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	<title>souvenir &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>souvenir &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Récit: Conte de la fourmilière. Par Badreddine Ben Henda.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Aug 2022 07:55:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[fourmis]]></category>
		<category><![CDATA[imagination]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
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					<description><![CDATA[Quand nous habitions la Cité Hafnaoui à Jendouba, j&#8217;allais souvent méditer dans un coin tranquille à plusieurs dizaines de mètres de notre maison. Âgé d&#8217;à peine dix ans, je me sentais philosophe, prophète incompris même. Je choisissais donc un talus quelconque comme promontoire et regardais vers le Nord-est, en direction du Mont Rabiâa. Un jour, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="m8h3af8h l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf n3t5jt4f">
<div dir="auto"><img decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="159" height="106" />Quand nous habitions la Cité Hafnaoui à Jendouba, j&#8217;allais souvent méditer dans un coin tranquille à plusieurs dizaines de mètres de notre maison. Âgé d&#8217;à peine dix ans, je me sentais philosophe, prophète incompris même. Je choisissais donc un talus quelconque comme promontoire et regardais vers le Nord-est, en direction du Mont Rabiâa.</div>
</div>
<div class="l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf jikcssrz n3t5jt4f">
<div dir="auto">Un jour, alors que j&#8217;étais absorbé par mes pubères réflexions, je sentis quelque chose me chatouiller les pieds entre les mailles des sandales. C&#8217;était un essaim nombreux de fourmis noires qui se dirigeaient vers leur nid. Aucune d&#8217;entre elles ne me mordit, mais visiblement la position de mes pieds gênait leur orientation; ce qui en égara quelques unes qui ne tardèrent cependant pas à retrouver la file qui les devançait.</div>
</div>
<div class="l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf jikcssrz n3t5jt4f">
<div dir="auto">Par je ne sais quel détour de contemplation, j&#8217;éprouvai le besoin à ce moment-là de suivre le mouvement de l&#8217;essaim vers sa fourmilière et je m&#8217;imaginai à l&#8217;intérieur même de cet abri. C&#8217;était sombre mais la lumière qui pénétrait par le petit trou d&#8217;ouverture me permettait de tout voir dans chaque coin du nid. En vérité, mon imagination féconde illuminait bien plus que la lueur du dehors ce voyage inédit au fond de la fourmilière. Que de dédales, que de tournants, que de galeries, que de ponts minuscules, que d&#8217;échangeurs aussi. Toutes les fourmis s&#8217;y retrouvaient néanmoins, au prix certes de quelques carambolages anodins. Les dizaines de milliers de pattes se confondaient un moment puis, comme par magie, l&#8217;écheveau apparemment inextricable se dénouait et la circulation des insectes se fluidifiait et se poursuivait presque sans le moindre accroc.</div>
</div>
<div class="l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf jikcssrz n3t5jt4f">
<div dir="auto">Les fourmis bougeaient, couraient, creusaient, se tâtaient, s&#8217;entraidaient, se nettoyaient, rangeaient, allaient et venaient sans cesse et dans toutes les directions. La colonie entière s&#8217;affairait sans donner de signe de fatigue. Une reine pondeuse focalisait presque toutes les activités : car l&#8217;avenir de la fourmilière dépendait d&#8217;elle seule ! Elle était d&#8217;une taille nettement supérieure et semblait mieux voir que toutes les autres fourmis. Je sentis même qu&#8217;elle me toisait et qu&#8217;elle commençait à se déplacer dans ma direction. Sa démarche lente mais ferme me donna quelques frissons au début, mais je me ressaisis et me préparai à affronter le gigantesque insecte. Toute la colonie m&#8217;encercla alors en quelques secondes. Soudainement immobilisé, je me résignai à ce sort et attendis que la reine commençât à me dévorer.</div>
