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	<title>lecture &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>lecture &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Essai de lecture de La Morsure de Marc Gontard (Par Mohamed Kertach)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Sep 2024 12:45:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Gontard]]></category>
		<category><![CDATA[Kortach]]></category>
		<category><![CDATA[morsure]]></category>
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					<description><![CDATA[Essai de lecture de La Morsure de Marc Gontard, Éditions Goater, 247 pages, Rennes, 2021. Lors de la présentation d’un nouveau processus en imagerie médicale au service d’anatomie à la faculté de médecine de Rennes, l’ingénieur en micro-électronique Arnaud De Kersily et l’étudiante Sophie Cort, sur une demande de renseignement de celle-ci sur Transim, sa [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="xdj266r x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r x1vvkbs x126k92a">
<div dir="auto" style="text-align: center;"><strong>Essai de lecture de La Morsure de Marc Gontard, Éditions Goater, 247 pages, Rennes, 2021.</strong></div>
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<div dir="auto">Lors de la présentation d’un nouveau processus en imagerie médicale au service d’anatomie à la faculté de médecine de Rennes, l’ingénieur en micro-électronique Arnaud De Kersily et l’étudiante Sophie Cort, sur une demande de renseignement de celle-ci sur Transim, sa jeune entreprise, se retrouvent pour un jus de fruit à la Cafétéria. Ils font connaissance, prennent l’habitude de s’appeler, puis de se revoir, se lient d’amitié, pour courir une inhabituelle aventure en Afrique, puis se retrouver pour ne plus se quitter. 25 ans, elle est en dernière année de médecine, a une chambre à la cité, séparée de ses parents. Il est veuf de Caroline, sans enfants, vient de monter avec son copain et associé Yves Le Bail docteur en informatique une petite entreprise en imagerie cérébrale. Ce sont les personnages principaux du récit, et non les seuls. Nous les accompagnons avec sympathie dans leur périple de deux mois, depuis qu’ils quittent Roissy le premier avril, jusqu’à leur retour qu’on peut situer en juin avec la période des examens écrits et oraux de Sophie. Examens qui n’ont pas empêché celle-ci, malgré quelque réticence, d’accompagner pour deux semaines Arnaud en Afrique. Il avait retenu une semaine de chasse près de la ville de Kédougou. Atterris à Dakar, déposés à l’hôtel La Corniche à Saly par Graci le chauffeur dans sa 4 x 4, avant de les reprendre le lendemain à l’aube pour Kaolack, puis Tambacounda, Dar Salam, Mako, puis enfin Kédougou. Dix heures de route pour arriver au camp. Arnaud accompagné de deux pisteurs Mamadou et M’Bow à l’affut des phacos est enlevé à la frontière malienne dans la région de Saraya par un groupe djihadiste armé qui réclame une lourde rançon. Restée en sécurité au Sénégal au village Mbong près de la Guinée, Sophie est familiarisée avec Fodé, frère d’Ethira, Taani Bonang, le frère de sa belle mère, un féticheur et guérisseur, le seul à parler un peu le français, ses trois femmes, Taki, Niari et Ngoudj. Ils sont dans la case d’Ethira liée également à Arnaud, jouissant de merveilleux moments dans cette Afrique de la brousse, de la savane, de l’amour, de la sagesse, des parfums et des couleurs. Lorsque Sophie sortie un petit matin prendre l’air sous le baobab d’entre les cases est mordue par un serpent au venin mortel, le mamba. Réveillés par les cris, Ethira et les voisins accourent, elle n’a que deux heures à vivre. Ethira la dépêche sur un pick-up à Mbong où elle a un parent Taani qui soigne les morsures. Elle lui applique en route les premiers soins à la poudre noire. Tandis que Taani, prévenu par téléphone, a vite préparé les potions et les concoctions qui finissent lentement par calmer les spasmes, atténuer les délires, rétablir la conscience et la respiration de Sophie. Il s’ensuivit un questionnement sur l’insuffisance de la médecine occidentale et une longue démonstration par le guérisseur dans sa case-médecine des vertus de la médecine africaine qui unit science des plantes et usage des fétiches, corps et esprit, qui recherche l’équilibre. Entretemps est organisée une cérémonie d’initiation sur l’autel familial de Taani pour conjurer le mauvais esprit qui hante à chaque fois le rêve de Sophie, surnommée Awa. Ce quelque chose qui pèse sur elle, qui déchire ses entrailles, ce vautour noir au crâne chauve, au cou fripé, aux serres recroquevillées qui la dépouille de sa peau nue. Mais soudain, c’est l’image d’Arnaud qui revient. Que faire, comment faire pour le libérer ? Envoyer sur zone des patrouilles de l’armée ne servira à rien, les ravisseurs sont déjà au-delà des frontières. C’est Ethira, la rédemptrice, qui prend l’initiative, tout comme elle l’a fait pour la morsure. Elle est partie très tôt la veille à l’arrière d’une moto s’enquérir des nouvelles à Kédougou. A Salémata, le chef du village Bah fait connaissance de la toubab qui l’informe de l’enlèvement. Ils enverront quelqu’un à Kédougou pour avoir des nouvelles. On essaie de savoir le groupe qui l’a enlevé. Entretemps, la Toubab se charge de soigner Mouki, fils de Niari et de Bah. D’autres femmes arrivent pour consultation. Ethira est prête à tout faire pour l’amitié de Sophie et d’Arnaud. Elle va oser l’impensable, téléphoner à son ancien amant qu’elle déteste, qu’elle avait connu à Kédougou avant qu’il devienne la main d’Allah, l’algérien Abdelmalek devenu émir de la katiba passé au Mali faire le jihad après que les groupes islamistes ailleurs sont défaits. Ils fixent un rendez-vous dans trois jours à Kayes, un très long voyage pour Ethira. Venait-elle se joindre au groupe ? Elle venait lui demander de libérer le français. Il avait tenté de s’évader et le tribunal a statué sur son arrêt de mort. Elle aurait dû mettre le hidjab, le niqab, le tchador et entendre la parole d’Allah. Mais son âme est en paix avec les esprits de la brousse et une Bassari ne vit pas en esclave ! Elle accepte de s’échanger contre le français et fixent un rendez-vous dans trois jours dans un village de la brousse : Gondokhou. Quand Ethira arrive à Mboh rapporter la nouvelle et se réveille d’un