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	<title>Patrie &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>Patrie &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique: Le patriotisme pour les nuls. Par Badreddine Ben Henda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Oct 2023 09:26:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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					<description><![CDATA[Au début des années 1970, un de mes grands oncles fut hospitalisé à Tunis pour une maladie grave. Après plusieurs jours de soins intensifs, et voyant que son état de santé ne cessait de se dégrader, annonçant ainsi une mort inévitable, les médecins recommandèrent à son fils aîné de l’emmener mourir chez lui, parmi les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r x1vvkbs xtlvy1s x126k92a">
<div dir="auto"><img decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="218" height="145" />Au début des années 1970, un de mes grands oncles fut hospitalisé à Tunis pour une maladie grave. Après plusieurs jours de soins intensifs, et voyant que son état de santé ne cessait de se dégrader, annonçant ainsi une mort inévitable, les médecins recommandèrent à son fils aîné de l’emmener mourir chez lui, parmi les siens. Le malade habitait dans l’une des grandes fermes qui environnaient la ville de Jendouba. Pendant tout le trajet, couché sur une civière à l’arrière de la voiture, presque inconscient, il ne pouvait rien voir des paysages qui défilaient. Cependant, quand le véhicule entra sur le sol de la ferme, il ouvrit grand les yeux et huma longuement l’air poussiéreux qui pénétrait par la vitre entrouverte.</div>
</div>
<div class="x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r x1vvkbs xtlvy1s x126k92a">
<div dir="auto">« Nous voilà arrivés sur nos terres, dit-il à son fils ! Je reconnais l’odeur de notre campagne, je sens le parfum de nos champs de blé fraîchement moissonnés. N’est-ce pas là le doux murmure de la Medjerda coulant paisiblement sous le pont métallique qui l’enjambe ? Les enfants du douar sont certainement en train de nager et de jouer dans ses eaux fraîches en cet après-midi d’été. Je crois entendre leurs cris joyeux et le son des bulles d&#8217;air qui éclatent entre leurs doigts. Oui ! C’est bien notre douar ! Nous passons maintenant devant la maison de Majid ; là c’est celle de Sidi Othmène ! J’entends les bergers rentrer les vaches dans notre étable. Tiens ! Abdelkadèr s’approche ! Nous sommes devant chez moi ! » La voiture s’arrêtait en effet devant la maison du grand oncle.</div>
</div>
<div class="x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r x1vvkbs xtlvy1s x126k92a">
<div dir="auto">Un pays, une terre, une patrie, ça s’apprend par cœur comme le fait feu mon oncle avec le sol et les alentours de sa ferme. Un pays, une terre, une patrie, on les sent de loin, on reconnaît un à un leurs échos, leurs odeurs, leurs plus sourds bruissements. Un pays, une terre, une patrie, on les porte en soi comme des gènes de race ou de lignée. Cela se transmet presque naturellement ! L’amour du pays ne se dit pas ; il se vit de l’intérieur, par l’instinct, par chaque goutte de sang dans les veines, par toutes les émotions qui secouent le corps.</div>
</div>
<div class="x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r x1vvkbs xtlvy1s x126k92a">
<div dir="auto">Hélas ! Rares, très rares, sont aujourd’hui les Tunisiens qui aiment leur pays, leur terre, leur patrie, de cette noble façon ; qui portent au fond d’eux la Tunisie, comme mon grand oncle portait au fond de lui ses champs, son oued et sa ferme chéris. Que s’est-il passé ? Que faut-il faire pour que le patriotisme soit autre chose qu’un mot creux dans des discours non moins oiseux et mensongers ? Tout le problème est là ! Et ce ne sont malheureusement pas les prochains élus qui pourront répondre à mes deux angoissantes questions !!!</div>
<div dir="auto"></div>
</div>
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		<title>Chronique : Arlequin stripteaseur et le plus vieux métier du monde. Par Badreddine Ben Henda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 May 2022 11:42:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arlequin]]></category>
		<category><![CDATA[Patrie]]></category>
		<category><![CDATA[peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Présidence]]></category>
