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	<title>doute &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>doute &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique : Se repenser d’abord…   Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Dec 2023 10:44:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Associations]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans ma précédente chronique « Repenser la Cité », j’écrivais que nous sommes aujourd’hui tentés, secoués même, par l’interrogation du concept de la Cité et des implications de cette interrogation dans notre façon de repenser notre avenir. Or un ami et fidèle lecteur m’a fait la remarque que cette question en entraîne une autre, celle posée une fois [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="wp-image-4982 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-800x600.jpg" alt="" width="123" height="92" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-800x600.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1160x870.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-320x240.jpg 320w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1536x1152.jpg 1536w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-2048x1536.jpg 2048w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-750x563.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1140x855.jpg 1140w" sizes="(max-width: 123px) 100vw, 123px" />Dans ma précédente chronique « Repenser la Cité », j’écrivais que nous sommes aujourd’hui tentés, secoués même, par l’interrogation du concept de la Cité et des implications de cette interrogation dans notre façon de repenser notre avenir.</p>
<p>Or un ami et fidèle lecteur m’a fait la remarque que cette question en entraîne une autre, celle posée une fois par Roland Barthes pour un autre sujet : « Par où commencer ? » Je prendrais volontiers cette question dans le sens de « Par qui commencer ? » En effet, j’écrivais aussi que « la responsabilité est essentiellement humaine », et à mon sens, l’humanité commence par l’individu.</p>
<p>C’est donc l’individu d’abord qui doit prendre conscience de sa responsabilité ponctuelle dans la conduite de la destinée collective, aussi minime que paraisse cette responsabilité parce qu’en tant que telle, elle n’en est pas moins déterminante. Un individu conscient et responsable est celui-là qui s’implique dans un rapport d’interaction avec d’autres individus pour évoluer avec eux dans un mode conversationnel, en sachant faire la part des choses et des priorités et en acceptant de relativiser ses propres vérités pour tenir compte des autres considérations auxquelles il peut ne pas être sensible par un quelconque obstacle naturel, psychique ou culturel. C’est pourquoi je disais voir, dans l’idée de « repenser la Cité », d’abord « une révision de soi ».</p>
<p>En effet, le fait d’accepter de se remettre en question n’est pas une preuve de faiblesse ou de manque d’esprit d’entreprise, comme on a tendance à le croire ! C’est au contraire, dans la conviction même de faire ce qu’il faut à l’instant où cela doit se faire, garder une marge de doute, celui-ci étant conçu comme « le point de départ d’une recherche incessante et non l’aboutissement d’une affirmation absolue, perçue comme la Vérité ». Un doute d’humilité ! Un peu comme de parler d’une humilité scientifique. Ce capital méthodique est aussi une valeur éthique puisqu’il suppose le respect d’autrui et la relativisation des choses.</p>
<p>Fort de cet acquis, l’individu peut être constructif dans la société où qu’il ait à agir : dans la famille, à l’école, dans la vie professionnelle, ou dans la vie de tous les jours en milieu social. Son comportement devient petit à petit une invitation implicite à ses semblables pour qu’ils se dotent de cette qualité qui, redisons-le, ne saurait constituer un obstacle à l’action, mais plutôt une hospitalité à l’interrogation constructive et à la révision réformiste et méliorative. Car, nous savons certes que nos sens peuvent nous tromper ; mais il ne faudrait pas exclure le fait que notre raison aussi peut nous tromper. À preuve les théories scientifiques les plus tonnantes à un moment de l’histoire de l’humanité ont pu être remises en question et dépassées par d’autres vérités, nouvelles et toujours provisoires. Oui, « la raison ne permet pas d’établir des vérités absolues », mais elle n’arrête ni l’action ni le progrès.</p>