long sommeil, Sophie est près d’elle, Niari, Taani, Taki. «le temps que tu arrives à Dakar, Arnaud sera libéré, lui dit-elle ». Il est temps de se quitter. L’étreinte est intense. Elles partent avant l’aube. Sophie dans la camionnette qui la conduira Jusqu’à Tambacounda, puis dans un avion jusqu’ à Dakar. Ethira lui glisse dans la main un flacon de Thiouraye, et Taani la comble de sa sagesse paternelle. Ethira appelle une moto, destination Gondokho, en plusieurs étapes, par plusieurs moyens, au rendez-vous d’ Abdemalek. Réveillé de son coma, Arnaud ne savait pas qu’il avait été découvert dans un dépotoir par un garçon qui conduisait des chèvres en brousse. Jusqu’ à ce qu’il ouvre les yeux sur Sophie dans un poste de police à Kédougou, qui les conduit dans une ambulance escortée par une jeep jusqu’à Tambacounda à l’aérodrome d’où ils décolleront pour la France et où ils seront soumis à des interrogatoires sur les circonstances de l’enlèvement et l’énigme de la libération d’Arnaud. Ethira est déjà dans les mains du groupe d’Abdelmalek quand celui-ci fait glisser sur le sol de la pick-up à moitié mort le corps d’Arnaud. Tandis qu’Ethira est sommée de porter le collier d’explosifs qu’elle est amenée à déclencher à Kédougou au milieu de la foule le jour du marché. Les mécréants doivent connaître la colère d’Allah. Le lieu jadis de sa déperdition devient ce jour-là celui de sa rédemption. Ethira paie le prix de son ami échangé. Abdel voudrait faire d’elle une chahida qui honorerait tous les moujahidins. Un clique sur le gousset du collier et juste un éclair lumineux pour qu’elle se retrouve assise sur un trône d’or aux côtés du prophète. Le mécanisme est artisanalement préparé par l’ingénieur chimiste marocain Khafik. Le jour suivant, la ceinture est montée, enlacée au corps d’Ethira et le moteur de la pick-up tourne déjà, dans quelques heures Kedougou. Abdel est aux côtés du chauffeur et Ethira bien calée à la banquette arrière. Impossible qu’elle meure en djihadiste Elle songe aux victimes qu’elle allait faire, aux enfants déchiquetés, aux femmes éventrées et au sang coagulant sur la chaussée. Maintenant la peur de la mort est passée, elle est déterminée. La pick-up double un camion, laisse passer un mini-car, le chauffeur ralentit, la route est libre. C’est le moment. Ethira déclenche l’explosif. Un éclat lumineux soulève le véhicule, trois victimes dont une femme, Ethira.</div>
<div dir="auto" style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone  wp-image-6014" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2024/09/Gontard-ecrivain.jpg" alt="" width="262" height="393" /></div>
<div dir="auto">Le texte s’affiche comme un échiquier. On a l’impression d’une omniprésence, d’une ubiquité des scènes et des personnages, nous sommes ici et partout. Les relais ont de multiples passeurs, mais se tiennent comme des racines à un tronc. Plusieurs personnages prennent et échangent la parole. Une tension nous excède de bout en bout : Le cauchemar de sophie, le rapace nocturne aux serres acérées qui surgit la nuit, la morsure mortelle du Mamba, l’enlèvement et le sort d’Arnaud, son évasion ratée, le martyr d’Ethira, l’idée de l’échange, l&#8217;extrémisme religieux, l’abandon d’Arnaud dans un dépotoir, le déclenchement de l’explosif, la fascinante et mystérieuse Afrique. Les séquences s’appellent, se rappellent, des réseaux se dessinent, se renvoient, se répondent, sans que la fluidité du récit et sa cohérence soient entamées. Ethira est le protagoniste, le personnage clé. Elle surplombe l’édifice, balise les parcours, assure les jonctions, actionne et déploie les axes majeurs, ceux en premier de Sophie et d’Arnaud, depuis leur départ, jusqu’à leur ultime pause, longeant la longue aventure qui les a amenés pour une bonne semaine en Afrique que Sophie visite pour la première fois. Elle est l’héroïne, la rédemptrice, la sacrificielle. Elle épargne en se donnant la mort d’un carnage au marché de Kédougou une foule de victimes innocentes. Elle accepte de s’échanger contre la libération de l’otage et de subir son sort, s&#8217;exposer à le mort. Elle libère le détenu et sauve l’amour et le bonheur du couple Arnaud et Sophie. Quelle martyre ! Un autochtone juré ne saurait mieux sur les lieux, les villes et les hameaux, les rites, les manies, les plats et les mets, les bouillies et les jus, les esprits, la faune et la flore, les routes et les sentes, et surtout la bonté de ces gens de cette Afrique exotique. Quel beau cadeau que ce livre, cette morsure ! C’est peu dire et mal restituer le secret de cette magie de l’écriture de la main de maître, Monsieur Marc Gontard que je remercie vivement pour ce joyau d’écriture, d’émotion, de beauté et de sagesse, prestigieusement disposé au rayon sublimissime de la bonne littérature.</div>
<div dir="auto"></div>
</div>
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<div dir="auto">Kertach Mohamed</div>
<div dir="auto"></div>
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		<title>Lecture-Vie: DANS LE VENTRE DE L&#8217;ÉPAVE !!! (Conte sous-marin). Par BBH</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Sep 2022 08:29:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Gontard]]></category>
		<category><![CDATA[Mer]]></category>
		<category><![CDATA[Naufrage]]></category>
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					<description><![CDATA[À Tabarka, l&#8217;épave en débris du fameux bateau naufragé il y a plusieurs décennies est toujours visible depuis la plage. On raconte que depuis le drame, de nombreuses personnes se sont noyées tout près en raison des eaux devenues trop profondes, houleuses et tourbillonnantes à cet endroit de la mer. Ce matin-là, je relisais -pour [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">À Tabarka, l&#8217;épave en débris du fameux bateau naufragé il y a plusieurs décennies est toujours visible depuis la plage. On raconte que depuis le drame, de nombreuses personnes se sont noyées tout près en raison des eaux devenues trop profondes, houleuses et tourbillonnantes à cet endroit de la mer.</p>
<p>Ce matin-là, je relisais -pour les besoins d&#8217;un article littéraire &#8211; Naufrages, le roman de Marc Gontard. Je devais ensuite courir quatre kilomètres sur le sable comme chaque jour. De là où j&#8221;étais, j&#8217;apercevais l&#8217;épave avec netteté. À son niveau s&#8217;arrêtait la première étape de ma course.</p>
