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	<title>Président &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>Président &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique : De la gestion politique du dossier culturel. Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Mar 2024 07:21:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[gestion]]></category>
		<category><![CDATA[ministre]]></category>
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					<description><![CDATA[De nombreux commentaires se sont fixés ces derniers temps sur les limogeages successifs par le Président de la République de membres de son gouvernement. C’est sans doute dans l’ordre des choses pour les médias, chacun selon sa ligne éditoriale, avec tout de même une remarque de circonstance pouvant signifier à certains qu’il n’est pas de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De nombreux commentaires se sont fixés ces derniers temps sur les limogeages successifs par le Président de la République de membres de son gouvernement. C’est sans doute dans l’ordre des choses pour les médias, chacun selon sa ligne éditoriale, avec tout de même une remarque de circonstance pouvant signifier à certains qu’il n’est pas de coutume de demander à un chef d’État de justifier le limogeage d’un de ses collaborateurs. C’est tout ce qu’il y a de plus naturel dans un régime présidentiel (présidentialiste, nous diraient-on ? À la bonne heure !). Il en est ainsi, dans un tel régime, aussi bien pour la nomination que pour la destitution ; à moins que le limogeage ne donne suite à des poursuites judicières, et là, la justification s’impose, juridiquement.</p>
<p>On a donc relevé de nombreux limogeages qui valent en fait comme des actes d’insatisfaction du responsable en tête quant au rendement du responsable en dépendant. Il s’agit donc d’un acte d’évaluation propre à une politique centralisée entre les mains du Président. Celui-ci, une fois assuré de son pouvoir, se sent et se considère comme doté d’une mission salvatrice en réaction à ce qu’il perçoit comme un manquement grave à la responsabilité patriotique et au devoir de citoyenneté, et comme une menace à l’équilibre et au bien-être de sa société. On peut alors adhérer à un tel régime, par conviction, par opportunisme ou par obligation, ou s’y opposer, par conviction, par opportunisme ou par obligation ; c’est de l’ordre d’une certaine démocratie active. On peut aussi tout simplement se contenter d’une observation passive dans laquelle la majorité trouve souvent son accomodation au fonctionnement des choses.</p>
<p>N’allons pas très loin dans l’analyse détaillée de ces données, ni le lieu ni le contexte ne s’y prêtent. Pour ma part, j’aimerais bien évoquer quelques remarques concernant la question de la politique culturelle, puisque la culture m’interpelle et m’occupe tout le temps. C’est ainsi qu’en recevant les informations concernant la visite inopinée du Président de la République Kais Saied, mardi 20 février 2024, « à un certain nombre d’institutions culturelles et de bibliothèques à la médina de Tunis », et en prenant connaissance de ses déclarations à l’occasion, je me suis souvenu que plusieurs voix, dont la mienne, avaient souvent souligné la nécessité de mettre ce secteur au premier plan de nos préoccupations et d’en faire un vrai pivot autour duquel tournent tous les autres. Ainsi, quand le président Kaïs Saïed a souligné « qu’il n’y a pas d’avenir pour un peuple sans une culture nationale et que la culture, l’un des secteurs de souveraineté, doit trouver la place qui lui sied notamment au niveau des fonds qui doivent lui être octroyés », je ne pouvais que saluer cette déclaration et formuler le vœu que tout soit fait pour qu’il en soit ainsi. Peut-être, moi et mes semblables, ajouterions-nous : « Pourvu qu’il ne soit pas trop tard ! Dans tous les cas, mieux vaut tard que jamais ».</p>
<p>Ce n’est donc pas contre un ministre ou pour un autre qu’il faut voir les nominations et les limogeages, mais pour une vision des choses et ses objectifs, et contre un manque d’efficacité à faire ce qu’il faut. Que l’intérim de la gouvernance culturelle soit assuré par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, c’est heureux aussi parce que ce secteur, comme celui de l’éducation, est inséparable du secteur de la culture : les trois sont des vases communicants versant dans une seule réserve, celle du dévéloppement intégral et du bien-être collectif. D’ailleurs, au lieu de plaider pour un conseil supérieur pour chacun de ces trois secteurs, sans doute est-ce plus utile et plus efficace d’en faire un seul pour les trois secteurs afin de ne jamais perdre de vue les liens inalinables entre eux et la complémentarité convergente qu’on en attend. Cela ne plaira pas à ceux qui appellent à une scission entre les intellectuels, les académiciens et les acteurs culturels, mais cela nous paraît ouvrir la voie idoine à un juste et bénéfique profit à tirer par la société, de l’interaction intelligence entre la culture, les sciences et la conscience de citoyenneté.</p>
<p>Parallèlement, un grand labeur reste à accomplir pour assurer une continuité certaine et productive entre les différentes étapes de la gouvernance, indépendamment des personnes qui se succèdent aux niveaux variés des responsabilités. Une certaine rigueur est certes attendue, pourvu qu’elle soit juste et non annihilante en ne s’exerçant que sur les plus fragiles et généralement les plus sincères (je pense surtout aux associations culturelles et académiques étrangères à tout calcul sournois), pour cacher la souplesse complice accordée à des acteurs et des actants musclés, exempts de toute imputabilité.</p>
<p>Oui donc, notre pays a besoin d’une vraie secousse pour reprendre le chemin du développement et du progrès. Mais pour ce faire, c’est notre conscience qui est mise à l’épreuve, dans le besoin d’une socialité laborieuse et solidaire. A chacun de se demander, en son âme et conscience, jusqu’à quel point il peut aller dans cet engagement, car l’avenir collectif en dépendra.</p>
<p>(<em>Publié aussi sur jawharafm.net</em>)</p>
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		<title>Chronique : Awatef Daly comme prétexte…   Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Aug 2023 10:15:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
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					<description><![CDATA[De nombreux commentaires ont succédé à l’entretien, pour le moins étonnant, du président de la République avec la PDG de la Télévision tunisienne, des commentaires divers mais majoritairement de soutien à cette dernière. Je me demande ici si la portée recherchée de cette « scène » (car c’en est une) correspond vraiment à ce qu’elle a suscité [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="103" height="140" />De nombreux commentaires ont succédé à l’entretien, pour le moins étonnant, du président de la République avec la PDG de la Télévision tunisienne, des commentaires divers mais majoritairement de soutien à cette dernière. Je me demande ici si la portée recherchée de cette « scène » (car c’en est une) correspond vraiment à ce qu’elle a suscité dans l’opinion publique.</p>