</div>
<div class="l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf jikcssrz n3t5jt4f">
<div dir="auto">Non ! Elle voulait seulement savoir pourquoi j&#8217;étais là : c&#8217;est du moins ce que j&#8217;avais cru comprendre en scrutant les mouvements perplexes de sa tête et ceux de ses mandibules qui me palpaient de partout. Une réponse m&#8217;échappa :</div>
<div dir="auto">&#8211; C&#8217;est en imagination que je suis entré dans votre fourmilière, pas en chair et en os !</div>
</div>
<div class="l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf jikcssrz n3t5jt4f">
<div dir="auto">La reine fit mine de ricaner et toute la colonie l&#8217;imita !</div>
<div dir="auto">&#8211; Je vous jure que mon corps est dehors, là-dessus je veux dire, à l&#8217;entrée de votre nid ! Seule mon imagination est entrée dans votre intimité ! Si cela vous déplaît, je vous en demande pardon ! Permettez qu&#8217;elle sorte du nid !</div>
</div>
<div class="l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf jikcssrz n3t5jt4f">
<div dir="auto">La reine ricana de nouveau et se tourna vers les ouvrières qui, après un rire étouffé, observèrent le silence le plus total. Je crus l&#8217;entendre chuinter quelque chose comme :</div>
<div dir="auto">CHIMAGINACHION !</div>
<div dir="auto">Et toute la colonie de reprendre : CHIMAGINACHION ! CHIMAGINACHION !</div>
</div>
<div class="l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf jikcssrz n3t5jt4f">
<div dir="auto">Ensuite, chaque fourmi reprit ses tâches en chantonnant : CHIMAGINATION ! PSHITT PSCHITT ! CHIMAGINACHION ! PSCHITT PSCHITT !</div>
</div>
<div class="l7ghb35v kjdc1dyq kmwttqpk gh25dzvf jikcssrz n3t5jt4f">
<div dir="auto">Jamais, après cette mésaventure, je ne retrouvai mon imagination d&#8217;enfant ! La fourmilière fut détruite entre-temps et des dizaines de constructions envahirent de manière désordonnée l&#8217;ancien désert de mes méditations.</div>
<div dir="auto"></div>
</div>
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		<title>Mes chevaliers de la table ronde. Par Badreddine Ben Henda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 May 2022 21:25:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[fils]]></category>
		<category><![CDATA[Mère]]></category>
		<category><![CDATA[père]]></category>
		<category><![CDATA[talisman]]></category>
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					<description><![CDATA[Parmi les meubles qui ont marqué une longue période de ma vie dans la maison familiale, je ne pourrai jamais oublier la table basse ronde qui nous réunissait pour tous les repas de la journée, et aussi pour la révision des cours le soir. Je ne sais pas combien d&#8217;années maman l&#8217;a conservée. En tout [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="kvgmc6g5 cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto"></div>
</div>
<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto"><img decoding="async" class=" wp-image-2942 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/11/badr-benhenda.jpg" alt="" width="239" height="159" />Parmi les meubles qui ont marqué une longue période de ma vie dans la maison familiale, je ne pourrai jamais oublier la table basse ronde qui nous réunissait pour tous les repas de la journée, et aussi pour la révision des cours le soir. Je ne sais pas combien d&#8217;années maman l&#8217;a conservée. En tout cas, aujourd&#8217;hui encore, il y en a toujours une, d&#8217;un modèle encore plus grand, au centre de la cuisine. Quand je rentre à Jendouba, j&#8217;adore m&#8217;installer devant cette table, assis sur un petit banc en bois, pour manger ou pour papoter avec mes sœurs, mes frères ou mes neveux. Pour moi, ce petit meuble vaut un album de famille qui nous raconte tous, qui sauvegarde pour très longtemps l&#8217;écho de nos réunions chaleureuses et de nos petites chamailleries enfantines à propos d&#8217;un bout de tajine, de dessert ou même de pain, de ce pain chaud et croustillant préparé et cuit à la maison.</div>