<p>Dans son roman, Gontard remonte dans le temps pour refaire vivre à son lecteur les tragiques conditions dans lesquelles a eu lieu le naufrage du Monté-Christo la nuit de Noël en 1846. En fait, les événements prennent une tout autre tournure et le livre se met à rapporter des &#8220;naufrages&#8221; humains actuels bien plus ravageurs.</p>
<p style="text-align: left;"><img decoding="async" class="size-full wp-image-3708 aligncenter" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2021/05/Marc-Gontard.jpg" alt="" width="193" height="261" /></p>
<p>Quand l&#8217;heure de mon footing est arrivée, j&#8217;ai laissé le roman sur le transat de l&#8217;hôtel et j&#8217;ai pris la direction de l&#8217;épave. Deux kilomètres plus loin donc j&#8217;ai marqué une halte et l&#8217;envie m&#8217;a pris de me baigner. J&#8217;ai nagé jusqu&#8217;au navire échoué et je me suis même enfoncé à l&#8217;intérieur de l&#8217;épave.</p>
<p>Au début, je n&#8217;ai rien vu d&#8217;extraordinaire : beaucoup de ferraille rouillée, du bois moisi et des algues partout. J&#8217;ai sorti la tête de l&#8217;eau. Mais j&#8217;avais les pieds comme enchaînés à quelque chose de très lourd. On me tirait de force vers les profondeurs. Des petits poissons me mordillaient les orteils et les jambes. Et comme une voix m&#8217;appelait en criant distinctement : REVIENS MON FILS.</p>
<p>J&#8217;ai finalement cédé à la force du courant qui me tirait vers le bas. Des mains fines me détachent alors et un groupe de ravissantes naïades en tenue d&#8217;Ève me ramène dans l&#8217;épave. Ce n&#8217;était plus un tas de débris mais un somptueux temple construit avec une infinité de livres élégamment reliés. Ils racontaient tous des naufrages historiques ou imaginaires.</p>
<p>La plus grande des naïades me demande la première :<br />
&#8211; Les histoires de naufrage ta passionnent à ce point ?<br />
&#8211; Non ! Pas spécialement, madame ! Je lis Marc Gontard pour préparer une communication sur son roman. Cependant, j&#8217;adore la peinture du naufrage par Bernardin de Saint-Pierre dans Paul et Virginie.</p>
<p>Une petite mais très belle sirène me tend immédiatement le roman.<br />
-Lisez à haute voix, me dit-elle, les pages consacrées au naufrage de Virginie.</p>
<p>Je me mets à lire.<br />
&#8211; Non, plus fort ! Ouvre bien la bouche ! Remplis tes poumons du texte que tu lis.<br />
&#8211; Je ne peux pas, je vais boire l&#8217;eau salée de la mer.<br />
&#8211; T&#8217;inquiète. L&#8217;eau est ici douce ! Lis, lis ! Bois ton livre. Tu vas d&#8217;ailleurs boire tous ces livres et bien d&#8217;autres durant ton séjour parmi nous. Avant de retrouver l&#8217;hôtel, tu auras lu au moins 100.000 livres. Et tu ne te noieras jamais dans aucune mer du monde.</p>
<p>Je ne sais combien de temps j&#8217;ai séjourné dans le temple sous-marin. Mais je me rappelle bien que lorsque j&#8217;ai rouvert le roman de Gontard, il était étrangement humide et ses pages sentaient le même parfum délicat que celui des naïades. Plus curieux encore : Paul et Virginie y côtoyaient comme tout naturellement les personnages de Gontard pendant que ce dernier buvait une bière avec Bernardin de Saint-Pierre sur une plage plus tunisienne que bretonne.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Badreddine Ben Henda</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Lecture: A propos d&#8217;Extraits du carnet de notes de Nazim Al-Arabi. Par Med Chagraoui</title>
		<link>https://voixdavenir.com/lecture-a-propos-dextraits-du-carnet-de-notes-de-nazim-al-arabi-par-med-chagraoui/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Aug 2022 10:00:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chagraoui]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Nazim Al-Arabi]]></category>
		<category><![CDATA[notes]]></category>
		<category><![CDATA[trilogie]]></category>
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					<description><![CDATA[Extraits du carnet de notes de Nazim Al-Arabi constituent le premier livre (d’une trilogie signée par Béchir Haamdi et) publié tout récemment chez Chema Ėdition. Dans cette œuvre inclassable et rebelle à toute forme de fixité générique, l’auteur se donne (de manière trop subversive) les moyens formels pour assumer une contestation (idéologique politique, éthique) trop [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Extraits du carnet de notes de Nazim Al-Arabi</em> constituent le premier livre (d’une trilogie signée par Béchir Haamdi et) publié tout récemment chez Chema Ėdition.<br />
Dans cette œuvre inclassable et rebelle à toute forme de fixité générique, l’auteur se donne (de manière trop subversive) les moyens formels pour assumer une contestation (idéologique politique, éthique) trop ouverte de ce qui dysfonctionne dans l’Histoire tunisienne depuis le VIOLENT SĖISME. Sans détour, sans ambages. Et surtout sans verser dans un présentéisme caractéristique d’une cécité intellectuelle d’un autre temps.<br />
Avec une mobilisation assez subtile de la mémoire des faits qui ont marqué le VIOLENT SĖISME, ceux qui ont marqué les évènements de janvier 1978 et la « révolte du pain » en 1984, etc., le livre de Béchir Haamdi multiplie les effets spéculaires pour faire entrer le narrateur, les personnages et le lecteur de plain-pied à la fois dans le réel mouvement de l’Histoire et dans « l’ère du soupçon ».<br />
Le lecteur d’Extraits du carnet de notes de Nazim Al-Arabi pénètre sans grande difficulté dans l’atelier esthétique et intellectuel de l’auteur, qui s’efforce d’interroger et de réinterroger l’immense écart ressenti entre la vie quintessenciée des personnages qu’il va falloir appeler avec Milan Kundera « des ego expérimentaux » et la vie politique, superficielle et mensongère telle qu’orchestrée par la superstructure idéologique. Par conséquent, le lecteur ne peut qu’être frappé, si l’on prend en considération les fines analyses disséminées dans le texte, par, précisément, le caractère intensément riche des analyses et des commentaires développés par les personnages.<br />
