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	<title>vivre-ensemble &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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	<title>vivre-ensemble &#8211; Questions et Concepts d’Avenir</title>
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		<title>Chronique : De l’afroméditerranéité et du Sahara comme une mer à deux visages. Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Feb 2025 14:27:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mansour M’henni &#160; On ne soulignera jamais assez l’importance d’initiatives comme celles du Collectif-CURA (Culture-Université-Recherche-Associations) à même de propulser la réflexion et les actions portant sur la dynamique sociétale et la conscience citoyenne. C’est dans ce cadre informel de coordination qu’est programmé, annuellement, le colloque international « Science-Culture-Citoyenneté », conduit par l’association « Questions et Concepts d’Avenir » [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="alignnone  wp-image-4982" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-800x600.jpg" alt="" width="238" height="178" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-800x600.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1160x870.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-320x240.jpg 320w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1536x1152.jpg 1536w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-2048x1536.jpg 2048w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-750x563.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Portrait-M.-Mhenni-006-1140x855.jpg 1140w" sizes="(max-width: 238px) 100vw, 238px" /></p>
<p style="text-align: left;">Par Mansour M’henni</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On ne soulignera jamais assez l’importance d’initiatives comme celles du Collectif-CURA (Culture-Université-Recherche-Associations) à même de propulser la réflexion et les actions portant sur la dynamique sociétale et la conscience citoyenne. C’est dans ce cadre informel de coordination qu’est programmé, annuellement, le colloque international « Science-Culture-Citoyenneté », conduit par l’association « Questions et Concepts d’Avenir » (QCA), parrainé par l’Université Tunis El Manar, organisé en partenariat avec le CERES et en association avec les structures associatives, institutionnelles et de recherche du collectif CURA et de ses collaborateurs.</p>
<p>Cette année, la quatrième édition du colloque (SCC 4) s’est tenue les 20 et 21 février 2025 dans les locaux du CERES et a bénéficié d’une hospitalité et d’un appui fort louables de la part de ce centre pertinemment dynamique. Elle a eu pour objet un thème aussi grave (dans les deux sens du mot) que motivant, celui de « l’afroméditerranéité », surdéterminé par le sous-titre fort significatif, « le Sahara une mer à deux visages ». Force est d’abord de souligner le succès de la manifestation grâce à l’effort des organisateurs, et à leur tête le Directeur général du CERES, Pr. Youssef Ben Othman, et la Présidente de QCA, Halima Ouanada. Mais l’important est de s’attarder sur les questions posées et les idées développées par cette rencontre pour inviter à y creuser davantage les éléments d’une pensée plus profonde et plus gratifiante d’un meilleur vivre-ensemble, à tous les niveaux de la socialité humaine.</p>
<p>L’interrogation première a tourné autour de la relation et de l’analogie entre le désert et la mer en général, et particulièrement entre le Sahara et la Méditerranée. Ce lien remonterait à un passé très lointain lié à la structure dynamique du globe terrestre et au mouvement des continents, mais il prend une dimension plus cruciale dans le monde moderne, en passant par cette « idée folle » de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle cherchant à « reverdir le Sahara par l’eau de la Méditerranée ». En fait, cette idée apparemment « folle » au vu de sa réalisation matérielle devient on ne peut plus intelligente quand elle s’inscrit dans l’usage symbolique où la verdure ambitionnée devient une modernité de la pensée partagée et une efficacité du développement solidaire dans le respect des valeurs fondamentales de l’humanité de l’Homme.</p>
<p>Tout dans notre monde et dans son évolution nous ramènerait, d’une façon ou d’une autre, à un apport crucial de l’Afrique à cette notion de monde qui l’a pourtant longuement négligée. Aujourd’hui, si l’homme veut s’inscrire dans la logique de la supériorité de sa race parmi les autres créatures, il se doit de repenser son rapport à l’Afrique dans les termes et dans la pratique d’une juste parité des droits et d’une équitable valorisation des mérites, avec l’esprit incorruptible du respect mutuel et de la solidarité humaine. Le reste en découlerait logiquement, notamment tous les problèmes cuisants de ces derniers temps, en rapport aux différentes migrations et à leurs problèmes.</p>
<p>L’importance et la pluralité des perspectives d’approche de la question, en l’occurrence la sociologie, la psychologie, l’économie, la littérature, les arts et la politique, toutes reconduisent implicitement ou explicitement la grande question de la gestion des intérêts particuliers en restant profondément ancré dans l’inaliénable attachement à ce qui est essentiellement et universellement humain.</p>
<p style="text-align: center;">
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Nouvelle Brachylogie et nouvel humanisme au croisement de l&#8217;esprit de conversation. Par Mansour M’HENNI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:56:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Brachylogie]]></category>
		<category><![CDATA[conversation]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Nouvelle Brachylogie et nouvel humanisme au croisement de l&#8217;esprit de conversation   Mansour M’HENNI[1] Prof. ém. Université Tunis El Manar   &#160; &#160; &#160; Résumé : L’humanité a besoin de repenser les règles qui la font être en tant que telle, c’est-à-dire une communauté appelée à permettre l’affirmation de toute individualité et le respect qui lui [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Nouvelle Brachylogie et nouvel humanisme</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>au croisement de l&#8217;esprit de conversation</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em><img decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Mansour M’HENNI<a href="#_edn1" name="_ednref1"><strong>[1]</strong></a></em></p>
<p><em>Prof. ém. Université Tunis El Manar</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><strong>Résumé :</strong> L’humanité a besoin de repenser les règles qui la font être en tant que telle, c’est-à-dire une communauté appelée à permettre l’affirmation de toute individualité et le respect qui lui est dû, dans l’égalité des droits et dans les devoirs partagés qui garantissent le bon fonctionnement de la communauté et sa perduration dans cet état. En effet, à chaque fois qu’elle opte pour une voie, elle se découvre dans un dysfonctionnement ahurissant et dans une trahison de ses idéaux. Elle cherche donc à se repenser dans un « esprit nouveau », à la recherche d’un nouvel humanisme. C’est à ce niveau que s’inscrit la Nouvelle Brachylogie, dans une sorte de réhabilitation de Socrate et de son principal signal lumineux dans le sens de l’idéal démocratique : l’esprit de conversation.</p>