<p>Précisons d’abord que cette chronique ne se veut ni une défense de Awatef Daly ni un dénigrement de Kaïs Saïed. Il s’agirait plutôt de s’interroger et d’essayer de comprendre ce qui se passe dans notre pays et qui pourrait informer ou désinformer des voies incertaines de notre destinée.</p>
<p>Que l’on me permette aussi d’ajouter que, comme de nombreuses autres personnes, je crois assez bien connaître A. Daly pour réaffirmer ses hautes qualités humaines et professionnelles : intelligente, amicale et laborieuse, elle ne peut que forcer le respect et la sympathie. Nous avons été collègues sans que je sois son supérieur hiérarchique. Nous avons toujours été dans le respect mutuel. Il y a un certain temps, lors d’une manifestation culturelle dans la Cité de la culture, elle était proposée pour diriger la première chaîne et elle m’a fait part de son appréhension quant à la difficulté de la tâche, dans ce contexte très complexe. Elle m’a demandé mon avis aussi et je l’ai vivement encouragée d’y aller si on se décide à faire appel à ses compétences, en lui précisant : « Les citoyens sincères ne reculent jamais devant la responsabilité ; ils essaient seulement de s’en acquitter au meilleur de leurs moyens pour ajouter leur petite pierre à l’édifice collectif et pour contenter leur conscience éthique et citoyenne ». La proposition n’a cependant pas abouti jusqu’à sa désignation en tant qu’« intérimaire » à la tête de l’établissement de la Télévision tunisienne.</p>
<p>Awatef Daly n’a donc à se sentir diminuée ni par les remarques « sévères » du Président ni par certains commentaires mal réfléchis ou de motivations suspectes ; elle a assumé son rôle en toute dignité, dans le respect des règles de l’Etat, parce que telle est l’éthique de la fonction officielle. Les coups de tête, on les fait ailleurs et on en voit à tous les coins de rues, depuis quelques années. A. Daly continuera à faire ce qu’il faut, tant qu’elle est dans la responsabilité qu’elle ne peut qu’honorer. Je pense que, de par certains de ses acquis éthiques et intellectuels, le Président lui-même ne peut pas avoir d’elle une autre idée. Ce qui pousse à s’interroger sur « la scène », ou « la séquence » qui nous intéresse ici, non du point de vue d’une morale superficielle ou d’une quelconque personnalisation de la crise, mais de celui d’une stratégie politique dont il importerait d’analyser les effets et les causes.</p>
<p>Il est évident que le Président, comme à son habitude, cherchait à communiquer, à travers la PDG de l’ETT, un message aux médias et aux citoyens. La manière n’y était sans doute pas, mais cette « pédagogie de la citoyenneté » semble profondément ancrée dans l’esprit et dans le caractère du premier homme de l’État, y voyant la méthode appropriée pour le contexte et pour son objectif essentiel. Donc, par-delà cet incident qui n’en est pas un pour le Président, contrairement à un grand nombre de citoyens, intellectuels et acteurs médiatiques, la grande question revient toujours et nous n’y avançons qu’à coups d’insultes, de diffamations, de dénigrements réciproques, pour finir devant la justice.</p>
<p>La grande question consiste bel et bien à définir précisément les concepts utilisés et à en convenir majoritairement (faute de consensus) comme mode de gouvernance et de vivre-ensemble. Ces concepts sont les suivants : qu’est-ce pour nous la liberté et quel rapport doit-elle avoir avec la responsabilité ? Qu’est-ce que le pouvoir politique et ses tentacules (les partis et autres structures ou autres combines) par rapport à la « lutte » syndicale, aux médias et à la société civile, surtout l’action associative ? Quel rapport nous convient-il d’entretenir entre l’économique et le social ? Cependant, comme souvent répété, ici et ailleurs, tout cela trouverait place et lumière dans une réflexion constructive à propos du concept de démocratie dans ses valeurs de base et ses éléments adaptés aux différents contextes. En effet, le Président dit agir au nom de la démocratie et pour elle, l’opposition aussi ! Mettons donc tout sur le tapis de la discussion !</p>
<p>Autant le dire avec amertume et désespoir, sans perdre le sentiment profond d’un optimisme toujours prêt à renaître : Il n’y a pas actuellement une lumière en vue pour éclairer notre chemin vers cette issue.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Les politiques et les citoyens  Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Feb 2023 15:02:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[citoyens]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le tumulte des réactions diverses répondant aux dernières arrestations dans le cadre d’une campagne d’imputations, ciblées pour les uns suspectes pour les autres, en vue de « rétablir l’autorité de la Loi et de l’Etat », rares sont ceux qui songent vraiment, sincèrement et en dehors de la propagande et de la manipulation, à la peine [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><img decoding="async" class="wp-image-4982 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-800x600.jpg" alt="" width="205" height="154" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-800x600.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1160x870.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-320x240.jpg 320w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1536x1152.jpg 1536w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-2048x1536.jpg 2048w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-750x563.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1140x855.jpg 1140w" sizes="(max-width: 205px) 100vw, 205px" />Dans le tumulte des réactions diverses répondant aux dernières arrestations dans le cadre d’une campagne d’imputations, ciblées pour les uns suspectes pour les autres, en vue de « rétablir l’autorité de la Loi et de l’Etat », rares sont ceux qui songent vraiment, sincèrement et en dehors de la propagande et de la manipulation, à la peine de ces citoyens qui vivent dans le besoin et la précarité et de l’impact que cela a dans l’éthique de la socialité.</p>