L’une des sources de la fascination qu’exerce l’œuvre de Béchir Haamdi, c’est la riche intertextualité où l’auteur puise dans (Homère, Darwich, Neruda, Kafka, Sisyphe, Eschyle, Yasmina Khadra, Gramsci, Spartakus, Abderrahman El Kéfi, etc.) afin de développer par le biais de la métaphore une réflexion sur le VIOLENT SĖISME, nourrie d’une culture théorique et philosophique d’une exceptionnelle richesse.<br />
Tous les personnages [révolutionnaires] dont les portraits sont dressés par le narrateur aspirent à se dégager d’une si plate et monotone « vie », pour se situer à la marge du monde objectif et juger celui-ci. C’est donc par un acte de démystification totale que l’écriture exerce dans (Extraits du carnet de notes de Nazim Al-Arabi) celle-là de ses fonctions propres, qui, dans les quatre parties de l’ouvrage, se présente comme sa fonction stratégique : sa fonction critique. Il ne s’agit pas pour les personnages de décrire et d’analyser la façon dont, à l’intérieur du SYSTÈME qui a pris les choses en main depuis le VIOLENT SĖISME tourne tel ou tel de ses rouages et d’y apporter des améliorations, également d’ordre technique et pratique. C’est tout l’ensemble du SYSTÈME qu’ils considèrent. Par conséquent, le cheminement avec lequel ils se sont arrachés à la machine du SYSTÈME afin de la démystifier/juger/condamner se communique facilement au jugement du lecteur. Celui-ci se trouve, lui aussi, ferme et global dans sa perception du SYSTÈME. Il est amené à opérer, à son tour, après le narrateur et les personnages, une mise à nu et une contestation de la machine du SYSTÈME. Ce qui ouvre la voie vers la réappropriation de l’initiative historique et vers la réalisation des idéaux qui ont constitué les soubassements révolutionnaires du VIOLENT SĖISME.<br />
C’est cette dialectique écriture-lecture qui procure à l’écrivain dans son atelier d’écriture, au lecteur en train de négocier une posture intellectuelle active, le sentiment vital et nécessaire, qu’ils sont emportés par un élan sans limites et que tout ce qu’ils feront par le travail dans et sur les mots, ils auront pu le faire dans l’Histoire. D’où cette dialectique libératrice de la littérature engagée et de la lecture engagée qui communique un bien réel sentiment de liberté-libération, dans une démarche de pensée diamétralement opposée à celle de la doxa qui ne cesse de « donner l’illusion de faire ce qu’on a voulu faire ou ce qu’on s’est donné l’illusion de vouloir faire » depuis les premiers moments du VIOLENT SĖISME. Et là l’auteur réalise une belle traduction du fameux L’imagination au pouvoir et conjugue, à sa manière et en fonction de sa vision de l’Histoire, l’évènement poétique et l’évènement révolutionnaire tel que pensé par les protagonistes qui se meuvent dans Extraits du carnet de notes de Nazim Al-Arabi pour en faire une épopée aux couleurs de l’éthique de la liberté-libération.<br />
Le narrateur et les personnages développent de nombreuses réflexions sur la langue, le brouillage idéologique généralisé, sur les devenirs révolutionnaires ici et là dans le monde contemporain. Ils portent aussi leur attention (et par extrapolation celui du lecteur) vers les zones d’interférence entre l’objectif et le subjectif, vers la contradiction principale et l’aspect principal de la contradiction, vers les capacités du sujet collectif à créer l’évènement révolutionnaire, vers la mémoire comme véhicule mouvant des acquis de la liberté, vers l’articulation de la liberté et la création collective qu’est le mouvement révolutionnaire.<br />
Le dit et le non-dit du livre de Béchir Haamdi est que la capacité de résistance à toutes les falsifications du mouvement de l’Histoire réside dans l’actualité foncièrement historique et concrète de la praxis non séparée de la lutte qui l’habite, de la critique et de l’autocritique qui la réajuste , dans une perspective qui mêle indissolublement poétique, éthique et rêve.</p>
<p style="text-align: right;">
<em>Mohamed Chagraoui</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>TROU-BLANC : ECRIVAINS TUNISIENS ET MIROIR AUX ALOUETTES !</title>
		<link>https://voixdavenir.com/trou-blanc-ecrivains-tunisiens-et-miroir-aux-alouettes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Sep 2021 15:49:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[correction]]></category>
		<category><![CDATA[Ecrire]]></category>
		<category><![CDATA[langue]]></category>
		<category><![CDATA[miroir]]></category>
		<category><![CDATA[modestie]]></category>
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					<description><![CDATA[Par BADREDDINE BEN HENDA J&#8217;ai, ce matin, fini de lire deux romans tunisiens écrits en français et publiés en 2021. Le premier est l&#8217;œuvre d&#8217;un enseignant qui vit et exerce en France; le second est signé par un fonctionnaire retraité qui vit dans l&#8217;une des banlieues de Tunis. En vérité, je n&#8217;ai lu et savouré [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="125" height="83" />Par <em>BADREDDINE BEN HENDA</em></p>
<p>J&#8217;ai, ce matin, fini de lire deux romans tunisiens écrits en français et publiés en 2021. Le premier est l&#8217;œuvre d&#8217;un enseignant qui vit et exerce en France; le second est signé par un fonctionnaire retraité qui vit dans l&#8217;une des banlieues de Tunis. En vérité, je n&#8217;ai lu et savouré jusqu&#8217;à la fin que le premier livre. Quant à l&#8217;autre, il m&#8217;a été difficile, je veux dire impossible, d&#8217;en achever la lecture.</p>
<p>Le roman de notre écrivain émigré est irréprochable presque sous tous rapports, notamment sur le plan de la langue savoureuse avec laquelle il est rédigé. Par moments, je me demandais si je n&#8217;avais pas entre les mains le chef-d&#8217;œuvre de l&#8217;un des grands auteurs classiques de la littérature française. Il y avait peut-être à redire sur la construction romanesque; mais qu&#8217;est-ce que c&#8217;était bien écrit ! En tout cas, pour au moins l&#8217;excellente qualité de son français, l&#8217;auteur méritait amplement le Prix Comar qui lui a été tout récemment décerné.</p>
<p>L&#8217;autre &#8220;texte&#8221;(c&#8217;est  mieux ainsi de ne pas en préciser le genre; d&#8217;ailleurs en avait-il un ?) était par contre si mal écrit dans la langue de Molière que j&#8217;ai dû le lire exactement avec les réflexes d&#8217;un professeur de collège en face de la copie du pire de ses élèves ! Mais, Bon Dieu ! Qui a autorisé la publication d&#8217;une telle horreur ?! Mais, Bon Dieu, qui a fait croire à monsieur l&#8217;auteur qu&#8217;il pouvait écrire et publier des livres ?! Car l&#8217;autre comble, c&#8217;était que l&#8217;auteur de cette calamité littéraire en avait déjà pondu d&#8217;autres, écrites sans doute dans le même français infirme!</p>