<p>Tel nous paraît être le point de départ d’une nouvelle pensée de la Cité, à partir d’une nouvelle pensée de l’individu. Nouvelle ! Que dis-je ? J’entends déjà comme une voix socratique ! Pourquoi pas ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié aussi sur jawharafm.net) </em></p>
<p style="text-align: right;">L’image d’illustration est empruntée à l’article « Se repenser » d’Ann Porcheret-Amara sur Linkedin</p>
<p><em>  </em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Avenir politique sombre et pénurie d’alternatives. Par Badreddine Ben Henda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jun 2022 17:48:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[doute]]></category>
		<category><![CDATA[incompétence]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[On parle de nouveau, ces derniers jours, de pénurie. D&#8217;ailleurs, la &#8220;maison&#8221; m&#8217;a chargé de lui trouver du sucre en ville parce qu&#8217;il n&#8217;y en a plus là où nous habitons ! Moi, je me fais du souci en fait à cause d&#8217;une autre pénurie. Les plus mécontents de Kaïs Saïed et de ses méthodes [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="147" height="98" />On parle de nouveau, ces derniers jours, de pénurie. D&#8217;ailleurs, la &#8220;maison&#8221; m&#8217;a chargé de lui trouver du sucre en ville parce qu&#8217;il n&#8217;y en a plus là où nous habitons ! Moi, je me fais du souci en fait à cause d&#8217;une autre pénurie. Les plus mécontents de Kaïs Saïed et de ses méthodes proposent aujourd&#8217;hui son renversement. D&#8217;autres voudraient seulement partager d&#8217;une quelconque manière le pouvoir avec lui, autrement dit qu&#8217;ils les fassent participer à la prise des grandes décisions relatives à l&#8217;avenir du pays. Ceux qui restent sont plutôt attentifs indécis ou sans solution véritable. Parmi ces derniers, figurent plusieurs partis et hommes politiques de cette Gauche traditionnelle tunisienne qui peine à percer politiquement depuis janvier 2011. On entend de plus en plus nettement, en ce moment, leurs récriminations ; mais ce qu&#8217;ils proposent comme alternative à la situation présente reste très vague, sinon ressemble étonnamment à ce que suggèrent leurs propres adversaires de la droite (nahdaouis et destouriens, en particulier).</p>
<p>Les Tunisiens ont déjà dit leur mot à propos de cette Gauche qui ne fait pas le poids. Aux différentes élections organisées pendant la dernière décennie, ils ne lui ont accordé que peu de crédit et de sièges ! Après la &#8220;chute&#8221; des islamistes, c&#8217;est Abir Moussi et son PDL qu&#8217;ils chouchoutent concurremment avec Kaïs Saïed et son fantomatique parti &#8220;Le Peuple veut&#8221;. Mais alors qui veut de la Gauche sclérosée et agonisante que plus personne ne craint vraiment : Al Massar, Le Front Populaire (ou ce qui en reste), le Parti des Ouvriers, le Parti Socialiste, Afeq Tounès, Al Qotb, etc. Aujourd&#8217;hui, dans son opposition à Kaïs Saïed, Hamma Hammami prend soi-disant ses distances par rapport à Ennahdha et au PDL, mais s&#8217;allie à des formations et à des personnalités qui, il n&#8217;y a guère longtemps, étaient trop proches du Cheikh Rached, voire du Chef de l&#8217;Etat. Mongi Rahoui, quant à lui, s&#8217;est rapproché de Saïed et a participé aux travaux de l&#8217;Instance consultative chargée de concevoir une nouvelle Constitution. D&#8217;autres personnalités indépendantes naguère rangées parmi les figures progressistes approuvent plus ou moins ouvertement le Président. Quant à Ahmed Néjib Chebbi, il a choisi de signer un nouveau pacte avec Ghannouchi et ses alliés.</p>
<p>En réalité, tous les adversaires de Saïed n&#8217;ont rien de nouveau à proposer pour le remplacer. A gauche comme à droite et au centre, rien d&#8217;autre et personne d&#8217;autre que les incarnations à peine voilées de l&#8217;échec ou de la stérile verbosité. Abir Moussi ne cache absolument pas ses nostalgiques penchants antidémocratiques : elle propose le retour à Bourguiba et à Ben Ali comme si leurs régimes étaient irréprochables et différaient de celui que Saïed préconise. L&#8217;avenir politique de la Tunisie est sombre en raison de ce manque d&#8217;alternative différente, de new-look inattendu et efficace ! En France, la Gauche classique a tout récemment marqué des points en changeant de nom, de tactique, d&#8217;alliances, de discours, de slogans et de &#8220;visages&#8221; ! Sa dernière réussite, même relative, face à Emanuel Macron et à Marine Le Pen devrait en principe inspirer beaucoup d&#8217;attardés au sein de la Gauche classique tunisienne !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Roman  : &#8220;En pays assoiffé, d&#8217;Emna Belhaj Yahia. Par Afifa Chaouachi Marzouki</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Oct 2021 11:36:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[attentat]]></category>