<p><strong>Mots-clés</strong> : Nouveau, humanisme, brachylogie, conversation, démocratie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Title: <em>New Brachylogy and New Humanism at the crossroads of the spirit of conversation </em></strong></p>
<p><strong>Abstract:</strong> Humanity needs to rethink the rules that make it as such, that is to say a community called to allow the affirmation of all individuality and the respect due to it, in equal rights. and in the shared duties that guarantee the good functioning of the community and its continuation in this state. Indeed, each time she opts for a path, she discovers herself in a bewildering dysfunction and in a betrayal of her ideals. It therefore seeks to rethink itself in a “new spirit”, in search of a new humanism. It is at this level that the New Brachylogy is inscribed, in a sort of rehabilitation of Socrates and of his main luminous signal in the direction of the democratic ideal: the spirit of conversation.</p>
<p><strong>Keywords: </strong>New, humanism, brachylogy, conversation, democracy.</p>
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<p>« Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ». Ainsi Baudelaire clôtura son recueil <em>Les Fleurs du mal</em>, faisant germer ainsi l’idée de nouveauté dans le giron même de toute fin. Avant lui et à la même époque, Nerval écrivit : « L’esprit nouveau m’appelle ». Aujourd’hui encore, plus que jamais peut-être, nous sommes bousculés par le désir de nouveauté comme un besoin salutaire face à tous les dérapages qui menacent notre humanité et tendent à la faire basculer dans l’abîme du néant. Ignacio Ramonet l’affirmait déjà en 1997 au début de son livre <em>Géopolitique du chaos</em> : « La Terre est désormais disponible pour une nouvelle ère de conquête, comme au XVe siècle<a href="#_edn2" name="_ednref2">[2]</a> ». Rien d’étonnant alors à voir l’adjectif « nouveau » se répéter dans le titre de cette modeste contribution associée à une réflexion collective, essentielle me semble-t-il, sur les lois du vivre-ensemble.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>1 – De l’humanisme : </strong></p>
<p>L’<em>Ortolang</em> définit l’humanisme comme une « attitude philosophique qui tient l&#8217;homme pour la valeur suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d&#8217;épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a> ». Ainsi perçu, l’humanisme est une question d’humanité qui concerne donc toute l’humanité.</p>
<p>De notre modeste point de vue, l’humanité est à entendre ici comme une communauté appelée à permettre l’affirmation de toute individualité et à garantir le respect qui lui est dû, dans l’égalité des droits et dans les devoirs partagés qui garantissent le bon fonctionnement de la communauté et sa perduration dans cet état. Une telle définition nous paraît émerger des aléas de l’Histoire et, malgré cela, de l’élan optimiste ininterrompu vers un avenir meilleur pour la communauté humaine. Aussi les êtres humains ont-ils besoin de repenser les règles qui les font être en tant qu’humanité.</p>
<p>Certes, les hommes n’ont pas cessé de penser et de repenser leur être et ses conditions, mais ils se rendent compte à chaque escale qu’il y a quelque part un certain dysfonctionnement empêchant l’évolution assurée vers un idéal humain aussi exempt que possible des méfaits de la pesanteur inhibitrice. Et cette pensée, à chaque fois appelée « pensée du nouveau », n’est pas forcément rupture absolue avec l’ancien ; elle est censée s’enrichir de l’intelligence passée et corriger les dérapages et les déformations qui ont empêché cette intelligence d’atteindre ses objectifs. Aussi voit-on souvent des mouvements de réhabilitation de certaines intelligences étouffées dans l’œuf ou à leurs prémices pour avoir osé remettre en question une structure en place. Le cas le plus typique nous paraît être celui de Socrate, condamné à mort pour avoir osé mettre à nu la contradiction inhérente à la démocratie athénienne. A ce propos, Francisco Rodriguez Adrados souligne : <strong>« </strong>Socrate ouvrait une brèche dans le bloc cohérent d&#8217;Athènes. L&#8217;accusation de corrompre la jeunesse répond sans doute à cette attraction des jeunes gens à l&#8217;égard de Socrate qui les éloigne dans une certaine mesure de leurs parents et leur inculque l&#8217;habitude d&#8217;exercer leur raison, avec comme conséquence réelle ou possible la critique de tout l&#8217;ordre social athénien<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>. »</p>
<p>Est-ce un hasard si, à l’époque de la Renaissance, celle de la conceptualisation de l’humanisme, Socrate revient au-devant de la pensée de ce qui serait un « humanisme renaissant<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a> » ; il est revendiqué comme son référent essentiel, au détriment même ou surtout d’Aristote<a href="#_edn6" name="_ednref6">[6]</a> dont l’image et la pensée, présentées comme un modèle presque christique<a href="#_edn7" name="_ednref7">[7]</a>, avaient régné en arguments infaillibles pour promouvoir la rhétorique et son pouvoir. Ainsi, cette première importante réhabilitation de Socrate à l’époque de la Renaissance, au-delà de certaines autres tentatives sans un impact aussi déterminant, a été étroitement rattachée à la critique de l’école scolastique et de ses méthodes d’enseignement, puisées ou inspirées de la rhétorique et de la sophistique et ne pouvant de ce fait, comme le redira plus tard I. Ramonet pour notre période actuelle, « libér[er] la pensée des carcans idéologiques et des fidélités imposées<a href="#_edn8" name="_ednref8">[8]</a> ». Cette méthode classique est on ne peut plus clairement précisée par Montaigne dans ses <em>Essais </em>: « On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir ; et notre charge ce n’est que redire ce qu’on nous a dit<a href="#_edn9" name="_ednref9">[9]</a>. » A cela vient s’opposer l’école d’inspiration socratique, celle où le rôle du « conducteur » est ainsi défini : « Je ne veux pas qu’il invente, et parle seul : je veux qu’il écoute son disciple parler à son tour. Socrates, et depuis Arcesilaus<a href="#_edn10" name="_ednref10">[10]</a>, faisaient premièrement parler leurs disciples, et puis ils parlaient à eux<a href="#_edn11" name="_ednref11">[11]</a>. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> 2 – La conversation pour repenser l’humanisme / pour penser un nouvel humanisme :</strong></p>