<p>On peut, bien sûr, tolérer certaines petites maladresses et incorrections, même chez les écrivains les plus illustres! Personne n&#8217;est infaillible de ce côté-là ! Mais s&#8217;arrêter à toutes les lignes, s&#8217;arracher les cheveux d&#8217;horripilation à chaque paragraphe et à chaque page ! Non ! C&#8217;est au-dessus de mes forces et au-dessus de mon indulgence de lecteur francophone assidu! Le problème excède ma personne, en fait ! Car, le fréquentant un peu depuis deux ans, j&#8217;imagine que notre auteur banlieusard ne peut admettre d&#8217;être taxé de mauvaise plume ! Lui qui emploie à profusion (mais presque jamais correctement) l&#8217;imparfait du subjonctif !!!</p>
<p>Son cas me rappelle d&#8217;abord celui d&#8217;un jeune écrivaillon qui, dès son premier roman, très mal écrit et très mal conçu du reste-, s&#8217;était permis de s&#8217;attaquer violemment au jury du Prix Comar lequel, selon lui, l&#8217;avait frustré de l&#8217;un des prix du concours littéraire annuel. J&#8217;ai lu ce roman-torchon et plus jamais je n&#8217;ai accepté de rencontrer son médiocre et prétentieux auteur. Je me souviens aussi de cette écrivaine, poétesse, nouvelliste, romancière, essayiste, philosophe, historienne, critique littéraire, critique d&#8217;art, critique-tout, qui un jour m&#8217;a envoyé le manuscrit de son premier roman pour que je le préface ! J&#8217;ai donc commencé par lire le monumental roman de 60 pages ! Inutile de vous dire à laquelle je m&#8217;étais arrêté ! Je sais que vous devinerez tout seuls !</p>
<p>Feu Alain Nadaud avait baptisé l&#8217;un de ses romans &#8220;D&#8217;écrire j&#8217;arrête&#8221;! Ah ! Si mes &#8220;amis&#8221; d&#8217;écrire arrêtaient ! Juste pour au moins se relire moins narcissiquement! Miroir, ô beau miroir, dis-leur ce que je n&#8217;ose pas leur dire ! Miroir, ô beau miroir, rapporte-leur très gentiment ce que je suis, là, en train d&#8217;écrire !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Deux lectures du recueil La Toile aux yeux d&#8217;or, de Nefissa Wafa Marzouki </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2021 18:47:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ben Henda]]></category>
		<category><![CDATA[or]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Toile]]></category>
		<category><![CDATA[Wafa Marzouki]]></category>
		<category><![CDATA[yeux]]></category>
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					<description><![CDATA[Deux lectures du recueil La Toile aux yeux d&#8217;or, de Nefissa Wafa Marzouki  1 J’ai personnellement tout lu de Nefissa Wafa Marzouki. Tout ce qu’elle publie passe entre mes mains comme le veut notre solide amitié que renforce encore, depuis près de trois décennies, notre passion commune pour l’écriture littéraire, et prioritairement pour la poésie. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Deux lectures du recueil <em>La Toile aux yeux d&#8217;or</em>, de Nefissa Wafa Marzouki </strong></p>
<p><strong>1</strong></p>
<p>J’ai personnellement tout lu de Nefissa Wafa Marzouki. Tout ce qu’elle publie passe entre mes mains comme le veut notre solide amitié que renforce encore, depuis près de trois décennies, notre passion commune pour l’écriture littéraire, et prioritairement pour la poésie. Je reconnaîtrais parmi mille un recueil de Wafa tant sa plume, ses tournures, ses images me sont devenues familières. Ce que j’écris ici risque donc de pâtir de ces liens si forts, forcément subjectifs, entre elle et moi, entre son œuvre et moi. Mais Wafa sait, nos amis les plus proches savent aussi, que je me dépars facilement de ma subjectivité chaque fois qu’elle me demande d’évaluer ses textes. L’ami véritable ne trompe pas, ne cède pas à la complaisance. Avec Wafa et ses écrits multiples et divers, c’est comme un serment que je me suis juré: de dire ce que je pense sans crainte d’offenser, étant persuadé que c’est là une preuve des plus belles, des plus tangibles de la sincère amitié qui nous unit.</p>
<p>Je vais donc dire, écrire, ce que je pense vraiment du présent recueil. C’est incontestablement le meilleur que Wafa ait publié. Et il me semble que trois facteurs principaux contribuent largement à lui conférer sa qualité supérieure : d’abord, les pénibles épreuves funestes que la poétesse a subies successivement suite à la perte de son père et de sa mère, personnes très chères auxquelles la lient bien plus qu’une relation de parenté, bien plus qu’un lien de sang. Les poèmes se suivent pour diversement témoigner de la douleur profonde, du deuil inconsolable, qui les ont inspirés. Même les vers qui ne citent ni le père ni la mère ressemblent à une évocation émue de leur mémoire. Tout le recueil porte une trace marquée de cette vive affliction. Cependant, et c’est là une de ses forces singulières, Wafa sait transmuer ses peines en sages leçons de vie, et en puissantes envies de repartir vers l’avant. Les drames intimes et ceux qui traumatisent la Tunisie ne freinent jamais les élans créateurs et recréateurs de Wafa; celle-ci s’arrête certes aux points, aux points de suspension, mais elle croit davantage -et avec la plus sévère et en même temps la plus joyeuse fermeté- aux virgules qui relancent le vers, qui le revigorent et l’invitent à un nouveau départ.</p>
<p>La tendre beauté du recueil doit beaucoup, par ailleurs, à la fraîche expérience picturale entamée depuis peu par Wafa. Il me semble que cette aventure a rajeuni en elle la femme et la poétesse. C’est que le terreau était déjà conçu pour accueillir, à côté de la plume, un mignon pinceau. Et le couple de colorier la vie ; et le recueil de s’assouvir de couleurs. Je vous l’ai dit : Wafa s’interdit de porter le noir, même aux plus sombres haltes de l’existence. Aux tons ténébreux elle préfère le « vert bleu » et « le blanc miel ». Elle nourrit chaque poème d’un abondant « lait de générosité », et plante partout -en peintre néophyte mais passionnée- des roses « par le vent bercées », « une rose républicaine », sinon une rose de Ronsard fiancée au Soleil. Ce n’est donc pas un hasard si le recueil adresse du début jusqu’à la fin, et avec les mots les plus divers, son «salut à la vie et à la pluie». Même quand «l’Art est blessé», même lorsque des mains incultes attentent à la Beauté, les poèmes de Wafa s’empressent de panser les blessures en laissant faire « les mains qui arrosent », «les mains qui caressent » :</p>
