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	<title>recueil &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>recueil &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Lecture : Portraits de femmes, de Fatima Maaouia. Par Nefissa Wafa Marzouki</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 May 2022 08:33:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[Maaouia]]></category>
		<category><![CDATA[Ommi Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[Plan : L’incipit Le rachat du conte L’anti Ommi Sissi ou « A bas les murs » Supports : Poème 1 : Ommi Sissi en est remplie…Mes enfants Poème 2 : Ommi Sissi Sissiya ça s’en va… Ca s’en va…Va &#160; Pour ma modeste réflexion, j’ai sélectionné deux poèmes longs qui se suivent dans le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><u>Plan</u> :</p>
<ol>
<li>L’incipit</li>
<li>Le rachat du conte</li>
<li>L’anti Ommi Sissi ou « A bas les murs »</li>
</ol>
<p><u>Supports</u> :</p>
<p>Poème 1 : Ommi Sissi en est remplie…Mes enfants</p>
<p>Poème 2 : Ommi Sissi Sissiya ça s’en va… Ca s’en va…Va</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour ma modeste réflexion, j’ai sélectionné deux poèmes longs qui se suivent dans le recueil et dont l’intitulé est susmentionné. Leur courbe va crescendo en évoluant de l’image de la femme « toukness toukness » à celle de la femme qui « carbure »</p>
<ol>
<li><strong> L’incipit</strong></li>
</ol>
<p>Les trois vers-incipit du premier poème inscrivent le texte dans le terroir culturel tunisien qui berce encore notre imaginaire. Qui ne connaît pas ce conte populaire de la première enfance qui commence narrativement, non par l’expression conventionnelle : « Once upon a time » ou « il était une fois », ou « ken ya maken fi kadim ezzamen, » mais par l’identification directe du personnage central féminin Ommi Sissi, la femme au balai nettoyeur et aux repas chauds préparés pour ses enfants mais dont l’un a été volé, à son insu, par le chat.</p>
<p>Quant au SV, il est minimal, sans expansion et mis en relief, et ce, pour créer du suspens narratif dans ce début du récit et faire naître de l’appétit dans la lecture du conte.</p>
<p>_Par le double emploi du verbe de langue arabe, écrit en français « toukness » suivi de son équivalent français « balaie », lesquels verbes, au présent, sont à valeur aspectuelle inaccomplie et spécifient l’action universellement connue d’Ommi Sissi, celle de balayer son parterre. L’association de l’action de balayer ou de l’objet &#8221; balai&#8221; et du personnage d&#8217;Omm Sissi prend la valeur d’une métonymie et est à la limite de la fusion entre la femme et l&#8217;ustensile ménager.</p>
<p>Cet avant-goût de la narration ou du conte, copie presque conforme du conte classique, sera-t-il le même dans la suite du récit ou bien en aurons-nous une autre lecture?</p>
<p>&nbsp;</p>
<ol start="2">
<li><strong> La récupération du conte</strong></li>
</ol>
<p>Les deux poèmes sont bel et bien un rachat du conte classique lequel est délibérément modifié. La plume de l’auteure le modernise, voire le poétise, l’inscrit dans les années 2020 et lui ôte, partiellement, sa dimension narrative pour n’en garder que le personnage et son signe. C’est le conte écrit à la Maaouia. C’est la déconstruction-reconstruction du conte tunisien.</p>
<p>La poétesse fait éclater ses limites classiques et lui confère une autre dimension, moderne, celle des « G7, 10 et FMI réunis », celle de « Casa en passant par Nouackhott, Tunis, et Alger » et celle de « Elle en a ras le bol » !</p>
<p>En re-conteuse des temps modernes, Fatima Maaouia s’approprie la charpente du conte classique après l’avoir délié et déficelé et le sculpte selon sa propre vision. Point de conformisme. C’est le « Conte dissout »</p>
<p>Toute rebelle dans son contage, plutôt dans sa relecture du conte, elle choisit d’abord l’humour qui circule de bout en bout dans le texte en allant au-delà des signes distinctifs d’Ommi Sissi, tels la » takrita », la pâte « ajina » la « koujina sans fleurs », la « chlaka, la « meïda » et le « fleyess toujours faless » puis l’énumération. Elle fait appel à d’autres signes qu’elle installe dans son texte de manière pléthorique. Lesquels signes sont autant singuliers que modernes et actuels et ce, pour définir à sa manière son personnage féminin, enfant de la plume de Fatima Maaouia.</p>