<p>En fait, un grand fossé sépare nos politiques de cette catégorie sociale pour laquelle on prétend faire de la politique, et c’est ce fossé qui a bloqué la machine du développement et qui est en passe de réduire le pays à une mort clinique généralisée. L’expérience de ces deux derniers jours où j’étais sans voiture, m’a permis de saisir plus douloureusement et plus tristement la dégradation de la situation. En effet, le premier jour j’ai dû prendre deux métros du Grand Tunis pour l’aller, les 5 et 4, et un métro pour le retour, le 4. A l’entrée de l’arrêt de Bab Saâdoun, le 5 a dû attendre 45 minutes environ pour pouvoir redémarrer dans le sens de La République. Quatre métros, semble-t-il, devaient passer dans le sens inverse pour lui libérer la voie. Puis, à l’arrêt de La République pour prendre le métro du retour, c’est encore une attente infernale, non seulement 30 minutes pour voir pointer la tête du métro 5 dans l’avenue Habib Thameur, mais aussi pour l’attendre 30 minutes encore pendant qu’il est à l’arrêt à l’entrée de la gare, toutes portes ouvertes, avec un ou deux autres trains en queue derrière lui. Il y en aurait peut-être un N° 4 qui attendrait le passage du premier pour venir soulager une foule immense ne sachant à quel saint se vouer. Finalement, après une heure d’attente, c’est un autre 4, venu de La Manouba, qui a dû déposer tous ses passagers à l’entrée de La République et rebrousser chemin après s’être rechargé, à l’excès, de passagers impatients d’attendre et incapables d’écouter les supplications du chauffeur qui les priait de patienter encore un peu et d’attendre les trains d’après. Je ne rapporte pas d’autres détails aussi attristants, mais force est de se demander s’il est vraiment impossible de régler convenablement et avec précision les horaires de notre trafic ferroviaire pour faire gagner du temps à nos concitoyens et leur épargner des peines insupportables.</p>
<p>Le lendemain, j’ai opté pour le taxi, malgré tout ce qui a été du corps de métier ces derniers temps. Comme de coutume, le chauffeur du taxi est un animateur, un informateur et un explicateur. Il ne se soucie ni de ton état d’esprit ni de ton humeur, il t’impose son propos et n’hésite pas, de temps en temps, à t’interroger : « Tu m’écoutes ? ». Tu dis oui pour couper court et cela l’encourage à devenir plus prolixe.</p>
<p>Le premier a commencé par la visite du Président de la République au marché Bab El Falla pour dire : « Tu sais, s’il rééquilibre vraiment les prix et qu’il arrête les manigances des lobbyistes, il aura tout le peuple derrière lui. Sa popularité atteindra les 100% ou presque. Mais le pourra-t-il vraiment ? Ils sont partout où les décisions sont prises ; ils sont très forts ; je doute qu’il réussisse ce projet. Que Dieu soit avec lui ! ». Puis il se met à dénigrer le comportement des citoyens qui ne respectent ni la propreté ni l’environnement. J’avais alors envie de lui demander s’il lui était correct de fumer en ma présence et sans m’en demander l’autorisation en tant que client pouvant être allergique aux cigarettes, et s’il était dans le respect de l’environnement en jetant son mégot par la fenêtre. Mais je me suis retenu parce qu’il en était déjà à vanter la discipline et la correction de sa génération qui ne bronchait pas devant les ainés et qui savait ce qu’est le respect. C’est son autobiographie qui commençait… « Je n’étais pas gentil, j’étais méchant même, mais j’étais respectueux ! ». Heureusement, moi j’étais arrivé.</p>
<p>A mon retour, le chauffeur était, lui aussi, scandalisé par cette jeunesse un peu trop libertaire, par les citoyens qui n’avaient même pas le cœur assez tolérant pour faire de petites concessions, comme laisser passer un piéton ou un autre chauffeur pressé. Il n’avait pas fini son discours qu’il était déjà à traiter de bourricot un conducteur qui attendait sans le doubler un particulier arrêté pour faire descendre une vieille femme devant un hôpital des environs de la Rabta. Ensuite il s’est mis à gronder son collègue d’un autre taxi qui voulait démarrer et qui comptait sur sa tolérance à lui pour le laisser faire. Mais par entêtement, son collègue, « mon chauffeur », s’est entêté et ils se sont mis à se disputer par la fenêtre et à se traiter réciproquement de qualificatifs avilissants…</p>
<p>Par moments, j’ai cru que les deux voitures allaient se rentrer dedans par les côtés, comme dans les courses-poursuites de certains films. Mais j’ai arrêté d’y faire attention, pour me mettre à repenser les discours de nos politiques en rapport à la réalité citoyenne de notre société et j’ai fini par me chuchoter intérieurement : « L’Art est long et le temps est court ».</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié dans jawharafm.net)</em></p>
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		<title>Chronique : Tunisie, les vrais enjeux du temps présent  Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 08:23:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Etat]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[Parlement]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans quelques semaines, la Tunisie aura installé son parlement issu de l’avènement du 25 juillet 2021, un événement comme la Tunisie en a connu et connaîtra encore. Quant à son aboutissement, l’Histoire seule le dira. Pour l’heure, la Tunisie est en situation d’urgence clinique et ceux qui prétendent la soigner s’amusent à se disputer ou [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Dans quelques semaines, la Tunisie aura installé son parlement issu de l’avènement du 25 juillet 2021, un événement comme la Tunisie en a connu et connaîtra encore. Quant à son aboutissement, l’Histoire seule le dira.</p>
<p>Pour l’heure, la Tunisie est en situation d’urgence clinique et ceux qui prétendent la soigner s’amusent à se disputer ou à se dénigrer les uns les autres sans se soucier de son état, en aggravation continue. A peine a-t-on déclaré les résultats du second tour des élections législatives que chacun des acteurs politiques s’est mis à aiguiser le couteau de sa plume et de sa langue pour essayer d’atteindre son adversaire, aussi irréparablement que possible.</p>
<p>Essayons de voir, autant que faire objectivement se peut, comment se présente le paysage actuel. Et d’abord les partis politiques. Il paraît qu’il y en a près de 250 dans le pays, de quoi donner la preuve que notre conscience de la démocratie est plus ludique qu’efficacement pratique : la politique chez nous, on en joue et on la joue comme un jeu de cartes. N’empêche qu’il y en aurait une douzaine ou une quinzaine au plus de ces partis à essayer de fonctionner de fait comme des partis à peine structurés, au moins en donnant l’apparence. Ne nous étonnons pas alors de voir nos concitoyens se détourner d’une action politique, à tel point banalisée qu’elle ne vaut plus un respectable brouillon de projet. Sans doute le taux d’abstention aux dernières élections est-il dû, pour une part non négligeable, à ce délabrement et ce démantèlement de l’action censée s’épuiser à donner sens à l’intelligence et au labeur pour le bien commun. Le président de la République a trouvé là un argument en sa faveur pour écarter les partis, pour un temps de transition, dit-il, de son projet de remise de l’État en état et en marche. Mais là aussi, est-ce une raison pour rompre les canaux de communication avec tout le monde ? Est-ce surtout une raison pour enflammer les rapports et creuser largement le fossé séparant son équipe et toutes les forces vives du pays, surtout celles de la société civile ? Nous pensons surtout à la recrudescence de la tension entre la Présidence et l’UGTT. Franchement, cette méprise est vraiment mal venue, surtout maintenant ! Osons espérer dans la rationalité des deux parties pour ne leur faire voir, d’un côté comme de l’autre, que la principale priorité de l’action fédératrice : remettre l’État en bon fonctionnement pour une urgente sortie de la crise économique et sociale. De ce point de vue, l’UGTT gagnerait à ne pas rester prisonnière d’une consonance classique avec le corps des avocats et les organisations « droit-de-l&#8217;hommistes » et à s’ouvrir, avec un esprit aussi hospitalier et aussi coopératif, surtout à l’organisation patronale et à celle des agriculteurs, et pourquoi pas d’autres structures à même de faire valoir des perspectives et des idées supplémentaires.</p>