<p><em>Mains de don, non de sang</em></p>
<p><em>Mains dépliées, apaisées,</em></p>
<p><em>Mains adoucies, non raidies</em></p>
<p><em>Mains qui arrosent non qui sclérosent</em></p>
<p><em>Mains qui caressent non qui blessent</em></p>
<p><em>Mains tendues</em></p>
<p>Ce qui fait aussi le charme du recueil, c’est sans doute cette légèreté foncière des nouveaux vers de Wafa ; légèreté que la poétesse recherche et revendique pour reproduire un bonheur retrouvé. On dirait que Wafa jubile, plane, en composant ses «vers en roses» et en collectant ses « roses en vers » ; la poétesse n’a rien à cacher en effet, elle est « royalement », « sincèrement », «simplement heureuse ». C’est à peine si elle ne crie pas sur les toits de son monde et sur ceux du nôtre : « Il fait beau dans mon cœur chaud ». Wafa est « fatiguée de la haine qui sévit », et elle voudrait habiller tout ce qui l’entoure de « bleu gaieté », de vert amour, de blanc paix et sérénité. On comprend dès lors pourquoi ce recueil précisément est le plus dansant et le plus chantant de tous ceux que la poétesse a publiés : entre le gazouillis des colibris, au milieu de son jardinet « qui sourit à la naissance des bleuets », à côté de son bac à fleurs « voleur d’émotions », Wafa ne peut que laisser ses vers se trémousser et chantonner. Désormais, elle habite « Rue de la Paix », rue de cette paix en soi, avec soi, et avec les autres. Paix d’une femme combative, aimante malgré les faussetés ambiantes, solidaire de toutes les causes humanistes, patriote dans la moelle et dans le sang. Paix enfin d’une Tunisienne « dans sa Nature immergée ».</p>
<p><strong>2</strong></p>
<p>Personnellement, je n&#8217;aime  pas dater mes poèmes, ni les signer chaque fois; ils sont tous ensemble, répartis entre divers recueils portant mon nom ! Cela me semble suffire !</p>
<p>Chez Nafissa Wafa Helali Marzouki, le nom est incontournable; le nom propre, les noms propres, je veux dire! Son lecteur peut s&#8217;amuser à les recenser dans chaque recueil et quasiment dans chaque poème de chaque recueil. On peut en dire autant, sinon plus, du réflexe dateur chez la poétesse. En bas de chaque texte, accompagnant le nom (je suis tenté d&#8217;écrire &#8220;les noms&#8221;) de Wafa, une date est immanquablement précisée !  Et presque systématiquement, un lieu est cité comme pour ancrer le poème dans l&#8217;Histoire des hommes et dans celle de l&#8217;Univers que ces derniers peuplent.</p>
<p>C&#8217;est que les poèmes de Nefissa Wafa Marzouki se lisent aisément à travers le paratexte qui les encadre et qui, souvent, en oriente la lecture et l&#8217;appréciation. J&#8217;ai donc choisi de vous parler de Wafa (c&#8217;est le seul prénom que, dans la vie, j&#8217;utilise pour la désigner) en étudiant ces éléments en apparence surajoutés et qui semblent, pour cela, mineurs dans l&#8217;appréhension d&#8217;un texte ou d&#8217;une œuvre entière, alors qu&#8217;ils peuvent tout dire sur le poème, sur la poétesse et sur l&#8217;univers si riche et si complexe de celle-ci.</p>
<p>Wafa tient à <u>SES</u> noms et prénoms comme à une somme de peaux dont elle s&#8217;enveloppe elle-même et dont elle couvre ses poèmes : ils font partie de son identité plurielle, de son cosmopolitisme particulier, de sa propre universalité. En signant les textes, Wafa prend soin d&#8217;associer d&#8217;autres auteurs invisibles (et pourtant si présents et si évidents) de l&#8217;œuvre : Wafa est bint (fille de) Souk el Arba, Jendouba, Khaznadar, Tounès, Bardo, Cyr, Palmyre, New-Delhi, Capri, l&#8217;Algérie, le Maghreb, l&#8217;Afrique, l&#8217;Italie, la Planète Terre, l&#8217;Univers incommensurable. Elle est bint ce monde, citoyenne du monde tout autant qu&#8217;elle est bint la Tunisie du pain chaud!</p>
<p>Wafa est bint (fille de) Si Touhami (son père biologique) et bint Habiba Mokrani (sa mère génitrice), bint une Kabyle,  mais aussi bint George Sand, et presque automatiquement bint tous les écrivains et poètes qui l&#8217;inspirent et auxquels elle dédie ouvertement ou discrètement ses poèmes (Ronsard, Chénier, Vigny, Lamartine, Hugo, Apollinaire, Sagan, Aragon, Camus, Alain, et tous lesautres). Wafa est tante de Meryem, mère mère, mère et encore mère, sœur de  Lotfi, d&#8217;Ali et de Rémy, sœur de Sœur Teresa, sœur de Lina M&#8217;henni et de Abyr Ghazouani ! Elle est sœur et amie férue de la Mer, elle est sœur et amie de la Rose, de toutes ses roses, et des roses peintes par ses amies artistes &#8220;co-auteures&#8221; de <em>La Toile aux yeux d&#8217;or</em> !</p>
<p>La voilà, la Toile du titre qui réunit ce qu&#8217;il y a de plus cher et de plus précieux aux &#8220;yeux d&#8217;or&#8221; de Wafa. Cette dernière écrit quelque part : &#8220;Nefissa Wafa Marzouki néé ici&#8221; ! Elle écrit aussi quelque part ailleurs &#8220;Nefissa Wafa Marzouki Anywhere out of the world&#8221; ! Elle écrit encore &#8220;Nefissa Wafa Marzouki ici et ailleurs&#8221; ! Le poème s&#8217;enracine ici et partout ailleurs, il est dans son tour du monde des joies et des douleurs, des triomphes et des défaites, des rêves et des désillusions !</p>
<p>Contrairement à ce qu&#8217;on peut penser au premier abord, le paratexte est délibérément mobile, voyageur, nomade dans les recueils de Wafa! C&#8217;est tout l&#8217;opposé de la fixité et de l&#8217;unicité ! Il fait lui aussi son tour du monde des  rencontres humanistes et humanitaires ! Même lorsque la poétesse signe &#8220;Wafa seule &#8220;! Il célèbre  la vie, il dit &#8220;bonjour à la vie&#8221; dans toutes les langues : Wafa écrit en français, en arabe, en anglais, en tunisien et surtout dans la langue des roses, des musiques, des  Arts, des beautés, des sentiments  humains  et  des nobles vertus; bref, dans toutes ces langues que l&#8217;on comprend  partout et que l&#8217;on parle partout où l&#8217;humain est encore préservé : c&#8217;est-à-dire en définitive, là où la Poésie résiste et survit à la laideur et à la barbarie !</p>
