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	<title>production &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique: La poésie à l&#8217;université. Par Badreddine Ben Henda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 May 2022 08:52:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
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					<description><![CDATA[C&#8217;est triste de le constater; mais nos étudiants qui préparent des thèses de doctorat ou des mémoires de Master en littérature française boudent de plus en plus la poésie. Depuis que je dirige et évalue ces travaux de recherche à l&#8217;Université, je n&#8217;ai eu le plaisir de lire et d&#8217;apprécier aucune thèse ni aucun mémoire [&#8230;]]]></description>
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<div dir="auto">C&#8217;est triste de le constater; mais nos étudiants qui préparent des thèses de doctorat ou des mémoires de Master en littérature française boudent de plus en plus la poésie. Depuis que je dirige et évalue ces travaux de recherche à l&#8217;Université, je n&#8217;ai eu le plaisir de lire et d&#8217;apprécier aucune thèse ni aucun mémoire sur une œuvre, un mouvement ou un genre poétiques. Dieu sait pourtant que dans les programmes de chaque année, la poésie est bien présente sur les deux semestres, et à travers au moins deux poètes connus d&#8217;époques historiques différentes. Les manuels du secondaire sont par ailleurs relativement bien fournis en textes poétiques tout aussi diversifiés.</div>
</div>
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<div dir="auto">Que se passe-t-il, donc ? Pourquoi cette déplorable désaffection au niveau des recherches de haut niveau ? Est-ce la faute des enseignants qui, peut-être, ne font pas assez pour transmettre la passion de la poésie ? Les spécificités de l&#8217;écriture poétique, parfois pénibles à aborder sans maîtrise de certaines connaissances bien particulières, seraient-elles à l&#8217;origine du regrettable désintérêt ? Le relatif déclin que connaît le genre poétique depuis quelque temps chez nous et ailleurs y serait-il pour quelque chose ? En Tunisie, les éditeurs et les libraires contribuent de moins en moins à la promotion de la poésie, surtout celle écrite en langue française. Les journaux et les revues (même culturels ou littéraires) lui consacrent de moins en moins de place sur leurs colonnes. Et les poètes eux-mêmes alors ? Ne peuvent-ils pas être responsables du désamour manifeste dont pâtit, sous nos cieux, leur genre littéraire de prédilection ?</div>
</div>
<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Il y a de tout cela, dans la crise de la poésie sous nos cieux. Une nouvelle image plutôt défavorable s&#8217;installe et se répand à propos du poète, notamment lorsque ce dernier décroche délibérément sa littérature de l&#8217;actualité et de la réalité historique qui lui sont contemporaines. Du temps des grands engagements politiques et idéologiques, en terre arabe et dans le monde, les poètes avaient le charisme et la notoriété des illustres personnalités historiques de leur temps. En Tunisie, on vénérait les poètes français et francophones du XXème siècle; et l&#8217;on citait/récitait régulièrement ceux des siècles précédents. C&#8217;étaient alors les premières années de l&#8217;indépendance vécues encore avec la fascination persistante pour la langue et la culture séculaires du colon français. Dans les années 1970, 1980 et 1990, la génération formée à l&#8217;école bourguibienne écrivait ses poèmes très souvent en français (Qui n&#8217;en avait pas en son nom, parmi les enseignants et les intellectuels d&#8217;une manière générale ?)</div>
</div>
<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">De nos jours, et depuis bientôt deux décennies, le nombre des poètes et des productions poétiques s&#8217;est considérablement réduit. Les recueils en français se raréfient tout autant que les occasions et les espaces pour les lire et les discuter. Aucun prix de valeur ne récompense chez nous les œuvres poétiques. Comar, c&#8217;est pour le roman ! Après Comar, c&#8217;est (presque) le désert ! Au Ministère des Affaires culturelles, le soutien aux créateurs s&#8217;affaiblit d&#8217;année en année : en 2021, et à titre d&#8217;aide à la production, la Direction du Livre n&#8217;a acheté à certains écrivains que 40 exemplaires !!!</div>
</div>
<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Dans un tel contexte, il ne faut pas s&#8217;étonner que les jeunes chercheurs se détournent de l&#8217;étude de la poésie. Ce n&#8217;est pas tout à fait le cas chez les &#8220;arabisants&#8221;, m&#8217;apprend le Professeur Abdessalem Aissaoui : &#8220;Les enseignants-encadrants interviennent souvent dans l&#8217;orientation des étudiants vers des recherches sur la poésie arabe. &#8221; ! Mais alors, pourquoi la situation est autre dans les départements de français ? La question reste donc sans réponse !</div>
<div dir="auto"></div>