		<category><![CDATA[striptease]]></category>
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					<description><![CDATA[La triste actualité politique, économique et sociale en Tunisie nous impose désormais le spectacle quotidien animé par des &#8220;prostitués&#8221; de tout standing, et par ceux et celles que je surnomme les &#8220;Arlequins-stripteaseurs toutes options&#8221; ! En ce moment et depuis toujours, en fait, toutes et tous s&#8217;exhibent à qui mieux mieux, étalent ce qu&#8217;ils croient [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="139" height="92" />La triste actualité politique, économique et sociale en Tunisie nous impose désormais le spectacle quotidien animé par des &#8220;prostitués&#8221; de tout standing, et par ceux et celles que je surnomme les &#8220;Arlequins-stripteaseurs toutes options&#8221; !</p>
<p>En ce moment et depuis toujours, en fait, toutes et tous s&#8217;exhibent à qui mieux mieux, étalent ce qu&#8217;ils croient être leurs charmes devant des chercheurs-collecteurs de cons à pigeonner, qui nous viennent d&#8217;ici et d&#8217;ailleurs. Les pigeons consentants veulent persuader les autres et se persuader eux-mêmes qu&#8217;ils se sacrifient ainsi pour le bien de la patrie, pour la démocratie par exemple, pour les droits de l&#8217;homme, contre la dictature et le coup d&#8217;Etat, pour le Peuple aussi, allez ! puisque PEUPLE est le mot courant et récurrent dans la bouche de tous les Arlequins-stripteaseurs-prostitués de l&#8217;instant.</p>
<p>Le PEUPLE, lui, semble bouder toutes les catins du bordel politique actuel. Il a chopé des maladies en tombant bêtement sous leur charme onze ans de suite. La PATRIE cherche à son tour comment soigner les chancres purulents que lui a causés la décennie vénérienne 2011-2021. Tous les deux, PEUPLE et PATRIE, espèrent presque sans conviction que leur salut sortira des caisses du FMI, du coffre-fort d&#8217;un quelconque investisseur qatari, saoudien, émirati, thaïlandais, coréen, ou même tchadien !</p>
<p>Les Arlequins-stripteaseurs-prostitués (de Droite, de Gauche et du Centre) n&#8217;ont pas de souci de ce genre : ils ont de l&#8217;argent, on les paie grassement pour chaque &#8220;numéro&#8221; et pour chaque &#8220;passe&#8221; ! Ce dont ils rêvent, eux, est plus valorisant à leurs yeux. Etre Président de quelque chose, ici, sous nos cieux de plus en plus sombres ! Président de l&#8217;Etat, du Gouvernement, du Parlement, de n&#8217;importe quelle &#8220;Haute Instance&#8221; parmi celles qu&#8217;on a créées après 2011 ou parmi celles à créer encore après 2022 !</p>
<p>C&#8217;est le métier qui manque dans leur C.V. respectifs : Président des Arlequins-Mannequins-Stripteaseurs-Prostitués ! Pardon, Président de l&#8217;Union &#8220;Nationale&#8221; des Arlequins-Mannequins-Stripteaseurs-Prostitués Tunisiens ! Putain ! Quel titre prestigieux !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique: Un Destour e(s)t un match&#8230; Côté pile et côté face ! Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jan 2022 20:29:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[sport]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce jour du vendredi 28 janvier 2002 est un peu un jour de l’entre-deux, deux événements apparemment sans lien logique entre eux ! Ce jour est en effet le lendemain d’une festivité farcesque commémorant la constitution de 2014, et la veille d’un match de l’équipe nationale pour les quarts de finale de la coupe d’Afrique des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce jour du vendredi 28 janvier 2002 est un peu un jour de l’entre-deux, deux événements apparemment sans lien logique entre eux ! Ce jour est en effet le lendemain d’une festivité farcesque commémorant la constitution de 2014, et la veille d’un match de l’équipe nationale pour les quarts de finale de la coupe d’Afrique des Nations, au Cameroun. Ne serait-il pas intéressant d’interroger la façon et les raisons de vivre cette journée intermédiaire dans le contexte général où semble naviguer notre pays, contre vents et marées ?</p>