<p>En datant très librement ses poèmes et en les publiant dans un ordre chronologique non moins affranchi, Wafa semble allègrement gambader entre les escales du Temps : elle saute de 2014 à 2017, de 1989 à 2017, elle revient ensuite à 2015, puis elle ne précise pas du tout de date ! ou alors elle écrit &#8220;quelques jours avant le 28&#8221;, sinon &#8220;un jour avant le jour J&#8221; ! Et comble de jonglerie : &#8220;un matin de minutes fatiguées&#8221; ! Oui, Wafa joue du temps comme elle joue des notes du solfège, ou des lettres de l&#8217;alphabet, ou des signes de ponctuation, ou encore de la disposition typographique de ses vers ! Le Temps n&#8217;est presque pas tragique chez Wafa, même lorsqu&#8217;elle évoque ses plus douloureux ou ses plus nostalgiques souvenirs !</p>
<p>La Mort, l&#8217;absence, le départ, la séparation ralentissent la marche du poème sans jamais la freiner. A certains moments, la poésie cède la place à de la prose ou à de la peinture et l&#8217;on croit le recueil achevé ! Puis, au moment où l&#8217;on s&#8217;y attend le moins, le poème réapparaît comme pour prendre le dessus sur les parenthèses autrement poétiques !</p>
<p>Sur la couverture du recueil comme à l&#8217;intérieur du livre, prose, poésie et peinture font matière commune dans le seul but de dire : &#8220;ceci n&#8217;est pas un recueil&#8221;, mais plutôt, &#8220;ceci est un seul et même poème&#8221; ! Celui d&#8217;une poétesse en devenir, celui d&#8217;une &#8220;bint&#8221; pétrie de vie et d&#8217;espérance, celui d&#8217;une fille écologiste qui aime être en paix avec elle et avec le monde, celui d&#8217;une fille de ce monde qui a choisi son camp, et qui aime être Poète dans un monde qui pourtant honore de moins en moins les poètes et la Poésie !</p>
<p style="text-align: right;"><em>Badreddine Ben Henda</em></p>
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		<title>Lecture : &#8220;Un paradigme en péril, la biculturalité en Tunisie&#8221;, de Ali Abassi**</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Apr 2021 10:30:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Abassi]]></category>
		<category><![CDATA[biculturalité]]></category>
		<category><![CDATA[concepts]]></category>
		<category><![CDATA[menace]]></category>
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					<description><![CDATA[La diversité culturelle contre les fanatismes de tous bords ! &#160; Dans la conclusion de son dernier essai &#8220;Un paradigme en péril. La biculturalité en Tunisie&#8221;, Ali Abassi se demande &#8220;De quoi la biculture tunisienne est-elle grosse?&#8221; et il répond presque instantanément que &#8220;malgré les douleurs que la matrice endure, les malentendus entre les adversaires [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La diversité culturelle contre les fanatismes de tous bords !</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans la conclusion de son dernier essai &#8220;Un paradigme en péril. La biculturalité en Tunisie&#8221;, Ali Abassi se demande &#8220;De quoi la biculture tunisienne est-elle grosse?&#8221; et il répond presque instantanément que &#8220;malgré les douleurs que la matrice endure, les malentendus entre les adversaires figés dans leur postures passéistes ou utopistes, les imperfections des schémas adoptés par certains et des praxis envisagés par d&#8217;autres, les couardises des décideurs, les agiotages externes, [il fait] foi aux forces vives tournées vers le futur et mues par le bon sens, si ce n&#8217;est par la sagesse&#8221;.</p>
<p>Ce sont justement le bon sens, la sagesse, la lucidité et la foi en l&#8217;avenir qui caractérisent l&#8217;auteur de cette belle et profonde étude du passé, du présent et de l&#8217;avenir de la biculture sous nos cieux tunisiens. En partant de réflexions diverses sur la littérature arabophone et francophone produite par des écrivains tunisiens contemporains, et en analysant le plus objectivement possible certains discours politiques et certains faits sociaux ayant marqué le pays notamment pendant et immédiatement après la chute du régime de Ben Ali, Abassi alerte son lecteur quant à la menace qui pèse depuis une décennie sur la biculuralité tunisienne. En même temps, il montre avec force arguments à quel point la biculture fut et continue d&#8217;être un facteur d&#8217;équilibre et de stabilité notamment au sein de la société tunisienne post-révolutionnaire.</p>
<p>Pour Ali Abassi, seules l&#8217;acceptation, la défense et la préservation de cette biculturalité sont susceptibles de garantir l&#8217;essor et la pérennité de la Tunisie nouvelle, de cette Tunisie rêvée par les premiers déclencheurs locaux de la Révolution du jasmin, lesquels justement s&#8217;étaient insurgés contre toute forme de monopole sur la vie politique, sociale, culturelle ou autre du pays. Dans ce sens, l&#8217;auteur d&#8217;Un paradigme en péril, la biculturalité en Tunisie &#8221; ne se contente pas de constater le malaise né des dissensions (parfois extrêmement violentes)  entre adeptes et détracteurs de la diversité culturelle tunisienne, ni d&#8217;en déceler les enjeux à l&#8217;intérieur et à l&#8217;extérieur du pays. Il propose en outre les solutions urgentes pour combattre et battre l&#8217;esprit d&#8217;hégémonie des uns ou des autres (individus, communautés ou nations).</p>
<p>Ce combat de tous les jours, cette guerre à mener sans répit, sont ceux qui sollicitent la raison et la pensée chez l&#8217;homme, chez l&#8217;homme de culture prioritairement. Car, écrit Ali Abassi, &#8220;la culture a pour mission <em>sui generis</em> de mettre un peu d&#8217;ordre dans le désordre civilisationnel qui reconduit, par toutes sortes de subterfuges, l&#8217;anarchie naturelle.&#8221; Si donc, nous rassure-t-il un tant soi peu, le choc des civilisations peut paraître inévitable en raison de la bête humaine qui favorise chez les individus et les collectivités, le retour à la loi de la jungle, le choc des cultures, lui, est fort improbable en raison de l&#8217;éthique élémentaire, de l&#8217;ordre humaniste, &#8220;le seul concevable et digne des hommes&#8221;, qui guident les pas de l&#8217;homme de culture, ceux de l&#8217;homme tout court, précise Ali Abassi.</p>