<p>C’est à ce niveau de l’intelligence montaignienne de la pensée socratique que se situerait, nous semble-t-il, le croisement avec l’idée d’initier le concept de « Nouvelle Brachylogie » fondé principalement sur « l’esprit de conversation » que Socrate considère comme la condition nécessaire d’une intercommunication fiable et qui est à distinguer de l’esprit de conversation français du 17<sup>ème</sup> siècle. Aussi dit-il à Protagoras : « Mais lorsque deux amis, comme toi et moi, sont en humeur de causer, il faut en user plus doucement dans ses réponses et d’une manière plus conforme à l’esprit de conversation. Or il me semble que ce qui caractérise cet esprit, ce n’est pas seulement de répondre la vérité, mais que c’est aussi de fonder sa réponse uniquement sur ce que l’interlocuteur reconnaît savoir lui-même<a href="#_edn12" name="_ednref12">[12]</a> ».</p>
<p>De par le temps imparti à cette communication, il n’est pas possible de s’étendre sur l’initiation du concept de Nouvelle Brachylogie qui a été introduit essentiellement par le livre <em>Le Retour de Socrate « Introduction à la Nouvelle Brachylogie<a href="#_edn13" name="_ednref13"><strong>[13]</strong></a> »</em> auquel nous renvoyons les intéressés. Précisons simplement que ce concept se réfère au principe socratique de l’esprit de conversation comme garant essentiel de tout cheminement vers l’idéal démocratique. A partir de cette donnée de base, il cherche à explorer toutes les manifestations sociétales et les implications éthiques et intellectuelles pouvant édifier ce qu’on désignerait ici par le « vivre-ensemble ». Pour se faire, il instaure la conversation comme mode indiqué de toute interaction avec les êtres et les choses, cette conversation mue d’abord par l’interrogation continue, la relativisation des choses et surtout des vérités et par cette hospitalité fondamentale à l’altérité qui fait qu’autrui n’est plus, dans l’interlocution, celui qu’on cherche à convaincre à tout prix, mais celui dans lequel nous avons l’opportunité de saisir l’autre face de nous-mêmes, celle nous invitant à nourrir notre intelligence par l’auto-remise en question et par l’eau douce de l’humilité.</p>
<p>Cela dit, pour la réflexion qui nous réunit, penser un nouvel humanisme inviterait nécessairement à partir du principe que l’humanisme, jusqu’à notre temps présent, ne cesse de manifester certaines inadéquations et une incohérence certaine. Elle inviterait alors à repenser l’humanisme avec un regard critique, non pour lui ôter sa nature conceptuelle, mais pour le doter des idées et des valeurs, donc de l’intelligence et de l’éthique, qui sont à même de lui donner le caractère supérieur où on le tient, celui d’un moteur du vivre-ensemble. Qu’importe alors si, pour distinguer le concept de ses exploitations occasionnelles à des intérêts et des objectifs divers, on abuse pédagogiquement du pléonasme « l’humanisme du vivre-ensemble », parce qu’en fait l’humanisme c’est le vivre-ensemble ! Mieux encore peut-être si l’on y ajoute même la précision « dans la dignité » pour insister.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> 3 – L’humanisme du vivre-ensemble (dans la dignité) :</strong></p>
<p>Rappelons que le concept du « vivre-ensemble » a percé à la fin du vingtième siècle, dans le prolongement de la réflexion sur l’interculturel et sur la différence. Rappelons également que le Conseil de l’Europe, qui reconnaît la dignité humaine comme l’une de ses quatre valeurs universelles<a href="#_edn14" name="_ednref14">[14]</a>, a publié en 2010 un <em>Livre blanc sur le dialogue interculturel « Vivre ensemble dans l&#8217;égale dignité<a href="#_edn15" name="_ednref15"><strong>[15]</strong></a> »</em>. Notre ami et philosophe, Fathi Triki, est sans doute le premier, en Tunisie, à avoir fixé son intérêt sur ce concept et à accompagner la dynamique intellectuelle y afférente, au moins depuis sa <em>Philosophie de la diversité</em> (1987)<em>, </em>jusqu’à <em>Éthique de la dignité : révolution et vivre-ensemble</em> (2018), en passant par <em>Philosopher le vivre-ensemble</em> (1998) et le collectif <em>La dignité humaine<a href="#_edn16" name="_ednref16"><strong>[16]</strong></a></em> (2009).</p>
<p>La question qui me vient à l’esprit dans ce cadre est la suivante : le vivre-ensemble a-t-il besoin de qualificatifs pour le caractériser, à part les données constitutives de sa définition et de sa mise en pratique ? On constate qu’il y a aussi « le bien vivre-ensemble<a href="#_edn17" name="_ednref17">[17]</a> », il y a « Le Vivre-ensemble comme dispositif pluraliste<a href="#_edn18" name="_ednref18">[18]</a> », il y a un vivre-ensemble dans la paix, un vivre-ensemble dans la dignité, un vivre-ensemble dans l’égale dignité, etc. Autrement dit, de par cette vision de spécification, il y aurait, contre l’usage grammatical même, plusieurs « vivre-ensemble » se définissant chacun par une caractéristique première et fondamentale. S’agit-il de fabriquer des vivre-ensemble à la tête du client ? C’est dire qu’on est fort justifié de remarquer, après, que « ce concept reste à ce jour d’un abord complexe et sujet à controverse. Son utilisation, associée à une absence de consensus sociétal clair concernant son sens, est à l’origine, aujourd’hui encore, de délibérations et de nombreux malentendus<a href="#_edn19" name="_ednref19">[19]</a> ».</p>
<p>Pourtant, dans le fond et conformément à toute logique sensée, il me semble y avoir seulement « le vivre-ensemble » comme un idéal ambitionné et en dehors duquel il y aurait différentes façons d’être ensemble. C’est qu’on peut être ensemble, chacun pour soi, on peut « être avec », mais vivre-ensemble c’est avoir en partage tous les déterminants du « vivre » dont la dignité est une composante fondamentale. Pour parler de liberté, par exemple, est-on libre parce qu’on est digne ou est-on digne parce qu’on est libre ? Difficile de départager deux fondements du vivre, parce qu’il est difficile de les séparer, quand on s’entend sur leurs définitions respectives. Mais la définition de la liberté aussi est souvent source de controverses et lieux de malentendus.  Il en est ainsi de toutes les autres composantes de la vie, conditionnant la dignité qui les présuppose. Tel est le cas, par exemple, du respect et de la conscience de soi comme valeur, deux données constitutives de la définition de la dignité. N’empêche que celle-ci est insaisissable dans une définition totalement consensuelle de par la subjectivité et la relativité de certaines de ses composantes, en raison de déterminants pluriels comme l’hérédité, le psychisme, la catégorie sociale, le niveau intellectuel, la conscience culturelle, etc. C’est pourquoi je serais plus enclin à rester dans la dénomination générique, « le vivre-ensemble », laissant au vivre conversationnel le soin de conduire et de conclure, dans et par l’esprit de conversation, à une plateforme consensuelle sur les déterminants du concept. A ce propos, Fathi Triki parle « d’entente ».</p>
<p>J’apprécie la démarche de F. Triki, consistant à faire la synthèse des grands moments de la pensée philosophique : « Les fondements philosophiques du vivre-ensemble consistent finalement dans la dialectique du soi et de l’autre, la connaissance de soi (Socrate), la raisonnabilité (Fârâbî), la conscience critique (Descartes, Kant), le souci de soi (Foucault) et le soi-même comme un autre (Ricœur). Ce sont là des visions du monde qui rendent possible une sorte d’entente entre les hommes quelque [ (!)] soit leur différence<a href="#_edn20" name="_ednref20">[20]</a>. »</p>