<p>Force est de conclure à la dimension négligeable des politiciens marqués par l’échec caractérisé de la décennie dite « noire » parce que désastreuse en raison d’un intérêt obsessionnel pour la politique politicienne et d’un désintéressement criminel à l’égard des secteurs économique et social. C’est à comprendre, même si ce n’est pas évident, qu’on veuille, dans un premier temps, les laisser à l’écart de la conception des formules de sauvetage étudiées. Ce qui est évident, cependant, c’est une sorte de réaffirmation, par la plupart des Tunisiens, de leur attachement à l’héritage bourguibien malgré tous les dénigrements dont il a fait l’objet de la part de certains opposants par trop prisonniers de l’aliénation idéologique. La place du PDL dans les sondages et l’élection d’un grand nombre d’anciens destouriens dans le nouveau parlement montrent, si besoin est, que la Tunisie est foncièrement bourguibienne, sans être nécessairement bourguibiste.</p>
<p>Il n’est alors peut-être pas exagéré de penser que l’enjeu politique tunisien se joue entre l’équipe de Kaïs Saïed et celle des destouriens, au sens large, beaucoup plus large sans doute que le terrain exclusif du PDL qui ne semble pas réussir à regrouper (il ne le veut peut-être pas) toute la base pro-destourienne. A négliger une bonne part des siens et de ceux qui peuvent s’associer à lui, le PLD est en train de réduire progressivement ses moyens humains et ses arguments politiques. Et à négliger une bonne part de ceux qui ont soutenu le processus du 25 juillet 2021, Kaïs Saïed est en train de mettre en doute son projet et ses intentions, limitant peut-être les chances de leur mise en application dans une société en démocratisation. N’empêche que ces deux blocs politiques, perçus dans leurs portées potentielles, restent dominants dans le rapport des forces en action. Sans doute est-ce pour cela qu’il y a une tendance à faire valoir, du côté des destouriens et leurs partenaires envisageables, une autre figure destourienne « plus sage et plus fédératrice », disent-ils, moins conflictuelle et plus coopérative, maîtrisant autant les principes du fonctionnement interne de l’Etat que les règles de la diplomatie souveraine mais interactive. Plusieurs noms sont évoqués dans cette enceinte des révisions et des prospections politiques, il leur faudra bien finir alors par s’entendre sur un chef de file, répondant aux besoins de l’instant. Nous croyons savoir que Hatem Ben Salem bénéficierait d’un important aval. Attendons voir l’avenir se construire !</p>
<p>Quoi qu’il en soit, il va de soi que toutes les options sont légitimes, mais la Tunisie a besoin de plusieurs volontés fédérées pour sortir de l’impasse. C’est pourquoi ceux qui croient comme fer que Kaïs Saïed va très tôt tomber se font, trop tôt et naïvement, des illusions, parce que ce sont leurs manières de l’attaquer qui le renforcent, d’autant plus que les intervenants internationaux semblent avoir d’autres préoccupations plus urgentes. Ils ont donc bien raison ces Tunisiens qui veulent une figure crédible, riche de plusieurs expériences et d’un tempérament de rationalité ferme, quand il le faut, mais d’une bonhomie respectueuse des personnes et des biens de la communauté. Une telle personnalité conduirait une large et lucide opposition constructive, en attendant de prendre le pouvoir dans les bonnes règles de la démocratie pour laquelle elle aura milité.</p>
<p>Mais de tous les côtés, si rien ne se fait et que des concessions ne soient pas consenties pour sortir le pays du guêpier où il sombre, il n’y aura d’avenir politique ni pour les uns ni pour les autres et c’est toujours la masse citoyenne qui en fera les frais.</p>
<p>(Publié dans jawharafm.net)</p>
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		<title>Chronique : 14 janvier, raison garder ! Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jan 2023 13:14:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Janvier]]></category>
		<category><![CDATA[Président]]></category>
		<category><![CDATA[quatorze]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[Au-delà de la symbolique que la Tunisie du dernier demi-siècle a collée au mois de janvier pour en faire le mois des contestations et des violences politiques, il y a bien lieu aujourd’hui de s’attarder autant qu’il faut et de réfléchir et agir comme il faudrait pour franchir la situation actuelle aussi rapidement que possible [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Au-delà de la symbolique que la Tunisie du dernier demi-siècle a collée au mois de janvier pour en faire le mois des contestations et des violences politiques, il y a bien lieu aujourd’hui de s’attarder autant qu’il faut et de réfléchir et agir comme il faudrait pour franchir la situation actuelle aussi rapidement que possible et avec les moindres dégâts.</p>
<p>On ne peut certes pas reprocher au président de la République sa ferme conviction du préjudice commis à l’égard de la patrie et son peuple, par tous les responsables politiques de la deuxième décennie du siècle, dont la désignation par « Décennie noire » semble s’être définitivement confirmée. Mais on ne peut pas considérer, non plus, que tous ceux qui ont manifesté un certain mécontentement à l’égard du processus politique de l’après 25 juillet 2021, comme tous des insensés et des traîtres. Il faut bien raison garder, d’un côté et de l’autre, et ne pas oublier qu’un pays est un tout et qu’il est la propriété de tous ses citoyens, sans exception, dans le juste cadre qui commande démocratiquement leur socialité.</p>
<p>Force est cependant de souligner l’extrême disparité des différents mouvements de contestation et d’en déduire deux remarques : D’abord cette disparité, voire même cette incompatibilité de mouvements politiques d’opposition, montre que le principal objectif de ces mouvements divers n’est peut-être pas l’intérêt du pays, pour soi, mais l’intérêt personnel ou partisan qui, comme souvent dans la politique politicienne, utilise et transite par le slogan de l’intérêt général, de la cause du peuple, etc. Dès lors, la deuxième remarque en découle : devant cette disparité comprise comme un manque de maturité politique et une preuve d’inefficacité de l’opposition politique en émanant, le pouvoir en place, aujourd’hui entièrement pris en main par le Président, ne la prend pas au sérieux et cherche à poursuivre sans frémir ce qu’il considère la voie du salut pour le pays. C’est en fait ce clivage essentiel que le président Kaïs Saïed a tenu à marquer par l’adoption du 17 décembre comme date symbolique de la Révolution, contre le 14 janvier qui, comme je l’ai précédemment développé, reste la date la plus logique, historiquement, par sa symbolique collective, contrairement à la symbolique individuelle du 17 décembre, étroitement liée à un destin personnel. Faisons un parallèle simple : la « fête de la Victoire », le premier du mois de juin, a disparu avec le départ de Bourguiba ; mais la fête de l’Indépendance, le 20 mars, est indélébile, et les rares tentatives d’y porter atteinte ont connu un échec cuisant.</p>