<p>Dans cet élégant ouvrage de 170 pages, il faudra saluer la maîtrise parfaite, par l&#8217;auteur, des concepts étudiés. Ali Abassi en explique régulièrement les moins accessibles et dissipe le flou qui enveloppe certains autres, tout en se gardant d&#8217;être tranchant et trop assertif lorsque cela risque de nuire à l&#8217;esprit de mesure et d&#8217;impartialité qui président à ses argumentations et à ses exemples illustratifs. L&#8217;honnêteté intellectuelle du chercheur est par ailleurs exemplaire; chaque notion spécifique, même la plus anodine et la plus communément partagée, est rattachée à l&#8217;auteur, au mouvement, ou au domaine d&#8217;étude auquel elle revient. Cependant, et malgré la vocation apparemment savante de cet essai, il reste accessible à un large public de lecteurs moyennement cultivés, et ce principalement grâce à la clarté d&#8217;ensemble qui caractérise la langue et l&#8217;argumentation de l&#8217;auteur, ainsi qu&#8217;à l&#8217;actualité du débat que ce dernier ouvre et ne referme pas, laissant ainsi la porte ouverte au dialogue et à la conversation constructifs et enrichissants.</p>
<p>Conçu en onze chapitres, &#8220;Un paradigme en péril, la biculturalité en Tunisie&#8221; se lit agréablement, instruit généreusement son lecteur, suscite l&#8217;interrogation, parfois même l&#8217;angoisse, chez ce dernier, mais il enseigne l&#8217;espoir en définitive : la diversité culturelle est notre lot, affirme Abassi;  &#8220;c&#8217;est autrement notre génome essentiel, apte sinon à triompher du bellicisme indissociable du fanatisme de tous les bords, du moins à lui tenir tête.&#8221;. Lu et apprécié sous cet angle, l&#8217;ouvrage mérite amplement d&#8217;être rangé parmi les œuvres tunisiennes résistantes et militantes.</p>
<p><strong>Badreddine BEN HENDA </strong></p>
<p><strong>** Ali Abassi, <em>Un paradigme en péril, la biculturalité en Tunisie</em> (Littérature, discours, société), Edition Peter Lang, Berlin, 2020 </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Parution: &#8220;Cheikhs en Confidences&#8221; un roman de Monia Kallel</title>
		<link>https://voixdavenir.com/3156/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Jan 2021 10:20:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Kallel]]></category>
		<category><![CDATA[présentation]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[Ureb]]></category>
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					<description><![CDATA[Le premier roman de Monia Mouakher Kallel, &#8220;Cheikhs en Confidences&#8221;, sera présenté mercredi 06 janvier 2021 à l&#8217;Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis (Université Tunis El Manar), à l&#8217;initiative de l&#8217;Unité de Recherche en études brachylogiques (UREB). En avant-goût de lecture et de débat, nous publions ici le commentaire qui en est écrit par [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Le premier roman de Monia Mouakher Kallel, &#8220;Cheikhs en Confidences&#8221;, sera présenté mercredi 06 janvier 2021 à l&#8217;Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis (Université Tunis El Manar), à l&#8217;initiative de l&#8217;Unité de Recherche en études brachylogiques (UREB). En avant-goût de lecture et de débat, nous publions ici le commentaire qui en est écrit par Raya Bennaji:</strong></em></p>
<p>&#8221;</p>
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<p>Un livre qu&#8217;on finit de lire vous laisse un peu perdu, comme face à une &#8220;statue de silence &#8220;. C&#8217;est l&#8217;éloignement d&#8217;un être cher. Mon dernier, celui que je viens de refermer est &#8220;Cheikhs en Confidences &#8221; de</p>
<div class="nc684nl6">Monia Mouakhar Kallel</div>
<p>. L&#8217;expression est d&#8217;elle, comme beaucoup d&#8217;autres, belles, qu&#8217;on reprendrait bien à son compte.</p>
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<div dir="auto">Ceux qui sont intéressés par la sociologie et l&#8217;histoire, peuvent y vivre l&#8217;avènement d&#8217;une nouvelle époque, la naissance d&#8217;une nouvelle société sur les restes de celle qui se meurt, y découvrir des militants dans l&#8217;action clandestine et les déchirements opposant les personnalités rivales.</div>
<div dir="auto">Parallèlement au social et au politique, les individus évoluent , se réalisent, déchantent ou dégringolent, se ressaisissent&#8230; On les accompagne tant le livre se lit et se vit dans le partage et l&#8217;échange. C&#8217;est carrément une histoire d&#8217;amitié qui se noue entre le lecteur et les personnages au son des voix, au rythme des émotions, du dynamisme des femmes et des années qui passent. Elle se tisse sur l&#8217;amitié, toile de fond du livre, oh ! combien paisible et réconfortante, entre les deux principaux héros.</div>
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<div dir="auto">Les nostalgiques, peuvent replonger dans un bain linguistique d&#8217;autrefois, entendre leurs mères tantes ou grands-mères . Et quel plaisir ! Monia Mouakhar Kallel glisse à l&#8217;envi dans la peau des gens de l&#8217;époque, les perçoit de l&#8217;intérieur, adopte leurs âmes, ressent avec leurs coeurs, parle leur langage. Un don de grand acteur capable de jouer tous les rôles sans que cela sonne faux. Forte Monia qui écrit, fine, subtile car elle reste aussi l&#8217;observatrice qui fait la part des choses maîtrisant à merveille ses multiples héros. Un don de marionnettiste ou de magicien qui ne manipule que les mots. Mais c&#8217;est là toute la performance de l&#8217;art littéraire. Pour son jeune cheikh, les mots &#8220;comblaient sa solitude, lui ouvraient le monde. Assis à l&#8217;ombre d&#8217;un palmier devant le rivage bleu, il lui semblait que les mots dansaient avec les vagues cristallines, s&#8217;en allaient vers l&#8217;horizon scintiller entre ciel et mer &#8221; lit-on à la page 95.</div>
<div dir="auto">L&#8217;auteur à propos d&#8217;un déménagement écrit :&#8221; Aux quatre coins du patio étaient dispersés les meubles démontés, les matelas, les rideaux, les lustres&#8230;&#8221; rien à signaler jusque-là, mais quand elle ajoute :&#8221;sur les murs nus, figuraient les traces des étagères et les auréoles des bibelots enlevés &#8221; (p. 177), je souris de si bon coeur tant ce détail renferme le charme de l&#8217;écriture&#8221;.</div>
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