<p>Disons-le sans ambages, malgré le tapage ayant entouré le texte du 27 janvier 2014 dont avait accouché une assemblée constituante au statut et au fonctionnement souvent contestés, la deuxième constitution tunisienne laissait planer, dès le départ, des suspicions et des méfiances qui n’ont pas tardé à se concrétiser dans des risques évidents de déstructuration de la notion d’Etat au profit d’une dispersion politique incapable de produire concrètement une gestion cohérente à même d’assurer et de faire perdurer le développement du pays. Tout cela a fini par conduire à la crise généralisée et au démantèlement de tout ce qui restait pour réanimer un nouvel élan vers le redressement et le progrès.</p>
<p>Ce sentiment nous paraissant partagé par la majorité de la communauté citoyenne, le spectacle farcesque d’une commémoration de la constitution qui a été jugée à l’origine des principaux problèmes est on ne peut plus anachronique et peu convaincant. C’est pourquoi, la mobilisation des groupuscules politiques d’une opposition se disant « démocratique » serait plutôt inadéquatement programmée du fait de sa coïncidence avec la commémoration de la constitution de 2014 conduite par Ennahdha (avec le label de la présidence de l’ARP gelée) et suivie par ses subalternes, Kalb Tounès et la Coalition El Karama.</p>
<p>C’est donc avec un arrière-goût de déception, voire de dépit, que s’ouvre le lendemain de cette comédie constitutionaliste, indépendamment de tout jugement de l’état d’exception qui y a mis fin ou presque, pour la satisfaction et l’espoir de la plupart des Tunisiens, mais qui tarde terriblement à engager son projet de renouveau et un vrai plan de rétablissement de l’union nationale autour d’un intérêt entendu pour la Patrie. Au fond, ce qui compte pour la majorité des citoyens, ce n’est pas le petit ghetto de quelques boutiques politiques d’un piètre et miséreux commerce, d’un côté ou de l’autre, mais c’est l’image et la dignité d’une Patrie capable de garantir la qualité de vie pour ses citoyens.</p>
<p>Ainsi, ne trouvant plus dans la politique ni leurs bons sentiments, ni leurs motivations positives, ni encore leurs plaisirs épanouissants, ces citoyens se rabattent sur la petite lueur d’espoir qui les anime en rapport à un succès national footballistique et s’y nourrissent de passion patriotique et de convivialité sociétale contrastant avec les vénéneuses adversités politiques. Ce vendredi d’aujourd’hui donc, les Tunisiens ont déjà oublié le jeudi d’hier, comme on cherche à oublier une indésirable misère. Ils ont plutôt les yeux et les espoirs fixés sur demain, sur ce samedi de la jeunesse tunisienne qui a souvent démenti les pronostics et remporté les matchs les plus difficiles à des moments fatidiques.</p>
<p>Certes, un match de foot reste toujours une rencontre sportive avec ses heurts et ses bonheurs, mais parfois, quelque chose de plus intense, d’existentiel même s’y inscrit vivement et produit son effet insoupçonné, impactant à la fois les sentiments, les comportements et les intelligences des personnes, individuellement ou collectivement. Tel a été le cas pour le match du 23 janvier 2022, quand les joueurs tunisiens lourdement diminués par les conditions générales, sont venus à bout du principal favori de la compétition de la CAN 2021.  Ce vendredi 28 janvier, les citoyens tunisiens vont rêver le même esprit et le même courage devant Le Burkina Faso, en se souvenant de la Coupe du Monde de 1978 et de ses héros.</p>
<p>Au fait, comment repenser à cette coupe du monde de 1978 sans repenser l’UGTT du 26 janvier 1978 et son rôle dans les heurts et bonheurs de l’histoire nationale. Est-ce dans cet esprit que se manifeste on ne peut plus clairement la reprise du rapprochement du Président de la République et de la Centrale syndicale ? Ce serait sans doute plus heureux et plus constructif que le théâtre du jeudi, pourvu qu’y règne l’espoir attendu ce samedi, celui de la conscience et de la puissance des moyens citoyens de la Tunisie quand ses enfants se font forts, dans le cœur, de l’amour de la patrie et, dans la tête, du devoir de rehausser son image et d’y conforter le vivre-ensemble.</p>
<p>Bonne chance aux Aigles de Carthage, pour la gaieté, la satisfaction et la renaissance du grand espoir des citoyens tunisiens dans une période de marasme politique, économique et social. Sans doute faudra-t-il prier également que les responsables et les autres acteurs politiques du pays apprennent à se ressourcer dans le réservoir éthique des vrais sportifs de la Tunisie.</p>