<p>_ « Allez ouste, dit-elle c’est « le détergent Omo » « le coup de raclette » « le gloss rose » « le tutti frutti » « la signora » « le grésil gel fiel » la « valse tango satin rose » de « Sissi dream » ou d’« Eau…Mie…Sissi » qui envahissent la scène textuelle, identifient la nouvelle Ommi Sissi et prennent place, intronisés par ma plume. »</p>
<p>Et ce fut comme une apparition, écrit Flaubert dans <em>L&#8217;Education sentimentale</em>.</p>
<ol start="3">
<li><strong> L’Anti-Ommi Sissi ou « A bas les murs »</strong></li>
</ol>
<p>En magicienne du verbe, la poétesse prend le contre-pied du conte populaire classique réducteur de la femme et le pulvérise en une décomposition-recomposition moderne.</p>
<p>L’Ommi Sissi du conte classique est dépassée, voire tournée en dérision.</p>
<p>La plume de la poétesse la dé &#8211; « voile ». Et lui ôte tous ses attributs classiques de femme au foyer qui subissant la loi du social injuste envers ses droits.</p>
<p>Et le Pinceau, le second outil de sa représentation la dessine nue dans les deux images -portraits. Dans la première, elle est dotée d’une chevelure longue et éparse, d’un corps opulent et de son fameux balai décoré, sans sa fameuse « takrita »</p>
<p>Dans la seconde, elle est totalement nue, sans visage, les mains cachant son ventre nu, la tête chargée d’objets de toutes sortes qui la déboussolent, peut-être, et les membres inférieurs désaxés. Personnage classique sciemment déconstruit et brisé.</p>
<p>L’anti- Ommi Sissi s’appelle Sissi l’impératrice peut-être; elle « carbure », « se démène » pour atteindre un « autre Soleil » et « vient à bout de tout ce qui interdit d’être debout »</p>
<p>C’est alors, l’ascension, le crescendo qui, à la fin, propulse Ommi Sissi dans le ciel des flots. La Dame nouvellement créée et détachée de son « pâté séché », de son « carreau taché » a de « quoi être épatée ». Elle baigne dans l’écume et s’y purifie poétiquement.</p>
<p>Purification d’autant plus forte qu’elle est liée</p>
<ul>
<li>à une ponctuation particulière, celle des points d’exclamation et des points de suspension, supports de sa force et de son élan vertical</li>
<li>à l’usage affirmatif puis injonctif du verbe de déplacement spatial et temporel « s’en aller » lequel, en véritable Sésame-ouvre-toi, désenchaîne et libère Ommi Sissi.</li>
</ul>
<p><em>Portraits de femmes</em> est une nouvelle lecture musicale et poétique d’égéries féminines. La poétesse les habille à sa manière et les présente en lionnes guerrières à l’assaut des spoliateurs de leurs droits et à la recherche d’un ciel bleu de fureur tapissé et de combat étoilé.</p>
<p>« Ni le mauvais vent</p>
<p>Ni le vent</p>
<p>Ne lui feront baisser le bras »</p>
<p><strong>Nefissa Wafa Marzouki. Jendouba le 24 Nov. 2021</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Parution: Raisonances, de Mansour M&#8217;henni Quand le poète&#8230; s&#8217;égoutte !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 09:36:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[écoute]]></category>
		<category><![CDATA[Mhenni]]></category>
		<category><![CDATA[Parution]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[Parution Raisonances, de Mansour M&#8217;henni** Quand le poète s&#8217;écoute et écoute l&#8217;existence qui s&#8217;égoutte ! &#8220;Raisonances&#8221;  est le tout nouveau recueil de poésie publié par Mansour M&#8217;henni. Recueil de poésie surtout, je dirais; car le livre réunit à côté des poèmes, de nombreux aphorismes et des récits extrêmement courts dont le lecteur peut tirer à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Parution</strong></p>
<p><strong>Raisonances, de Mansour M&#8217;henni** </strong></p>
<p><strong>Quand le poète s&#8217;écoute et écoute l&#8217;existence qui s&#8217;égoutte !</strong></p>
<p>&#8220;Raisonances&#8221;  est le tout nouveau recueil de poésie publié par Mansour M&#8217;henni. Recueil de poésie surtout, je dirais; car le livre réunit à côté des poèmes, de nombreux aphorismes et des récits extrêmement courts dont le lecteur peut tirer à loisir les leçons de vie qu&#8217;il veut. L&#8217;essentiel étant pour le poète de se prêter en caisse de &#8220;raisonance&#8221; aux émotions et aux tensions qui sont en même temps les siennes et celles de l&#8217;Autre, son lecteur réel ou virtuel en l&#8217;occurrence.</p>