<p>Cependant, je considère qu’est sujet à discussion son propos sur « la condition fondamentale du vivre ensemble dans la dignité » qui est pour lui « l’individualisation du mode d’être des citoyens, c’est-à-dire le fait de légitimer l’action et la responsabilité de l’individu au lieu d’interpeller la responsabilité de la collectivité ou de la communauté. L’individualisation exprime, en fait, une autonomie plus grande des individus et fonde toute volonté d’autodétermination. Elle libère l’individu de la main mise [ (!)] de sa communauté et le transforme en citoyen libre, actif, engagé et responsable<a href="#_edn21" name="_ednref21">[21]</a>. » Ne pouvons-nous pas objecter que les données ici requises sont bien celles monnayées depuis plusieurs années sous des labels variés et exploités, au moment propice, par opportunisme politique ? C’est d’ailleurs de ce même point de vue qu’on aurait une relative réserve à l’articulation, par F. Triki, du concept de « vivre ensemble dans la dignité » à un des trois mots d’ordre de la révolte<a href="#_edn22" name="_ednref22">[22]</a> du 17 décembre 2010 en Tunisie, le mot « dignité ». A se demander également si tous les dictateurs qui, du jour au lendemain, s’érigent en sauveurs de l’humanité ne sont pas mus par le même principe de l’individualisation tel que développé ci-dessus.</p>
<p>Mais tel n’est pas l’essentiel de mon propos, puisque F. Triki aussi ne le considérait pas comme l’essentiel du sien dans son livre. Pour ma part, je dis que tous les malheurs que l’humanité a connus ont pour cause principale le manquement à l’esprit de conversation. Celui-ci ne plaide ni ne consacre « l’individualisation » prônée par certaines idéologies politiques bien connues, mais l’intériorisation du sens de la communauté dans l’apparente unicité même de la conscience d’individualité. « Je est un autre », Rimbaud dixit ! C’est dans cet esprit que la conversation socratique ne se confond pas avec le dialogue dans son sens moderne, un sens pleinement rhétorique, mais dans son sens premier qui signifiait la conversation transversale (dia- / trans- ), celle dans laquelle on ne cherche pas à imposer, coûte que coûte, à l’interlocuteur, une vérité relative, celle dans laquelle on cherche plutôt à trouver dans l’autre, au contact d’autrui, une image de soi révisable, car de vérité discutable ou provisoire. Montaigne dirait de cette expérience de soi : c’est là que « je l’étudie plus qu’autre sujet. C’est ma métaphysique, c’est ma physique<a href="#_edn23" name="_ednref23">[23]</a> ». Et c’est là aussi que Socrate verrait le chemin vers l’idéal démocratique, un idéal inaccessible certes, comme la Vérité, avec son grand V, mais un idéal à ambitionner incessamment et à croire possible, à la manière dont une courbe asymptotique tend à se confondre avec son axe de référence.</p>
<p>Dès lors, le concept d’esprit de conversation peut s’étendre à toute interaction, avec les êtres et les choses aussi, avec tout ce qui nous entoure ! Et c’est dans cette conviction que s’inscrirait le vivre-ensemble avec l’environnement, et non uniquement dans un environnement vidé de toute la vie qui le fait être et évoluer, soit pour notre bien-être soit pour notre ruine selon notre façon de le traiter. Et l’analogie est extensible à toutes les interactions, mais je n’ai pas le temps de m’y étendre davantage dans le contexte actuel. C’est là qu’on peut avoir de nouveau des réserves quant à l’individualisation absolue comme condition sine qua non de la démocratie du vivre-ensemble, parce que l’individuel et le sociétal, je dirais même l’individuel, le micro-sociétal et le macro-sociétal, que d’aucuns appellent l’universel, sont en éternelle conversation ou ils ne sont pas.</p>
<p>Sans doute est-ce dans cet esprit que Montaigne, encore lui, a pu dire de Socrate pour justifier le caractère universel de sa méthode et de sa pensée : « On demandait à Socrates d’où il était, il ne répondit pas, d’Athènes, mais, du monde. Lui qui avait l’imagination plus pleine et plus étendue, embrassait l’univers, comme sa ville, jetait ses connaissances, sa société et ses affections à tout le genre humain : non pas comme nous, qui ne regardons que sous nous<a href="#_edn24" name="_ednref24">[24]</a> ». Et l’avantage de cet universel socratique, c’est qu’il est conversationnel, autrement dit essentiellement édifié sur la différence comme valeur digne de respect, d’écoute et de considération aussi minoritaire qu’elle puisse paraître.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour ma part, je dirais qu’un nouvel humanisme du vivre-ensemble est à concevoir dans l’esprit de conversation et autour de cet esprit comme principale pédagogie d’édification de la société de conversation, en tant que configuration idoine de l’idéal démocratique et que cheminement permettant de s’en rapprocher le plus possible.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Mansour M’HENNI </em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Prof. ém. Université Tunis El Manar</em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>Chercheur, écrivain, traducteur et chroniqueur</em></p>
<p style="text-align: right;">Président de la Coordination Internationale</p>
<p style="text-align: right;">des Recherches et Etudes Brachylogiques (CIREB-Paris)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-4985 aligncenter" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-800x1131.jpg" alt="" width="349" height="494" srcset="https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-800x1131.jpg 800w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-1160x1641.jpg 1160w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-1086x1536.jpg 1086w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-750x1061.jpg 750w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble-1140x1612.jpg 1140w, https://voixdavenir.com/ibylensu/2022/10/Affiche-vivre-ensemble.jpg 1448w" sizes="(max-width: 349px) 100vw, 349px" /></p>
<h1></h1>
<p><strong>Indications bibliographiques :</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>¤ Conseil de l&#8217;Europe, <em>Livre blanc sur le dialogue interculturel « Vivre ensemble dans l&#8217;égale dignité »</em>, 2010, URL<strong> </strong><strong>:</strong></p>
<p><strong> </strong> <a href="https://book.coe.int/fr/droits-de-l-homme-et-democratie/4568-livre-blanc-sur-le-dialogue-interculturel-vivre-ensemble-dans-l-egale-dignite.html">https://book.coe.int/fr/droits-de-l-homme-et-democratie/4568-livre-blanc-sur-le-dialogue-interculturel-vivre-ensemble-dans-l-egale-dignite.html</a></p>
<p>¤ <em>Graines de Paix</em>, URL :</p>
<p><a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/vivre_ensemble_bien_vivre_ensemble">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/vivre_ensemble_bien_vivre_ensemble</a></p>
<p><a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/dignite_humaine">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/dignite_humaine</a></p>