		<category><![CDATA[interrogation]]></category>
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		<category><![CDATA[roman]]></category>
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					<description><![CDATA[Publié à Tunis, en 2021 aux éditions Déméter et parallèlement aux éditions des femmes Antoinette Fouque, en juin 2021, ce dernier roman de Emna Belhaj Yahia se situe dans le prolongement direct de l’essai Questions à mon pays, publié en 2014 et dont il semble être la version et l’illustration romanesque puisque l’auteur y continue [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Publié à Tunis, en 2021 aux éditions Déméter et parallèlement aux éditions des femmes Antoinette Fouque, en juin 2021, ce dernier roman de Emna Belhaj Yahia se situe dans le prolongement direct de l’essai <em>Questions à mon pays, </em>publié en 2014 et dont il semble être la version et l’illustration romanesque puisque l’auteur y continue à interroger son pays mais, cette fois, à travers les mises en scène et les artifices de la narration.</p>
<p>Dans cette fiction, le roman « remonte et redescend l’échelle du temps » pour tenter de « suivre attentivement le tumulte d’une histoire qui s’étale sur un siècle » et dont il hésite à « saisir le sens » (Epilogue). Cette histoire est celle d’un pays et de ses citoyens, projetée entre jadis et naguère, hier et aujourd’hui, redéployée entre la douce nostalgie et la frayeur du doute et exprimée dans la pudeur de l’expression et la délicatesse des émotions. La Tunisie dont il s’agit, est celle des euphories de l’ère postcoloniale<strong>, </strong>du soleil de l’indépendance mais aussi celle des premières peurs et du crépuscule des espoirs suscités par l’évolution de l’Histoire et de la société. Le roman évoque, en effet, le confort d’un temps révolu, les souvenirs festifs du cocon familial autrefois solidement structuré, les jeux de l’enfance, ses odeurs, ses goûts, l’école, ses instituteurs, ses comptines, ses refrains, le certificat d’études et ses exaltations, les camarades de classe et « le lycée où les attendent des professeurs qui sont leurs fenêtres sur le monde »(p.81), le bac et ses larges horizons et toute l’énergie d’un quotidien soudainement transmué par la venue au grand jour de silhouettes et de vitalités libérées du voile par le leader dans l’enthousiasme de l’indépendance et d’un désir fort de renouveau.</p>
<p>« Car ses camarades et [Nojoum] étaient des pionnières. Elles ont levé les tabous qui pesaient sur leur chevelure, leur sourire, leur circulation dans la rue, cassé l’habitude de la préparation au mariage dès les plus jeunes années » (p.158) Tout cela est narré sans idyllisme aucun mais dans la délicatesse et avec le souci de restituer un air du temps et toute la charge d’espoir qu’il avait suscité alors.</p>
<p>Et puis, au fil du temps, le paysage évolue et les images de la ville aussi, laissant voir plutôt « la télé qui ronronne », « les journaux qui déblatèrent » (p.69), la dégradation du quotidien, l’ouvrier qui bâcle son travail, le citoyen qui jette ses ordures sur la chaussée, l’automobiliste qui se gare là où cela est interdit et toute la vie de pacotille dont se gave le crétinisme populaire ou la vanité bourgeoise se profilant derrière un «  état de déréliction d’un pays commandé par un dictateur au cheveu teint et rétréci par une mise au pas intégriste des esprits ». C’est dans ce contexte que se situent  l’arrogante insulte de Kamilia sur le mur du collège, les dérives et le naufrage de Saghroun, son protégé, «  proie de la colle et du cirage » (p.65), les massacres de Sandi habité par le chacal qui aurait dévoré sa petite cousine, terreur de l’enfance régénérée plus tard dans l’extrémisme religieux et la violence exutoire.</p>
<p>Sous le choc de l’attentat du musée, Nojoum « ferme les yeux, maudit ceux qui ont fait de sa douce capitale un labyrinthe où l’on massacre le passé et l’avenir, maudit Sandi’mech, ceux qui l’ont armé et ceux qui ont mis le feu dans son regard. » (p.94) Non le départ du dictateur n’a pas été une renaissance et Nojoum, en proie en questionnements, se livre à une méditation sur le pays, ses ratés et ses faux espoirs :</p>
