la conversation. Pour échapper à cette dernière, nos politiciens ont trouvé le mot dialogue qui, vidé de son sens premier (« parole transversale », de par le préfixe dia-), devient le prétexte à toute cacophonie, débouchant généralement sur le manque de respect, sur la diffamation, sur l’insulte même, et symbolisant on ne peut mieux l’esprit de guerre qui préside à nos rapports politiques.</p>
<p>On l’a compris, j’espère, il n’y a pas, dans mon présent propos, la référence à un acteur politique précis, dans le pouvoir ou dans l’opposition ; il n’y a pas non plus une spécification géographique, car tel semble le cas dans la plupart des pays dits démocratiques. Dans les autres, c’est évidemment l’approbation soumise de ceux qu’on appelle les « béni-oui-oui » (sans d’ailleurs un souvenir précis de l’origine de l’expression, en contexte de colonisation française de l’Algérie). Ce qui est souligné ici, c’est donc ce pouvoir impérial de l’esprit polémique, dans l’ambiance qui lui est appropriée, celle d’un « dialogue de sourds », là où on ne s’écoute pas, là où on ne partage rien, là où on ne cherche qu’à s’imposer au détriment d’autrui. Est-ce vraiment cela la démocratie ? Permettez-moi d’en douter.</p>
<p>Précisons que l’esprit polémique ne saurait se confondre avec l’esprit dialectique. Si le premier tend de plus en plus à s’affirmer comme une persuasion passionnée et égocentriste, donc violente, le second relèverait plutôt de l’argumentation logique et raisonnable, donc à obédience consensuelle, malgré qu’il est ait ! Ainsi, les politiques centrant leurs discours sur l’esprit polémique, de quelque parti ou clan qu’ils se reconnaissent, ne sauraient constituer une force du bien partagé, mais celle d’un bien imposé, convaincus qu’ils détiennent la vérité, qu’ils sont plus intelligents que les autres et qu’ils ont donc un droit de tutelle sur les autres. Bref qu’ils sont les nouveaux prophètes des temps modernes, les temps de la démocratie. Or celle-ci ne saurait s’accommoder de l’idée de prophétie, au moins telle qu’elle est entendue par certains esprits.</p>
<p>Pour conclure, dans le même esprit de généralité qui préside à la conduite du présent écrit, j’en appellerais, pour autant qu’il y ait un petit potentiel d’écoute, à l’humilité et à la modestie, au respect réciproque, à l’ouverture intellectuelle et au sens de la solidarité, surtout dans ce pays qui nous fait être et que nous faisons, mais qui semble malade surtout de ce que nous sommes en lui.</p>
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		<title>Chronique : Le Tunisien devant le choix de son destin. Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jun 2022 14:41:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[crédibilité]]></category>
		<category><![CDATA[exception]]></category>
		<category><![CDATA[interrogation]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous approchons, très vite et dans une tension peu apaisée, de l’échéance du 25 juillet 2022, celle de voter le référendum concernant le nouveau texte de la constitution. Certains parlent du recul de cette échéance, pendant que d’autres vantent la nouvelle constitution de la troisième République. Plus le temps avance et plus je pense à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Nous approchons, très vite et dans une tension peu apaisée, de l’échéance du 25 juillet 2022, celle de voter le référendum concernant le nouveau texte de la constitution. Certains parlent du recul de cette échéance, pendant que d’autres vantent la nouvelle constitution de la troisième République. Plus le temps avance et plus je pense à la phrase d’ouverture de l’allocution du général de Gaulle, prononcée le 25 avril 1969, deux jours avant le référendum qui allait précipiter son départ et sceller son mandat présidentiel : « Françaises, Français, vous, à qui si souvent j&#8217;ai parlé pour la France, sachez que votre réponse dimanche va engager son destin. Parce que d&#8217;abord, il s&#8217;agit d&#8217;apporter à la structure de notre pays un changement très considérable », ainsi parla De Gaulle et ainsi me semble murmurer le président Kaïs Saïed, pour lui-même, en aparté, avant de prononcer sa propre allocution à l’occasion du référendum annoncé.</p>