<p>¤ Florence Gruat, « Dignité », in <em>Les Concepts en sciences infirmières</em> (2012), p. 156-158. URL : <a href="https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition--9782953331134-page-156.htm">https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition&#8211;9782953331134-page-156.htm</a></p>
<p>¤ Mansour M’henni, <em>Le Retour de Socrate « Introduction à la Nouvelle Brachylogie »</em>, Paris, L’Harmattan, 2017 (Première édition, Tunis, Brachylogia &amp; UTM, 2015)</p>
<p>¤ Mansour M’henni, <em>Essais de Nouvelle Brachylogie</em>, Tunis, Alyssa éditions, 2021.</p>
<p>¤ Montaigne, <em>Les Essais</em>, Livre I, chapitre XXV, Paris, Le Livre de Poche, La Pochothèque, 2001.</p>
<p>¤ Ortolang (site des<em> Outils et Ressourse pour un Traitement Optimisé de la LANGues</em>, dépendant du <em>Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales</em> &#8211; CNRTL). URL :</p>
<p><a href="https://www.cnrtl.fr/definition/humanisme">https://www.cnrtl.fr/definition/humanisme</a></p>
<p>¤ Platon, <em>Œuvres complètes</em>, Tome III, 2<sup>ème</sup> partie, par Alfred Croiset avec la collaboration de Louis Bodin (Dix-septième tirage, la première édition datant de 1923), Paris, Les Belles Lettres, 1999, p. 241-242 (75d).</p>
<p>¤ Ignacio Ramonet, <em>Géopolitique du chaos</em>, Paris, Gallimard, Folio actuel, 1997, p. 10.</p>
<p>¤ Adrados Francisco Rodriguez. Tradition et raison dans la pensée de Socrate. In: Bulletin de l&#8217;Association Guillaume Budé : Lettres d&#8217;humanité, n°15, décembre 1956. pp. 27-40; doi : https://doi.org/10.3406/bude.1956.4155</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1956_num_15_4_4155">https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1956_num_15_4_4155</a></p>
<p>¤ Ivana Savalli-Lestrade. Le monde d’Arcésilas de Pitanè. Revue des études anciennes, Revue des études anciennes, Université Bordeaux Montaigne, 2017, 119 (2). (URL : <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01945479">https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01945479</a> ).</p>
<p>¤ Coline Silvestre, <em>Les éditions d’Aristote à Lyon dans la seconde moitié du XVIe siècle : chroniques d’un déclin annoncé ?</em>, Diplôme national de master en sciences humaines et sociales Université Lumière 2 – Lyon (Enssib), Août 2014. URL :</p>
<p><a href="https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/65214-les-editions-d-aristote-a-lyon-dans-la-seconde-moitie-du-xvie-siecle-chroniques-d-un-declin-annonce.pdf">https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/65214-les-editions-d-aristote-a-lyon-dans-la-seconde-moitie-du-xvie-siecle-chroniques-d-un-declin-annonce.pdf</a></p>
<p>¤ Fathi Triki, <em>Philosophie de la diversité</em>, éd. Maison arabe du livre, Tunis, 1987.</p>
<p>¤ Fathi Triki, <em>Philosopher le vivre-ensemble</em>, éd. L&#8217;Or du Temps, Tunis, 1998.</p>
<p>¤ Fathi Triki, <em>La dignité humaine</em> [sous la dir. de], éd. Peter Lang, Francfort-sur-le-Main, 2009.</p>
<p>¤ Fathi Triki, <em>Éthique de la dignité : révolution et vivre-ensemble</em> (préface de Vincent Cespedes), éd. Arabesques, Tunis, 2018.</p>
<p>¤ Bob White, « Le Vivre-ensemble comme dispositif pluraliste », Periferia, vol. 11, n° 3, pp. 138-162, 2019. URL :  <a href="https://www.redalyc.org/journal/5521/552163810006/html/">https://www.redalyc.org/journal/5521/552163810006/html/</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Notes:</strong></p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> Mansour M’HENNI est Prof. émérite à l’Université Tunis El Manar spécialiste de poétique et des littératures française et francophones. Il est aussi poète, romancier, traducteur et essayiste. Ses concepts privilégiés sont la mixité, la Méditerranéité et la Nouvelle Brachylogie dont il est l’initiateur en 2012 et dont il préside la coordination internationale à Paris (Cireb). Il a publié 18 titres personnels et dirige trois revues. (<a href="https://mhennimansour.com/">https://mhennimansour.com/</a> ). Ce texte a fait l&#8217;objet d&#8217;une communication présentée dans le Premier Séminaire du Vivre-ensemble, initié par Pr. ém. Fathi Triki et organisé par Ksar Saïd, le Centre des Arts de la Culture et des Lettres (Tunis les 29-30 septembre 2022).</p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Ignacio Ramonet, <em>Géopolitique du chaos</em>, Paris, Gallimard, Folio actuel, 1997, p. 10.</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> <a href="https://www.cnrtl.fr/definition/humanisme">https://www.cnrtl.fr/definition/humanisme</a> // L’Ortolang est le site des<em> Outils et Ressourse pour un Traitement Optimisé de la LANGues</em>, dépendant du <em>Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales</em> (CNRTL).</p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> Adrados Francisco Rodriguez. Tradition et raison dans la pensée de Socrate. In: Bulletin de l&#8217;Association Guillaume Budé : Lettres d&#8217;humanité, n°15, décembre 1956. pp. 27-40; doi : https://doi.org/10.3406/bude.1956.4155</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1956_num_15_4_4155">https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1956_num_15_4_4155</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> En référence au colloque « Questions de la Nouvelle Brachylogie à l’humanisme renaissant », organisé en mai 2022 à Paris par la <em>Coordination Internationale des Recherches et Etudes Brachylogiques</em> (CIREB). Actes à paraître dans la revue <em>Conversations</em>, « revue des études brachylogiques ».</p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6">[6]</a> « Une fois assimilé par l’Occident médiéval chrétien, Aristote devient une autorité dont la parole est d’or. C’est-à-dire que sans examen, on prend pour acquis un énoncé à partir du moment où c’est Aristote qui l’a dit. Cela s’incarne dans la formule « ipse dixit », chère aux commentateurs médiévaux. »</p>
<p><a href="https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/65214-les-editions-d-aristote-a-lyon-dans-la-seconde-moitie-du-xvie-siecle-chroniques-d-un-declin-annonce.pdf">https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/65214-les-editions-d-aristote-a-lyon-dans-la-seconde-moitie-du-xvie-siecle-chroniques-d-un-declin-annonce.pdf</a></p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7">[7]</a> Au moyen âge, Aristote était assimilé au Christ et le critiquer pouvait conduire au pire sort.</p>
<p><a href="#_ednref8" name="_edn8">[8]</a> I. Ramone, Op. cit., p.20.</p>
<p><a href="#_ednref9" name="_edn9">[9]</a> Montaigne, <em>Les Essais</em>, Livre I, chapitre XXV, Paris, Le Livre de Poche, La Pochothèque, 2001, p. 230</p>
<p><a href="#_ednref10" name="_edn10">[10]</a> Ivana Savalli-Lestrade. Le monde d’Arcésilas de Pitanè. Revue des études anciennes, Revue des études anciennes, Université Bordeaux Montaigne, 2017, 119 (2). (URL : <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01945479">https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01945479</a> ): « Arcésilas, fils de Seuthès, naquit en Éolide, à Pitanè […], en 315/4 av. J.-C. […] [Il] fit preuve très tôt d’un tempérament affirmé, puisque, après avoir terminé l’éducation secondaire, il refusa de suivre la voie de la rhétorique, à laquelle son demi-frère et tuteur Moiréas le destinait, pour s’adonner à la philosophie. Vers 298-296, il s’en alla, avec l’appui de son frère utérin Pyladès, à Chios, et ensuite à Athènes, où il demeura jusqu’à sa mort ».</p>