<p>Que faire donc dans la situation actuelle ? De notre modeste avis, déjà exprimé précédemment, le rôle de l’UGTT reste fondamental, essentiel et incontournable. Heureux déjà que, même dans son extrême mécontentement, annonçant « la grande bataille », le SG Noureddine Taboubi s’est exprimé, au nom de l’organisation syndicale, dans un langage serein, constructif et respectueux. L’initiative qu’il prépare prend soin d’éviter l’implication des partis politiques, au moins pour l’instant, et à se présenter comme un projet de la société civile, conforté par les idées de certains experts. C’est pourquoi, notre espoir est de voir le Président lâcher du lest de ce côté précis et ne pas se cramponner à son imperméabilité. Cela ne passera nullement pour un échec. Ce sera au contraire une preuve de rationalité et de prise en compte de l’intérêt de notre pays, tout notre pays et tous ses citoyens, même ceux qui ont gaffé et dont la justice peut s’occuper.</p>
<p>Ce 14 janvier 2023 nous rappelle encore que dans les moments les plus difficiles, il faut toujours raison garder. A bon entendeur salut !</p>
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		<title>Chronique : Tunisie, comment penser le pari ? Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Oct 2022 21:59:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[citoyens]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[Il est évident que la Tunisie d’aujourd’hui hésite à avancer tellement toutes les voix lui paraissent dissonantes et toutes les voies sans issues. C’est la faute aux politiques sans doute et c’est la faute aux citoyens aussi. Qui est le plus à blâmer ? Qui est le plus à plaindre ? Qu’importe ! Surtout qu’il est difficile à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Il est évident que la Tunisie d’aujourd’hui hésite à avancer tellement toutes les voix lui paraissent dissonantes et toutes les voies sans issues. C’est la faute aux politiques sans doute et c’est la faute aux citoyens aussi. Qui est le plus à blâmer ? Qui est le plus à plaindre ? Qu’importe ! Surtout qu’il est difficile à trancher tellement chacun de son côté cherche à passer pour le sauveur et le justicier, ou pour une victime en quête d’équité.</p>
<p>Il y a certes un repère dans le paysage actuel, on ne peut plus clair, dirait-on, avec le Président de la République en tête et derrière lui, bien derrière lui, la mouvance du 25 juillet 2021 telle que revue, corrigée et en structuration. D’aucuns disent : « C’est juste ce qui reste de cette mouvance car depuis, elle a perdu en masse et en teneur ». Il faut reconnaître que ce repère, plus il est clair plus il pousse certains aux scepticisme et à l’hésitation. N’empêche qu’il a aussi des fans qui s’en reconnaissent en tout enthousiasme et entière adhésion.</p>
<p>En face, il y a « les partis de la dernière décennie », comme on les appelle. Ils sont trop engloutis dans la rhétorique politicienne, politicarde même, pour oser présenter un plan de sauvetage et de relance, crédible et rationnel, crédible parce que rationnel, à même de laisser entrevoir un quelconque signe lumineux du développement souhaité.</p>
<p>En dehors ou en marge de ce duel, il y a le reste donc, qui serait « la masse citoyenne » considérée par les politiques comme une « masse silencieuse ». Si son silence est visible, et nullement audible ; sa citoyenneté est peu perceptible, ni dans les grandes décisions ni dans les grandes contestations. Il s’agirait, disent certains commentateurs, d’une masse prétexte, évoquée par chaque tribun pour justifier n’importe quoi et elle serait, semble-t-il, efficacement exploitée par les forces étrangères sans paraître le faire, à de rares exceptions près. A la fin, on serait de croire que cette masse est dans l’expectative, prête à tirer au sort son destin et celui des siens, en allant dans l’une des voies des deux grands clans antagonistes !</p>
<p>Pourtant, c’est peut-être cette masse citoyenne qui peut se hisser en paramètre déterminant et actif dans la réorganisation sociétale et dans l’engagement de son destin. Il lui suffirait d’adopter une position active consistant d’abord à raisonner des effets et des causes de toutes choses qui se proposent, pour concevoir un nouvel esprit et construire dessus un grand récit ou un grand écrit pouvant conduire à la tâche et au grand pari ! Ce qui donnerait lieu à un certain optimisme malgré tout ! De ce point de vue, c’est la dynamique de l’action civile qui est la plus à même de changer les choses en profondeur, encore faut-il qu’elle ne se laisse pas prendre dans les pièges, partout aux aguets, de la société politique telle que vécue depuis plus de dix ans ! Il semble aussi y avoir, dans le sillage de la société civile et à ses parages, de nouvelles compositions politiques aux formes incertaines mais aux objectifs raisonnés. Tant mieux si cela peut relancer l’implication politique sans les déformations constatées par le passé.</p>
<p>Peut-être alors, la question première à raisonner d’abord serait-elle : « Entre une Tunisie qui prie et une Tunisie qui crie, comment penser le pari ? »</p>
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		<title>Chronique : Le jour d’après. Par Sliman Chahdi.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jun 2022 07:13:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[assemblée]]></category>
		<category><![CDATA[Elections]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[inédit]]></category>
		<category><![CDATA[majorité]]></category>
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					<description><![CDATA[Le dimanche 19 Juin 2022 est une journée à marquer avec de l’encre indélébile. Tout d’abord, les français ont encore marqué leur total désintérêt pour ce 2ème tour des élections législatives. Cette désertion des urnes est marquée par un taux d’abstention de 52,41 %. C’est terrible. Mons d’un français sur deux s’est déplacé pour voter. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-2909 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/sliman-chahdi-800x1069.png" alt="" width="107" height="143" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/sliman-chahdi-800x1069.png 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/sliman-chahdi-1160x1550.png 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/sliman-chahdi-1150x1536.png 1150w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/sliman-chahdi-750x1002.png 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/sliman-chahdi-1140x1523.png 1140w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/sliman-chahdi.png 1533w" sizes="auto, (max-width: 107px) 100vw, 107px" />Le dimanche 19 Juin 2022 est une journée à marquer avec de l’encre indélébile.</p>