<p><em>(Publié pat le journal Le Temps du 28-01-2022)  </em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Patrie, politique et trahison. Trois concepts au carrefour des conflits en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Oct 2021 11:11:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[contradictions]]></category>
		<category><![CDATA[Marzouki]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[trahison]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mansour M’henni En Tunisie, on n’a peut-être jamais autant usé, abusé même, que ces dernières années, de trois concepts constituant la nouvelle trinité de nos débats, devenus franchement conflictuels, violemment même, autour des questions politiques et sociales, en l’occurrence les concepts de patrie, de politique et de trahison. A croire que notre vivre-ensemble n’aurait [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-2738 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg" alt="" width="187" height="105" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-750x422.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito.jpg 1000w" sizes="(max-width: 187px) 100vw, 187px" />Par Mansour M’henni</p>
<p>En Tunisie, on n’a peut-être jamais autant usé, abusé même, que ces dernières années, de trois concepts constituant la nouvelle trinité de nos débats, devenus franchement conflictuels, violemment même, autour des questions politiques et sociales, en l’occurrence les concepts de patrie, de politique et de trahison. A croire que notre vivre-ensemble n’aurait ni un solide fondement éthique ni un lumineux avenir partagé pour sombrer dans la farce animée par les manipulateurs de ces concepts.</p>
<p>Le pire, dans la manipulation de ces concepts, c’est la culture du malentendu qui en naît, de par l’usage ambigu qui les a faits à la fois liés jusqu’à la confusion, et séparés jusqu’à la contradiction. Certes, à première vue, la patrie semble inconciliable avec la trahison, mais la politique a de ces effets pervers qu’elle peut marier, ou au moins coaliser, des natures diamétralement opposées. Nous voici donc, sans doute tout au long de la dernière décennie ou presque, mais surtout ces deux dernières années, avec une scène politique tellement intoxiquée par l’alliance contre nature de ces concepts qu’elle en vomit des discours vénéneux et qu’elle en crache une salive sanguinaire.</p>
<p>De quelque côté qu’on regarde, au nom du patriotisme, c’est les mêmes accusations à l’adresse des adversaires, les « ennemis » : trahison, complot, traîtrise, etc. Le tout se faisant en référence à la constitution, elle-même génératrice d’un duo inconciliable et source d’autres malentendus, en l’occurrence la légalité et la légitimité. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous blesser encore plus les yeux et les oreilles par les sornettes à ce propos, qui les envahissent de partout et à tout moment ; je veux juste vous inviter à vous interroger avec moi et à penser certains faits en relation justement aux trois concepts évoqués ci-dessus, des faits « à vous faire déchirer vos vêtements », comme dit la célèbre expression populaire de chez nous.</p>
<p>Malheureusement encore, il n’y a de cas plus typique, pour poser ces questions et débattre de ce problème national, que les faits et dires de l’ex-président provisoire, Moncef Marzouki. Je ne l’avais pratiquement jamais critiqué dans les médias, ni lui ni ses semblables, avant 2011, même quand j’étais en devoir de le faire. Je l’ai même défendu en 2011 lorsqu’il a été dénigré, dans sa propre région, en référence à un passé paternel, appelant alors à respecter les morts et à ne pas confondre les registres. Mais depuis cette date, l’envie d’en souligner les aberrations nuisibles à mon pays et à son peuple n’arrête pas de me tenter par envie de m’acquitter d’un devoir citoyen.</p>