<p><a href="#_ednref11" name="_edn11">[11]</a> Ibid.</p>
<p><a href="#_ednref12" name="_edn12">[12]</a> Platon, <em>Œuvres complètes</em>, Tome III, 2<sup>ème</sup> partie, par Alfred Croiset avec la collaboration de Louis Bodin (Dix-septième tirage, la première édition datant de 1923), Paris, Les Belles Lettres, 1999, p. 241-242 (75d).</p>
<p><a href="#_ednref13" name="_edn13">[13]</a> M’HENNI, Mansour, Le Retour de Socrate « Introduction à la Nouvelle Brachylogie », Paris, L’Harmattan, 2017 (Première édition, Tunis, Brachylogia &amp; UTM, 2015). On peut consulter également M’henni, M., Essais de Nouvelle Brachylogie, Tunis, Alyssa éditions, 2021.</p>
<p><a href="#_ednref14" name="_edn14">[14]</a> « La <strong>dignité humaine</strong> comprend le respect physique et le respect psychologique des êtres humains, ainsi que le respect de l&#8217;intégrité morale. La <strong>dignité humaine est</strong> la première des quatre valeurs universelles de l&#8217;Union Européenne qui <strong>sont la dignité humaine</strong>, la liberté, l&#8217;égalité et la solidarité. » <a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/dignite_humaine">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/dignite_humaine</a></p>
<p><a href="#_ednref15" name="_edn15">[15]</a> <a href="https://book.coe.int/fr/droits-de-l-homme-et-democratie/4568-livre-blanc-sur-le-dialogue-interculturel-vivre-ensemble-dans-l-egale-dignite.html">https://book.coe.int/fr/droits-de-l-homme-et-democratie/4568-livre-blanc-sur-le-dialogue-interculturel-vivre-ensemble-dans-l-egale-dignite.html</a></p>
<p><a href="#_ednref16" name="_edn16">[16]</a> <em>Philosophie de la diversité</em>, éd. Maison arabe du livre, Tunis, 1987.</p>
<p><em>Philosopher le vivre-ensemble</em>, éd. L&#8217;Or du Temps, Tunis, 1998.</p>
<p><em>La dignité humaine</em> [sous la dir. de], éd. Peter Lang, Francfort-sur-le-Main, 2009.</p>
<p><em>Éthique de la dignité : révolution et vivre-ensemble</em> (préface de Vincent Cespedes), éd. Arabesques, Tunis, 2018.</p>
<p><a href="#_ednref17" name="_edn17">[17]</a> Cf. <a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/vivre_ensemble_bien_vivre_ensemble">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/vivre_ensemble_bien_vivre_ensemble</a></p>
<p><a href="#_ednref18" name="_edn18">[18]</a> Bob White, “ Le Vivre-ensemble comme dispositif pluraliste », Periferia, vol. 11, n° 3, pp. 138-162, 2019. URL :  <a href="https://www.redalyc.org/journal/5521/552163810006/html/">https://www.redalyc.org/journal/5521/552163810006/html/</a></p>
<p><a href="#_ednref19" name="_edn19">[19]</a> Florence Gruat, « Dignité », in Les Concepts en sciences infirmières (2012), p. 156-158. URL : <a href="https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition--9782953331134-page-156.htm">https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition&#8211;9782953331134-page-156.htm</a></p>
<p><a href="#_ednref20" name="_edn20">[20]</a> F. Triki, Ethique de la dignité, révolution et vivre-ensemble, Tunis, Arabesques, 2018, p. 65.</p>
<p><a href="#_ednref21" name="_edn21">[21]</a> Ibid. 27-28.</p>
<p><a href="#_ednref22" name="_edn22">[22]</a> Sans doute F. Triki n’est-il pas d’accord sur cette désignation, mais la question est encore en discussion à plusieurs niveaux.</p>
<p><a href="#_ednref23" name="_edn23">[23]</a> Montaigne, « De l’expérience », Op. cit., Livre III, chapitre XIII, p. 1669.</p>
<p><a href="#_ednref24" name="_edn24">[24]</a> Montaigne, « De l’institution des enfants », Op. cit., Livre I, chapitre XXV, p. 242.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : Humanités, humanisme et humanisation  Par Mansour M’henni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Sep 2022 06:48:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Associations]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[digitalisation]]></category>
		<category><![CDATA[humanisation]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-2770 alignleft" src="https://voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" />Aujourd’hui 29 septembre 2022, au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres (au palais Ksar-Saïd), commencent les travaux de la première édition d’un séminaire annuel international sur les lois du vivre-ensemble. Ces travaux de deux jours (29-30 septembre 2022) partent de l’idée première énoncée par l’argument de cette manifestation, en l’occurrence que « le vivre-ensemble est une exigence de la philosophie de la diversité ». Et le même argument de conclure que « la nouvelle philosophie du vivre ensemble se fonderait […] sur l’esprit libre, sur la critique et la clarification ».</p>
<p>Trois volets sont retenus à l’étude et à l’interrogation, en trois séances, respectivement de cinq et deux fois quatre communications, consacrées à trois volets considérés comme les entrées préparatoires des rencontres qui seront programmées ultérieurement ; Ce sont :</p>
<p>1 – Individualité et lois du vivre-ensemble</p>
<p>2 – Citoyenneté, socialité et droits</p>
<p>3 – Humanité, universalité et nouvel humanisme</p>
<p>D’emblée, nous sommes donc au centre de la question de l’humain, non du simple point de vue des « humanités » définies par les dictionnaires comme une « formation scolaire où l&#8217;étude des langues et littératures latines et grecques, considérées comme particulièrement formatrices, est prépondérante ». Même en y intégrant, comme c’est le cas aujourd’hui, « à la fois les lettres et les arts, mais également l&#8217;ensemble des sciences humaines comme la philosophie, la sociologie, l&#8217;histoire, la communication&#8230; », on n’est pas certain de leur ôter l’impression générale qui consiste à dire : « Les humanités ne servent à rien en particulier, mais elles peuvent être utiles à tout ».</p>
<p>Ainsi vues, les humanités resteraient en-deçà de l’humain et de l’humanisation de la société, malgré tout ce qu’on peut y trouver pour favoriser la clairvoyance et la lucidité. On comprend alors l’intérêt plus moderne, plus universel, plus humain d’interroger l’humanisme, dans sa vision actuelle, au-delà (mais sans rupture forcément) de son noyau premier à la Renaissance européenne, et de (re)penser surtout la voie d’humanisation qui y conduit, dans un cadre d’intelligence à la fois spécifique et général, conformément à la logique cherchant à résoudre l’équation de l’individuel et du social. L’humanisme serait donc une pensée et une éthique associées faisant que l’interrogation et la réflexion ne se limitent pas au philosophe seul ou à quiconque d’autre de façon isolée, quelle qu’en soit l’intelligence, et que l’éthique ne soit pas réquisitionnée par un quelconque culte ou une certaine idéologie. On dirait alors, en référence à la dichotomie développée par Edgar Morin en 2001, qu’une fois l’hominisation accomplie, en tant que « processus d’évolution biologique de l’espèce humaine », le processus d’humanisation de la société devient du ressort de tout le monde et de chacun, dans le respect des différences sociales, culturelles et génétiques. Pour ma part, fidèle à ce qui me paraît l’ultime pensée socratique, je pense que cela n’est réalisable au meilleur de son rendement que grâce à l’esprit de conversation et à l’action idoine pour édifier les sociétés de conversation.</p>