<p>« Se débarrasser d’un fardeau, c’est se voir pousser des ailes. Elle avait alors estimé que les ailes servaient à quitter la cage, et qu’elle devait apprendre à les utiliser. La même idée  a dû en animer plus d’un, tous ceux que le passage de l’état de pierre à celui d’oiseau ailé avait ébahis. Or, déployer ses ailes et recevoir un grand coup avant même de s’être élevé dans les airs, être blessé alors qu’on a à peine commencé à voler, et avant même qu’on ait bien réglé sa machine volante, c’est sombrer dans le néant. Du malheur de la pierre à celui de l’oiseau qui chute, le chemin n’aura pas été bien long. Le massacre organisé par Sandi le lui aura fait parcourir en un temps record. » (p.122)</p>
<p>Mais « dans ce pays de toutes les soifs, où le chemin est perdu du puits qui peut les étancher » (p.53), l’espoir reste permis. Les trois générations présentes dans la fiction sont là pour le signifier, la petite fille et la grand-mère, le témoignage direct sur un vécu et la relève passée à la jeunesse héritière d’un temps révolu mais actrice de l’avenir et à qui on fait découvrir les lieux et les vies d’une époque évanouie, comme par devoir de mémoire et de culture, comme une dette pour garder la trace et préserver la chaîne vitale de la transmission.</p>
<p>Comment on devient un monstre, pourquoi mourir, ces grandes questions de Yasmine et que tente de poser le roman sans chercher nécessairement à y répondre, pourraient, dans les mailles du récit-même «  trouver des éléments de réponse imprévus » (p.180) car   « Entre les pathologies du cœur et celles du cerveau, les dysfonctionnements économiques, l’incurie, l’effondrement de l’école, l’ignorance galopante et le djihadisme conquérant, la personne de Sand’mech se dissout, se désagrège. » (p.151)</p>
<p>On aura remarqué qu’à la sortie de l’équilibre rassurant et rêveur de l’enfance, le personnage principal du roman est confronté, dans l’amertume, abstraction faite de la parenthèse euphorique des journées révolutionnaires, à la réalité de la violence sociétale : violence contre soi concrétisée dans l’addiction de la jeunesse à la drogue et violence contre l’autre incarnée dans la folie du meurtre. Il ne lui reste plus que les petits bonheurs du cocon familial et les espoirs qu’il apporte dans la vitalité d’une nouvelle génération, promesse d’un avenir plus éclairé et peut-être apaisé.</p>
<p>Si l’écriture « cherche plutôt à suivre le fil qui rattache les choses les unes aux autres » (p.9), privilégie le tâtonnement et la prudence de l’interrogation permanente, c’est qu’elle y puise la rigueur de l’observation, la relativité de la pensée et la sagesse équilibrante de l’appréhension. Adulte, l’enfant qu’était Yasmine  «  ne semble plus se demander comment on devient un monstre, mais comment on sauve les fragilités essentielles » (p .183) et c’est la leçon que la vie et la sérénité auront apprise à l’auteur-narrateur, mais aussi l’humilité du point de vue, une leçon centrée sur l’action et tournée vers l’avenir. Car « sauver les fragilités essentielles », relève de la prévention attentive et de l’amour,  il s’agit d’aller en amont de l’événement avant qu’il ne dégénère en drame, d’aller toujours de l’avant sans négliger les nœuds personnels, nids de tous les dévoiements : la littérature n’est-elle pas vouée aussi à jouer un rôle dans l élaboration des balises et l’ouverture des voies comme celle des yeux de Nojoum dans le roman, et cela à travers un dialogue permanent avec soi autour d’une histoire proposée à l’écoute ou à la lecture ?</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : En Tunisie, les perspectives du « 25 juillet » mises en question. Par Mansour M&#8217;henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Aug 2021 10:53:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[25 juillet]]></category>
		<category><![CDATA[adhésion]]></category>
		<category><![CDATA[décisions]]></category>
		<category><![CDATA[Président]]></category>
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					<description><![CDATA[Mansour M’HENNI Le 25 juillet 2021, en réponse ou en coordination avec une large dynamique contestataire du régime de gouvernement et de son rendement, le Président de la République a pris des décisions radicales et a déclaré l’état d’exception pour une rectification du processus démocratique en Tunisie. Force est d’avouer que cet acte audacieux a [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Mansour M’HENNI</p>