<p>De son côté et à la lumière des commentaires et des avis entendus par-ci par-là, le citoyen tunisien me paraît déjà essayer de se régler au chronomètre et au tensiomètre d’une allocution de ce genre, tellement sera grave sa réponse finale à la question du référendum, dans les deux principaux sens de l’adjectif grave, celui « de grande importance » et « de fâcheuses conséquences ». En effet, sa réponse, ce jour-là, engagera son destin soit vers une sortie de crise expressément et rapidement souhaitée, soit vers un nouveau tunnel à l’issue incertaine et à effet frustrant. Le plus délicat dans la situation, c’est que les débats politiques, nettement marqués par une dualité inconciliable, ne l’aident pas assez à faire la juste part des choses entre deux thèses apparemment contradictoires, mais pleinement cadrées dans des limites idéologiques aliénantes et manipulatrices.</p>
<p>D’un côté on défend la démocratie en la définissant comme nécessairement fondée sur le pluralisme politique. Telle a été la tradition et telle elle restera, entend-on à tout bout de champ. Mais le citoyen tunisien a désespéré de cette démocratie ainsi définie et toujours brandie comme un prétexte pour ceux qui, à la fin, en profitent et font ce qu’ils veulent, conduisant ainsi le pays vers le désastre le plus terrible. Tel est le cas de ceux qui ont gouverné au nom de la démocratie « gagnée », de 2011 à 2021, sans d’ailleurs une imputation sérieuse et effective, autrement que par un dénigrement discursif. Des propos dans le vent !</p>
<p>De l’autre côté, on appelle à l’état d’exception pour une opération dite de « nettoyage » et de sauvetage, par une mise en marche sur la voie de la « droiture », même si elle paraît peu conforme à la voix du droit. Ce n’est que provisoire et ça viendra, répondrait-on à une telle objection !</p>
<p>La polémique tourne alors autour de deux inconciliables se rapportant à la nouvelle constitution telle que conduite jusqu’à son élaboration : d’un côté, les « démocrates » disent ne pas la concevoir sans le pluralisme partisan, quels qu’en soient les défauts et les défaillances ; de l’autre, on la voit possible à partir d’une réflexion conduite par des spécialistes et soumise à la volonté populaire dans un vote référendaire.</p>
<p>C’est l’occasion peut-être de se souvenir que l’option d’une nouvelle constitution, en 2011, a été imposée par ceux qui, aujourd’hui, n’ont rien d’autre à afficher que leurs échecs respectifs devant la situation dramatique du pays. Il y avait pourtant une autre voie possible, celle qui suggérait la réactualisation et « l’assainissement » de la constitution de 1959, pour soumettre le résultat de cette révision au vote populaire et permettre au pays de continuer l’entreprise du développement, sans tous les dérapages qui s’étaient installés très vite en 2011, générant les dysfonctionnements les plus inhibiteurs et les plus destructeurs qu’un État moderne puisse connaître ! C’est pour cela que plusieurs citoyens, de plus en plus nombreux, commencent à se convaincre par l’idée, partagée avec l’UGTT, qu’il faut attendre le texte, annoncé pour le 30 juin, pour se positionner et se prononcer à partir de son contenu effectif, et non celui fuité à plusieurs occasions. Ceux-ci disent refuser tout simplement l’opposition de principe, une opposition pour l’opposition, dont on devine bien les dessous politico-politiques.</p>
<p>Voilà où en est la Tunisie, onze ans et demi après un événement où elle croyait voir son salut ! Attendons voir la suite des événements car, malheureusement, à ce rythme et avec un tel état d’esprit, on ne sera peut-être pas bientôt sorti de l’auberge.</p>
<p>&nbsp;</p>
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