</div>
<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Chez moi, aujourd&#8217;hui, pas de table basse ronde comme celle de ma mère. Je mange n&#8217;importe où dans la maison. Aucune table n&#8217;a de valeur affective; aucune de toutes celles que nous possédons ne m&#8217;a particulièrement marqué. Elles sont là comme pour occuper un vide quelconque dans la villa. A mes yeux, seule la table basse ronde de ma mère est vivante, odorante, fumante, parlante, amusante, accueillante, confortable, aimante. Les bancs de maman aussi, même vieillis et boiteux, ont une place dans mon cœur. Ils forment, avec la table ronde, des pièces uniques du musée familial. Pour tout l&#8217;or du monde, je ne les cèderais à personne. Leur disparition m&#8217;affligerait presque autant qu&#8217;une perte humaine, que le départ d&#8217;un être cher.</div>
</div>
<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Je ne sais pas ce que je pourrais aimer chez moi de ce même amour si fort et si tendre. Mon bureau ? Mon petit coin de canapé dans le salon en face de la télévision ? Mes livres ? Un arbre de notre semblant de jardin ? C&#8217;est curieux : on dirait que rien, là où j&#8217;habite maintenant, ne me raconte, moi personnellement. Les meubles comme les murs me sont neutres, indifférents, comme je leur semble à mon tour aussi neutre et aussi indifférent. J&#8217;ai essayé une fois de m&#8217;attacher à une chope en porcelaine. Très vite, elle s&#8217;est ébréchée puis on l&#8217;a perdue de vue après l&#8217;un de nos nombreux déménagements. Aucun de mes biens particuliers n&#8217;a jamais eu de vraie longévité. Je n&#8217;ai en fait que des biens insignifiants!</div>
</div>
<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto">Mes biens propres, ceux que je tiens sincèrement pour tels, appartiennent toujours à quelqu&#8217;un d&#8217;autre de la famille, à mon père, à ma mère, à l&#8217;une de mes sœurs ou à l&#8217;un de mes frères, à un oncle ou à une tante. A mon fils aussi : je me rappelle avoir gardé sur moi un talisman que ma belle-mère lui avait confectionné à sa naissance. Pendant la courte période que j&#8217;avais cet objet fétiche sur moi, il ne m&#8217;arrivait que de bonnes choses. Lorsque je l&#8217;ai égaré, une peur superstitieuse s&#8217;est emparée de moi et m&#8217;a accompagné plusieurs jours durant. Ce talisman-là m&#8217;a quelque peu marqué, je l&#8217;avoue. Que laisserai-je à mon fils en retour, qui le marquerait tout autant ? Je ne sais pas. Peut-être qu&#8217;il le sait déjà, lui ! Et qu&#8217;il vous en fera part un jour, après mon départ !</div>
</div>
<div class="cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql o9v6fnle ii04i59q">
<div dir="auto"></div>
</div>
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		<title>Chronique : Adieu mon prof ! Que votre esprit demeure ! Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2021 15:32:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[décès]]></category>
		<category><![CDATA[éthique]]></category>
		<category><![CDATA[leçon]]></category>
		<category><![CDATA[professeur]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>
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					<description><![CDATA[En ces temps sombres qui nous font douter des valeurs éternelles d’une humanité digne de ce nom, certains souvenirs surviennent de temps en temps, au gré des circonstances, comme des plaques de signalisation venant se dresser devant nous pour inspirer, et orienter même, notre croisière infernale des temps présents. Force est de reconnaître que les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class=" wp-image-2770 alignleft" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="60" height="82" />En ces temps sombres qui nous font douter des valeurs éternelles d’une humanité digne de ce nom, certains souvenirs surviennent de temps en temps, au gré des circonstances, comme des plaques de signalisation venant se dresser devant nous pour inspirer, et orienter même, notre croisière infernale des temps présents. Force est de reconnaître que les plus beaux et les plus instructifs de ces souvenirs sont ceux liés à l’Ecole, tous cycles confondus, depuis la coranique ou la maternelle, jusqu’à l’université et à la post retraite.</p>