<p>La conversation reste évidemment ouverte à ce propos, mais c’est l’occasion de souligner l’importance de ce colloque annoncé et conduit par un spécialiste tunisien de la question du vivre-ensemble, le Professeur émérite Fathi Triki. Et comme cette question est inséparable du progrès que connaît l’humanité, celui de la digitalisation en particulier, nous trouvons tout aussi importante et cruciale l’initiative de l’Université de Tunis El Manar d’avoir parrainé, depuis l’année 2021, le colloque proposé par l’association « Questions et Concepts d’Avenir » (QCA), dans le cadre du collectif civil « Culture-Université-Recherche-Associations » (CURA), un colloque portant le titre générique « Science-Culture-Citoyenneté » (SCC) et prévu, pour sa seconde édition, les 7 et 8 décembre 2022, en partenariat avec le CERES et l’Université de Monastir. La problématique de cette seconde édition (SCC2) tourne autour de « la digitalisation et l’humanisation du numérique ». Voilà pourquoi nous l’évoquons déjà à l’occasion de ce colloque de Ksar-Saïd. Et nous aurons à y revenir ultérieurement.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Séminaire au palais Kasr Essaid :   De la nouvelle philosophie du vivre ensemble</title>
		<link>https://voixdavenir.com/seminaire-au-palais-kasr-essaid-de-la-nouvelle-philosophie-du-vivre-ensemble/</link>
					<comments>https://voixdavenir.com/seminaire-au-palais-kasr-essaid-de-la-nouvelle-philosophie-du-vivre-ensemble/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2022 12:07:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[dignité]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[renouveau]]></category>
		<category><![CDATA[séminaire]]></category>
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					<description><![CDATA[Séminaire au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres :   De la nouvelle philosophie du vivre ensemble La Chaire ISESCO pour penser le vivre ensemble, la Chaire UNESCO de philosophie pour le Monde Arabe et le GIT (Global Institut for Transitions) organisent un séminaire annuel international sur les lois du vivre-ensemble. La première [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Séminaire au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres :  </strong></p>
<p><strong>De la nouvelle philosophie du vivre ensemble</strong></p>
<p>La Chaire ISESCO pour penser le vivre ensemble, la Chaire UNESCO de philosophie pour le Monde Arabe et le GIT (Global Institut for Transitions) organisent un séminaire annuel international sur les lois du vivre-ensemble. La première réunion de ce séminaire, présidée par le Professeur émérite Fathi Triki, aura lieu les 29 et 30 septembre 2022 à Tunis au palais « Kasr Essaid » le Bardo.</p>
<p>Le vivre-ensemble est une exigence de la philosophie de la diversité. Elle peut répondre à la situation difficile de la Tunisie et du monde arabe et islamique où la pensée unique et ses conséquences politiques encadrent encore l’individu et la société. Il faut dire aussi que la situation mondiale n’était pas meilleure. La guerre en Ukraine est non seulement entrain de redistribuer les ingrédients de l’ordre mondial, elle indique aussi que nous sommes encore loin d’un vivre-ensemble dans la dignité. Défendre la diversité, les droits et la liberté de l’individu exige nécessairement de lutter contre toute unilatéralité, contre toute hégémonie et tout totalisme.</p>
<p>Une des tâches de la philosophie est de trouver un moyen d’ouvrir la communauté à l’individu, de faire accepter à la société l’indépendance de l’individu et en même temps de réduire le solipsisme et la solitude de l’individu. Le vivre-ensemble dans la dignité peut permettre cet équilibre entre l’individuel et le social, entre le propre et le commun. Philosopher le vivre-ensemble est une urgence, dans le contexte politique et social de notre actualité. Certains hommes politiques, partout dans le monde, récupèrent ce concept et le réduisent en mot d’ordre mobilisateur pour camoufler les luttes et les inégalités qui règnent dans ce qui est convenu d’appeler « mondialisation ». C’est pourquoi d’ailleurs, plusieurs intellectuels se méfient de cette notion.</p>
<p>Philosopher le vivre-ensemble nécessite donc une déstructuration de la notion d’humanisme et de celle d’universalité qui ont été récupérées, elles aussi, par les idéologues, pour des objectifs impérialistes et coloniaux. Faut-il, à l’instar de Michel Foucault « philosopher autrement » ? La philosophie navigue, non sans danger, défiant les remparts et les murs qui les cloisonnent, pour se mettre à l’écoute de l’aujourd’hui en prenant comme objet l&#8217;éclatement des vérités, la multiplication des techniques, la spécificité et l&#8217;interférence des sciences, la citoyenneté et les problèmes sociaux, l’éthique, la guerre, la souffrance, les différentes formes d’exclusion, les différents modes d’être, etc. Ce sont des problèmes spécifiques que les différentes branches du savoir constatent mais que la philosophie problématise à l’aide de ses concepts et de sa technicité.</p>
<p>Dans ce séminaire, les organisateurs invitent à essayer de repenser ces problématiques comme des règles de la vie commune et pourquoi pas de les édifier en lois éthiques et politiques sous l’impératif de la liberté. Ainsi donc, la nouvelle philosophie du vivre ensemble se fonderait, grâce à ces règles, sur l’esprit libre, sur la critique et la clarification. Mais elle serait en même temps un moyen de lutte permanente contre les nouveaux dictateurs issus du lien organique entre le pouvoir financier et le pouvoir médiatique et contre les nouveaux sophistes. Elle se ferait encore et toujours « restance », « résistance » et « agitation ».</p>
<p>Les axes programmés dans cette session inaugurale du séminaire sont :</p>
<ul>
<li>Individualité et lois du vivre-ensemble</li>
</ul>
<p>2- Citoyenneté, socialité et droits</p>
<p>3- Humanité, universalité et nouvel humanisme</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Programme</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Jeudi 29 septembre 2022</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>8h30 </strong>Accueil des participants</p>
<p><strong>9h</strong> Ouverture</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>9h30</strong> Séance introductive</p>
<p>Pr. Jacques Poulain, <em>La dignité de la critique philosophique dans la démocratie du vivre-ensemble</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>10h 15</strong> Pause-café</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Première table ronde : <strong>Individualité et lois du vivre-ensemble</strong></p>
<p><strong>10h30 – 13h30</strong></p>
<p>Président Pr. Hakim Ben Hammouda</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>10h30</strong> Pr. Souad Chaherli, <em>La liberté et ses applications</em></p>
