Certains littéraires ou amateurs de littérature ne savent pas peut-être pas que le Professeur Nizar Ben Saad est un romancier dont les écrits sont marqués par une touche particulière et par un style spécifique. Quand ils reçoivent l’information, ils ont vite à l’esprit le genre du roman historique avec sa facture classique. Cependant, à s’y attarder suffisamment et à les analyser profondément, les textes narratifs de N. Ben Saad semblent appeler à un repositionnement du lecteur dans l’inconfortable entre-deux de l’Histoire et de la fiction, pour repenser leurs divergences et leurs convergences.
Voici donc un nouveau roman qui vient clore la trilogie mise en projet par N. Ben Saad… Après son premier roman Lella Kmar : Le destin tourmenté d’une nymphe du sérail, consacré à la princesse circassienne qui a marqué le palais husseinite, non seulement par sa beauté, sa grâce et son élégance, qui ont ensorcelé le cœur de nombreux princes, mais aussi par son intelligence vive et son émancipation consciente et responsable… Et après le roman qui a suivi, Un destin, La Mejda. Une femme de charme dans les coulisses de l’histoire, dont l’héroïne est Wassila Ben Ammar, la femme qui a captivé l’opinion publique par sa forte personnalité charismatique, laissant une empreinte claire dans la formation de la politique nationale sous Bourguiba…
Et parce que le Professeur Nizar Ben Saad est passionné par l’exploration des secrets des palais de la Tunisie, ancienne et contemporaine, et parce qu’il croit fermement au rôle capital que jouent les femmes de ces palais dans le façonnement de la politique tunisienne, il achève sa trilogie avec la publication de son nouveau roman, dont il a longtemps gardé secrète l’identité de l’héroïne, le temps de préparer ses sources et de recueillir suffisamment de témoignages autour de cette femme qui a laissé une trace indélébile dans l’histoire contemporaine de la Tunisie, et qui a fasciné l’opinion publique par ses aventures, évoquant en bien des points une Shéhérazade tenant le cœur de son Shahryar… L’héroïne de la dernière partie de cette trilogie n’est autre que Leïla Trabelsi, « la Première Dame de Tunisie ». Le roman s’intitule : Leïla Trabelsi… ou l’empire des illusions (ليلى الطرابلسي أو..إمبراطورية الأوهام). Il ne s’agit pas de l’histoire à proprement parler, car écrire l’Histoire obéit à des mécanismes et à des règles précises. Les dialogues mis dans la bouche des personnages de ce roman, comme de tout autre roman, ne sont que des paroles romanesques, qui ne sauraient prétendre au statut de vérité historique, ni être utilisés comme témoignage dans l’écriture de l’Histoire.
L’idée directrice de ce roman, c’est la continuation d’une traversée historique des palais et de leurs hôtes circonstanciés. A la sortie de cette traversée, chaque lecteur se fait sa propre idée de cette expérience et de ses effets divers ; mais ce qui est certain, c’est chaque lecture individuelle cherchera à converser avec d’autres pour repenser et essayer de voir plus clairement les tensions qui président à l’initiation d’une nouvelle écriture romanesque.
Lisons d’abord, nous en converserons après…
La Rédaction