<p>Aujourd’hui, dimanche 7-2-2021, j’apprends par Samir Marzouki, qui a été lui-même mon prof à la faculté des lettres de Tunis et qui est devenu un grand ami avant que je ne devienne son collègue, la triste nouvelle du décès de feu Monsieur Alain Duneau, mon professeur de littérature française en première année français, l’année 1972-73. Cela fait donc près d’un demi-siècle et n’ayant pas eu de ses nouvelles de quiconque, j’avoue l’avoir cru déjà mort. Aujourd’hui je suis encore plus attristé par son décès et, à l’occasion, me revient un souvenir que je raconte souvent pour souligner ce que peut être un vrai enseignant, contrastant malheureusement parfois avec d’autres qui ont le même statut mais qui ne sont pas de la même éthique.</p>
<p>En ce temps-là, débarquant d’une formation scientifique interrompue pour des raisons qu’il serait long de conter, j’étais fier du témoignage de M. Duneau à mon égard, à la remise d’un exercice de rédaction auquel il nous avait soumis le premier jour : « C’est vous l’étudiant qui venez de la faculté des sciences ? – Oui, Monsieur ! – On ne dirait pas. – J’espère que vous ne serez pas déçu. »</p>
<p>Cette année-là, nous avions au programme <em>Alcools</em> d’Apollinaire (Quelle rencontre autour de l’amour de la poésie d’Apollinaire : Duneau, Marzouki, M’henni ! En serait-il la source ?). Un jour, évoquant la notion de « métempsychose », le professeur a écrit le mot au tableau avec la lettre « h » venue de son étymologie et source d’une polémique orthographique dont j’étais informé. J’ai donc vite réagi en contestant l’orthographe au tableau. Mon prof m’a renvoyé à l’étymologie et je lui ai répliqué que malgré cela, depuis le 19°siècle au moins, on s’était aligné sur la décision de l’Académie et qu’on écrivait « métempsycose ».</p>
<p>L’incident devait être clos, mais avec l’état d’esprit et la naïveté de mes vingt ans, la séance d’après, je venais avec mon dictionnaire et le montrais à mon professeur en classe. Il a encaissé sans rien ajouter et à la fin de la séance, il m’a demandé d’attendre un peu. Une fois seuls dans la salle, il m’a dit ceci que je n’ai jamais oublié : « Aujourd’hui M’henni, je vais juste vous donnez un conseil important, parce que j’ai un fils qui a votre âge : ne prenez jamais à partie un de vos enseignants à la faculté, il peut toujours vous attendre au tournant. Je ne le ferai pas, mais un autre le ferait. » Je lui ai exprimé alors mes remerciements avec mes excuses et j’ai gardé pour lui une affection et un respect indélébiles. Surtout que deux années plus tard, l’année même où Samir était devenu mon prof de <em>La Chanson de Roland</em>, j’ai eu à constater de visu, sur un camarade de classe, la confirmation de l’appréhension de M. Duneau.</p>
<p>Lors de la première séance d’un cours sur l’<em>Heptaméron</em>, l’enseignante (que je ne nommerai pas, par respect) nous dit que pour l’étude de ce livre, il nous faudrait avoir la Bible à notre chevet. Le camarade en question, connu pour une religiosité chauvine, lui répond : « Non Madame, je préfère avoir le Coran à mon chevet ». Puis une polémique se prolongea entre eux durant toute la séance. Par malheur, le camarade réussit son écrit en juin et en tirant au sort son oral, il tombe sur la même enseignante comme principal membre d’un jury binaire. Au premier mot, elle lui dit : « Allons Monsieur M., reprenons notre discussion du début de l’année ». A la fin, elle lui flanque un quatre sur vingt qui ajourne son examen à la seconde session.</p>
<p>J’ai beaucoup de respect pour l’enseignante en question et je l’aimais bien ; mais il en a été ainsi, peut-être pour me permettre à moi d’apprécier davantage l’attitude de mon Prof Duneau.</p>