<p>Ce n&#8217;est donc pas en raisonneur que Mansour M&#8217;henni écrit, ni même en homme raisonnable. Même si le mot &#8220;raison&#8221; résonne si fort dans son dernier recueil, le poète prête au penseur la langue d&#8217;un rêveur très attentif à la vie qui s&#8217;égoutte en fragments au fond et en dehors de lui. Mansour M&#8217;henni écoute, s&#8217;écoute, met l&#8217;existence sur écoute, pour à la fin retenir en échos la musique des mots, la musique du peu de mots pour exprimer l&#8217;essentiel !</p>
<p>Raisonances est en définitive une somme rimée et rythmée de ce qu&#8217;est l&#8217;homme, de ce qu&#8217;est la femme en l&#8217;homme, de ce que sont les hommes sans l&#8217;amour des femmes. C&#8217;est également un recueil sur l&#8217;enfance en soi et dans le monde alentour. Le lecteur de &#8220;Raisonances&#8221;  voyage ainsi dans les villes et les pays comme pour chercher cette enfance rêvée et peut-être à jamais perdue. Mais Mansour M&#8217;henni, lui, a ses repères pour ne pas se perdre : un babil de petit-fils ou de petite-fille montre sa voie au pépère et rallume la flamme qui le guide vers  l&#8217;origine des voix.</p>
<p>Avec ce recueil de &#8220;raisonances&#8221;, Mansour M&#8217;henni s&#8217;emploie à tout revisiter, la vie l&#8217;amour la mort pour écrire en vers, dans un petit bréviaire, les notes d&#8217;un chant rescapé. Il y eut donc un naufrage, mais le poète jeta sa bouteille à la mer et aux lecteurs d&#8217;écouter dans chaque page, le refrain doux ou amer d&#8217;un bon ou d&#8217;un mauvais présage !</p>
<p><strong>BADREDDINE BEN HENDA</strong></p>
<p><strong><em>** Raisonances, de Mansour M&#8217;henni, Alyssa Edition, Tunis, janvier 2021     </em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Lecture : Délectation libre dans Grabuge de Hichem Ben Ammar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Jan 2021 12:39:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[arts]]></category>
		<category><![CDATA[existence]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[recueil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mansour M’henni Quand on a le vice – l’heureux vice – de la poésie, on ne peut s’interdire l’expression d’une délectation due à la lecture d’un recueil qui s’apparenterait au genre ou qui flirterait avec ses moyens. C’est ce qui m’est arrivé à la lecture du recueil Grabuge de Hichem Ben Ammar, sous-titré « textes et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par Mansour M’henni</em></p>
<p><img decoding="async" class="wp-image-2738 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg" alt="" width="120" height="67" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-800x450.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito-750x422.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/edito.jpg 1000w" sizes="(max-width: 120px) 100vw, 120px" /></p>
<p>Quand on a le vice – l’heureux vice – de la poésie, on ne peut s’interdire l’expression d’une délectation due à la lecture d’un recueil qui s’apparenterait au genre ou qui flirterait avec ses moyens. C’est ce qui m’est arrivé à la lecture du recueil <em>Grabuge</em> de Hichem Ben Ammar, sous-titré « textes et fragments. 1990/2020 » et paru aux éditions « Contraste » en 2020.</p>
<p>J’avoue n’avoir pas lu les deux premiers recueils de l’auteur, en l’occurrence <em>L&#8217;Idéal atteint</em> (1988) et <em>La Négociation</em> (1990), un retard que je me dois de rattraper et un manquement que je dois réparer aussi tôt que possible. Surtout que ce troisième recueil m’interpelle à plusieurs titres et je me promets de revenir aux trois livres dans un article plus approfondi – si le temps m’en donne la possibilité.</p>
<p><em>Grabuge</em> est structuré en six sections qui riment avec le titre (Déluge, subterfuge, vermifuge, centrifuge, refuge, transfuge), au son et au sens, et qui construisent un cheminement de l’âme et du poème vers un refuge pour le texte et l’auteur finissant dans un statut de transfuges. Mais nul désespoir à l’issue car : « C’est la fin du poème/ Le début de l’action » (p. 87).</p>