<p>Tout d’abord, les français ont encore marqué leur total désintérêt pour ce 2<sup>ème</sup> tour des élections législatives. Cette désertion des urnes est marquée par un taux d’abstention de 52,41 %. C’est terrible. Mons d’un français sur deux s’est déplacé pour voter. Ce divorce entre la population et la vie politique et démocratique est, à peine, évoqué par les différents acteurs et responsables politiques. Ce clivage va en se radicalisant. Les français le disent haut et fort, à tort ou à raison, « Ils ont de moins en moins confiance dans leur classe politique ». Mais pourquoi ? Certes beaucoup de citoyens se sentent abandonnés, Ils ne comprennent plus rien à leur élite politique. Il ne s’agit pas seulement de citoyens des quartiers ghettos et des gens exclus. La sociologie des abstentionnistes montre que le phénomène traverse pratiquement toutes les catégories sociales. Pourquoi. ? Pour le savoir, ne demandez surtout pas aux politiciens. Ils ont d’autres chats à fouetter.</p>
<p>L’autre fait majeur de ce deuxième tour de ces élections législatives c’est l’échec du président actuel à obtenir une majorité absolue lui permettant d’appliquer ces promesses et son programme annoncés pendant les 2 rounds des présidentielles. Jupiter pendant la législature précédente mais redevenu simple humain et affaibli aujourd’hui.</p>
<p>Là encore les français ont désavoué la majorité présidentielle et ont refusé de lui accorder leur totale confiance. Ils ont voulu signifier que désormais le pouvoir ne doit plus rester entre les mains d’un seul homme et d’un seul parti. On a donc un président affaibli, avec une majorité relative qui devrait composer et chercher des compromis avec d’autres composantes politiques.</p>
<p>Mais le plus grave dans cette affaire est la percée de l’extrême droite avec 89 sièges obtenus à l’Assemblée Nationale c’est du jamais vu sous la 5<sup>ème</sup> République. Donc les digues démocratiques, censées contenir les idéologies anachroniques et obscurantistes, les fascistes de tout poil, les chantres de la haine et de l’exclusion, ont toutes cédé.</p>
<p>Face à cet état de décomposition avancée de la vie politique, on peut observer une petite embellie incarnée par une victoire politique de la gauche qui a su se rassembler. C’est le résultat d’un savoir-faire politique et d’une volonté de sortir du nombrilisme néfaste et faire des choses en commun. Les accords entre les différents partis de la gauche française ont accouché d’un OPNI* qu’a été la naissance de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale Cette coalition a tenu toutes ses promesses. Le nombre de sièges pour la NUPE a réussi à obtenir 137 sièges alors qu’en 2017 toute la gauche, tous partis confondus, réunissait à peine 60 sièges</p>
<p>Cette unité entre les insoumis, les écologistes, les socialistes et les communistes tiendra-t-elle ? Hier, quelques fissures se sont fait voir entre les différentes composantes de cette gauche victorieuse et peut être surprise de son propre succès. Le débat est le suivant : Faut-il oui ou non former un groupe parlementaire uni rassemblant tous les partis ou au contraire laisser la liberté à chaque parti de former son propre groupe à l’Assemblée Nationale ?</p>
<p>On va attendre et voir.</p>
<p>N’empêche que nous assistons bel et bien à un paysage politique fracturé, trop fragmenté et traversé par toute sorte d’instabilité, où les légitimités naturelles d’hier ne sont plus à l’ordre du jour. Est-ce que tout cela sera gérable ou se dirige-t-on vers des blocages politiques et des enchères politiciennes ?  Une vie politique où les coups de théâtre, les psychodrames, les dissolutions de gouvernement ou d’Assemblée seront monnaies courantes comme au bon vieux temps des 3<sup>ème</sup> et 4<sup>ème</sup> Républiques.</p>
<p>Aux dernières nouvelles, notre Président penserait à un gouvernement d’Union Nationale. Ah bon !!!</p>
<p><em>*OPNI : Objet Politique Non Identifié.</em></p>
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		<title>Chronique de BBH : Maraboutisme politique et « takfirisme » de gauche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jun 2022 08:59:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[maraboutisme]]></category>
		<category><![CDATA[takfirisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Badreddine Ben Henda Hier, en commentant mon article intitulé &#8220;Hamma Hammami, Slaheddine Daoudi et ma citronnade du matin&#8221; (cf. Voix d&#8217;avenir en ligne et mon compte face-book personnel), la collègue et amie Rabâa Abdel-Kéfi m&#8217;a reproché d&#8217;avoir dénigré le passé militant du fondateur du POCT, et d&#8217;avoir en revanche été tendre avec Kaïs Saïed. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="125" height="83" /><em>Par Badreddine Ben Henda</em></p>
<p>Hier, en commentant mon article intitulé &#8220;Hamma Hammami, Slaheddine Daoudi et ma citronnade du matin&#8221; (cf. <em>Voix d&#8217;avenir</em> en ligne et mon compte face-book personnel), la collègue et amie Rabâa Abdel-Kéfi m&#8217;a reproché d&#8217;avoir dénigré le passé militant du fondateur du POCT, et d&#8217;avoir en revanche été tendre avec Kaïs Saïed. Pour répondre, je dirais d&#8217;abord que l&#8217;amie Rabâa ne me lit pas très souvent. Dans les centaines d&#8217;articles de presse que j&#8217;ai publiés depuis le milieu des années 1980 jusqu&#8217;à ce jour, ma plume n&#8217;a ménagé presque aucun homme politique tunisien. Quand cela est nécessaire, indispensable, j&#8217;ai critiqué à ma manière ceux qui sont au pouvoir et ceux des Oppositions successives. Il est vrai que j&#8217;ai été plus acerbe avec certains, notamment ceux de la Gauche dont j&#8217;ai été proche ou à laquelle j&#8217;ai pour un temps appartenu. C&#8217;est le cas avec Hamma Hammami et d&#8217;autres &#8220;leaders&#8221; communistes, socialistes, démocrates, progressistes. Mais je n&#8217;ai été, pendant cette quarantaine d&#8217;années, le courtisan, le flagorneur, le thuriféraire inconditionnel de personne !</p>
<p>D&#8217;autre part, dans l&#8217;émission de Maïssa Badis, c&#8217;est Hamma qui se défigurait lui-même en relatant son martyre carcéral. L&#8217;animatrice – et cela était visible, flagrant – cherchait le sensationnel dans le récit de son invité et ce dernier lui en fournissait une bonne dose, au prix de quelques amplifications à mes yeux inutiles et anachroniques. Après tout, il ne s&#8217;agit guère d&#8217;une émission sérieuse de témoignage historique ; loin s&#8217;en faut ! De plus, le salafiste Khamis Mejri y avait lui aussi (dans le même style et presque avec les mêmes formules) romancé son &#8220;calvaire militant&#8221; dans les &#8220;prisons de Ben Ali&#8221; ! N&#8217;importe quel frère musulman terroriste, n&#8217;importe quel bandit ou trafiquant que les animateurs pernicieux auraient sans gêne invités, auraient détaillé de la même manière les tortures et sévices subis.</p>