<p>Aujourd’hui, en hommage à Duneau, combien je serais heureux de pouvoir organiser ou participer à une rencontre sur l’éthique enseignante, qui n’est peut-être pas toujours celle qu’on croit et encore moins celle en laquelle on croit. En attendant, que l’âme de M. Duneau repose en paix, je croix bien que, par son humilité, il me paraît aujourd’hui plus grand que la mort.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>NDR :</em></strong><em> Sur la photo d’illustration, Alain DUNEAU (U. de Poitiers)</em> est le d<em>euxième de gauche à droite, au 2ème plan : </em>(lors du Premier Colloque de la Société Internationale des Etudes Giralduciennes organisé par l’Université de Tours du 14 au 16 novembre 1990).</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Lecture : &#8220;Il pleut des avions&#8221; de Gilbert Naccache. Par Arselène Ben Farhat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Dec 2020 13:07:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[genre]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Naccache]]></category>
		<category><![CDATA[souvenir]]></category>
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					<description><![CDATA[L’une des dernières magnifiques œuvres de Gilbert Naccache, &#8220;Il pleut des avions&#8221; (Chama éditions, 2016, 318 pages) s’inscrit dans un genre littéraire bien particulier : le « roman de témoignage ». Œuvre paradoxale : « Le témoignage » suppose que les faits narrés sont vrais. A l’inverse, « le roman » se réfère à une aventure inventée, à une histoire imaginaire. C’est [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’une des dernières magnifiques œuvres de Gilbert Naccache, &#8220;Il pleut des avions&#8221; (Chama éditions, 2016, 318 pages) s’inscrit dans un genre littéraire bien particulier : le « roman de témoignage ». Œuvre paradoxale : « Le témoignage » suppose que les faits narrés sont vrais. A l’inverse, « le roman » se réfère à une aventure inventée, à une histoire imaginaire. C’est justement cette dualité qui a intéressé Gilbert Naccache : le témoignage lui a permis de retrouver le passé, de reconstituer le réel dans sa complexité, sa banalité et son opacité alors que le romanesque a permis à Gilbert Naccache de se libérer de ce réel et du temps révolu et de s’imposer comme un penseur et un visionnaire.</p>
<p>Dans &#8220;Il pleut des avions&#8221;, le héros Jo a vécu un drame. Il a perdu son père au cours d’un bombardement allié à la Marsa le 10 mars 1943 après midi. Pendant dix minutes, 90 avions ont détruit une partie de la ville et les rêves d’un enfant. C’est la mère qui devient le chef de famille et qui va gérer les affaires. Le parcours de l’enfant est clair : étude en Tunisie et à Paris, lutte pour réussir, s’émanciper et s’épanouir. Cependant, il est obsédé par un même cauchemar : des avions qui tombent du ciel et qui détruisent tout.</p>
<p>Il est donc clair que dans &#8220;Il pleut des avions&#8221; coexistent le fictionnel, l’autobiographique et la chronique. A travers des personnages bien ancrés dans l’histoire et en se référant à ses riches souvenirs, l’auteur nous fait découvrir la Tunisie des années 1940-1960 et nous dévoile la douloureuse naissance d’une nation, ses difficultés, ses révoltes et ses multiples métamorphoses.</p>
<p>Gilbert Naccache apparait ainsi, dans &#8220;Il pleut des avions&#8221;, comme un observateur attentif et un analyste méticuleux, mais ce témoin engagé n’arrive pas à garder ses distances envers l’univers qu’il décrit, ni à rester muet, indifférent. Sa voix de révolté permanent et de contestataire de l’ordre établi surgit et s’impose à travers les aventures narrées, les lieux et les discours des personnages.</p>
<p>La Tunisie pleure aujourd’hui votre disparition, Gilbert Naccache mais grâce à vous, il pleuvra bientôt sur la Tunisie non pas des avions mais une pluie porteuse de rêves et de richesses.</p>
<p>&nbsp;</p>
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