<p><strong>10h45</strong> Pr. Lassaad Jamoussi, <em>Liberté d’expression et limites du vivre-ensemble</em></p>
<p><strong>11h </strong> Pr. Stéphane Douailler <em>Les politiques de la liberté dans les défilés de l’autorité</em>.</p>
<p><strong>11h15</strong> Pr. Ridha Boukraa, <em>Individu et société musulmane, Lecture socio-anthropologique du rapport de la Colibe</em></p>
<p><strong>11h30</strong> Pr. Silvia Finzi, <em>*Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant*.</em> <strong>11h45</strong> Débat</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Vendredi 30 septembre 2022</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Deuxième table ronde : <strong>Citoyenneté, socialité et droits</strong></p>
<p><strong>9h- 11h</strong></p>
<p><strong>Président :</strong> Pr. Ali Mezghani</p>
<p><strong>9h</strong>  Pr. Pr. Abdessattar Sahbani, <em>Les défis du vivre-ensemble dans une société en décomposition</em></p>
<p><strong>9h15</strong>  Pr. Christoph Wulf, “<em>L’anthropcène comme un défi</em>.”</p>
<p><strong>9h30</strong>  Pr. Naoufel Hannafi, <em>Le paradoxe de la tolérance</em></p>
<p><strong>9h45</strong>  Noureddine Kridis, <em>Compétence interculturelle et vivre ensemble</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>10h Débat</strong></p>
<p><strong>11h</strong> Pause-café</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Troisième table ronde : <strong>Humanité, universalité et nouvel humanisme</strong></p>
<p><strong>11h30 – 13h15</strong></p>
<p><strong>Président : </strong>Pr. Rachida Triki</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>11h30 </strong>Pr<strong>. </strong>Mansour Mhenni : <em>Nouvelle Brachylogie et nouvel humanisme au croisement de l’esprit de conversation</em></p>
<p><strong>11h45 </strong>Pr. Gérard Astor, <em>Le possible artistique du vivre-ensemble au présent</em></p>
<p><strong>12h </strong>Pr. Med Ali Halouani <em>Quelle universalité pour le vivre-ensemble</em></p>
<p><strong>12h15 </strong>Pr. Mohamed Djedidi, <em>Traduction et vivre ensemble</em></p>
<p><strong>12h30 Débat</strong></p>
<p><strong>13h30 </strong>Séance de Clôture</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chronique : La Mémoire d’un philosophe pour le devenir de la philosophie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mansour Mhenni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 18:02:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[diversité]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Triki]]></category>
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					<description><![CDATA[&#160; Par Mansour M’henni La parution récente du livre de Fathi Triki, La Mémoire et le devenir. Etapes de mon autobiographie (Tunis, Mediterranean Publisher, 2020), a suscité en moi une série d’impressions et de réflexions que j’ai senti le besoin d’exprimer, et qui seront peut-être partagées par des lecteurs intéressés. Je précise d’emblée que je [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><br />
<img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-2770 aligncenter" src="https://www.voixdavenir.com/ibylensu/2020/10/mansour-mhenni.jpg" alt="" width="136" height="185" /></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><em>Par Mansour M’henni</em></p>
<p>La parution récente du livre de Fathi Triki, <em>La Mémoire et le devenir. Etapes de mon autobiographie </em>(Tunis, Mediterranean Publisher, 2020), a suscité en moi une série d’impressions et de réflexions que j’ai senti le besoin d’exprimer, et qui seront peut-être partagées par des lecteurs intéressés.</p>
<p>Je précise d’emblée que je n’ai pas encore achevé la lecture du livre et qu’il ne s’agira ici ni d’en rendre compte ni de commenter son contenu ; cela viendra sans doute, à tête reposée, après une étude attentive et plus analytique. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai parlé « d’impressions et de réflexions », au centre desquelles il m’importe de souligner le croisement amical et intellectuel – malgré certains cheminements différents – de ma façon de voir l’ensemble des choses avec la pensée de mon ami, le Professeur émérite Fathi Triki – et d’ailleurs avec mon amie Pr. Rachida Trika aussi, son épouse et sa complice dans le tressage des aventures amoureuses et tumultueuses de l’art et de la philosophie.</p>
<p>Je suis de près l’évolution de la pensée trikienne au moins depuis son livre en langue arabe <em>Philosophie de la diversité</em> (1987) et notre amitié est née au milieu des années 90, voilà plus d’un quart de siècle déjà. Nous avons toujours collaboré, communiqué et œuvré sur la base commune de notre engagement intellectuel et citoyen, dans le respect de nos différences et des spécificités de certains de nos choix réciproques. Jamais une ombre n’était venue altérer cette façon partagée de voir, d’être et de faire entre nous, nous trois, dirais-je. En plus, ce qui caractérise toujours cette expérience commune, c’est la générosité et l’hospitalité intellectuelle du couple Triki, jamais en défaut pour une rencontre académique ou culturelle ni pour une publication y afférente.</p>
<p>Par ailleurs, je fais l’aveu que, depuis des années, sur le plan personnel, je tiens Fathi Triki pour l’un des rares vrais philosophes de Tunisie, sinon le principal d’entre eux. Quelque subjectivité qu’on veuille m’attribuer pour ce jugement, il ne manquera pas à mon avis d’avoir à son profit des arguments intellectuels rationnels et aussi objectifs que possible. J’y reviendrai à une autre occasion, mais un avant-goût de ces arguments peut être trouvé dans l’introduction du livre <em>La Mémoire et le devenir</em> qui me semble très bien résumer le philosophe F. Triki dans sa triple dimension affective, intellectuelle et sociale et qui me semble inscrire l’auteur et son œuvre dans le célèbre dicton « Regarder le passé pour éclairer l’avenir ». Et l’essentiel de la pensée trikienne se résumerait dans deux concepts-clés sur lesquels il focalise, la diversité et le vivre-ensemble, et ce sont ces deux concepts qui nous rapprochent le plus et que j’aurais souhaité voir se développer dans le croisement de la philosophie trikienne avec notre concept de la « Nouvelle Brachylogie » et son champ de recherche et d’exploration. Mais il n’est jamais trop tard pour le faire et je pense que cela viendra, « Devenir oblige ! ».</p>
<p>Retenons, de ce croisement, les valeurs de conversation, de respect, de révision des hiérarchisations arbitraires de la petitesse et de la minorité, donc d’une diffusion de la philosophie dans les couches et les catégories sociales les plus variées, sans affecter son essence rationnelle, mais en la libérant peut-être d’un certain pédantisme et de quelques attitudes hautaines. Bref, en en faisant l’instrument, la voix et la voie de la démocratisation authentique, celle de l’intelligence.</p>
<p>Voilà en acompte, en attendant la fin de la lecture du livre !</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Publié aussi sur jawharafm.net)</em></p>
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