<p>Pour en revenir à Hamma, et pour parler plus exactement de sa relation avec Radhia Nasraoui son épouse très malade en ce moment, j&#8217;espère me tromper en ayant le sentiment que, d&#8217;une certaine manière, et de plus en plus souvent, le chef inamovible du POCT instrumentalise politiquement la maladie de sa femme pour s&#8217;attirer la sympathie (et les voix) de quelques éventuels électeurs. Je le redis : ce n&#8217;est qu&#8217;une impression, et il revient à Hamma de la démentir.</p>
<p>A propos de mon attitude plutôt hostile à l&#8217;idolâtrie politique, je considère qu&#8217;un grand nombre de mes compatriotes, dont plusieurs amis personnels, cultivent depuis longtemps déjà une forme dérisoire de maraboutisme en sacralisant certaines figures emblématiques de la Gauche tunisienne. Les saints-leaders à ne jamais profaner, même en cas d&#8217;erreurs fatales, de désastreuses volte-face et de catastrophiques mésalliances de leur part, ont ainsi pour noms respectifs : Ahmed Néjib Chebbi, Mustafa Ben Jâafar, Mohame Moncef Marzouki, Hamma Hammami, Ahmed Mestiri, Maya Jeribi, et j&#8217;en passe.</p>
<p>En fait de formations et de leaders politiques aujourd&#8217;hui, reconnaissons que c&#8217;est la disette, la misère totale, la crise profonde et honteuse : il ne reste qu&#8217;un &#8220;kiosque&#8221; (celui d&#8217;Ennahdha) et alentour quelques étals en pitoyable état. Ni boutiques, ni magasins, ni grandes surfaces, c&#8217;est le marché parallèle qui prévaut partout. Le plus triste dans l&#8217;affaire, c&#8217;est que les modestes étals de ce qu&#8217;on ose encore appeler la Gauche progressiste s&#8217;approvisionnent de plus en plus régulièrement dans le &#8220;kiosque&#8221; de Rached Ghannouchi et consorts, sinon auprès de ténébreux &#8220;hommes d&#8217;affaires&#8221; tunisiens et étrangers ! Chez les uns et les autres, ils puisent des &#8220;voix&#8221;, ça, c&#8217;est connu ! Mais aussi bien d&#8217;autres &#8220;marchandises&#8221; plutôt illicites !</p>
<p>Ah ! Pour finir, un mot sur les nouveaux takfiristes de l&#8217;après-25 juillet : en effet, quel que soit le bord que tu as choisi après cette date, tu es systématiquement lynché, à tout le moins dédaigneusement raillé, par ceux d&#8217;en face. En ce moment, approuver certaines mesures de Kaïs Saïed, c&#8217;est blasphémer, c&#8217;est commettre l&#8217;irréparable, c&#8217;est s&#8217;exposer aux foudres lancinantes et aux cinglants lazzis de ses adversaires. Tu n&#8217;as plus le droit de te tromper comme tant d&#8217;autres l&#8217;ont fait avant toi du temps de Bourguiba, de Ben Ali et de toute la décennie noire du tristement historique &#8220;Printemps arabe&#8221; !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique: Une démocratie avec les partis et non une démocratie des partis. Par Mansour M’HENNI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Nov 2021 16:46:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[faillite]]></category>
		<category><![CDATA[partis]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 25 juillet 2021 a conclu à l’échec d’une gouvernance qui se disait de démocratisation et qui n’en avait montré ni l’esprit, ni les moyens, ni les produits. L’après 25 juillet est conduit au nom du redressement de la situation et de la rectification du tir, désignés de différentes façons, allant de la « révolution » jusqu’à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Le 25 juillet 2021 a conclu à l’échec d’une gouvernance qui se disait de démocratisation et qui n’en avait montré ni l’esprit, ni les moyens, ni les produits. L’après 25 juillet est conduit au nom du redressement de la situation et de la rectification du tir, désignés de différentes façons, allant de la « révolution » jusqu’à « l’épuration », en passant par « la vraie démocratie, celle du peuple ».</p>
<p>A bien y penser, objectivement et sereinement, autant le 25 juillet peut avoir une valeur de salut, autant le temps d’aujourd’hui peut être porteur d’appréhension et de scepticisme. Le fait est que, depuis 2011, on ne communique plus en Tunisie, malgré tous les plateaux médiatiques, devenus par trop caricaturaux et superficiels, donnant l’impression de jouer une parodie de la démocratie apparaissant alors comme illusoire, fallacieuse et farcesque même. Toujours est-il que ces spectacles de discussion étaient présentés comme l’argument majeur de notre démocratie postrévolutionnaire, s’opposant à la dictature du « régime déchu ».</p>
<p>D’une certaine façon, les Tunisiens assument une bonne part de la responsabilité dans la défaillance démocratique tout au long de la deuxième décennie du XXIème siècle. Une machinerie politicarde, téléguidée par les maîtres de la géostratégie, a réussi à se jouer de leur bonne foi par trop naïve et de leur enthousiasme peu contenu, pour les fasciner par des mots pompeux et des slogans creux, pendant qu’elle réalisait ses projets mercantiles et donnait satisfaction à ses parrains occultes. De fait, ce qu’on appelle « le peuple tunisien » n’a jamais été unanimement, ni même majoritairement, le décideur et l’acteur de ses révolutions, sauf peut-être pour sa lutte contre le colonialisme. En effet, la responsabilité démocratique suppose une conscience généralisée et une intelligence libre, décidant de façon quasi consensuelle de la voie à suivre et de la façon d’atteindre les objectifs entendus. « La démocratie recèle cette vertu paradoxale que le jugement de la masse des citoyens ordinaires est supérieur à celui d’ &#8220;une petite élite&#8221; », écrit François de Bernard, en référence à Aristote. Mais pour contourner cette exigence essentielle de la logique démocratique, les politiciens manipulateurs se servent de plusieurs notions donnant l’illusion de la démocratisation et conduisant presque toujours à une nouvelle oligarchie, « la minorité qui gouverne pour son bénéfice commun ». Des mots comme « peuple », « révolution », « liberté », etc. perdent alors leur sens profond et ne font plus fonction que de clés ouvrant les portes de la manipulation pour une exploitation et une domination plus réussies entre les mains des décideurs. « La démocratie n’est qu’un nom : le nom de ceux qui l’invoquent et l’utilisent à leurs propres fins », lit-on encore dans <em>L’emblème démocratique</em>.</p>
<p>Tel est effectivement le constat flagrant au terme du gouvernement de la Tunisie de 2011 à 2021, si bien qu’à la comparaison plusieurs observateurs et commentateurs ont conclu à la similitude criante et étonnante entre le régime de cette période et celui contre lequel elle s’était érigée en acte de sauvetage. Mais l’important, aujourd’hui, c’est de se demander si ce que nous vivons depuis le 25 juillet 2021 rompt vraiment avec cette manière de faire, celle prétextant la démocratie en vue d’une nouvelle oligarchie. D’aucuns le criaient déjà le 26 juillet, mais d’autres, qui avaient soutenu l’acte de rupture accompli par le Président de la République et peut-être le soutiennent encore à leur façon, ceux-ci donc commencent à exprimer un certain malaise et quelques appréhensions.</p>