<p>Sans doute est-ce donc inutile de revenir encore aux nombreuses contradictions et aux infractions professionnelles d’avant 2011 collant à ce singulier personnage, car c’en est un. Son intelligence, car il n’en manque pas, semble avoir été d’emblée mise au service des combines et des alliances douteuses, toutes camouflées par la banderole édulcorée des droits de l’homme dont la noblesse a souvent été ternie par des exploitation sans vergogne dans des compromis nuisibles au sens de l’humain. En 2011, ce personnage, accueilli à son retour au pays de manière tragi-comique, à la limite de l’avilissement, curieusement de façon diamétralement opposée à l’accueil prestigieux orchestré pour Rached Ghannouchi, n’a pas arrêté de scander fermement son accès imminent au sommet du pouvoir. C’est qu’il savait ce dont les Tunisiens se doutaient à peine, en l’occurrence le rôle déterminant, dans le déroulement des choses, de ceux qui l’avaient mandaté, avec le Cheikh Ghannouchi et d’autres agents de service pour la gestion de ce qu’on appelait déjà « le Printemps tunisien », en attendant d’en faire une comédie, avortée en tragédie, intitulée « Printemps arabe ». La suite est connue et son issue était la troïka et l’intronisation de Marzouki par Ghannouchi sur le trône illusoire d’une présidence qui, de fait et dans la pratique, n’en était pas une. Le chef des islamistes aurait conduit cette opération surtout par vengeance et pour humiliation du peuple tunisien qui ne l’avait pas soutenu contre Bourguiba et Ben Ali. La marionnette de Carthage devait donc jouer son rôle et, de concert avec son patron, ils ont commis le premier complot contre un texte régulateur des pouvoirs, qui tenait lieu de constitution provisoire, dans un état d’exception pour la rédaction en une année d’une nouvelle constitution. En effet, l’année s’est étirée jusqu’à trois ans, pour valoir à toute l’équipe de cette étape, à la fin du parcours, une retraite et des faveurs juteuses.</p>
<p>De grâce donc, ne venez pas nous parler aujourd’hui de complot contre la constitution, vous avez inauguré la pratique dès le départ de votre « transition démocratique » ! Et la constitution de juin 1959, elle n’en était pas une ? Ne nous parlez surtout pas de compromission de notre indépendance, que vous n’aviez jamais célébrée comme il se doit parce que vous saviez que vous l’utiliseriez comme prétexte à vos autres complots contre l’autonomie de décision et contre l’autodétermination de la Tunisie, pour maintenir, ne serait-ce que de façon incandescente, le feu de votre opposition pour l’opposition, plutôt que la lumière de l’opposition pour l’édification. Aujourd’hui, votre jeu est abattu et vos cartes sont perdantes parce que vous vous êtes compromis, au vu et au su du monde entier, comme des comploteurs contre la patrie, contre son indépendance et contre la reprise de sa dynamique de son développement. Vous appelez l’étranger au secours de votre échec politique, comme vous avez, il n’y a pas longtemps et avec un statut presque présidentiel, dénigré votre pays, sans égard pour le droit de réserve et le respect de vos citoyens. Cela n’a pas d’autre nom que la trahison caractérisée, parce qu’elle porte atteinte à la patrie et à l’éthique commandant les égards qu’on lui doit, même si le mot trahison peut changer de connotation en fonction de ce ou celui qui est trahi.</p>
<p>Voilà donc où nous en sommes, après dix ans de prétendue « transition démocratique » amenée par une dite « révolution de la dignité » ! La politique politicienne s’est dressée entre la patrie et la trahison, non pour rehausser la première contre la dernière, mais pour constituer un pont entre les deux permettant à celle-ci d’agir pour démystifier la première, la patrie, et permettre à ses agents de prétendre à la précellence de leurs idées et de leurs discours, sous lesquels se cachent toutes les félonies.</p>
<p>J’aurais aimé voir mes concitoyens plus sereins et plus sincères dans leurs relations et dans leurs échanges, même quand il s’agit de politique, parce que celle-ci est au service de la patrie, jamais au-dessus d’elle. Et c’est dans la douleur que je me vois tendre à certains de mes concitoyens, peu nombreux heureusement, le miroir de l’atroce caricature qu’ils représentent. Il reviendra alors au Président de la République et à son équipe, responsable qu’ils sont de cet état d’exception et de son projet de sauvetage, d’initier un véritable cheminement démocratique fondé sur le respect réciproque, la solidarité et l’égalité en citoyenneté. Sans quoi, nul ne sait vers quel inconnu l’avenir nous conduira, et il y aurait tout à craindre alors qu’il n’y ait rien de rassurant.</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié par le journal </em>Le Temps<em> du 14-10-2021)</em></p>