<p><img decoding="async" class=" wp-image-2738 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg" alt="" width="242" height="136" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-750x422.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito.jpg 1000w" sizes="(max-width: 242px) 100vw, 242px" /></p>
<p>Le 25 juillet 2021, en réponse ou en coordination avec une large dynamique contestataire du régime de gouvernement et de son rendement, le Président de la République a pris des décisions radicales et a déclaré l’état d’exception pour une rectification du processus démocratique en Tunisie.</p>
<p>Force est d’avouer que cet acte audacieux a été pressenti comme un acte salutaire après une décennie marquée par le délabrement de l’Etat et la détérioration de l’économie du pays et des conditions sociales des citoyens. Même le seul acquis reconnu comme tel, en l’occurrence celui de la liberté d’expression, a fini par s’effriter en tant que valeur pour se liquéfier en matière gluante entre les mains des prestidigitateurs démagogues, des manipulateurs de pantins et des lobbyistes machiavéliques. A ce constat de chute morale et politique, l’opinion publique tunisienne, dans son écrasante majorité, a associé un symbole représentatif, l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et à travers elle le texte même de la constitution de 2014.</p>
<p>C’est dire pourquoi, à part l’attitude explicable d’En-Nahdha et ses alliés ou celle par trop puriste des débatteurs constitutionnalistes, les décisions présidentielles du jour de la République ont vite pris une valeur symbolique importante et ont fédéré autour du chef de l’exécutif l’écrasante majorité des citoyens et des intellectuels. A l’étranger, même les pays en connivence historique avec l’islamisme politique n’ont pas osé aller au-delà de ce que permettait la complaisance formelle avec leurs alliés en perte de crédibilité dans le pays où ils ont raté l’occasion de faire leurs preuves dans l’exercice du pouvoir.</p>
<p>N’empêche que dans la large masse de soutien à la démarche présidentielle, certains doutes persistaient, parfois franchement exprimés, parfois timidement insinués. A part les inconditionnels, tout le monde attendait, qui dans l’urgence et qui dans l’acceptation des délais raisonnables, le nouveau gouvernement et la feuille de route du Président. Certaines maladresses de la conduite des procédures ont marqué cette période d’attente, accentuant l’indécision des sceptiques. Dans la partie adverse, on se réorganise et on reprend des forces pour s’opposer à la logique du coup d’Etat et imposer un retour au fonctionnement normal des institutions et un dialogue national. Quant au Président, il reste catégorique quant au changement radical, préconisé mais non encore défini, en tant que condition du retour à la normale. C’est dire que la situation tend à devenir intenable et qu’il revient à Kaïs Saïed de nommer très vite son gouvernement, de présenter sa feuille de route et d’en expliquer les tenants et les aboutissants avec un langage accessible à tous et dans une rationalité plus logique que rhétorique.</p>
<p>Il importe de préciser que cette période d’attente a donné lieu à une littérature riche en idées, en propositions et en indications préventives. L’équipe présidentielle aurait pu et pourrait encore en tirer profit pour tracer les traits fondamentaux de la feuille de route attendue et même pour en esquisser les dérivations particulières. Quant à l’équipe gouvernementale, si elle est entendue dans l’esprit d’une stricte et sincère collaboration avec le chef de l’exécutif, autrement dit le Président de la République, l’initiateur du changement en réponse à une revendication populaire, elle ne saurait donc rester tributaire de l’hésitation présidentielle ou de celle des candidats proposés pour la diriger. Il suffirait de s’entendre sur trois personnalités d’expérience et de conviction pour les grandes lignes de conduites de trois secteurs importants et prioritaires : 1 &#8211; la finance et l’économie sociale ; 2 &#8211; la sécurité et la lutte contre le terrorisme et la corruption ; 3 &#8211; la diplomatie. L’un des trois serait chef du gouvernement et les deux autres ministres d’Etat. Avec pour consigne et règle essentielle, la solidarité gouvernementale et la transparence dans la gouvernance, dans les règles du droit et de l’efficience.</p>
<p><strong> </strong></p>
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