</div>
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		<title>Chronique : Un film… une société ! Le Testament d’Hannah… Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Feb 2022 18:13:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[aide]]></category>
		<category><![CDATA[chamkhi]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[déception]]></category>
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					<description><![CDATA[Malgré mon amour et mon intérêt pour le cinéma depuis ma prime enfance, j’avoue n’avoir pas eu à regarder de près les résultats de la commission d’encouragement à la production cinématographique avant l’année 2019 au cours de laquelle j’ai siégé dans cette commission. J’ai pu constater alors la délicatesse de la tâche, surtout avec le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Malgré mon amour et mon intérêt pour le cinéma depuis ma prime enfance, j’avoue n’avoir pas eu à regarder de près les résultats de la commission d’encouragement à la production cinématographique avant l’année 2019 au cours de laquelle j’ai siégé dans cette commission. J’ai pu constater alors la délicatesse de la tâche, surtout avec le budget de quatre millions de dinars alloué à cette opération.</p>
<p>J’ai pu apprécier également combien les membres d’une telle commission sont souvent pris entre l’enclume et le marteau, obligés parfois à voir écarter un projet auquel ils croient parce que la majorité des membres, fût-elle très relative, a opté pour un autre. J’ai vu également la tension qui peut parfois caractériser les débats, du fait de la divergence des perspectives, de la différence des opinions, voire même du fossé qui sépare parfois la vision sociétale sous-jacente à ces opinions et à ces perspectives.</p>
<p>Quelques jours avant la proclamation des résultats de la commission de 2021, j’ai rencontré par hasard Sonia Chamkhi et, de fil en aiguille, je l’ai interrogée sur son film, <em>Le Testament d’Hannah</em><strong> (</strong>&#8220;وصيّة آنا&#8221;<strong>), </strong>qui avait obtenu une aide à l’écriture dans notre commission de 2019. Elle m’a alors répondu avec une terrible désolation, dénotant une blessure profonde, que son film n’avait pas été retenu pour bénéficier de l’aide à sa production, malgré l’aide à l’écriture dont il avait bénéficié. L’information m’a été confirmée à la lecture du rapport de la publication suite à sa publication officielle. Je me suis souvenu alors que le projet a été bien apprécié par notre commission et qu’on y avait vu une intention évidente, aventureuse pourtant vu le contexte, de s’attaquer à des problèmes et des questions actuelles du point de vue de l’édification d’une société dans la culture de la tolérance et de l’acceptation de l’autre avec le respect de sa liberté à choisir ses appartenances. J’évite d’entrer dans le détail du récit dont est issu le scénario, et je garde l’espoir que le film verra le jour !</p>
<p>N’empêche que cet exemple soulèverait le problème de la coordination des différentes opérations du suivi d’un projet cinématographique ayant été jugé réalisable par l’octroi d’une première subvention d’encouragement. En me renseignant, à titre de curiosité, surtout pour comprendre et non pour critiquer, j’ai appris que l’écriture du scénario a été suivie avec attention et rigueur par deux membres de la première commission qui ont donné un avis très favorable au résultat obtenu au terme de l’écriture du scénario et qui ont surtout soutenu, encouragé et approuvé une légère transformation, proposée par l’auteure et acceptée par les deux « encadrants ». Pourtant, c’est, semble-t-il, cette transformation qui aurait présidé à la décision de refuser la subvention au film. Or, quand on prend connaissance du texte final, on est en droit de se demander si cette raison n’en cache pas une autre, d’ordre idéologique, voire de positionnement subjectif en faveur d’une vision sociétale contre une autre.</p>
<p>Force est donc de rappeler que l’art est un espace de liberté créatrice et qu’un arbitrage administratif ou institutionnel le concernant doit laisser de côté, autant que possible, les considérations conflictuelles d’ordre cultuel, politique ou civilisationnel. En effet, une œuvre littéraire ou cinématographique présente certes une vue de l’esprit et exprime même des sentiments qui ne sont pas sans rapport à une certaine idée de la société, cela est de l’ordre de la liberté d’expression et de création. Mais l’arbitrage institutionnel doit respecter cette liberté, dans la différence, la divergence même de ses produits si elle défend un projet de société démocratique. Autrement, il faudra un cahier de charges de ce qu’il faut dire et ne pas dire, montrer et ne pas montrer, comme c’est le cas dans toutes les dictatures qui s’assument en tant que telles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>(Publié aussi par jawharafm.net)</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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