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		<title>Chronique : La lumière de l’Indépendance et la force citoyenne contre les manigances</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Mar 2021 11:21:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mansour M’henni Le 20 mars 2021 aura fait couler beaucoup d’encre, surtout sur les pages des réseaux sociaux, c’est-à-dire dans ces espaces de liberté d’expression spontanée jusqu’au débordement, mais sincère jusqu’à la noblesse et la sagesse, en ces temps où la noblesse n’a rien d’une éthique et où la sagesse n’a de logis que [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par Mansour M’henni</em></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-2738 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg" alt="" width="213" height="120" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-750x422.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito.jpg 1000w" sizes="auto, (max-width: 213px) 100vw, 213px" /></p>
<p>Le 20 mars 2021 aura fait couler beaucoup d’encre, surtout sur les pages des réseaux sociaux, c’est-à-dire dans ces espaces de liberté d’expression spontanée jusqu’au débordement, mais sincère jusqu’à la noblesse et la sagesse, en ces temps où la noblesse n’a rien d’une éthique et où la sagesse n’a de logis que la vieille Utique.</p>
<p>Le 20 mars a une symbolique et un goût divers dans plusieurs pays du monde et pour des sociétés variées. On l’évoquerait bien pour référer au Norouz, cette fête millénaire des Perses d’hier, des Iraniens et des Kurdes d’aujourd’hui. Ce jour est aussi dans le vent des temps présents, en milieu francophone, surtout en cette année qui prolonge, par le fait de la Covid, la commémoration de la création de l’ACCT (Agence de Coopération culturelle et technique, fondée en mars 1970, deviendra l’Organisation internationale de la francophonie – OIF), dont Habib Bourguiba est l’un des quatre fondateurs.</p>
<p>Mais le 20 mars a un goût spécial en Tunisie, c’est la fête de l’Indépendance obtenue, à coups de grands sacrifices, en 1956, pour constituer une plateforme solide et un pilier inébranlable de la Tunisie moderne. Quelles que fussent les conditions et les circonstances, on n’a jamais vu la Tunisie tergiverser sur la célébration de cette date fondatrice, sauf depuis 2011. Que s’est-il donc passé ?</p>
<p>Avant 2011, les Tunisiens pouvaient s’opposer entre eux et jouer à l’escrime avec leurs idéologies variées et leurs visions politiques opposées, mais l’indépendance les faisaient se retrouver dans une communauté nationale et une unité patriotique jamais mises en défaut. On pouvait contester Bourguiba et haïr même Ben Ali, mais on aimait toujours la Tunisie indépendante, la Tunisie du 20 mars 1956.</p>
<p>A partir de 2011, des forces occultes et leurs sbires s’acharnent à placer un nouvel antagonisme dans le corps de la société tunisienne et à le placer principalement dans le 20 mars, la date de l’Indépendance. Leur objectif est de faire de ce facteur d’union une source de dissensions et de conflits, parce que leurs idéologies ne peuvent agir que dans et par les rancœurs et les animosités. Ils ne peuvent s’accommoder d’une société de conversation fondée sur le respect des différences et sur le principe de solidarité. L’exclusion est leur pratique poussée jusqu’à ses extrêmes, l’effacement, la liquidation, la négation, le nettoyage par le vide, tout cela reformulé dans un langage éthique affublé de l’étoffe d’une pureté illusoire.</p>
<p>N’empêche que malgré ce dédain caractérisé exprimé à l’égard de la fête de l’Indépendance, parfois par un silence honteux ou un mutisme complice, ayant atteint les premiers responsables de la sauvegarde de la dignité de l’Etat et de sa mémoire pour savoir édifier son avenir, ce dédain donc a trouvé devant lui une frontière infranchissable dans un peuple acceptant parfois certaines concessions pour éviter la catastrophe, mais jamais se départant de la Patrie et de ses valeurs symboliques dont l’Indépendance est la première. Cette force citoyenne est descendue dans la rue, tous les 20 mars de la dernière décennie, et a exprimé son attachement à cette date charnière, sur la toile, de plusieurs façons mais toujours avec le même cran.</p>
<p>Cette force citoyenne dit ainsi aux chefs des manigances : « Méfiez-vous de l’ombre qui vous sert de frêle couverture ! Le soleil du Grand jour et sa lumière de l’Indépendance vous dévoilent déjà et vous brûleront peut-être ! »</p>
<p>&nbsp;</p>
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