<p>Nul n’ignore, puisque le Président lui-même en fait état, que certains groupements, tous politiques même s’ils se dotent de désignations variées, se constituent comme une nouvelle « ceinture » du pouvoir présidentiel qui aurait besoin d’assises politiques structurées (partis, associations, clubs, etc.) et font donc déjà figure d’une nouvelle oligarchie en épanouissement. Certes, la présidence peut marquer sa distance à l’égard de ces mouvements présentés comme de libre action « démocratique », n’empêche que certains lapsus présidentiels donnent lieu à des interprétations séparatistes nullement profitables à l’image d’un pays uni et solidaire tel que désiré par ses citoyens. Le lapsus le plus récent est celui dû à une permutation entre les mots « citoyens » et « patriotes » à propos de la justice, et ayant provoqué toute une polémique autour de l’obsession présidentielle par la notion « d’épuration », jugée à tendances discriminatoire, séparatiste et même « autrement terroriste ».</p>
<p>Nous pensons que l’état d’exception peut justifier les mesures prises jusqu’à présent, mais qu’il n’a pas besoin de s’inscrire dans la logique d’un conflit interne à la société, attisant les sentiments d’hostilité et donnant l’impression d’une politique de revanche ou de vengeance. Une démarche sereine et rationalisée est requise dans les délais les plus brefs afin d’éviter tout dérapage du processus correctif initié le 25 juillet de cette année. Une justice assainie, structurellement convenue à cet effet, procèdera aux préalables requis et aboutira aux verdicts conclus dans le respect de l’égalité entre tous les citoyens, indépendamment de toute autre caractéristique les distinguant. C’est au Président de la République, secondé par son gouvernement, d’engager cette démarche juste et constructive. Reste que les dialogues dont il est question partout, nous pensons que la présidence peut en annoncer le déclenchement en demandant à ceux qui les organisent d’en faire la synthèse écrite pour le Président qui chargera un comité de compétences neutres d’en dégager la démarche à suivre, institutionnellement, à l’avenir.</p>
<p>Les partis politiques ont certes donné la preuve de leur faillite politique, mais on ne saurait les empêcher de dialoguer et de présenter des propositions et des suggestions. Il en est de même de toutes les autres structures citoyennes. La démocratie n’est pas forcément celle des partis politiques, mais elle peut s’en accommoder sans s’y soumettre.</p>
<p>Une démocratie avec les partis et non une démocratie des partis.</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié dans le journal Le Temps du 31-10-2021)</em></p>
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		<title>Chronique : Le Président de la République met l’ARP dans le Musée de l’histoire.  Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Oct 2021 10:18:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Le lundi 11 octobre 2021 restera certainement comme une journée mémorable de l’histoire de la Tunisie contemporaine, comme le 25 juillet 2021, non seulement par l’investiture (le mot peut paraître impropre, cependant il est utilisé ici à bon escient) du nouveau gouvernement, mais aussi par un acte d’une haute signification et d’une symbolique particulière dans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Le lundi 11 octobre 2021 restera certainement comme une journée mémorable de l’histoire de la Tunisie contemporaine, comme le 25 juillet 2021, non seulement par l’investiture (le mot peut paraître impropre, cependant il est utilisé ici à bon escient) du nouveau gouvernement, mais aussi par un acte d’une haute signification et d’une symbolique particulière dans la stratégie politique envisagée par le Président de la République, Kaïs Saïed. C’est le commentaire, photos à l’appui, dans l’allocution présidentielle portant sur l’ARP et ses déboires.</p>
<p>Concernant le nouveau gouvernement, on se contenterait de lui accorder un préjugé favorable sur la base surtout de plusieurs éléments tenant à l’indépendance et à la propreté apparentes de ses membres et soulignées par plusieurs témoins, sur la base aussi d’un courage et d’un engagement manifestes se traduisant au moins par l’acceptation de responsabilités très lourdes dans des conditions très peu favorables. En tout cas, l’allocution de la présidente du Gouvernement (qu’il paraît possible de doter de ce titre, malgré la nature franchement présidentielle de la gouvernance de l’exception transitionnelle) s’inscrit explicitement dans les principales attentes populaires et, le soutien citoyen aidant, il est possible d’espère un redressement de la situation par ce nouveau gouvernement, sous la tutelle du premier responsable, le Président de la République.</p>
<p>D’aucuns contesteraient le terme ici employé d’investiture, au moins pour non intervention du parlement dans la validation du gouvernement. Or la réponse nous paraît inhérente à l’allocution présidentielle où il est explicitement précisé (ou presque) qu’il y aura un parlement, mais non celui qu’on avait jusqu’au 25 juillet 2021.</p>
<p>Ce message nous a semblé lisible dans le commentaire du Président faisant état de comportements « honteux » du parlement gelé, détourné de tout ce qui concerne les citoyens qu’il est censé représenter, pour des intérêts personnels ou des manigances conflictuelles. Le grand désastre étant perceptible au sang qui a coulé dans le parlement sans qu’aucune décision idoine soit prise en conséquence. Mais le plus intéressant à relever, c’est sans doute le défilement, dans les mains du président et suivi par la caméra, de photos illustrant les propos du locuteur et donnant une idée de « l’horreur » des scènes de violence rappelées ayant eu lieu en pleines réunions de l’ARP. Certes, ce défilement d’images aurait une portée argumentative qui pourrait même rejoindre les propos d’après sur le comportement scandaleux d’un ex-président, tenant à la présidence par un fil quasi-fictif, qui avait appelé les amis de la Tunisie à intervenir dans son pays pour lui arranger un pouvoir à sa convenance.</p>
<p>Mais ce défilement iconique nous semble signifier, dans l’esprit du Président, que l’ARP relèvera désormais du passé révolu, trouvant certes sa place dans un musée en tant qu’objet d’archives, mais nullement en tant qu’institution vivante et active dans le temps présent. Ce serait donc comme une exposition préalable à la fixation de ces images dans le musée, pour l’enseignement des citoyens ; elle leur dirait qu’il faut bien se garder d’élire n’importe qui dans une institution représentative, au nom de la démocratie, sans quoi celle-ci serait plus grave et plus préjudiciable pour ses intérêts qu’une dictature, effective ou considérée comme telle.</p>
<p>Message reçu, Monsieur le Président ; mais nous attendons l’issue de l’état d’exception, avec une vraie démocratie qui n’aurait rien à voir avec la dictature ni avec une démocratie déformée soit par mauvaise représentativité, soit par trop de populisme conduisant à l’anarchie.</p>
<p>&nbsp;</p>
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