<p>Ce qui est typique de cette poésie, c’est qu’elle joue à l’équilibriste, sur une corde tendue entre l’ancien et le nouveau, l’être et le dire, le clos et l’ouvert, etc. Le tout se joue dans la tentation du bref et du fragment, entre le rythme et sa cassure qui s’avère aussi rythmée mais autrement. Ainsi, tout le recueil fait l’effet d’une série de tableaux sur la scène de la vie où cohabitent et interagissent les êtres et les mots, les gestes et les lettres ; il fait aussi l’effet d’une suite de séquences dans le film de l’existence où l’image est parole aussi sonore et les mots des dessins aussi colorés. Et l’auteur d’être on ne peut plus explicite à ce propos, en s’identifiant à l’acrobate :</p>
<p>« Acrobate ne sait mentir / La danse est ma profession de foi / Le rythme est ma prière / Le mouvement mon ascèse / Et la scène mon espace de recueillement » (p. 84).</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-3168 aligncenter" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2021/01/grabuge.jpg" alt="" width="277" height="373" /></p>
<p>Je sens que cette écriture de H. Ben Ammar est à prendre en charge par les études brachylogiques, au vu de plusieurs de ses aspects pratiques et de ses fondements ontologiques. Elle est d’abord foncièrement conversationnelle, et c’est l’essentiel. Conversation entre les différents langages (l’iconographique accompagne le textuel dans ce recueil), les différents modes d’expression, les différentes catégories sociales, les différents êtres de l’univers, entre l’univers physique et concret et l’intuition d’une métaphysique qui est désignée mais d’essence insaisissable. On se souvient alors que Hichem Ben Ammar est à la fois un homme des arts, de la presse, du cinéma et de l’écriture. Cet « être-dire » et « dire-être » multi-dimensionnel nous renvoie interrogativement à la célèbre citation de Rimbaud : « Je est un autre ». De son côté, Ben Ammar dit : « Je me déguise en moi-même » (82), apparemment en contraste, mais profondément dans la cohérence de cet inaliénable détermination de soi par le reflet, en soi, de l’autre qui est toujours un alter ego. Narcisse n’est pas moins présent : « Nous rîmes tant de fois de nous-mêmes / Que nous en fûmes transformés en poème / Rejoignant Narcisse au carnaval du vice » (p. 57). Et la leçon de la vie de se trouver concrétisée dans l’éternelle et mythique image d’Eros et Thanatos inséparablement liés dans la statue ineffable de Janus aux deux visages. « Le synonyme d’aimer est apprendre à mourir » (72). Complicité du Noir et du Blanc qui fait que, à force de parler de sa noirceur, « Le Noir parle de sa blancheur » (60), philosophiquement, optiquement et peut-être aussi mathématiquement. En effet, dans la continuité d’une poésie du milieu du XX° siècle (pensons à Queneau par exemple), celle de Ben Ammar puise ses intuitions dans la logique scientifique autant que dans les interrogations philosophiques. Sans perdre de vue que « L’intuition ignore le plus-que-parfait / Car l’indulgence est la forme la plus sûre / de la tendresse » (p. 58), comme dit dans ce fragment qui, avec l’ensemble des 20 fragments, ainsi nommés et numérotés, il y a à réinterroger la poétique fragmentaire et fragmentale entre la complétude et l’incomplétude, encore une fois dans la perspective néo-brachylogique.</p>
<p>En conclusion provisoire, je dirais que <em>Grabuge</em> est libération d’un être profond dans la poésie comme espace de perdition pour mieux se reconnaître, pour enfin se connaître. C’est pourquoi on y retrouve les échos retentissants de poètes de la rupture et de l’innovation, de la modernité ininterrompue, Baudelaire, Rimbaud, Char, Queneau, etc. On y retrouve surtout la poésie comme ultime destin, « Je suis définitivement poète » (p. 13), cette poésie qui ne dure que dans et par l’instant fugitif qui la fait être. « L’instant me dure », écrivit R. Char. Et Ben Ammar de répondre : « seul l’instant de l’extase est éternel » (p. 5).</p>
<p><strong><em>Post-scriptum</em></strong><em> : J’ai lu le recueil du début à la fin, je l’ai commenté de la fin au début, c’est peut-être une autre façon d’être dans l’esprit du poète ou de celui de sa poésie.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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